A R A 87
eut-il achevé ces exercices ordinaires, qu’on l’éleva aux premierescharges. On lui donna la conduite de la province de Naples, puiscelle de Rome. Elu général en 1581 , il gouverna avec beaucoupde douceur_& de prudence. 11 mourut le ;i janvier l’an 1C15 ,âgé de 71 ans. Aquaviva a laissé divers ouvrages de piété. Lesplus considérables font I. Ses épîtres , qui font autant de traités.II. Vìrecìorìum exercìtìorum ftincii Jgnntii. 111 . Meditatìones ìnpsídmum 44 Ê" 95. Les disputes agitées dans les congrégations deauxiliis , l’obligerent de donner en rbi; un décret , qu’il envoyaà toutes les provinces de la compagife. Ce décret prelcrivoit auxJésuites , d’enseigner la gratuité de la prédestination , en leurpermettant en même-temps de conserver touchant l’efficacité dela grâce , les sentimens qu’ils avoient soutenus dans les congré-gations. 11 leur marque les subtilités du congruisme comme le vraimoyen d’allíer ces deux choses. Le congruisme est un système in-venté pour expliquer comment Dieu peut engager l’homme àvouloir le bien , & même à y persévérer jusqu’à lu mort , sanSnéanmoins l’y déterminer directement & par fa toute-puissance.C'est de la part de Dieu une grande habileté à ménager la volontéde l'homme , à-peu-prés comme un ministre fin , adroit St pré-voyant menageroit celle de son prince pour lui faire vouloir ce'qu’il lui plairoït. Dieu prévoyant toutes les circonstances oùl'homme fe trouvera , prévois en même-temps que s’il lui donneune certaine grâce , il plaira à l'homme d’y consentir. Dieu sedétermine à lui donner cette grâce ; voilà la grâce congrue.
AQUIL.A dit LE Pontique , parce qu’il étoit de la ville deSynope, dans la province de Pont , savant mathématicien , vi-voit du temps de l’empereur Adrien. II embraslá la religion chré-tienne , St il se fit baptiser ; mais le grand attachement qu’il avoirà l’astrologie , le fit retrancher de l’église. Le dépit qu’il eut decette excommunication , le fit passer cher les Juifs; il se soumità la circoncision , puis ayant appris l’hébreu , il donna le pre-mier la version grecque rie récriture-sainte , la douzième annéedu régné de l’empereur Adrien , c’est-à-dire , l’an de J. C. 119.Cette traduction est faite mot pour mot sur le texte hébreu , avecune exactitude trop scrupuleuse. Elle fut très.agréable aux Juifsdispersés, qui la lurent toujours depuis dans leurs synagogues.Aquila fit une autre version que les Juifs estimèrent encore plusque la premiers. II la nomma deuterqse , c’est-à-dire , en grec ,seconde traduction. 11 l’enrichit ou plutôt il la chargea des tradi-tions judaïques qu’il mit en grec. Cette version avec ses notesou commentaires étoit si dangereuse , que l’empereur Justinienf? crut obligé d’en interdire la lecture aux Juifs.
ARATQR, sous-diacre de l’église romaine , vivoït dans le sixiè-me siecle. Quelques auteurs ont cru qu’il étoit de Ravenne, & d’au-tres de Milan. Niais il est certain qu’il étoit dï la Ligurie , c’est-à-dire , de la côte de Genes. II fut d’abord secrétaire Sc intendantdes finances ii'Athaíarie, roi des Ostrogots , Sc ensuite sous-diacre