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dégâts que !c$ bestiaux y pourroicnt avoir fait durant ce tcrns.

Pour se donner des moïens faciles de payer, un Marchand de boispeut mettre à difserens termes & à plusieurs années, le payement de 'Pachat qu’il a fait des bois, pour faire qu’au cas qu’on vînt a le trou-bler, il fût encore en reste de quelque chose, ce qui lui tiendroit lieude garantie.

I! reste à présent, après le marché conclu & arrêté, d’exploiterlesbois suivant qu’il fera jugé à propos par le Marchand, qui verra dequelle maniéré il s’y prendra pour avoir un promt débit des marchan-dises i le tout suivant la coutume Sc f usage des lieux.

Bois Futaye. Tout bois qu’on ne coupe point en vente ordi-naire, & qu’on 1 aillé croître depuis quarante jusqu a deux cens ans,est réputé bois de futaye. [ Le bois futaye dent l’áge excede deuxcens ans, íë nomment Bois fur le retour. ] La connoiílance de cesfortes de bois fur pied, est bien différente, & plus difficile que cellequ’on peut avoir des bois taillis ; & un Marchand [ est bien ignoranten] matière de commerce, íì achetant une futaye il'n’cn fait con-nòitrc la nature pour en façonner le bo:s, & s’il n’est capable d’endiscerner les differens usages qui leur conviennent le mieux.

La maniéré de connoítre les differens usages des Bois. '

Pour parvenir à cette connoissance, iî s’agit d’abord d’examiner lefond ou les forêts font situées, & de quelle vmuë font les Arbres ;&suivant l'cxamen qu’on <n sera, ou on les destinera pour les Menui-siers, ou bien on íe ferme une idée d’en faire un débit propre auxCharpentiers.

Il y a des forêts qu’on appelle Pleine futaye , c’est-à-dire, des fu-tayes où les Aibres font tellement pressez, que le Soleil ne fauroitpénétrer dedans, & qui font situées en bon fonds : le bols qui cnprovient est toujours fort tendre de fa nature, à cause de l’ombragecontinuel qui les rend tels > & n’est propre que pour la Menuiserie :qu’on observe donc déja cct article. Mais fi le fonds où la forêtest crue , est un fonds fabloneux & pierreux, ou une terre de gravier,ou que ce soit des Arbres de hâves , & le tout bien exposé auSoleil, on ne balancera pas pour lors de les destiner pour la Charpen-tene; car le bois fera dur, & par conséquent convenable à cet usage.On ne parle pas icj. feulement pour les Arbres qui croiílënt dans lesforets, mais encore pour tous les autres qui viennent ailleurs, &quifont plus ou moins exposez aux ardeurs du Soleil, pour s’en formerles mêmes idées qu’on vient de dite ci-dellus ; car tous les Marchandsce bois ne font pas toujours en état d’acheter des forêts.

L’Ordonnance décide des différentes ventes qui fe font ordinaire-ment des bois, & qui font au nombre de 7 : lavoir, la vente destaillis > celle des bdlivaux fur taillis, les ventes par éclaircissement ,celles par pieds d’Arbres, la futaye, les bois en récépage , les boischablis, dont on ne dira rien de particulier, puiíqu’il suffit que toutbois soit bois, Sc q u'un Marchand les peut acheter, pourvu qu’ilsoit permis de les vendre.

Les Marchands de bois doivent observer , dit-on , de ne pointfaire abattre de bois que la Lune ne soit en détours , & de ne passuivre en cela le sentiment malin de biea des Ouvriers, qui sachantb en le contraire de ce qu’ils disent , soutiennent qu’il n'importe enq iel teins on íaílë cette opération, choisiílùnt plutôt leurs commo-cùtez en cela, que Je bkn & futilité de celui qui mettra de tel boisen usage. ^

Du tems de couper les L ut ay es.

