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comptant pQíìr l’ordinaire, & le Vendeur fait bon deux pour eeQCsur la mesure. Toutes les Marchandises sc contiactent en mornoiecourante hors du Banco , excepté lTiuilc & le v'f-argent , del'quelson traite toujours en monnoïe de Banco : les Marchandises en bouti-que depuis le teins éebû, ont accoutumé de donner quelques mois ;cela sc pratique encore pour les Merciers de Flandre , Allemagne &autres heux.

Pour les autres qui se vendent au comptant, cela s’entcnd pour lepayement prompt d’un mois, ou environ, selon la qualité des Mar-chandises Sc des Débiteurs; en cas de faillite, le premierfalsifiantcilantérieur aux autres Créanciers, par Decrct public : les réparumensse font également aux Etrangers comme auxNaturels du Pays; maiscela arrive rarement . parce que les premiers laiíïlìans joiihknt dubénéfice, comme les effets ne font pas en avance, qui n’a point saisi,reste exclus.

On a coutume de juger suivant les Loix & Réglcmcns particu-liers de la Repubîíque. La Nation Allemande a Ion Toutico , ouMaison particulière, Sc a quelques privilèges, lur-tout à l’égard desDouanes.

Les impôts qui étoienr ci-devant fur la monnoïe ont celle, on ení créé d’autrcs lur les Gabelles du Vin, Douanes, & autres revenusde la République, dont on pare les intérêts tous les six mois ; (avoir,six pour cent pour les rentes perpétuelles, & dix pour cent de cellesqui font à vie.

Le négoce ne déroge point à la Noblesse ; mais p:u de Noblesses'y applique.

BANQJJE. Outre ce qu’on a dit dans l'Article cf Agent de Ban- 'que & de Change, on doit encore observer q*c personne ne peut êtreAgent de Banque & Banquier ensemble ; c'est-a-dire , que l’Agcntde Banque doit seulement s’enrrcmettre de négocier les allaites de laBanque Sc du Change , entre les Marchands , Nègocians , Ban-quiers , Traitans, Gens d’affaires, & autres fortes de personnes quivoudront se servir de son ministère, fans pouvoir faire directement,ou indirectement pour son compte particulier, le commerce de la Ban-que & du Change.

BANQUEROUTES Sc FAILLITES. Ruelles font les cau-ses. Le principe & la causé des Banqueroutes , provient la plupartdu tems de lïgnorance, de lïmprudenee & de laffibition des Mar-chands . qui ont le dessein de s'enrichir aux dépens de leurs Créan-ciers. Cela nc tombe jamais dans l’esprit d’un honnête homme,mais bien dans celui d un méchant, qui doit être traité avec ièvei ité ;au lieu que celui qui la fait par malhc ur, à cauíe des pertes & desdisgrâces qui lui sont arrivées en faiíànt son commerce, doit êtretraité avec quelque douceur.

L’ignorance des Nègocians vient de ce que dans leur commerceils manquent d’instruction , n’ayant pas fait leur apprentissage chezd’habiles Marchans, qui ayent toutes les qualitez requises pour bienmontrer le commerce.

II. De ce qu’ils n’ont pas servi assez long tems les autres Mar-chands, pour acquérir toute l’expéricnce nécessaire pour s’y bien con-duire.

III. De ce que quand ils fe présentent pour être reçus Maine,dans le Corps des Marchands, dont ils veulent faire profession , lesMaîtres & Gardes ne ks interrogent point fur les principales chosesdu commerce, comme fur la qualité des Marchandise; dont ils fe mê-lent, des largeurs Sc des longueurs, des matières dort elles doiventêtre composées : fur la manrere de tarir les Registres, t art en partiedouble que simple: fur la maniéré des Lettres Sc Billets de Change;de sorte qu’ils sont reçus bien souvent Maîtres au sortir de leurs ap-prentillages, ignorans & incapables de faire k commerce , ne sachantpas ce qu'ils font, vivant toûjoui s dans la confusion, qui est d’ordi-naire l’écueil inévitable ou ris font naufrage ; car il est constant quequelque honnête homme que soit un Marchand , s’íl ne fait toutesces choses, & s’il ne tient un fort bon ordre, il fera toujours aveugledans ses affaires, ne ks conduira jamais comme il faut ; & enfin quel-que bonheur qu'il ait, il fe trouvera infailliblement dans k désordre,qui 1e fera tomber dans k précipice, & lui fera faire faillite.

