G E R i j4
GERBERT, éto'it né en Auvergne de pareils d’une conditionbaffe. Il fut élevé à Aurillac dans le monastère dc St. Gerauld.Après qu’il eut appris la grammaire - l’abbé l’envoya chez unseigneur , qui lui facilita les moyens d’étudier les mathémati-ques , dans lesquelles il devint très habile II fut connu de l’em-pereur Othon 11 , qui le joignit h plusieurs savans de cetemps-là,avec lesquels il conféroit fur différentes sciences. L’empcreur luiprocura la célébré abbaye de Bobio , fondée par St. Coíomban. Iltrouva les grands biens de cette abbaye dissipés par les usurpa-tions des seigneurs voilins. Après la mort à'Othn II, Gerbert voyantque l’Italie étoit fans maître & qu’il falloir ou se soumettre àplusieurs petits tyrans', ou lever des troupes , quitta le pays , fansrenoncer à son abbaye. II vint eh France auprès de l’archevêquede Rheìms. II se mêla beaucoup des affaires de l'état ; ce qui nel’empêchoit pas de cultiver les sciences U gouvernoit l’école deRheims ; 8c le jeune Robert depuis Roi, si s de Hugues Capot , yfut envoyé par là rnere, pour y étudier fous un si habile maître.A Rome , ôt dans le reste de l’Italie , en Allemagne, & par toutoù il se trouvoit, il etr.ployoit beaucoup d’argent à payer desécrivains, 8c à acheter des exemplaires des bons auteurs. Ceuxqu’il nomme en diverses lettres font , Pline , Jules-Cefar , Sué-tone , Claudien , Boéce. II avoir lui-même composé un livre derhétorique , St faisoit des sphères. Il étudioit auflt la médecine.Gerbcrt, n’étant encore que diacre , fut élu 8c sacré archevêquede Rheims après la condamnation d ‘Arnoul. Il tint auffi-tôt unconcile avec les évêques de fa province > où l’on s’éleve forte-ment contre ceux qui pilloient les biens des églises. Il y a unelettre de Gerbert fur ce même sujet, à Fouques , évêque d’Amiens ,jeune homme emporté , qui , dans son propre diocèse > avoirpillé des biens ecclésiastiques , 8c étoit entré dans une église àmain armée. L’archevêque Gerbert lui en fait une sévere répri-mande. Le pape Jean XV , ayant appris la déposition à'Amoul Scl’ordination de Gerbert , trouva l’un Sc l'autre fort mauvais ,& interdit tous les évêques qui y avoient eu part. Mais Gerbert«'éleva fortement contre ,ce décret. ,, Feut-on montrer , disoit-il,, dans une lettre à l’archevéque de Sens > que le jugement de,, l évêque de Rome soit plus grand que celui de Dieu > Si l’évê-„ que de Rome lui-même pèche filtre son frété , 8c étant aver-„ ti plusieurs fois , n’obéit pas à l’église , cet évêque de Rome,,, selon le commandement de Dieu , doit être regardé comme„ un payen 8c un publicain. Plus le rang est élevé , plus la chute,, est dangereuse : que s’il nous croit indignes de fa communion ,„ parce qu’aucun de nous ne veut jurer contre l’évangile , il ne-, pourra pas pour cela nous séparer de la communion de J. C.,, ni nous priver de la vie éternelle. On ne doit pas appliquer» aux évêques ce que dit St. Grégoire , que le troupeau doit crain-,, dre la sentence du pasteur , soit qu’elle soit juste ou injuste.,» Car c’esl le peuple qui est le troupeau 8c non pas les évêques.