BEN. B E Q. BER.
position des canons, qui défendant la pluralité des bénéfices , lors-qu’un ieul est suffisant, ou lors q u'il s demandent résidence ; car iln'est pas permis d’avoir plusieurs bénéfices requerans résidence,quand bien ils ne seroient pas iuffiíàns séparément pour vivre hon-nêtement ; mais à l’un deux on en peut joindre un autre qui nedemande point résidence, & c’est cela feulement que permettent lescanons.
VI. Si en présentant à un bénéfice, ou en le conférant, ils sc sontrélcrvé la disposition d’une partie des fruits.
VII. S'ils «nt présenté ou conféré des bénéfices en régie à des sécu-liers pour des bénéfices séculiers, a des réguliers fans pouvo.r parti-culier.
VIII. Si voulant présenter ou conférer un bénéfice régulier à unséculier, & ne le pouvant légitimement, ilsíè font servidunomd’unReligieux par une confidence condamnée.
IX. S’ils ont donné ou promis des bénéfices avant que dette assurezde la vacance.
X. S’ils ont donné des bénéfices à leurs païens pour satisfaire ausang & à la chair, plutôt qu’aux besoins de l’Eglise.
BENJOIN. [Est une gomme résineuse, fort odorante, quequelques Auteurs mettent au nombre des encens & des aromates.Elle sort par incision d’un arbre gros, beau, rameux & étendu,qui cro.t aux Indes > à Siam , a Sumatra : il s’en trouve aussibeaucoup dans les forêts du Royaume de Lao ; son bois est fortdur. Cet arbre ressemble allez à l’amandier ; mais ses feùicllcsfont plus longues & arrondies par le bout , semblables a celles ducitronnier ; mais elles font un peu plus petites & moins vertes.Quelques Auteurs prétendent, mal-à-propos, que le Benjoin fe trouvedans des eípeces de gousses , & qu’il se forme d'unc huile éprise parl’ardeur du Soleil.
On nous apporte de deux fortes de Benjoin , un en larmes , &l’autre en malle ou en gros morceaux.
Le véritable Benjoin en larmes, qu on trouve rarement, Sc dontles gens de la fuite de l'Ambailàdeur de Siam apportèrent en Franceallez grande quantité > est d’un jaune doré au dehors > bLnc an de-dans, rayé de petites veines claires, blanches & rouges, friable &fans aucun goût ; mais d’une odeur douce & fort aromatique,bien différent du Benjoin en larmes > qui fe vend communément,
S [ui est en maslè , clair, net, transparent, de couleur rouge âtre, pat-erne de taches blanches , semblables à des amandes lompnës i cequi la fait apj-eller Benzoinmn Amygdaloïdes , d’une odeur fort aro-matique , mais douce & agréable.
Le second, que les Droguistes appellent Benjoin en forte , doitêtre net, luisant, facile á rompre , résineux , de couleur grise,jaunâtre ou rougeâtre , mélange de larmes blanches comme lepremier , fort odorant. 11 faut rejetter absolument celui qui seratrop noir Sc de nulle odeur. Le Benjoin en Jorte est très-íìijet àêtre falsifié pat plusieurs gommes fondues ensemble.
Le Benjoin en larmes est préférable à l’autre; mais comme il estrare, & qu’on n’en trouve pas toujours, on peut lui substituer ledernier. ] Cette derniere sorte est appellée des habitans de Suma-tra (qui est le lieu d’nù elle vient ) Benjoin de Boninas. La premicieefpece appellée Amygdaloïdes est la meilleure. Ce Benjoin pour êtrebon , doit être rougeâtre , pur , lucide , récent , de bonneodeur , & qui lors qu’on le brûle rend une fumée qui sont le boisd’aloës.
Propriétés du Benjoin.
11 incise & atténué, il résiste aux venins, il fortifie le cerveau, lecœur & la marri.e 5 [ il est propre pour les ulcérés du poumon,pour l’asthme > pour effacer les taches du visage , pour résister à lagangrené , pour parfumer l’air. ] Mis en poudre on s’en sert dansles sternutatoires St dans tous les médicamens céphaliques , tant in-ternes qu’extetnes.
