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94 B £ L. B E N.

BELIER. C’est le mâle des brebis. Un bon bélier doit avoir lecorps élevé , le front large, les yeux noirs & hardis, le ventre grand,la qmuë longue, & la laine épaiffc, II faut encore prendre garde s’il a

es oreilles grandes, couvertes debéliers oui n’ont point de cor-nes, re íont pas si estimez que les autres : ceux-ci sont plus ardensaprès les bicbts. Il ne faut que cinquante brebis potir un bélier. Colu-melle allure que les béliers qui n ont point de cornes, font les meil-leurs dans les climats tempérez ; mais que dans ceux où le froid re- jgne beaucoup , il faut préférer les autres. Pour empêcher que les be- Jhers cornus ne lé heurtent, il faut prendre un petit aix large dim«lemi-piedy mettre des pointes de clous , & le lier aux cornes dçEliminai,, les pointes tournées contre le front. Après cela , loifque lebélier en a senti une fois l’atteinte, il n’a garde d’y retourner. ]

Dans le teins que le belier saillit les brebis on doit lui faire mangersouvent du pain, du chenevi & de l'avoine. II ne faut point remployerqu’il n’ait trois ans. Voyez. Br ibis & Bet a n.

BELIER, en Latin Anes. Terme d'Astronomie. C’est le pre-mier des douze signes du Zodiaque. Il commence au pomt de l’E-“quiroxe du Prime,us , qui est celui ou lc Soleil allant d’Occidenr t nOrient , posté de la partie Méridionale du monde > dans la Septen-trionale. C’est encore de ce point d'ou l’on commence à compter les•dcgrez de l’écliptique suivant l’ordre áes lignes , c’est-à-dire , d’Occi-dent cn Orient.

Cc ligne est composé de treize étoiles, on Le désigne par ce carac-tère , «v*

Les Astrologues disent qu’il est le domicile de Mars , Texaltationdu Soseil. Sc qu’il fait avec 1e Lion & le Sagittaire lc tiigone dc feu.

[BELVEDERE, en jardinage, est un heu dont la vûë n’est pointbornée , & d’ou Ton découvre un passage agréable. Les belvederessont, ou naturels , ou artificiels j les derniers lé forment par le moyendes terres traniportées. ]

BELLE-VERDURE. Cette plante n’est que verdure. On Tap-pelle encore Belle-Vué ,parce qu’elle est si agréable que l’œil se reposeagréablement Ur este: elle garnit agréablement un pot,&s’éleve en-viron dc deux pieds & deini de hauteur j c’est un des plus agréables or-nemens des jardins que l’on connoiíie : elle íé plante & replante commeTon veut, on en fait des.aliées & de compartimens tels que Ton veut ;quand este a paré un jardin pendant tout l’Été, à la fin elle lèche & de- >vient jaune ; & quand elle commence à fecher, c’est le tems d’cn amasser ;la graine , qui se mêle avec les feuilles fech.es : elle en porte quan-tité : elle est soit petite & menue, & de couleur de terre. Les tiges qui \.restent sont fort propres pour faire .des balais de cabinets, ou bien des j..chambres propres. Cette plante vient facilement par tout quand elleest en bonne terre, Sc au Soleil.

BEN.

BENEFICIERS. Les Bénéficiers ne peuvent réussir a être bénis de.Dieu , ni Je sauver , s’ils ne considèrent & n'observent ce qui suit.

I. S’ils sont entrez dans les Bénéfices > ou popr paroìtrc avec une

pompe toute séculière, & vivre dans un luxe prophane, qui consom-me la plus grande partie des revenus de TEgliíé très-indignement, j-dont elle gémit depuis si long-tems , & que les Canons Sc les Pcres jcondamnent avec tant de force , ou ayant pour but & pour motif , ■

même le léiíl-néceslaire a leur entretien, félon >la discipline & les bor-nes de la modestie Ecclésiastique ; car si le premier est horriblementcriminel, le second ne Test guéres moins. N'est-ce pas un étrange.renversement , dit S. Bernard , ce Pere si zélé pour la sainteté du•Clergé , .& si éclairé dans la dilpeníation des biens de TEglise,, que dechercher un Bénéfice dans la yûc d'avoir k néccllaire dans la vie ;c’est prêcher pour vivre, c’est acheter un bien de la .terre aux dé-pens des nchelks.du Ciel , c’est faire servir le spirituel au temporel .,c’est : apporter la finaux moyens, au lieu que les moyens ne doiventérreque pour la fin ; & qui peut être si aveugle > que de ne pas lavoirque nous ne devons pas servir Dieu & ion Eglilé pour vivre & sub-sister ; mais que nous ne devons vivre que pour rendre service à Tun.& al’autrc?

