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cirer Jans de surine & de l’eau. Démocrite recommandait qu’onn.it tous les grains tremper dans le s uc d’un plante , qu on appelleaticoon > qui croit fur les tois des mailòns , Sc qu’on nomme en La-tin fedam ou digitellum , c’est apparemment la joubarbe. Virgìltusnitro , x§> amurcâ perfundi jubei fabam. Sic eam grandefccre promittit ;quidam verò , fi tnduo ante fatum urtitâ , & acquêt maceretur , pracipuè
adolcjcere putant . Democntus fucco herbe , que appellatur ahcoon in
regulis najeens , tabulifvì latine jedum , aut digìtellum , medicata ferijubet ornnìa femina. Hist N a t. lib. XVIII, ces, 17, II faudroit avoirbeaucoup de suc de joubarbe , pour Lire ce q .te veut Democrite.
Ce secret est excellent pour empêcher que les vers Ji les infectesr.e rongent le blé durant les Hivers trop doux, coiumeil le fait pres-que toujours en ItaLe ; cette pratique y peut être d\'tn très-bon tria-ge. Toutes ces observations nous montrent quelle attention prodigieu-se > ks plus grands hommes ont cuti pour rendre les récoltés plusbelles & plus riches.
On ne sautoir trop recommander fusege du nitre pour 1 .» multipli-cation des blés. Voici comme pat le un Docte de réputation quetour Paris a connu , Sc où il n’a pas été moins célébré que p.tr toutel’Hurope savante ; c’est M. Denis, Médecin du Roi : il dit , que c’estun iècret surprenant pour la multiplication des grains , de les laríkrtremper ouelque-reins dans une certaine laissive remplie de sel nitre,avar.t que de les semer. J’ai víì souvent par expérience > que rous lesgrains de blé que nous avions ainsi préparez, pouiïoicnt chacun plusde deux cens tiges à la ronde , Sç avoient autant d'épis qui étou ntremplis d’une confusion admirable de grains de même cfpéce. Confé-rence fur les sciences , page 1 66,
Onzdéme multiplication.
11 faut faire tremper le blé , ou tout autre grain, dans de fluide dehaleine durant vingt-quatre heures •• Après savoir tiré de là , on 1 csaupoudre de chaux vive où l’on a mis un peu de nitre pulvérisé ;cela fait - on le laifle se-cher; étant sec , on le íème fort clair.
Il est aisé de reconnoìtre présentement que tout le secret de lamultiplication roule sur le sel de nitre , &qu’il est k principal acteursur la feene des terres ensemencées : II n’y a là-dellhs qu’un avis &qu’une voix parmi tous les Philosophes.
Bâti dans se Physique, dit •• Un certains grains , comme aux grainsde chenevìs , il arrive quelquefois des multiplications surprenantes. Utfi les Tores de la Doctrine Chrétienne font croyables , un seul graind orge est capable dune fécondité’ monstrueuse. Digby , qui nia fourniVexemple du grain d’orge , dont les Peres de la Doctrine Chrétiennegardent les prodigieuses multiplications, veut , avec le Cosmopolite , quele limon salin soit de tous les limons le plus fertile ; fi? que fi les pluyesfont plus fécondes que les eaux ordinaires , c est parce quelles dégrais-sent bair , fi? que Vair efi rempli dune infinité de jel don j âtre des plan-tes , page us. fi? ttS.
Saint Romain dans fa science naturelle , dit : les Laboureurs fumentleurs champs f? brûlent leurs guérets, pour avoir un blé mieux nourrifi? dum grande abondance de grains - mats s'ils favoient tremper lesgrains dans un dissolvant acide , ou en arroser les terres , il tiy en apoint de fi fiériles qui ne devinssent fertiles , fi? Iabondance du bléqui en viendroìt , réjouiroit le Laboureur. Part. 12. chap. 4. pag. 307. CetAuteur fe mocque , quand il parle d’arrofer les terres de la matièrede la multiplication ; le secret consiste dans la préparation du blé.Saint Romain auioit eu fort à faire, s'il lui avoir fallu airofer de sondissolvant acide , toutes les terres de la Beau ce.
