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d’Arbrcs qui ont six pieds , Sc quelquefois davantage de longueur,dont on se servira pour équarrir, Sc pour enluhe débiter en íei.ige.

De ïAubier.

Nous remarquerons dans tous les Arbres, de quelque efpcce qu’ilspuissent être, lorfquïls font abattus, immédiatement après s écorce uncertain bois blanc en cercle de l’épaiíleur d'un pouce, Sc toujours dedífferentes couleurs du maître bois ; & c’est celui-la qii’on appelleAubier. Ce bois a dc.très-inéchantes qualités , il ne doit entier quefort rarement dans le merrain > car il est fort dangereux de rendrefuté le Vin qu’on met dans les vaisseaux qui en font en partie bâtis.De plus, pour peu que cette forte de bois soit dans des lieux humides,il est sujet à fe pourrir, ou à fe réduire en poudre, loríqu’on le metdans des endroits qui font secs. C’est ce qui fait qu’on ne remployéle plus souvent qu’à faire des éehalas.

Des dipferentes pièces de Bois .de sciage.

Après qu’un Marchand a tiré de la fente tout ce qu’il a pù, ilregarde les pièces de bois dont il peut faire du sciage, & suivantles longueurs que cliaque piéce convient avoir. On divise les boisde sciage en planches de plusieurs épaisseurs , en Contre-Lattes , enMembrures , en Chevrons , en Poteaux, en Solives , en Limons , enB st tans & en Goútieres , ou Echênes , comme on dit en Bourgogne;mais il ne suffit jias d’avoir nommé toutes ces différentes eípeces debois de sciage, il est bon pour l’intelligence d’un apprentis en fait decommerce, de dire plus au long ce que c’est, & comme elles doiventêtre débitées.

Les Planches.

Les planches fervent à différons usages , St suivant le plus ou lemoins de longueur, de largeur & d’épsiíseur qu’ellcs ont; c’est dansun tel détail que doit toujours descendre un Marchand de bois, pourfaire par le raoïen du débit, que son bois retourne tout à sonprofit.

II est des Planches dont on fe sert pour faire des cuves > & celles-là n’ont ordinairement qu’un pouce de large ; pour la longueur il yen a dc trois pieds & demi & de quatre pieds. Les planches dont lesMenuisiers se servent le plus ordinairement, sont celles qui sont d’unpouce franc scié, & douzes pouces de serge : il ne faut pas manquer,autant qu’on le peut, de s’en garnir de cette sorte , car le débit enest prompt; & l’on fait encore d’autres planches qui ne sont que d’undemi pouce d’épaisseur franc scié, & douze de large, & qu’on appelleEntrevoux ; on fait encore assez d’argent de cette marchandise, quoiquelles ne se vendent pas lì-tôt que les précédentes.

Les Solives.

Autant qu’on peut dans une vente, il faut avoir dequoi fournir detoutes sortes de Marchandises qu’on y peut débiter, asm de ne pointavoir le chagrin de renvoyer ceux qui y viennent pour acheter, &les Solives feront du nombre des bois de sciage , dont un Marchandaura soin de se fournir : on les fait débiter de cinq à six poucesde grosseur; pour la longueur cela dépend de la fantaisie , car l’onfait à peu près ce qu’ellcs doivent avoir, toutefois plus ou moins lon-gues les unes que les autres ; & pour être bonnes, il faut qu’on en aitchoisi le bois bien fort, à cause des fardeaux quelles sont obligéesde supporter. II y a des Solives qu’on nomme Solives de brin , c'est-à-dire,des solives équarries fur du bois de brin qu’on trouve dans la vente,qui portent seulement depuis sept jufqu’à neuf pouces de grosseur,Sc depuis quinze pieds juíqu’à trois toiles ou trois toises & demi delongueur: telles pièces d’ouvrage sont fort recherchées, & tout Marchandne «soit point négliger dentaire provision, étant à préférer à cellesqui sont dc sciage.

Contre-Latte.

La contre-latte est un ouvrage qui fe débite aussi à la scie. Elle sertpour couvrir en ardoise , & est large de quatre à cinq pouces, &cpaiíse d’un demi.

Les Chevrons.

On ne peut couvrir des bátimcns fans le secours des chevrons ;cette piéce de sciage se vend bien, Sc c’est la raison pour laquelle onen doit beaucoup faite débiter.

Les chevrons ordinaires doivent être sciez de trois pouces fur uneface. Sc de quatre sor 1 autre; tout l ’Aubier en sera ôté, s’il est possi-ble : on débite encore des Chevrons d’unc autre forte, qui ont quatrepouces fur tous cotez : outre qu’on s’en sert pour la couverturedes maisons, c’est que les Menuisiers les recherchent, fur tout lorsqu’ils sont sens saches, Sc qu’ils sont d’un bois fort doux.

Les Elaches,

C’est un terme dont sc servent les Marchands de bois, Sc qui signifieles endroits dou ì’Abbier n’a pas été bien ôté en équarrissent, & quiparoissent for le bois équarri.

Toutes les Membrures _ telles quelles puissent être, ne sont faites quepour l’usege des Menuisiers ; on en débite de deux sortes ; savoir, l’unede deux pouces d’épaisseur, & faune de trois, Sc chacune de six pou-ces de large.

Les Limons & Batans.

On débite ces deux sortes d’ouvrages de plusieurs largeurs & épais-seurs ; c’est-à-dire, qu’on en fait qui ont quatre pouces for un côté,& huit fur f autre, ou de quatre & neuf, de quatre Sc dix-, de cinq àdix , & de cinq à douze. Ce bois doit être sens roulure & sens Aubier,il sert aux Charpentiers.

Les Goutter s.