II. S’ils ont désiré quelque Bénéfice, présumant qu’ils y feroienr

beaucoup de bien, & que leur conscience léroit en repos, de ce qu’ilsre le demandoient pas , quoique ce fût par un mouvement d’ambi-rion ou d’-vat'icc, !

IIL S’ils ont permuté ou changé leurs Bénéfices pour-en avoir d’au-tres , sens une cause fondée sor le besoin Sc futilité de TEglise , les•translations & les permutations ayant toujours été odieuses & con-damnées pat les Conciles ; car on ne change jamais que pour avoirun Bénéfice plus commode , plus riche , ou plus honorable.

IV. -S’ils n’ont point obtenu quelque Bénéfice par faveur, fraude, ouviolence , au préjudice d’un autre qui en étoic légitimement pourvu ; Icar alors ils y sont intrus, Sc obligez à la restitution des fruits qu’ils fy ont reçus.

V. S’ils n’ont point caché > ou aidé à cacher Je corps de quelqueBénéficier mort, ou s’ils ont prévenu le tems de fa mort pour avoircelui de faire admettre la résignation à Rome > outre les peines deDroit, leurs provisions font nulles , & les Ordonnances des Rois ledéfendent, à peine de privation de tout droit posseífoite aux Bénéfi-ces. Or personne n’est fi peu instruit, qu'ils ne sachent que TEglise•veut que les Ordonnances des Princes Souverains nous servent de loi ,

& ayent la même force que ses Canons, quand estes n’y sont pas con-traltes.

VI. S’ils ont permuté un Bénéfice avec quelque Bénéficier à Tex-

tréiîsté de se vie , & qui ne savoir plus ce qu’il sailoit > celte permu-tations est nulle ,ne se faisant que pour frustrer le Colseteur, Sc le ma-lade n’étant pas censé avoir une liberté fuselant? de volonté , ni d es-prit. _ .

V.II. S’ils ne sont point entre? dans quelque Bénéfice en vertu d’u»

les testicules grolse;, !e table large, 1laine . & les cornes mouillées, f Les

BEN*

garde, ou tine de Gradué qu’ils ont obtenu par argent ou par faveur,& pour lequel ils n’avoient pas la capacité rcquiie : car alors la colla-tion est nulle, & ils font obligez a la restitution, méme des fruits reçus.

VIII. S’ils ont pris quelque Dignité, Cha*oinic ou autre Bénéfice,qu’ils n’étoient pas en état de servir dans Tan , faute d’avoju l’àge 3cles autr.es conditions.

IX. Si , ayant été poutvûs de quelque Abbaye , même Commen-dataire , ils ont pris les Ordi.es sacrez , s’ils ne les avoient déja: quel-ques Conciles du Siécle dernier les obligent non-leulement d’étrePrêtres, mais veulent aussi qu,e leur maniéré de yivie ío;t encore plusétroite que celle des Prêtres Séculiers. Ces Conciles sopoiènt qu’ilssoient appeliez au Sacerdoce, qu’ils soient en état d’y taire leur lalut,& d’y servir TEglise ; car sens cela , il vaudroit mieux qu’ils ne fui-scnt point Prêtres , que l’êtrp indignement , la Charge d’Abbé neleur donnant pas droit de Têtre , & ne pouvant íùpléer a la vertu &à la science dont on a besoin pour entrer dans les Ordres sacrez.

X. S’ils ont évité par finesse, ou autrement,Texamm qu’rls étoiencobligez de so.bir pour entrer dans quelque Bénéfice , .ou s’ils ont sup-pose d’aurrcs à leur place; k urs provisions étant nulles, &~sux excom-muniez & inhabile à poíféder aucun Bénéfice,

XI. S’ils ont obtenu des Provisions de Rome pont éviter i’examende l'Evêque, à cause de leur incapacité, cela ne suffisent pas : car outreque leur incapacité seule les en rend indignes, il y a clause expresse dans.

l.s Provisions de Rome , qui porte , que TOrdinajre est commis pourjuger si le Pourvu est digne de Bénéfice,

XII. S’ils ont plusieurs Bénéfices , quoiqu’jin seul de ccux qu’ilspoilédent, soit fuselant pour leur entretien honnête ; les Conciles lesont toujours condamnez d’avaiice , d’espéce de trafic Sc de gain hon-teux ; mais particulièrement celui de Trente , qui fait deux sortes deDécréts fur cette matière.

