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„ coup dc fleurs vers V Automne. F âge II6. de la culture des fleurs.
Observation.
On s’cPc appliqué à ramasser ici toutes les man : c; cs de multiplier leblé j que í’on a pû trouver , aSu dette utile a tout le monde. II ya de ces manières qu’on ne pourroit pratiquer qu avec beaucoup depeine & dc dépense dans des Provinces où les autres icront d’un faci-le usage. Sur ce grand nombre de procédez non-sculement on a laliberté de choisir ce qui convient le mieux au pays : mais d’ailleurs ons’en peut former de nouveaux qui réussiront peut-être encore mieux.II y a plusieurs matières dans la nature qui abondent en sels , &toutes ces matières font admirables pour la multiplication des grains,& pour la végétation des plantes. Il est parlé dans la R epublique desLettres , d’un chou monstrueux , que tout ,e monde alloit voir parcuriosité ; la tige cn étoit grosiè comme la cuidé , & cette tige foû-tenoit sept ou huit pommes de chou d’une grosseur énorme. On íedoutoit bien que 1 endroit où il étoit lui avoir soini de copieux ali-mens ; mais on ne soupçonnoit pas ce qui savoir rendu si gaillard &d’un volume si extraordinaire. Le rems vint qu’il salut Panacher > onchercha vers le pied la source de son embonpoint, on trouva toutjoignant la racine , une savate qui s’étoit rencontrée là par hazard ,Sc qui avoir amplement alimenté cette plante potagère. II faut ii peude chose pour aider la nature, qu’on doit être surpl is dc ce qu o n nevoir pas plus souvent des productions singulières & merveilleuses. LesLaboureurs > les Jardiniers & les Vignerons > suivent une certaineroutine qu’ils tiennent de leurs peres , & qu’il n’est pas aisé de leurfaire changer en des usages plus utiles & souvent moins pénibles.Ouand on est parvenu à un certain âge , on ne veut rien apprendresoc fa prof. ssion ; on croiroit que ce seroit retourner à l’école. Com-bien de soir. les vieux Médecins , dans le siécle passé , se révoltérent-ils contre la circulation dusang , qu’on venoit dc découvrir; Ces bon-nes geas ne croyoient pas qu’il y eût rien dans la nature à appren-dre pour eux. Combien de combats , où l’on a répandu beaucoupd’encre mêlée de bile, se sonr-ils donnez , pour empêcher l’usage des antimoine , qu’on ir.troduisoit dar.s la Médecine avec tant de raison& de sagesse ; Le Savant qui écoute , devient plus lavant. Adiens sa-pientior erit. Frov. Cap. i. v. s.
Feu AI le Frieur de la Ferriere, qui distribuoit des remèdes dans larué de la Raquette , Fauxbourg S. Antoine , possédoic le secret de lamultiplication du blé. J’ai vû chez lui & ailleurs , de charmantes ex-périences qui justifient la réalité de cette multiplication : mais cequi gâtoit en lui tout le mérite de cette connoiiïànce , c’est qu’ilcstiinoit le secret infiniment ; & qu’il s’étoit mis en tête qu’il n’yavoit qti’un grand Roi qui pût le lui payer. C’est ainsi qu’il en par-loir dans des Livrets qu’il distribuoit. Nous ri avons jamais enseigné, &rions n enseignerons jamais cette multiplication qu k une feule personne, com-me k un Souverain , qui voudroit soulager ses Sujets & donner F abondan-te k son état.
II a tenu fa parole :il est mort fur la fin de Vannée 1704. (ans s’enÊtre ouvert à personne. Je sai cependant de fort bon endroit , qu’iln’avoit encore rien de bien arrêté là-dessus , & qu’il cherchoit à per-fectionner fa pratique ; dont il n’étoit pas encore content. Le peudc ebose qu’on a trouvé dans íés papiers sot ce point, donne lieu decroire que notre deuxième multiplication est celle-là même dont ille servoit ; & ce qui me confirme entièrement dans cette opinion ,c’est le soin qu’il avoir de faite ramaslèr à ses gens , les différenteschoses qui entroient dans la composition de l’eau préparée , & de lamatière universelle.
Jusqu’ici vous avez vû ce qu’ont dit les plus favans & les plus in-telìigens fur sart de la végétation , au rapport de l’ilustre Abbé deVallemont , dans son livre intitulé , Curiofìtez. de la Nature & det Art sur la Végétation > &c. Comme dans son même Livre , dans )apage 331. il y est marqué , que feu M. le Prieur de la Perrjere, ruéde U Raquette, possédoit le secret de la multiplication du blé, il sem-ble qu’il est à propos d'écrire ici en abrégé les íènrimens dudit sieurde la Perrière. Voici donc ce que j’ai trouvé dans un petit Livre in-titulé : Le secret des secrets , ou le secret de faire rapporter aux Terresbeaucoup de grains avec peu de semence. II dit que les Anciens ontconnu la multiplication des grains pat le moyen de la matière univer-selle , tirée des métaux , des minéraux , de végétaux , & des sensi-tifs.
