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Tome premier.
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pagne, Philippe II > l'efflpioya pour la bible polyglotte qu’il lit pu-blier. Arias Montanus a mis dans cette bible tout ce qu’il a pu trou-ver de paraphrases caldaïques, ít y a inséré la version de Pagnin ,«ju’il a réformée en quelques endroits , & le plus souvent corrom-pue & gâté». Le roi Philippe lui offrit un évêché pour récompense ;mais il le refusa & mourut à Séville en 1598. Les traités d’Ârius ,qui font dans les polyglottes d’Anvers & dans les grands critiquesd’Angleterre , sont neuf livres des antiquités judaïques , où l’ontrouve un fond étonnant d’érudition. II a fait encore des commen-taires fur l’ècriture , 8t d’autres ouvrages. II joignoit une piétésolide à une science profonde ; & on le regarde avec raison , com-me un des plus grands hommes que l’Espagne ait jamais produits.

I. ARNAULD d’Andilli, ( Robert ) né à Paris en 1585 , étoitl’aîné des e 11 fans du célébré avocat Antoine Arnauld , d’une fa-mille distinguée. E11 1613 , il épousa la fille unique de M. de laBoderie , qui eut en mariage la terre de Pomponne , comme ileut de son côté celle d’Andilli. II parut de bonne heure à la cour ,où il futausll-tôt estimé que connu. En 1634, il fut fait intendantde farinée , 81 se fit aimer des troupes & des officiers par fagénérosité, son intégrité & son caractère bienfaisant. Après lamort de son épouse , il se retira de la cour & se lia étroitementavec M. l’abbé de St. Cyran , qui lui recommanda en mourant dese retirer â Port-Royal. M. Arnauld mit ordre à ses affaires pourexécuter son desièin. II alla voir la Reine auparavant , 8t le luidéclara. Quand il prit congé de cette princeiiè , il lui dit agréa-blement , que » si sa majesté entendoit dire qu’011 fît des sabotsn à Port-Royal, il la prioit de n’en rien croire ; niais que si 011 lui» disoit qu’011 y cultivent des espaliers 011 diroit vrai , & qu’il es-» péroit en faire manger des fruits à fa majesté. » E11 effet, il nemanquoit pas de lui en envoyer tous les ans , & le cardinal Ma»zarin les appelloit en riant , des fruits bénis. II faut savoir pourl’intelligence de cette anecdote que les Jésuites fe plaisaient ârépandre par-tout, que les solitaires de Port-Royal étoient unetroupe de sabotiers & de cordonniers. Un de ces pores disant unjour dans une compagnie, que M. Pascal , auteur des provinciales,ávoît fait des souliers ì Port-Royal ; l’abbé Boileau , frere de M.Despreaux , répliqua 1 Je ne sais pas s'il a fait des souliers ; maisje fais qu’il vous a porté de bonnes bottes. M. d’Andilli 11e sortitpoint du désert de Port-Royal depuis 1646 jusqu’en 165(1 , qu’ilfut obligé par des ordres supérieurs , de s’en éloigner pour quel-que temps. Pendant ces dix années il composa une partie des ou-vrages qu’il a labiés en grand nombre , 8c qui ont été imprimésen huit volumes in-folio : ce font pour la plupart des traductions.Cette édition qui est de Pierre le Petit , est d’une grande beautépour le papier 8t pour le caractère. Le premier volume contient,1. Un poème fur la vie de J. C. r. Stances fur diverses véritéschrétiennes au nombre de 258 , &c. 3. Discours de Janféniusde la réformation de l’homme intérieur. 4. St. Eucher du mépris