IV. Lïmprudenee des Nègocians causé encore leur malheur, quandils fe chargent de trop de Marchandises, & au deíìus de leurs forces,parce que c’est un fond mort qui ne produit rien > Sc qui caulé desretardemens de pâyemens échus, pour la communion deíquclles ilspayent de gros intérêts: cependant ks Marchandises deviennent à rien,d’autant que la mode s’en pastè, soit pour ks couleurs, soit pour ksfaçons; par ks mauvais restes qu’ils font, par les Marchand iles qu; fepiquent, comme toutes sortes de Draps de soie, de lames Sc de Ser-ge de couleur, de Rubans, & «satures menues Merceries : celles quicoulent, comme 1e Vin, les Huiles, & autres sortes de Marchandi-ses liquides; celles qui s’éventenc, comme ks Drogues & le. Epice-ries ; celles qui se pourrilsent, comme ks Jambons > ks Fromages,les Olives , ks Marrons , ks Oranges , ks Citrons , ks Grena-des , ks Anchois , & ks autres fortes de Marchandises de cettequalité.

V. L'ambition des Marchands, & 1e désir qu’ils ont de faire for-tune en peu de tems, causent aussi les Faillites. parce que cette con-voitise ks porte inconsidérément à prêter à tous venans, & particu-lièrement à la Nobldlè qui ne paye que quand il lui plaît, Sc à dejeunes gens qui n’ont pas encore anteint l’áge de vingt ans, lesquelsétant en majorité fe font relever facilement des obligations & pro-messes quïls leurs ont pasiècs. Ces dettes consument tout leur fondcapital, & celui de leurs amis qui leur ont confié leur bien : cela ksmet hors d’état de pouvoir payer; ainsi ils font obligez de faire con-noitre leur foibkssc, & ensuite ils font Fail ite.

VI. On a encore remarqué que 1c malheur qui arrive à la plupartdes Marchands, vient de la grande dépense qu’ils font, tant en loyersde maisons , que gages Sc nourritures de Iturs Facteur-, Sc Domesti-ques; par ks dépenses inutiles quïls font dans la luperflujté de leurs

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habits, dans ks festins & dans k jeu, & bien souvent drus les débau-ches des femmes, qui causent la perte de leur tems> qui est si cireraux Nègocians : par ks grands vols que hur font kurs Facteurs& Domestiques, pour ne pas prendre garde à eux ni à leur condui-te,; ar ks Banqueroutes qui kur arrivent, a cauíe de kur négligencea ne pas solliciter kurs dettes, ni faire attester laits parties dans ktems porté par l’Ordonnance, d’autant qu’on kur allègue la findenou -recevoir, quand ils demandent en justice 1e payement de kur dû: par-la surcharge de kurs enfans, quand ils en ont en grand nombre,ksélevant avec trop de somptuolité, étant obligez de fane de grandesdépenses, tant cn nourritures, q u'en pensions Sc entretiens ; & parl'ambition quïls ont de donner de gros mariages à kurs enfans, au-deíìus de leurs forces.

VII. II arrive encore aux Nègocians qui font commerce en p-ros,quantité d'autres accidens qui leur font faite Faillite , comme ksrisques de la Mer Sc prises de Vaisseaux , ou par ks Ennemis , oupar les Pirates, ou par k transport de l’argent quïls font hors duRoyaume qui kur est volé : ks Marchandises confisouées , faute deparer les droits dûs à Sa Majesté, & autres Princes, dans es Etats desoquels ils envoient ou font venir de la Marchandlíé > pour ks vouloirI aller en fraude ; enfin la disposition de kurs deniers quïls f n t furla place, dont ils prennent des Lettres de Change qui kur so it né-cclloires pour faire kur commerce, qui reviennent a protêt. Toutestes pertes, & autres accidens par iuccession de tems, les jettent dansìïmpuisthnce de pouvoir continuer kur négoce.

Toutes les mauvaises qualitez & ks inconvcniens ci-devant re-présentez, fe rencontrant cn des Nègocians, ils perdent íau.eracr.tkur réputation Sc leur crédit; ce qui fait que n’en trouva -1 plus, outrès-peu > il kur aï rive encore des accidens qui achevenc de ks perdre& de ks ruiner; car pour maintenir leur créd.t ils s exécutent eux-mêmes, par k moïen de kurs Marchandises quïls sont obligez dedonner à vil prix, pour palet ce quïls doiv: nt o’échû , & ks lettresde Change que l’on tire sor eux. Ainsi b.en loin de g .gna ils per-dent toujours; & on a remarqué que depuis q.i’un Négociant est unefois en arriéré, & qu’il manque de crédi:, il est absolument perdu , àmoins d’un grand hazard & d’un bonheur extraerdinaïe. On en aconnu plusieurs, qui vmgr ans auparavant que de faire Fa.litreétoientdé;a ruinez, & ne íubsiiíoient quç par k crédit qui kur a manquétout-d’un-coup ; aussi ces sortes de Faillites font très-mauvaiks , yayant à perdre quelquefois ks trois quarts.