Il n’y a pont d’cfpece de sciage où il faille plus prendre de précau-tions qu’à celle-ci: car on frit que les Goútieres íbncd’unetrès-grandeutilité; mais aussi que pour rendre de bons & de longs services, ondoit les prendre d'un bois de Uri» qui soit sain, sens nœuds, sens Rou-lure & fans Aubier , à cause que seau qu’elles sont obligées de rece-voir, venant à passer à travers , endommageroit les lieux pour laconservation delquels elles auroient été cmploiées. Les pièces de boisdont on doit fe servir pour cette piéce de sciage, doit avoir huit àneuf pouces d’équarriflàgc ; & la maniéré dc la faire scier est de luidonner le trait de scie d’un bout a faune au travers de deux angles.

11 n’est plus question présentement que de savoir comment- il fautf acheter. On remarque premierement, que le côté où a paílé lascie doit être le dessin de la goutiere qu'on a coutume de creuser,laissant un bon pouce d'épaisleur fur chaque bord ; Sc cette piéce decharpente est longue pour f ordinaire depuis six pieds jufqu’à troisteiscs & demi; & pour empêcher que le hâle ne tourmente ce bois,il faut être soigneux de le tenir a couvert.

Les Poteaux.

Les Charpentiers sc servent des poteaux pour clorre des bâtimens ;ils en font des pans de bois & d’autres ouvrages de cette fabrique;Sc en les débitant on leur donne quatre & six pouces de grosseur pourlordinaire.

Voila tous les bois de sciage qu’on a coutume de débiter dans lesForêts par rapport aux Chênes ; mais comme il y a encore bien d’autresbois qui s’y rencontrent, & dont les Marchands de bois tirent biende f argent loriqu’ils sont façonnez: on va fur chaque Arbre faire undétail de toutes les sortes de marchandises qu’il fera propre à vendre.

Noter.

Cet Arbre, qui est le plus estimé de tous ceux qu’on débite, tiendraici le premier rang. C’eic un bois que les Menuisiers recherchent beau-coup . & c’est celui aussi dont ils font les plus beaux meubles : on lefaçonne en poteaux, en planches & cn membrures > & toutes cespièces doivent être sens gcríures & sens roulures ; car, ainsi que lesChênes, les Noïers sont sujets à être roulez. Ces pièces ce sciage ,donc on vient de parier, ont onze à douze pouces de large, & treizeligne d épaisseur franc sciez. Ce bois fe débite encore en Tables ; maisil faut pour lors que les Noïers soient d’un bois fort sein, qu’ilsaïen: la tige grosse, & que ces Tables aïent deux bons pouces d’é-paitlcur. Les ouvriers qui en ont besoin les emploient comme ils lejugent à propos; & comme les racines de ces Arbres ne sont point àrejetter, fur-tout lorfqu’cllcs ont la couleur brune & bien jaspée, onaura soin de les mettre en tronçons, Sc le débit en sera bon. Ellesfervent aux Ebeniltes. On en fait aussi des sabots , & son écorce ícvend aux Teinturiers.

Le Cormier.

On ne voit gueres d’Arbrcs dont le bois soit plus dur que celui duCormier ; c’est ce qui est cause que les Meuniers s’en fervent pour fairedes chevilles & des fuseaux pour les roues & les lanternes de leursMoulins; & l’on donne à ces chevilles quatre pouces fur tous sens,& seize de longueur.

Tout branchage de Cormier , quand il est assez gros, est propre àfaire des chevilles, sinon on les emploie à faire‘des fuseaux qu’ondébite dc dix-huít pouces de long, & large de trois. Les Menuisierssc fervent de ce bois pour monter leurs outils ; pour le leur vendreon le fait scier pour f ordinaire en poteaux de trois & de quatrepouces en quarté, ou bien on le débite en membrures, ausqueìles ondonne deux pouces d’épaiiscur, & six de larges ; on en scie aussi dequatre à six pouces, & depuis six jufqu’à douze pieds de longueur.

Châtaignier.

Le Châtaignier fuit le Chine, pour ce qui regarde la Charpente,quoi qu’on ne se serve gueres du Châtaignier quand on trouve duChêne > & par rapport à cet usage il sc débite tout de même. II ya des Pays ou l’on trouve des Baliveaux de six à sept ans, on en faitdes cercles a cuves, ou bien on débite ce bois en perches, qui sevendent bien.

Le Hêtre.

Les Marchands qui ont des Hêtres à débiter , auront foin d’cílfaire faire des poteaux de quatre pouces fur tous sens , Sc depuis sixjufqu’à dix pieds de longueur; & ils n’oublicront point aussi d’en dé-biter en membrures , qui auront deux pouces Sc deux lignes franc-seiées d'épailïcur, & depuis six jufqu’à huit pouces de large & treizelignes d’épaiílèur franc-lciées : on en fait encore des Tables pour desCuisines, des Etaux pour les Bouchers. On en fabrique des Pelles,des Cuillei es, des Sabots , & quantité d’autres Ouvrages , que lesOuvriers qui sc servent de ce bois façonnent à leur fantaisie.

Avertissement.

II ne suffit pas qu’un Marchand sache les longueurs, largeurs Scépaisseurs que doivent avoir tousses bois, pour commander aux Scieursde le faire comme il leur dit, il faut encore qu’il prenne garde sisesOuvriers suivent ses ordres; car les Scieurs ordinairement sont fripons,si on ne les veille de près, & gens qui, pourvu quïls tirent à l’ou-viâge, ne sc mettent point en peine de gâter une piéce de bois à ui>Marchand, qui souvent s’en rappoiteroit à leur bonne foi. Que tousMarchands de bois fur cet avertissement prennent donc leurs mesu-res,