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A U M.

’ludiciable k t Hôpital général de la Charité , & la mendicité ruine lesmaisons , oie la 'véritable charité doit être exercée.

L'Ecritilre Sainte & toute la Théologie morale enseignent , qu’onest obligé sur peine de péché d’obéïr aux Supérieurs Ecclésiastiques &Temporels, fur tout lorsqu’ils font des Ordonnances en vue de lagloire de Dieu, du bien public, & du salut des âmes. C’est danscette même vue que le Concile de Tours ordonne, que les Parroif-liens riches & commodes de chaque Parroiises, aíiìstent 8c secourentdans leurs nécessitez les pauvres de leur même Parroiifc. Obéissiezà vos Supérieurs Ecclésiastiques Sc Temporels. Obedite prspofitis vej-tris, este.

La Théologie morale nous apprend aussi cette obligation, principa-lement quand on nous ordonne des choies qui regardent la gloirede Dieu, le bien public, & le salut de notre prochain. C'est pourcette raison que si le Concile de Tours veut que les pauvres de cha-que Parroilses soient assistez par les Farroissiens commodes, ce mêmeConcile défend par là la mendicité, comme trcs-préjudiciableausalutde leurs âmes ; Sc cette défense est conforme à toutes les loix divi-nes Sc humaines. Dieu ordonna au peuple d’Iíraël de pourvoir entelle forte au besoin des Pauvres, qu aucun d’eux ne fùt obligé demendier. Omnirn indigent est mendient non erit inter vos. Deuter.c. 15.

Mditn infaillible pour trouver par tout des Aumônes suffisantes,suivant ï exemple de Saint Charles Sommée.

Ce grand Cardinal & saint Archevêque de Milan , prêchoit forte-ment aux Peuples , Sc leur falloir prêcher pat lès Curez , Prédica-teurs , Missionnaires, & fur tout par fes Confeíleurs , qu’on étoitobligé de faire l’Aumônc à peine de damnation , que Jésus Christ,, en avoir prononcé l’Arrêt dans l’Evangile : f ai eu faim, j’ai été», nud, j’ai été malade, vous ne in’avez pa; assisté : Allez, maudits,», &c. Que S. Paul a ajouté : que qui 11’a pas foin du Pauvre a perdu», la foi, ne croit pas í’Evangile, & est pire qu’un Payen.

Que Jbsus-Christ encore promet le pardon de cous les pé-chez a qui fera l’Aumônc, Sc le centuple méme pour réconqiense dèscette vie. C’est-à dire l’augmentation des biens temporels , ou unejoyc pleine & entierc dans la pauvreté Sc les souffrances, qui estau-dclìiis de tout ce qu’on relient , que relltntoicnt les premiersChrétiens dépouillez de tous biens, & qui loufïioier.t toutes sottesde maux & de martyres. Ensorte que ^ob fur son fumier couvertd’ulceres, ce Prince infortuné aux yeux des hommes, rdìèjîtoit plusde joye qu’il n’avoir fait fur son trône.

Les Confeíleurs, fur tout de notre S. Archevêque S. Charles Bot-romée, íaifoient concevoir à leurs Pénitens l’obhgation indispensa-ble de PAumóne ; Puisque iouvrier > suivant S. Paul < étoit obligé detravailler pour gagner sa vie est donner sAumône ; Sc leur ordon-roient, suivant i’avis de Saint Bernard , de visiter tous les mois dumoins que’que Pauvre > ou Hôpital, parce que , comme difoit ceS. Docteur, le cœur a douleur des miferes qu’il voir , & ouvre lamain & la bourse pour secourir les miserabícs.

' Mais voici qui briloit les cœurs les plus durs, les Confesseurs denotre saint Archevêque , à son exemple & suivant fes Ordonnan-ces > refusoient l’abíolution à qui ne fassoit pas des Aumônes ré-glées tous les mois suivant ses forces , & nc leur donnoient l’absolu-tion qn’après les avoir faites j dilant qu’on refufoit [absolution à quirefuferoit d’entendre !a Mclle aux jours de Fêtes : Que le Comman-dement de la Messe n’étoit qu’un Commandement lait par les hom-mes ; mais que le Commandement de l'Aumône étoit de Je s u s-C h ri st même.