II faut remarquer que les fleurs de Benjoin font bonnes pour lesasthmatiques. [Les Parfumeurs s’en fervent dans leurs pastiles Sedansleurs caíloletes. On tire du Benjoin une huile qui est un baume poul-ies plaies,
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BEQTJILLER. & bêchoter, se dit quand on fait un fort petitlabour avec une houlette dans une caillé d’orangers ou d’autres ar-brisseaux , ou avec la cerfoiiette ; par exemple, dans une planche delaitues, de pois , de chicorées, de fraisiers, Scc. Cela fe fait pourmotiver, c'est-à-dire, rendre meuble cette terre quijiaroit battue;en-ferre que Peau de pluie ouatrofemens puissent pénétrés dans le fondde la morte qui est dans la caille, ou pénétrer au dessous de la super-ficie de la terre pour aller servir de nourriture aux racines.
BER.
BERCEAU. C’est en terme de jardinage une treille de jardin deperches, de charpente ou de fer , qu’on couvre de vigne ou d’autresverdures propres a cet ouvrage. On dit : Voilà un beau berceau deVigne : Ce berceau de Cbc-jrefeuil efl enchanté.
BERCER. Il faut en Eté que le Berger fe leve toujours de grandmatin, qu’il méne Ion troupeau a la fraîcheur , & qu’il ait loin dek conduire dans les bons endroits & pâturages : qu’il ait un bonchien pour bien ramener ses moutons lorfqu’ils vont dans les blésou dans quelqu’autie héritage défendu : qu’il soit toujours actif &vigilant > & prenne bien garde au loup dans la rive des bois : qu'ilait foin d’avoir toujours de bons béliers pour couvrir (es brebis ; &lorsque quelqu’une veut faire son agneau, il faut qu’il sache lui aiderà agnelet, qu’il prenne garde quelle ne tuë son agneau, ou ne lui
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fasse mal, & qu’il le raportc au logis lorsqu’il se retire : il doit aulîîleur faire ou faire faire de bonne litiere, Sc les bien affòurer de pail-le , de foin, ou d’autres fourrages en tems d’hivcr ; & pour empê-cher & ôter le venin de fa bergerie, enterrer un crapaud tout vif aumilieu : s’il y a quelque brebis malade de quelque dangereuse mala-die, il doit d’abord I’ôter de son troupeau, de peur qu’clle ne le gâ-te , & la panser & médicamentcr suivant quelle en a besoin. Voyez.Brebis.
B E S C H E. Voyez. E e c H e.
BESCHOTER. Voyez B e q_u i t L e r.
B E S O A R D. Voyez B e z o u R d. i
BETAIL. Par ce mot on entend les bêtes à quatre pieds quifervent au labourage ou à la nourriture de l’homme. On k distinguepar’les bêtes à cornes Sc les bêtes à laine. Les bêtes à cornes sont lesBœufs & les Vaches. Les bêtes à laine font les Moutons & les Brebis.On y pourroit joindre les Chèvres.
On pariera dans cet Article des secours qu’on peut tirer du bétailpour augmenter ses revenus, & par ce moyen augmenter les riches-ses de tout le Royaume, & diminuer la misère des gens de la cam-pagne.
II y a des Brebis qui donnent deux agneaux par an, & deux foisplus de laine & plus fine que celle de France.
II y a auiíi des Vaches qui donnent deux fois plus de lait & dcbeurre que les nôtres.
Et peur les Pays maigres , il y a des Chèvres qui ont auífi deuxfois plus de lait & meilleur que celui de nos communes, dont 1 epoilest fin & bon à faire du Camelot. II y a de tous ces animaux en France,qui onr bien réussi.
Si on éta. lit ces Brebis par tout on multipliera la laine, & les draps! diminueront de prix.