On commence à débiter les bois de ítirayes, depuis la Saint Mar-tin juíqu’a la fin de Lévrier, & on observe toujours de les couperen détours de la Lune, à cause, dit-on, que le bois en devient d’unb.en meilleur uíage, & fe conserve bien mieux que si on l’abattoiten nouvelle. L est une opinion à décider, & à laquelle tout ce qu’ily a de fins connoiíleurs dans la Philosophie moderne, n’ajoû.entj oint de foi; mais de s’aller en cet endroit opiniâtrer a soutenir lecontraire, il íembkroit qu’on voudroit détruire un point en matièrede commerce de bois, qu’on s’est jufqu’ici imaginé lui être essentiel.C’est pourquoi ori pâlie l.udcHùs légèrement > toujours néanmoinsrenfermé dans le même sentiment, que la Lune n’a pas des influen-ces dont la venu ait aflëz de force pour opérer les effets qu’on luiattribue, fur tout ce qui lui est fìiblunaire. Au reste, on abandonnecette erreur a qui la voudra suivre, Sc on prie ceux quilaconnoitronttelle de vouloir s’en íërvir.

Moyens de se connoítre en Bois de Haute-Tutaye pour réUjJtrdans le commerce.

On peut dire que quiconque achetera des bois de futaye , aprèsles avoir bien examinez, courroit grand risque de íë tromper dansses espérances; c’est pourquoi il est bon qu’un Marchand qui veutréussir dans son entreprise, prenne les précautions suivantes. Premiè-rement , si lés Arbres qu’il a acheté ne sont pas en trop grand nom-bre, il en doit remarquer les hauteurs & les grosseurs, & pour celane pas se contenter de la vûë , mais se íërvir da cordeau ; car celafait, il en remarquera les branches pour juger à peu près ce qu’ilpourra produire , & ftta fur du papier un calcul de tout , afin» deprendre lès mesures là-defiùs du mieux qu’il lui f ra possible.

La maniéré de prendre la hauteur des Arbres,

Ayez quelqu’un avec vous, qui mesure de deux toises de haut àcommencer par le pied ; jugez par les yeux du surplus à proportiondes deux premières toiles mesurées, & de ce que 1e reste peut faire;ajoûtez 1e tout ensemble, ce lèra a peu de choie près la hauteur deTome I.

BOI.

d’Arbre : Sc ce moïen ainsi pratiqué rend, pour ainsi dite, un Mar»chand assuré de ce qu’il peut retirer de tel bois.

Moïen pour savoir ce qu un Arbre peut faire de pouces delargeur étant équarri.

Prenez un cordeau avec lequel vous ceindrez l’Arbrc , & s’i! ja six pieds de contour, pliez 1e cordeau en trois parties égaies, ôtez-en une, & du restant qui sont les deux autres , pliez-les en do-zepour en ôter encore une partie ; cela fait , pliant en quatre cc quirestera, on n’aura qu’à cn mesurer la longueur , & ce fera ce quechaque largeur de bois contiendra. Remarquez que lì on vient dedire que. si l'Arbre a six pieds, il faut plier le cordeau avec lequelon aura pris la grosseur, cn trois parties égales : ce n’est pas une con-séquence d’en agir toûjeurs de même, ni une maxime généralementétablie; mais c'est qu’on saura pour véritable régie quartant de toilesque contient un Arbre cn grosseur, en autant de partie par moitiéon doit plier d’abord le cordeau, & pour 1e reste continuer commeil a été dit.

Ce que l'on doit plus considérer en matière de commerce.

Après avoir remarqué si ses Arbres sont beaux & bien droits, Sc siles ventes ne sont pas considérable;; il faut toujours tirer á l’équarriíse-ge, car on a plus & plutôt le débit de ce bois que de celui de se.age»St -bailleurs les frais n’eir sont pas si grands. Le Marchand aurafoin que ce bois soit bien équarri, à caule qu’on le vend plus promp-tement qu’un autre qui scroit plein de saches. Si l’on remarque qu’ily a t de gros bo*s tortu, on en fera faire des corbes, soit à moulin,soit à bateaux , suivant le plus ou le moins de grosseur qu’il con-viendra. Mais si l’on avoir à exploiter quantité d’Arbres , il faudroirpour lors en Lire façonner 1 c bois de plusieurs maniérés , afin quele débit en fût plus prompt; comme, pat exemple, le débiter enfente, qui est 1 e merrain a futailles, la Latte , tant quarrée que voli-ce, & les F.chedas , tant Perches que Paiileaux.

