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B O E*

heures du matin qu’olì les ramènera à I’étable, pour les faire tepaìtre&prendre du repos, & les garantir des grandes chaleurs qui les incommo-dent.

En attendant qu’après midi il les faille remettre fous le joug, il fauttes mettre dans de bonnes pâtures juíqu’à deux heures, qu’on les ra-mené a la maison pour leur donner, ou du Son, ou de l’Avoine, aprèsquoi on les harnache pour retourner à la charrue, jufqu’à sept heures duloir.

Heureux font ceux qui font dans un Païs où les pâturages sont abon-dans & dans lesquels ils peuvent les faire conduire fous la garde d’un valetpour y palier les nuits : c’est une épargne bien grande pour un pere de fa-mille , ,qui au lieu de cela est obligé d avoir pendant toute l’année grandequantité de Foin.

Des foins que doit xvoir celui qui conduit les Boeufs.

Celui qui conduit les Bœufs à la charrue, s’armera de patience;car avec de tels Animaux c'est ce dont il faut d’abord faire provi-sion : qu'il ne s’avife point de les mener trop rudement, qu’il íbicsoigneux de les panser, Sc de leur donner à manger à leurs heuresaccoutumées, qu’il ne les laistè point manquer de litière, qu'il aitfoin de les abreuver deux fois le jour en Ere, & une fois en Hy-ver.

Lorsque les Bœufs seront de retour ou des champs, ou de lacharrue , que ce valet, pour remédier aux inconvemens qui leurpourroient arriver , ne manque point de jetter l’œil détins pourremarquer s’il ne leur est rien survenu de fâcheux , & que mê-me il ne dédaigne pas de leur lever les pieds pour leur ôter lespierres, qui bien souvent s’y attachent, ou bien les épines, s’il enapperçoit quelques-unes; ce fera un moien pour les empêcher deboita.

11 est bon au retour du travail qu’il les frotte avec de bons bouchonsde paille ; & il est tout-à-fait nécessaire pour faire cníòrte qu’un valetobserve tout ce que l'on vient de dire. qu’un pere de famille y veilletous les jours, comme à une chose qui est de très-giande consé-quence.

Pour empêcher que les Bœufs ne fe lalïenc, qu’il leur enduise les cor-nes d’Huile Sc de Terebenthine, cuites ensemble.

Pour faire que les Bœufs ne soient tourmentez des Mouches. il faut lesfrotter avec du fruit de Laurier coupé très-menu & cuit en huile, ou biende la iàlive des Bœufs mêmes. Les Taureaux deviennent étourdis ti on■ leuf enduit les nazeaux d’Huile Rosat.

De la maniéré de nourrir les Boeufs qui travaillent.

Savoir faire choix d’un Bœuf destiné au travail, & savoir le corrigerde ses défauts, c’est à la vérité quelque choie ; 6c li ce n’e st rien, lorsqu’on ignore la maniéré de le nourrir ; un Bœuf à beau avoir de bonnesqualitez, il ne les donne jamais àconnoitre s’iln’estnouiri comme ilFaut, on entend dans les faisons qu’il est obligé de travailler; car en Hi-ver qu’il ne fait rien, de la paille & un peu de Foin lui suffisent ; maisquand il a le joug fur la tête dès le matin, on doit lui donner à manger debon foin ; son repas ordinairement dure une heure, Sc avant que de l’atte-ler, il faut lui donner un picotin de Son sec, ou bien deux bonnes join-tées d’Avoine.

Pour faire que les Bœufs fe portent bien, mêlez parmi leur mangerdc la Lie d’Huile, premierement un peu pour les y accoutumer, Sc

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puis davantage, ce fáifant les Bœufs fe porteront bien, &tie fetotpasmalades ; s’il a une débilité, donnez-lui en breuvage tous les mois, l’erstrempé Sc pilé j vous guérirez la plate des Bœufs avec Mauve sauvage pi-lée, les oignant.