II est fâcheux que M. Digby ne nous ait révélé qu’à demi le se-cret de la multiplication du blé. C’étoit un savant qui tn avoir faitlui même lexperience : son seul procédé nous auroit tenu lieu detous les autres. Voici comme il parle dans son Traité de la végéta-tion des Plantes , page j-3. 34. Sec. „ Je trouve , dit-il , qu’il leroit3 , ici fort à propos de vous dire , pourquoi les anciens Poètes nous3 , ont écrit de longues histoires de leur Déifié, qui avoir pris naiílàn-„ ce du sel& comment ils ont caché fous les voiles du ícl , le plus,, secret de leur science naturelle: De même qu'ils ont toujours voulu,, cacher fous le masque des fables , leur plus profonde sagesse... Par3, le moyen du ícl mtre, que j’ai fait dissoudre dans de l’eau mêlée», avec quelqu’aetre substance terrestre convenable , & qui peut en„ quelque façon rendre ce jsel amiable Sc familier avec le froment,,, dans lequel je voulois insinuer ledit sel de nitre , j’ai fait enlòrtc3, qu’un champ très-infertile & très-maigre , produisit une admira-„ ble & très-riche moilson > & surpassa encore par son abondance„ celui qui de foi étoit très-fécond ôc très-fertile.
„ De plus, j’ai vû qu’un grain de chenevis . étant arrosé Sc hu-3, mecté de cette liqueur , a produit dans le teins requis , une fij, grande abondance de chalumeaux & de tiges . qu’on eût pû dire ,„ a caule de Pépaiflèur Sc de la dureté de les branches , que c’écoit„ une petite forêt âgée de dix ans pour le moins.
„ Les Peres de la Doctrine Chrétienne de Paris, conservent encore« chez eux une touffe d’orge » qui contient 149. tuyaux ou branches,, qui prennent leur origine d’u.n seul & même grain ; aux épis def-„ quels ils comptent plus de dix-huit mille grains, ce qui est à lavé-,, rite tout extraordinaire: aussi confcrvent-iïs cela comme une chose,, très-curieufe & de remarque.
„ Quelques-uns pour la multiplication du blé, ife fervent du sel qu’il s
„ tirent de la fameuse plante nommée helwtroptum . tournesol , ou» soleil , parée que l'admirable fleur de cette plante, tourne & fuit k,, Soleil. Pianis Campy , dans son Hercule Chymique , parie des ver-„ tus de cette plante avec des ravisièmens ; il est tout extasié fur le„ chapitre de la Clytìe , c’est ainsi qu’il nomme le Tournesol. II en„ dit une particularité très-singulicre, & qui regarde aussi la végétation„ des plantes. II raconte que la fleur de l ’Héliotrope est si ‘chargée
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„ de rosée , durant même la plus grande ardeur du soleil, qu’en une„ demi-heure on peut d’une seule fleur, en la secouant doucement à„ diverses reprises , tirer deux onces de rosée , il scroit difficile de fe„ l’imagincr , il faut qu’il parle lui-même. N’en riez - pas , dit-il,, expérimentez-la , vous verrez que ks cancers , loups , ÌLolt me>, tangere , toutes fortes d’ulceres > morsures venimeuses , arquebusà-„ des , plaies , chaleur de foye , douleur d’estomac , palpitation dc„ cœur , migraine , douleur de tête , gouttes , peste , ladrerie ,„ vcrolle, &c. lui cèdent. Elle manifeste le poison en rompant 1 c„ vaisseau où elle est , vaut aux cnforceilemens , délivre une fem-„ me cn travail d’cnfant, est singulière contre l’épileplie, Sc ses cfpé-„ ces, chaise les démons des corps. Bref, elle a tant de vertus ,„ que si elle n’étoit si commune , il n’y a ni or , ni perles , ni pier-,, rcs précieuses qui 1 égalassent s car elle est de telle vertu, Arnaud„ de Villeneuve a bien osé dire , que quiconque en prendroit tous ses,, jours un peu avant que de manger , à peine mourroic-il : Aussi„ renouvelle-t-elle , Sc restaure entièrement un chacun fruit, cha-„ cune herbe , les arbres pareillement. Gjui potefi capere , capiat .
Enfin , Planis Campy , après avoir donné la maniéré de tirer de larosée une substance solide, il ajoute : >, Or à cette substance joignez„ a neuf parcs, une part de souffre d’or ; “ & il n’acheve que par, &c.,, Car , dit-il, il n’est pas raisonnable de découvrir Sc divulguer le touc„ apertemenr > cela mens tout droit au grand œuvre , a la pierre„ philosophait:. Voilà comme d’une bonne chose , en voulant aller„ trop loin , Planis Campa le jette dans des visions ; Sc sens plus„ garder de mesure, il allure que cette matière introduit en fhomnic„ une nouvelle jeunesse > par la consommation de la vieillesse ,&c.
