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Tome second.
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GILDAS j ( Saint) surnommé le Sage , naquit â Dumbritton enEcosse vers la fin du cinquième siecle. 11 ne fut que prêtre , & ilprêcha dans la province septentrionale de la Grande-Bretagne ,cniuite en Irlande , où il rétablit la pureté de la foi & de la disci-pline. Enfin il passa en Gaule > Sc s’établic auprès de Vannes , onil bâtit le monastère de Buis qui porte encore son nom , Sc y mou-rut en S 70 . II reste de lui quelques de discipline , & on

1m attribue deux discours fur la ruine de la Grande-Bretagne. IIdéplore dans le premier la désolation de fa patrie par la conquêtedes Anglois-Saxons j 5c en attribue la cause à la corruption ex-trême des mœurs. II s’adreste en particulier à cinq princes quirégnoient alors chez les Bretons , 5c leur reproche à chacun leurscrimes , avec une liberté 5c une force étonnante. Le second dis-cours , est une exhortation au clergé de la Grande Bretagne, quin'est pas moins vigoureuse. Il leur reproche leur ignorance , leurnégligence > leur avarice , 5c les accuse même de symonie.

GILLES de Viterbe, prit ce nom de la ville de Viterbe, oàil étoir né. A l’âge de 18 ans, il prit l’habit des hermites dcSt. Augustin. Ses supérieurs bayant choisi pour professer I*philosophie 6 c la théologie dans plusieurs villes d'Italie, il fesignala par son savoir. L'éloquence de la chaire ne le distin-gua pas moins , Sc il fut un des prédicateurs de son temps lesplus applaudis 5c les plus recherches. Son mérite lui ayant pro-curé la place de général de son ordre en 1507 , il eut occasionde fe faire connoître à la cour de Rome. 11 devint successive-ment patriarche de Constantinople, évêque de Viterbe 5c cardi-nal. fuies 11 le chargea de faire l’ouverture du concile de Latranconvoqué en 1512 . Le discours qu’il prononça a cette occasion ,«étire une attention particulière. Après avoir dit que s etant vuquelques années auparavant dans la nécessité d’expliquer enchaire l’apocalypfe , il avoir annoncé que l'eglise étoit menacéedes plus affreux malheurs, 5c que cependant il y avoir quelqueespérance de les pouvoir détourner par une véritable reforma-tion , il continua ainsi : , Je me réjouis de voir aujourd'hui que-, ma prédiction n'est pas entièrement fausse. Les choses sont ré-,, duites aux dernieres extrémités. Nous nous voyons plongés dans„ un abîme de maux 3 mais ce qui doit nous consoler un peu ,„ c’est qu’un rayon d’espérance commence à luire après une nuit„ si obicure , 6 c que nous nous stations de voir renaître le calme, âpres la tempête." Il parle enluite de la nécessite des conciles,& dit qu’il falloir attribuer la plupart des maux de l'eglise à lacessation de ces saintes assemblées. „ Heureux, s’écria-t'il , lea„ siécles qui ont eu des conciles ! Malheureux les temps qui ne-, les ont point connus ! , Il exhorta les peres à se réunir pourchercher de concert les moyens les plus prompts 5c les plus effi-caces de conserver le précieux dépôt de la foi . 5c de maintenir lapureté de la morale. Peut-on voir , ajouta-t’il , fans veríer deslarmes de sang, les désordres 5c la corruption du siecle pervers ouTome 11. B b