Et il ajoure que plusieurs traitant fur ce même sojet; ils convien-nent tous que pour faite cette multiplication il faut attirer l’esprituniversel. C’est-là le grand point, qui est aussi difficile que ce qu’onappelle le grand-œuvre , ou autrement la pierre philosophais.
Ce fameux Prieur de la Perrière rcconnoît que cet esprit univer-sel ne peut être attiré que par un très-grand nombre dc matières tra-vaillées ensemble dans les quatre faisons de Tannée, & tirées des mé-taux , des minéraux , des végétaux & des sensitifs , dc leurs esprits& de leurs sels bien purifiez. Ces matières différentes ainsi travail-lées & tirées , agissent tontes ensemble , étant mutuellement péné-trées , unies , & pour ainsi parler , concentrées les unes avec les au-tres , elles composent une nouvelle matière , qui est comme univer-selle , & qui attire l’esprit universel sur les grains qui en sont imbibez,& fur la terre qui les reçoit.
Cette matière ayant été tirée & préparée pendant les quarte faisonsde Tannée , elle agit pendant ces quatre faisons ; c’est ce qui défendles grains contre toutes les injures du tems ; c’est ce qui les fait mul-tiplier plus ou moins , selon qu’ils ont été bien ou mal choisis , &bien ou mal préparez : c’est aussi ce qui dispose les terres à attirerpendant Tanné Telprit vníverlél, avec quoi elle puisse produire denouveaux grains ; & c’est en ester ce qui rend tous les ans lesdit s ter-res plus fertiles;car ces terres se remplissent continuellement de cetesprit universel, attiré par les grains préparez qu’ellc* ont reçu , elle
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retiennent & -conservent toûjouts quelque choie de cette préparation.Ce qui paroìt visiblement , en ce que toutes sortis de terres où Tonsemé leldits grains préparez , se trouvent Tannée suivante plus ferti-les que si on savoir beaucoup fumée , quoique Ton y ait rien fait.On n’entreprend pas d’expliquer ce que c’est que lesprit universel »ou comment il est attiré , on laisse T un & Tautre aux Physiciens ; or»ne s’attache uniquement ici qu’à Tissage & à futilité de ce qui peutattirer cet esprit universel > & qu’jl attire effectivement pat Texpérien-ce qu’on a ; car on n’a rien vû dc semblable à ce qui s'est fait dansla maison de Notre-Dame de la Charité à Claye , Diocèse de Maux »& à Paris, puisque quarte mille personnes ont vû dans le Fauxbourgde Saint Antoine , au milieu de la rue de la Raquette , dans un<jmaison où il y L une image de la très-Saince Vierge fur la grandeporte cochere , une terre que Ton a semée pendant neuf ans consé-cutivement ; une terre fabloneufe d’environ quarante-fept toises ,avec dix ou douze litrons de froment préparé, comme on dira bien-tôt , & aveo un seul labour , sans la jamais fumer ou la laiíler repo-ser , & Ton a vû , touché , arraché & compté une très-grande quan-tité de touffes de froment , comme .il se voir par la figure suivante zun seul grain ayant porté soixante & quatre-vingts épis & davantage,tous bien remplis & bien nourris, de très bon grains, & où les dùçou douze litrons , c’eít-a-dire , dix ou douze livres pesons , ont toi*jours produit sept ou huit septicrs de blé.
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Un seul grain de Blé multiplié.
Le single , forge, l’avoine & les autres grains , qu’on appelle desMars, se préparent & se multiplient de la même maniéré que le fro-ment. Voici de quelle maniéré on doit se comporter pour réussi»quand on a la matière , & ce qu’on doit observer.
I. Les bons grains ayant été choisis, suivant ce que l’on vient
de marquer, on cn prendra trois boisseaux pour chaque arpent d»terre. 1
II. On employera une livre & demie , ou plus , de la matière,univerjelle , & propre à la multiplication des grains.
III. On choisira une personne qui ait beaucoup de zele & d'afec-
tion ; qui soit, s’il se peut, de bonne conscience , ayant la craintç& Tamour dc Dieu dans le cœur , & qui agisse avec aplication, avecsoin & avec une grande fidélité ; parce que la négligence en ce tra-vail peut diminuer f ester de la matière propre á la multiplication& lirtne la faire manquer entieremenr. Cette personne donc poslè-dera bien tout ce qui est prescrit dans ce Mémoire , & l e lira en tra-vaillant s’il est nécessaire ; cn l’observant exactement, il est impossi-ble qu’il ne réussi Ile. *
IV. On prendra un litron , ou plus, d’un grain que l’on veut se-
mer , on le mettra dans un pot avec une cuillerée ou plus de la ma-tière universelle . & enykon quarte pintes de bonne eau claire , ou dcl’eau claire qui sort du fumier; on fera bouillir doucement tout celajusqu’à ce que le grain commence à crever , alors on Je coulera 8 con le preslèra ; ce qui en sortira sera mis dans une bouteille quel’on aura soin de bien boucher ; le marc est bon pour les pou-les. *
; V. On mettra dans une autre bouteille so livre & demie, ou plus ;
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