IÇ4 , G I L
nous vivons ; le dérèglement monstrueux qui régné dans lesmœurs ; i’ignorance , l'ambition, l’impudicité , le libertinage ,l’impieté triompher dans le lieu saint, d’où ces vices honteuxdevroient être à jamais bannis 5 Q.ui de nous pourroit regarderavec des yeux secs , & fans être pénétré de la plus profonde dou-leur , les campagnes d’Italie teintes, arrosées, 8c , si j'ole m’ex-primer ainsi , plus imbibées du sang humain , qu'elles ne le fontdes eaux du ciel ! L’innocence est opprimée , les villes nagentdans le sang de leurs habitans cruellement égorgés , les places pu-bliques font couvertes des corps morts. 11 n'y a qu’un concile quipuisse remédier au déluge de maux qui inonde 8c désole toute lurépublique chrétienne. II est fâcheux qu’un discours si touchant,Sc qui convenoit si bien au triste état où Jules u avoir séduitlltalic , fût en quelque forte gâté par l’éloge que l’orateur fit del’ambition de ce Pape. Il le loua d'avoir réuni a l’état ecclésiasti-que plus de villes qu aucun de ses prédécesseurs, 8c d’avoir par, k im-mortalisé son pontificat. ,, Mais , ajouta-t’il en lui adreílant la,, parole, l’Europechrétienne attend de votre courage Sc de votre„ zele quelque chose de plus grand , 8c , si je l’ofe dire , de plus„ digne de votre sainteté. Rétablir la paix entre les princes chré-„ tiens , les réunir tous contre l’ennemi commun de notre saintej, religion, est un dessein plus glorieux , Sc seul capable de vous im-„ mortaliser. Si vous voulez que le succès en soit heureux, quit-,, tons les armes , qu’il patoît que nous n’avons prises que pour„ les tremper dans le sang des fideles. Reprenons-en d’autres plus,, conformes au caractère sacré donc nous sommes revêtus , 8cj, plus proportionnées à la milice sainte dans laquelle nous som-,, mes engages.Déclarons une guerreéterneile 8c implacable à cette„ foule de vices 8c d'abus énormes, qui ont inondé l’église 8c„ qui déshonorent la religion “ Léon X ne fit pas moins de casde lui que Jules II, 8c l’employa dans diverses affaires importan-ces. Ce prélat mourut à Rome en 1552. Les gens de lettres deson temps le regardoient comme leur protecteur, 8c comme unprotecteur très-éclairé. Le latin , le grec , ('hébreu , le chaldéenétoienc pour lui des langues familière . On le consultoit rrès-souvent, Sc on en recevoir des éclaitcissemens utiles. L'eloquencedroit un de ses dons , Sc s’il avoir vécu de notre temps, il est àcroire qu’il auroit été le digne rival de nos plus grands prélats. Nousavons de lui, I- Des remarques fut les trois premiers chapitres deJa genefe. II. Des commentaires fur quelques pjeuume. où l'ontrouve la même érudition que dans ('ouvrage précédent. III. Desdialogues , des e'pítrei , des poésies. Tous ces ouvrages eurent ducours dans leur nouveauté > mais on ne les imprime plus à présent.
G 1 LLET , ( N. ) chanoine régulier 8c bibliothécaire de l'abbayede Ste. Geneviève , se distingua par son érudition. Son cabinetfut le centre de tous ses plaiiirs. II s’attacha sur-tout a la languegrecque. Nous avons de lui une nouvelle eraduílio» de l'historienjosefi). cette version n’a pas été accueillie , comme elle auroit dà