Pour îe regard de ce qu’on dévoie donner , qu’on eût à bailler cequ’on voudroit avoir donné au jour terrible de la mort, & íi on avoirà mourir dans lc moment qu’on nous demande l’Aumône, 8c quenous la refusons. Que l’on considéré cn outre > comme difoit S.Chryfostome, ce que le riche voudroit bailler > !e Marchand, l’Ou-vrier & le Païfan, s’ils étoient aveugles ou paralytiques, pour avoirla lanté Sc pouvoir jouir de leurs biens , ou travailler pour gagnerleur vie.

Les saints Confesseurs de notre S. Archevêque reprefentoient en-core à leurs Pénitens : Que Jf.sus-Christ dans ['Evangile avoirdit aux Chrétiens, qu’ils n’auroient point de part en son Roïaume,s’ils n’étoient plus charitables que le Pharisien , qui donnoit néan-moins la dixième de tous fes biens ; & là-delius S. Augustin expliquele Chrétien devroit donner. Sermon 10f.

Enfin, notre S. Archevêque, qui avoir trouvé arrivant dans sonDiocèse tous les Hôpitaux ruinez > leurs biens usurpez, les pauvresabandonnez, par fa conduite toute Apostolique, établit dans toutesles Villes des Hôpitaux Généraux, & des Hôpitaux pour le 1 , malaises,& des Assemblées & Confrairies de la Charité dans toutes lesParroisscsde fes Villes Sc de la campagne pour assister toutes sortes de nécessiteux,sains Sc malades, honteux, prisonniers où il y en avoir, Hérétiques,Convertis, 3 cc.

Second Moïen.

On peut voir dans un petit Livre intitulé, Le secours des Pauvres ,(f dans le Recueil de mes Lettres , plusieurs moïëns de leut trouver desAumônes, & particulièrement dans la partie qui s’appelle XAumônierIndustrieux : en voici quelques-uns tirez de ce Traité, & quelques-autres que nous y pouvons ajouter.

-, 1. Messieurs les Curez de Parroisscs, ou leurs Vicaires, peuvent,, demander dans un Tronc qu’ils tiendront çn leur main , ou quiv fera attaché dans ['Eglise, quelques Aumônes en faisant des Baptê-„ mes > des Mariages > ou des Enterremens, puisque c’êtoit la coûtu-,, me auparavant d’eN donner à une foule de gueux qui couroient à„ ces Cérémonies,

A U M. ssy)

„ ì. Les Confesseurs en peuvent aussi procurer eh exhortant,, leurs Pénitens , Sc les Prédicateurs cn exhortant leurs Audi-„ teurs.

-> 3. Les Officiers de Justice peuvent ordonner quelques Aumô-„ nés, quand ils adjugent des Enchères ou des Fermes considérables,

„ & les Juges de Police peuvent condamner à une Aumône, ceux,, qui contreviennent aux ordres de leur Police, qui boivent aux Ca-„ baréts pendant i’Office divin, ou qui font quelques autres désordres» puniílables.

„ 4. Les Notaires peuvent suggérer aux malades d’assigher en leur*

-, Teltamens quelques Aumônes aux Pauvres : Et les Exécuteurs» Testamentaires doivent donner aux Directeurs des Hôpitaux, ce„ qu’ils auroienr donné aux mendians.

„ 5. Les Hôtes Sc les Marchands peuvent avoir en leurs maisons„ quelques Troncs, dont ils [ailleront la clef au Receveur de I’Alíem-„ h ée, & y faire donner quelques Aumônes aux pallàns qui logenf„ ou mangent chez eux, qui achetent quelques marchandises , Sc y„ faire aussi mittre le denier à Dieu.

„ 6. C’est encore un bon moïen de meubler les Pauvres, si l’on„ luggere aux mourahs de leur léguer les linceuls, ou les chemises,

„ ou même les lits dans lesquels ils rendront lame » qui íera jugée» par un Juge, qui peut être appaisé par les Aumônes.

7- Un Seigneur, ou quelqu’autre homme riche quia del’argent„ inutile dans son coftre, fans rien exposer ni rien perdre, peut„ emploier cet argent à acheter au tems de la récolté , du blé à„ bon marché, le garder en quelques Greniers ; Sc puis quand les„ grains íèront encheris, le faire vendre aux seuls Pauvres,aumême-, prix qu’il l’a acheté, 8c faire par ce moïen une Aumône très con-„ sidérable, fans rien perdre du sien.