On n’oublicra j as auflì de faire scier des planches de plusieursgrandeurs & épaisseurs, des Membrures , Chevrons, Poteaux, Solives ,Battans Sc Coutures, & de fa;re faire auífi du Bois de Corde , des Fa-gots , des Coterets & du Charbon , le tout suivant le plus communusage des lieux, afin de ne point laisser traîner en longueur la ventede telles marchandises; & fi dans ce bois il s’y cn trouvoit tout au-tre que du chêne > on lc feroit débiter conformément à ce dont onpeut s’en servir ordinairement.

Le chêne est le bois dont on fait le plus de cas dans les forets. Ilest sujet en croissent à deux fâcheux inconveniens qu’il faut nécelsei-rement connoítre pour ne pas être trompé dans le débit qu’on enveut faire ; car quelquefois il est ou Roulé, ou Tranché. Ce qui lcrend impropre à être fendu.

Le Bois roulé.

On connoît qu’un chêne est roulé , lorsque ses crues de chaqueannée n’ont point fait corps ensemble , & sont demeurez de leurépaisseur.

Le Bois franche.

Lorfqu’on voir que le fil d’un chêne est traversé d’un côté à l’autrede l’écorce, c’est une véritable ma.que qu’il c k franche, 5 c tel A.bte,outre qu’il ne vaut lien pour 1a fenre , c’est qu’on n’ose pas l’em-ploïerd’une grande longueur pour soutenir un gros fardeau, a causequ’il est à craindre qu’il ne roinj e dessous.

L.s Bois de fente.

Le meilleur bois qui est dans la vente est celui qu’il faut choisitpour la fente, & les tronçons désistez a cet uíage le coupent pouríordinaire au bout de l’abatagc; & c’est de cclui-lá dont on tire lemerein a futaille, de la longueur qu’il convient le couper, & suivantl'usage des Pays ou l’on s’en soit.

Les deux efpeccs de Lattes fe prennent encore de ses tronçons, &celle qu’on appelle quarrée doit avoir qua'te pieds de long & deuxpouces de 1 a; ge, & trois lignes d’épaislLur. Pour la voli.ee, elle a lamême longueur & la même épaisseur 5 mais de largeur elle contienttrois à quatre pouces.

Les échalas font de quatre pieds & demi, & de trois pieds 1 e pluscommunément; on les prend se plus grmdepairie rie latroncc,dontla fente n’a pas été alsez benne pour en tirer de k latte. On peutfaire aussi des Echalas jufqu’â quinze pieds. Ce font ceux-là do-1on se sert pour faire des paliílàdes ; & lodqu’ils ont plus de six piedsdu côté d’Auxerre , on appelle cette forte d’échalas des Perches. IIn’y a guercs que de ce côté-là ou ils ayenc ce nom, à cause qu’il n’ya que dans l’Auxerois presque où les Vignes soient mises en perches.Mais pour revenir au merreín riont on a déja parlé, on doit savoirqu’on en débite de diffe rentes longueurs ; que celui pour faire desmutds doit avoir trois pieds, celui des feuillettes ou demi muid, deuxpieds & demi, & ainsi du reste; & par rapport, aux Pays où ces sor-tes de tonneaux sont plus 011 moins grands, chaque piéce démentir»s’appelle doiiellt, Sc doit toujours être accompagnée d’enfonçurc quîest une elpece de douelie qui n’a que deux pieds de long & sixpouces de serge, qui est celle qu’on destine pour les muids; car pourses feuillettes, ses fonds ne doivent avoir qu’un pied & demi de long,& de même largeur que les précédentes. Toutes doilelles Sc tnfonçu-res, au dessous de quatre pouces de large, sont réputées, rebuts, &doivent avoir cepuis sept jusqu'à neuf lignes d’épaiflcur : au bout destronçons dont on » tiré ce menein, il reste toujours les longueurs

d’Arbres