XIII. S’ils ont demandé des dispenses pour tenir plusieurs Bénéficesfans cause raisonnable , qui ne peuvent étr.e que futilité ou la né-cessité de TEglise , & non futilité particulière du Bénéficier > car lapluralité des Bénéfices , fans une cause raisonnable, est contre le droitDivin Sc moral. Ces Dilpenses, d>t le Cardinal Caïetan , après S,Bernard, n'excuse pas le péché mortel, à cause que le Pape les adonnées , parce que la dispense du Pape ne tombe que sur 1e droitpositif, & non sot le droit Divin & moral , & que la pluralité desBénéfices lins une cause raisonnuble, est contre lc droit Divin & moral,selon lequel les biens de l’Eglilé doivent être distribuez avec justice aceux q ut sont partie du Corps de TEgliíé & qui peuvent les dellér-vir - c’est pourquoi, ajoute-t’il, on ne doit point absoudre un hommequi croie être en fureté de conscience, parce que c’est Tordinairc pres-que de touc le monde d’agir ainsi > ou parce que le Pape a donné dis-pense, qui est,dit-il, une dissipation ; ainsi encore que Ton soit pour-vu d’un Bénéfice par des voies Canoniques, si on y entre par le pé-ché , comme on fa,t, quand c’est contre les réglés de TEglise ,on nelaide pas d’être criminel devant Dieu.

X IV. S’ils ont résigné quelque Bénéfice à leurs Neveux , parensou amis, en considération particulière dc Tamitié ou parenté , plûtôcque dc futilité de TEgliíé.

XV. S’ils ont entretenu leurs parens des biens d’Eglise . pourles faire vivre au deílùs de leur condition , ou pour les a tancerdans le monde , dans les Charges ou Emplois, leur étant deffendutrès-cxpreísement , particulièrement par le Concile de Trente , de neleur donner , si ce n’est en leur pauvreté , c’est-à-dire , pour le né-celseiie dc la vie , Sc non de Tétat, sor touc loríqu’il est au-deíîûsducommun.

XVI. S’ils ont employé les revenus Ecclésiastiques conformcmenrà leurs obligations; lavoir à Tentretien des Eglises de leurs Bénéfices »& dépendances qui íont de leur obligation, tant des bâtimens que desornemens néceilaires: i. aux pauvres ; z. à leur nourriture Sc entre-tient modeste , selon leur condition Ecclésiastique , Sc non pas selonse luxe & la vanité du monde,

XVII. S’ils ont résolu de donner à leurs parens après leur mort, oudurant leur vie, les épargnes des revenus de leurs Bénéfice,, leur étantdeffendu & ne le pouvant fans en rendre un compte terrible au juge-ment de Dieu, puisque ce n’est pas leur bien; mais celui des pauvres:car comme disent les íàints Peres,les Bénéficiers ne sont que les Mi-nistres & les Dispensateurs & non - pas ses Maîtres & ses pofièsseurspropriétaires de leurs revenus.

XVIII. S’ils ont fait amas d’argent ou autres biens par esprit d’ava-rice , étant une convoitise damnable & criminelle à tout Crérien ,mais sor tout aux Ecclésiastiques,

Examen des Présentateurs & Çollateurs des Bénéfices,

I. S’ils ont présenté aux Bénéfices , ou s’ils les ont conférés, parti-culièrement ceux qui íont à charge d’ames, à d’autres qu’à des per-sonnes qu’ils ont jugé les plus dignes de ces emplois.

II. S’ils ont donné des Bénéfices à charge d’ames à ceux qui lesont recherché eux-mêmes,ou qui les ont fait demander par d’autres,s'en étant rendus indignes par la présomption qu’ils ont eu de ses de-mander comme en étant dignes.

III. S’ils ont présenté, où s’ils les ont donné méme aux plus indi-gnes , pat des considérations humaines, par exemple , pour récom-penser des services rendus , ou qu’ils attendroient qu'on leur rendit ,ou parce qu’ils espétoient qu’on leur donneroit quelques autres Béné-fices cn pareille rencontre pour eux ou pour leurs païens pi; ami; ;enfin si ç’a été avec quelque condition , en tous ces cas il y a íimq-nie,

IV. S ils ont présenté ou donne quelque Bénéfices, de quelque na-ture qu’il soit , a ceux qui n’avoient pas la volonté dette Ecclésiasti-ques > ou n’étoient pas en état de servir TEglise,

V. S ils ont présenté , ou s ils ont donné a des personnes qui enavoient déja d autres solfiions pour vivre honnêtement, contre la dif-

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