-, 8. Celui qui a des Brebis, peut donner à la Charité un Agneau»

„ que les Directeurs feront marquer, Sc donneront à nourrir a quel-„ qu’autre qui aura un troupeau > cette nourriture ne lui coûtera„ presque rien : cet Agneau dans un an sera une Brebis, qui pto-„ duira un autre Agneau. Si dix Habitans d’une même Parroisse son c,, le méme » dans trois ou quatre ans la Charité aura un fond de 3 o„ ou 40 Brebis qui ne lui coûteront rien, Sc produiront un revenu„ considérable pour les Pauvres.

„ 9. On peut pratiquer une même charité si l’on a des ruches à„ miel, en donnant quelque eíliin ou quelque ruche qui en pro-„ duira d’autres dans les Jardins, où l’on voudra les garder avec les„ ruches du Propriétaire.

„ 10. II n’y a presque aucune maison des champs qni ne nourisse„ des Poules; ceux qui mettent des oeufs à couvert, s’ils en ajoutent„ un pour la charité, il deviendra un Poulet, Sc puis une Poule, qui„ sera nourrie avec les autres, 8c marquée, si l’on vêtir la reconnoí-„ tre, d’une chaussure bleue, ou de quelqu’autre marque ; si chaque„ maison des champs en usent de la forte, il sc trouvera en route la 1 '„ Parroisse un bon nombre de Poules, Sc les Directeurs qui ont„ loin des pauvres malades, aïant la liste de toutes ces Poules , en-,, voïeront demander quelques œufs de ceuxqu’ellcs auront faits, ou„ même ils destineront quelques-unes de ces Poules á ces malades„ qui en auront besoin.

„ 11. On peut user d’une pareille économie au Pais où l’on nour-„ rit un grand nombre d’Oyes ou de Canes.

„ 11. II y a des Parroisscs qui ont droit d’envoier paître leurs„ bestiaux dans les prairies, âpres que le premier foin est fauché;

„ on peut procurer aux assemblées de la charité quelques bef-„ tiaux utiles aux Pauvres , qui sc prévaudront de cet avantage„ public.

Les Papes quoique charitables ont défendu fous de grièves peinesde donner l'Aumône aux Pauvres dans les Eglises.

Le Roi veut qu’on envoie les mendians valides dans les Galères,8c que les femmes 8c les filles soient punis du fouet, quand elles se-ront surprises à mendier ; íà Majesté défend aux riches de donnerl’Aumône aux mendians sous peine de quelques amendes , Sc feuMonseigneur l’Archevêque de Lyon , comme Gouverneur, fit pa-reilles défenses contre ces sottes de faux Aumôniers , d’une amendede cent fols. Le Roi Charles IX. dans ['Ordonnance de Moulins enl’année 1566. article 73. Henri III. dans son Ordonnance du iz.Mai l’an 1586. à Fontainebleau, ont fait les mêmes défenses. L’Or-donnance dc Moulins, de l’an 1566. porte que les pauvres de chaqueVille , Bourg 8c Village, dont ils sont natifs Sc habitans > serontnourris Sc entretenus par ceux de la Ville, Bourg Sc Village dont ilssont natifs, fans qu’ils puissent vaguer ni demander l'Aumône ailleursqu’au lieu de leur naissance.

Toutes ces Ordonnances Sc défenses ont été faites pour la gloirede Dieu, pour le bien public, Sc pour le salut de notre prochain, nousy devons donc obéir sor peine de péché. Ainsi celui qui donne l’Au-mône aux mendians, loin qu’elle soit agréable à Dieu Sc pour íàgloire, elle peut ['abolir.

Aumônier d'une grande maison.

La charge Sc le devoir d’un Aumônier, regardent principalementle Service Divin qu’un grand Seigneur fait fane dans fa maison, 8sdans cette qualité il a la direction de la Chapelle & le foin de tousles ornemens sacerdotaux. Pour bien 8c dignement remplir cette pla-ce , il faut qu’il soit honnête-homme, sans reproche, de bon exem-ple , savant pour instruite, grave sans familiarité, pour imprimer lerespect Sc la vénération qui sont dûs à son caractère : qu’il célébréla Messe aux heures prescrites, 8c fasse la priere soir Sc matin > oùtout le monde de la maison doit être appellé, tant le Seigneur queses domestiques, béniílè les viandes au commencement des repas, Scrende grâces à la fin. Il doit aussi catéchiser les domestiques , lesinstruire charitablement, veiller à leur couduite , prendre gardequ’ils ne manquent point de s’approches des Sactcmens aux quatre

I iij solemnitez