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nante pour écrire. II s’étoit fait un style particulier , qui necede en lien à celui des meilleurs auteurs. H étoit constam-ment le plus bel esprit & le plus savant homme de ion siecle.Naturellement ennemi de l’ignorance & des illusions qui enfont les fuites , il s appliqua des iâ plus tendre jeunesle à l'étu-de des langues. U consulta les lavans de ion temps , & les allachercher en France, en Italie, en Angleterre , au;; Pays-bas, enAllemagne. Les philosophes , les orateurs , les historiens, lesauteurs lactés & profanes contribuèrent fort à le former. Lesplus savans hommes de l’Europe Sc les plus illustres prélats setirent un honneur d’être en commerce de lettres avec lui. .1 aparle fortement contre les abus qui avoient donné lieu à lanaissance de l’hérésie de Luther , 8c c’est ce qui lui a fait tancd'ertnemis. Mais dcvoit-on lui faire un crime de s'élever contredes désordres qui déshonoroient l’églile , & qui faisoient cha-que jour multiplier les partisans de Luther & des auttes héréti-ques t Ses ennemis se prévalu.ent beaucoup des censures que!s faculté de théologie de Paris sit de quelques uns de ses ou-vrages. Mais dit i’abbé M&rscllier dans Ion apologie à'Erasme ,les Rois, les Papes, les princes, les cardinaux , les évêques & tousles grands hommes de l’églile catholique , ont fait de cet auteurdes éloges , qui peuvent contrebalancer ces cenfnres. D ailleurs,continue le même apologiste, on ne prétend pas qu’/iia/mr nese soit jamais trompé , 8c qu il n’y ait à reprendre soit pourles choses, soit'pour la maniéré de les écrire , dans ce nombreprodi. icux d’ouvrages qu il a composés. Il ne l’a pas prétendului même. Mais s’ils’eft éloigné en quelque chose des sentimensreçus ; il a si bien pensé , 8c si excellemment écrit sur une in-finité d’autres , que toutes les censures qu’on a pu faire , n’ontpas empêche 8c n’empêcheront pas à l’avenir, qu’on ne le regardecomme l’un des plus savans hommes que Dieu ait donnés a sonéglise. Ce qui fit dite autrefois au cardinal Xtmene S à un de*censeurs d’ira me : Ou fuira mieux , ou Uifsez. fuire ceux a quiDieu èn a d. nné le rtilent. On ne prétend donc point qu'Era/meait été irrépréhensible , mais de ion temps on pouvoir disputerde beaucoup de choses, dont il n’cst plus permis de douter , dé-duis que le concile de sterne a fixé nos sentimens 8c notrecroyance. Le temps d ‘Erasme tenoit encore beaucoup dc cessiécles ténébreux , qui avoient introduit tant de nouveautésparmi le peuple. L'on y connoiísoit peu l’antiquiré : tout cedont on n'avoir point oui parler deux ou trois siécles aupara-vant , pasibit pour nouveau > pour suspect , pour censurable. Ilsuffisait que l’usage autorisât quelque chose , abusive ou non ;on ne pouvoir souffrit que l’on parlât contre. Parmi tant degens prévenus, 11 pouvoit y avoir quelques savans , qui voyoientplus clair que Jes autres , mais ils ne faisoient pas le plusgrand nombre j& dans les occasions dont il s’agit, c’est lonombre qui décide : on ne peso pas les voix, on les compte, il