Si on établit ces Vaches & ces Chevres, on multipliera le lait, lebeurre & le fromage; les ouvriers & tous les pauvres peu lesvivroncà meilleur marché, & les Manufactures qu’ils font diminuëronr auslìde prix.
Cette race de Brebis & de Vaches est venuë des Indes en Hollande,& de là en France, il y a déja long-tems, & y réussissent fort bien;les premieres furent amenées au marais dc Charante, & puis dansceux d'Aun-s & de Poitou : on en a encore vu chez les curieux auxProvinces voisines. On s’est enquis exactement de la façon de lesélever, nourrir & conduire ; leurs maladies & leurs remedes.
Si la race de ces Brebis qu’on appelle ( Plandrines ) étoit établiepar tout le Royaume. Prcmierement, il y en auroit plus qu’il n’y ena; elles en donnent deux par an, & souvent qua te. Secondement,quand on n’en nourritoit pas plus qu’on en nourrit présentement, laFrance néanmoins produiroit deux fois plus de laine qu'ellen'en pro-duit: ces Brebis en donnent deux fois plus que lës nôtres, & elle estplus fine; & ainsi les draps diminueront de prix, 1 "étranger n’en ap-portera plus, l’argent demeurera parmi nous & ne sortira pas duRoyaume.
Outre cela, tout le pauvre peuple vivroitplus à son aise; laplûparcne mange que du pain, fans une goutte de soupe, sans beurre, siinslait, fans fromage, principalement dans les Fauxbourgs de Paris;j’y en ai vu un nombre. On peut multiplier cette manne , 1e Roien fera béni à jamais par tous ces malheureux qui mènent une vielanguillánte.
II est facile de faire rétablissement de ces bestiaux par tout leRoyaume, fans qu’il en coûte rien au Roi ni au peuple. Avant de 1cfaire voir il est bon de répondre aux objections que l’on peut faireconnoître.
i. On peut dire que ces Vaches & Brebis ont perdu beaucoupde leur fécondité, les amenant des Indes dans l’Europe, & d’un pâ-turage gras dans un maigre, que la race s’abátardira.
i. Qu'il en coûtera beaucoup à les nourrir, Sc que cette dépensefera égale ou excédera le profit qu’on en tirera.
z. Que dans les Pays maigres, où il y a peu de fourrage, 1e bétailpé;ira pendant l’Hiver, ou du moins languira, fur-tout les Agneauxprimes, lorsque les meres pendant cette saison n’auront point de laitpour en nourrir deux.
4 . Que cette race de Vaches , Brebis, Chevres coûtera cher , &qu’on ne pourra en trouver une allez grande quantité pour peuplertoute la France.
II est vrai que la race de tous les animaux qu’on amène des Indes& des Pays chauds en France, dégenerent beaucoup : celle-ci a étéprcmierement amenée de Hollande en France , dans des marais oùle pâturage est gras, & de ces marais dans des Pays plus maigres;Stnéanmoins ces bêtes ont réussi par tout. plus ou moins, toujours el-les conservent cette fécondité au double Sc au triple au-deifus decelles du canton où elles sont : j'ai été les voir exprès, Sc je me fuisenquis de tour exactement.
Par exemple, dans Lt Hollande ces Vaches & Brebis sont plus bel-les, plus grandes, & donnent plus de lait & de bemre qu’en Fran-ce : celles des marais en France en donnent plus que celles qui lonr enPays maigres; mais toujours elles conservent leur avantage au-dessusdes bestiaux du Pays où elles sont > Sc rapportent au double ; & c’estassez pour dire que si rétablissement cn étoit fait par toute la France,il y auroit de la laine au double, Lc du lait, Sc du beurre , Sc dufromage.
Nous voyons que tous les animaux qu’on nous a apporté des In-des , qui ont pû s’habituer parmi nous , sont plus féconds que lesnôtres. La race des pigeons panis est venuë des Indes, s’ils sont biennourris ils font des petits tous les mois ; mais quand ils ne seroientpas mieux que ceux de France, ils sont toujours plus fertiles queux
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