II m’est tombé entre les ma ns un livre où il y a d’aílez bonneschoies : II a pour Titre , Le Paradis Terrestre, il est de la façon d’unConventuel d’Avignon, nommé 1 e Pere Gabriel de Castagne. Cet hom-me n’est guère moin gâté que Planis Campy , fur 1 e chapitre de VHé-liotrope. II faisoit cn i6iz. la Médecine a Paris , où les Charlatansabordent de toutes parts ; Sc comme les autres il parloir des Méde-cins avec beaucoup de vivacité & pc-u de cérémonie ; il fe trouve cer-tainement de beaux secrets dans son livre ; mais ce qui nous regardeparticulièrement, c’est l’estime qu’il fait de l 'Héliotrope , qu’il appelleTourne-Soled , après avoir parlé 'de fa fympatie avec 1 e Soleil , il pré-tend qu’il n’y a point de maladies , pour incurable qu’on la tienne ,qui ne cède aux vertus dê cette plante admirable.
Voici l’u sage qu’il en fait. „ Prenez, dit-il, un Tourne - Soleil touc„ entier , bien mur , & 1e mettez par petrevpièces avec ses fossiles„ jaunes Sc se graine dans une bouteille , & pat dessiis vous y met-„ trez de bonne eau de vie , qui surnage de quatre doigts ; bouchez-„ bien la bouteille Sc la tenez dix jours au Soleil > & fa nuit en lieu„ sec ; puis séparez l’eau de vie & la gardez. Preifcz bien tout le„ marc , & joignez ce qui en sortira avec Peau de vie. On calcine„ ensuite 1e marc entre deux pots bien lutez , on tire le sel des cen-„ dres , qu’on dissoudra dans la liqueur. Vous avez alors un grand,, trésor ; donnez-en une cueillerée dans demi-verre de vin blanc à,, jeun , cela guérit le Noli me tangere , les chancres , la pierre , la„ gravelle. Ce remède est bon contre la paralilìe , 1 hydropisie &. la„ fièvre quarte , Scc. pag. 37. 38. 39. 40.
- Observation.
Si par hazard quelqu’un de ces secrets ne réussissent pas en quelquelieu , il ne faudroit pas pour cela dire que ce procédé n’est pas bon -,)e fuis persuadé que le meilleur secret ne peut è re bon pour routerfortes de terres. II faut faire l’expéiience d’abord en petit, avant quede fe bazarder à faire beaucoup de dépense.
M. Boyle est admirable fur ce point : il a fait un Traité exprèstouchant les expériences > qui ont réussi une fois ou deux, & ausejuel-Ies on ne sautoir revenir. Peu de choie change le régime de la natu-re , Sc fait manquer une expérience ; quand on ne réussit pas , bienloin de fe gendarmer Sc d’abandonncr l’cntreprifc comme si elleétoit téméraire , il faut examiner avec foin en quoi l’on n’a pas étéexact, Sc li l’on a procédé comme il faut. C’elt ainsi qu’a raisonnéM. Boyle en plusieurs occasions , ou lui Sc ses amis ne trouvoienepas ce qu’ils eljréro.enr. II dit des choies fur ce sujet très estimables;mais je ne m’arrête ici qu’à celles qui regardent les secrets de la vé-gétation.
„ Je me souviens , dit M. Boyle , que le célébré Bacon , Sc plu-„ sieurs autres Physiologistes aílurcnr qu’il est ailé d’avoir des roses„ tardives , & qui ne viennent que vers la fin de l’Automne. Ils dì-„ sent que pour ccr c-stèt il ne falloir que couper au Printems les,, bouts des petites branches où les boutons des lofes commencent„ à paroìtre > cependant beaucoup de pi rfonnes ont estàyé inutile-,, ment de faire cette épreuve > après lavoir trouvée fautive , on a„ conclu que c’est une de ces chimères dont les Naturalistes entre-,, tiennent ks gens crédules. Pour aller à la vérité tout droit , je dé-„ clare , dit M. Boyle , que j’ai appris de mon Jardinier , que ce sc-„ cret manque fur la plupart des rosiers , Sc qu’il n’y a que ceux qui„ onc beaucoup de force & de vigueur , fur lesquelles on peut avoir„ par cette méthode des roses en Automne. II faut même examiner„ de quelle efpéce de roses il s’agit : car enfin il est certain que les„ rosiers de damas, ou muscats, donnent ordinairement des roses en„ Automne ; ainsi il ne faut pas fausteintnt attribuer a fart , ce qui„ vient de Ja nature. Unde fieripotefi , ut quod nature proprium est fal->, íò art t attnbuatur. Page 41.
„ En effet > M. de la Gqmntime dir : Quand les fleurs commen -„ cent à paroìtre fur les rosiers muscats blancs , s’il y a des jets,, qui n’en ayent point , il faut les tailler à un pied & demi de„ bas : Sc à chaque œil il poussera un jet qui donnera aussi beau-
Û iij „ coup