Des Boeufs qui ne vont point à la charrue.

La plupart des préceptes que l’on vient de donner, ne sont que pourles Bœufs, ou de charrue, ou de haïr,ois ; ceux qui ne sont rien ne de-mandent pas qu’on fe donne tant de soin ; il suffit en toutes taisons de lesenvoler aux champs uvcc les Vaches, Sc de leur donner en Hiver reglé-ment du feutrage, a moins qu’on ne veuilk bítn-tôt les engraisser, cequ’on fera dc la maniéré qu’on vj l’enícig iei.

Lors qu’on veut enmahkr des Bœufs, il nc les faut pas choisir tropvieux, car pour lors ils n’engr.úíleioient que tiès-difficilement. On nedo.c point les emploier au trav.ul depuis 1e mois de Mai jufqu’à la 8.M artin, ou les envoler au pâturage avant que la rosée íbit tombée, ou ilsaur les laitier jufqu’a ce que la chaleur oblige de les ramener à Pétable.Quand la chaleur est diminuée on les fait conduire à l’herbage, où ils de-meurent juíqu’au soir qu’on les ramené à letable. II ne faut point leur é-pargner la liaere ni l’herbe fraîchement cueillie.

Depui, ia S. Martin julqu’au mois de Mai, c’est-à-dire, en Hiver, ondoit les renferma dans letable, & les tenir fort chaudement, enleur donnant de bon Foin, Sc autant qu‘ils en veulent manger. Surle soir il faut leur donner des pelotes faites de Farine de Seigle, d’Or-ge, ou d’Avoine, paitri. s avec ae l'eau tiede, Sc du Sel. Ils ontbesoin d’une meilleure nourriture que de la paille : mais dàns le remsdes grottes Raves on peut leur en mettre des crues dans l’auge après lesavoir hachées, ou leur c n faire cuire. On peut encore leur donner dumate de Vin dans de l’eau chaude & y mêler trois picotins de Son.[11 est neceilàire de prendre garde que les Bœufs qu'on engraislé ne solechenr point ; ce lêchement est contraire à la graille, & quand ils ysont sujets, on prend de leur fiente, dont on frotte les endroits qu’ilsíè lechenr.

II y en a qui suivent une autre méthode pour engraisser les Bœufs*Le premier jour qu’ils reviennent du pâturage, ils leur donnent desChoux coupez par morceaux trempez dans du vinaigre, cela leur re-ve.lle l’appêcit : ensuite ils prennent de la paille de íromment hachée oudes baies de Blé; ils les mêlent avec dú son de Fromme-it, 6c donnentcette nourriture aux Bœufs pendant cinq jours. Le sixième jour ilsleur donnent quatre picotins d’Orge soir Sc matin, & pendant les sixjours fuivans ils les nourrillènt de paille de Froment & de Son commeon a dit. ]

Pendant les premiers huit jours qu’on engraiílè les Bœufs, soit enEté, soit en Hiver, il faut leur donner soir Sc matin un seau d’eauéchauffée au Sole.1, ou tiede fur le feu, dans laquelle on aura jettetrois picotins de farine d’Orge lans avoir été blutée; on la laisse reposerjufqu'à ce que le plus gros de cette farine soit tombé au fond : on leurdonne l'eau blanche 6c on rdèrve ce qui est resté au fond pour le leurdonner au retour des - hamps loriqu'ils y vont.

L’attention qu’on apporte a les voir manger n’estpoint inutile, cars’ils ne prennent point leur nourriture avec appétit, 6c s’ils ne font quetâtonner l’herbe, c’est une marque qu'ils font dégoûtez. Alors on doitleur laver la langue avec du Vinaigre Sc du Sel, Sc leur jetter une poignesdc Sel dans la gorge. On parlera encore de ce remede dans les maladiesdes Bœufs.

Des Maladies des Boeufs,

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Tome 1,

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