Le bonheur & la fortune des Nègocians procèdent ordinaire-ment de la connoiliánce parfaite quïls ont du commerce dont ilssc mêlent , de la grande expérience quïls ont acquise cn servantlcáig-tcms îcs autres Marchands, avant que de faire kur établiík-ment; du bon ordre quïls ont à tenir leuts livres ; de la pré*voïance & de la prudence quïls ont de ne sc point charger de trepde Marchandise , & de ne point prêter au-delsos de leurs forces,du soin & de la vigilance quïls ont de solliciter leu:s dettes > &de l’assiduité quïls ont à demeurer dans kurs M.tç-asins Sc dansleurs Boutiques, & à examiner la conduite de leurs F .cteurs & deleurs Domestiques; de l’épargne & de l'économie de kur maison,& de la réputation quïls s’aequicrent d’être gens de bonne foi, &de tenir leur parole, l’arant une fois donnée , quand même ik de-vroltnt perdre sor ks marchez quïls ont faits : de la fermeté Scdu courrage quïls ont pour surmonter toutes les difficultcz Sc lesd:soraces qui leur arrivent, Sc quïls n’ort pû prévoir, quelque ordrequïls aïent tâché d’y apporter : il est certain que si un Négocianta toutes ks qua'itez ci-dcssus represcntées , il scia assurémentune bonne mailon , pour peu de fortune qu’il a't > ou du moinssïl n’amaflè pas de grands biens > il se marntiendra toi. .ours avechonneur dan; k commerce, & acquerra beaucoup de réputation,laquelle sera plus avantageuse á les enfans , que sïl kur laiiloit degrandes ric helfcs.

[On :a t différence entre la Banqueroute & la Failli e ; parce quela Banqueroute est volontaire & frauduleuse, quand le Marchand faitperdre malicieusement à ses Créanciers ce quïl kur doit , Si qu’illeur fait cession Sc abandonnement de ses biens, après en avoir mis àcouvert, ou emporté les meilleurs & les plus 1 quides ; & qu’au con-traire la Faillite est contrainte Sc néceílâitc , & toujours cauíce parquai que accident.

L'on tient qu'un homme a fait Faillite, dès qu’il n’a paspaïé àl’é-chéance L.s Lettres de Change quïl a acceptées, ou qu’il n’a pas ren-du l’argent à ceux à qui il a fourni des Lettres qui «or,t revenues àprotêt, & qu'el'es lui ont été dénoncées, ou quïl n’a païé les billetsquïl a faits dans les tems de leur échéance, soit a came dcTimpuiselance dans laquelle les disgrâces qui lui íbnt arrivées l’ont réduit, (bita cause que íes effets ne {ont pas exigibles, Lc quïl ne les peut retirerdans k tems quïl a demandé à lès Créanciers.

Cette Faillite diminué a la vérité k crédit & la réputation du Mar-chand; mais elle ne k note pas dïnfamie,commef.ut îa Banquerouiefrauduleuse, pourvu quïl païe exactement ses Créanciers aux termes ■des contrats d’atermoiement quïl a pallé avec eux.

II y a encore une autre efpece de Fa liite, qui est différente dc laBanqueroute frauduleuse , & qui néanmoins est regardée comme, plus infamante que la première. C’est loríqu’un Marchand ànt per-du la plus grande partie dc son bien, par le naufrage, oupriie-dc'esVaisseaux, par les Banqueroutes & Faillites tic ses Déoi cuis, paiïïn-fidélité de ses allouiez, or par d’autres kinalabics accru, ns, est con-traint de faire perdre a ses Créanciers u e partie de ct quïl kur endoit, Sc de kur demande: da tems pour k reste.

Quand un Mar.hand ddparoit, lans une raison Jégit.me Sc appa-rente , Sc que l’on ne 1c volt plus lur la plate dr change , ou a labourse, cela se nomme* Fail.ite de piésence & dc crédit, a’ouest veua1e mot Faillite.

La Banqueroute cu la Faillite est réputée ouverte du jour que IçDébiteur s’eit retiré, !ou que k ieJé a été appelé lur les biens.

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