B O ï.
qu’ils visitent leurs Bois, qu’ils jettent les yeux fur rous leurs ou-vrages qu’on debite, & que toujours le pied de Roi à la main, ilsinclurent íi leurs Ouvriers ont débité leurs Bois comme ils leur ontcommandé j & pour lors cette vigilance que les Ouvriers remarquenten eux, ce mouvement qu’ils votent qu’ils le donnent, & les précau-tions qu'tls s’aperçoivent qu’ils prennent, tout cela leur fait faire desréflexions en eux-mémes, qui neíont qu’avantagcuics pour ceux quiíè mêlent du commerce de Bois.
LAulne, ou Verne.
On fe sert du bois d'Aulne quand il est gros & bien droit, pourfaire des Sabots, ou bien pour faire des Tuiaux de fontaine, commeétant un bois qui n’est point sujet à fe pourrir en teire, j ourvû qu ilne prenne point Pair lorsqu’il y a été une fois mis. Borique les Aul-nes font d'une grosseur futìSfante pour être iciez, on en fait des Po-teaux de trois pouces en quarté, & des Membrures épaillès de deuxpouces, & large de six, juíqu’à huit; les Tourneurs fe chargent pourl’ordinaire de cette espèce de Bois, ainsi que dc lès perches, ìorlqu’el-lcs íbnc grosses & bien droites. Le débit qu’on fait de Pécore de cesArbres,"est trop considérable pour qu’on oublie d’en avertir ici, &on déja dit que c’étoic au mois de Mai qu’on devoir faire cette opé-ration ; ainsi que les Marchands de bois qui auront des Aulnayes à cou-per, (oient soigneux d’en tirer de l’écorce, les Tanneurs ni les Cha-pclliers ne la leur Iaiileront pas : on en debite encore en chevilles pourbarrer les tonneaux deVin»
te Feuplier.
Quand on fait couper des Peupliers, ce n’est que pouren faire desplanches depuis trois juíqu’à cinq lignes d’épailleurj les Menuisierss’en Rivent pour des ouvrages cachez, & on leur donne dix poucesde large, Sc six pieds de long ; comme ce bois n’est pas rare, nicber, on en soie des Planches d’un pouce d’épaiíl’eur, de onze Scdouze de largeur, qu’on emploie pour faire des portes ou des fenê-tres; cc qui arrive fur-tout dans les Maisons de campagne. Ce bois estauílì propre pour faire une elpéce de ce merrain , qu’on appelle barre >& dont on le sort en Bourgogne pour barrer ie bon vin qu’on en tirepour mener a Paris,
Les Tilleuls.
On debite les Tilleuls en Tables lorsqu’ils sont allez °xos pour cela ;ces tables ont depuis deux jufqu’a cinq pouces d epailTèur, & on enfait auliì des planches épaillès d’unpouce, Sc longues dc douze.
Le Tremble »
Outre le débit ci-deíîtis, le tremble est encore propre à debiterpourTaire des Sabots, & des talons de souliers, dont les hommes Scles femmes fe servent aujourd’hui li communément; & les Sculpteursle recherchent auliì pour faire des ouvrages dc Jeurs façons.
Les Néfliers » Atixiers , & autres Arbres sauvages de cette nature.
Faute de trouver des Cormiers , les Meuniers se servent de chevilles& de fuseaux faits de Bois de Néfliers , d Alisiers , & d’autres Arbresde cette nature: c’est ce qui est cause que loríqu’on en rencontre dansles ventes, il faut les debiter de cette maniéré, de la même longueur& de la même épaiileur,
L'Orme.
A son débit tout particulier, & lorfqu’un Màrchand en trouve quel-ques-uns dans les ventes, ou des vernes cnticres a debiter, voici lamaniéré dont il doit s’y prendre, Sc toutes les observations qu’il ydoit faire pour le façonner comme il faut, & tout ce Bois n’est d’u-íage que pour les Charrons, Sc se charrie en grume, Sc tout scié.
Le Bois en grume.
Biefl des gens n’entendroient point ce que veut dire grume en ma-tière de Bois, li on ne leur exphquoit, Sc sc trouveroient embarafsezdans un chemin le plus beau du monde. Le Bois en grume est celui quiest en tronçons, ou en bûches, ou en billes, ( comme on dit en certainslieux; ) de différentes grolleurs & longueurs, garnies de leur écorce ; lìbien que lorlqu’on dit amener du bois en grume, c’est l’amener fansle debiter.
Le Bois de Charronnage en grume.
Le Bois qui sert aux Charons, & qu’on voiture de cette maniéré,sont ses Moyeux , les E/Jìeux , ses Emparions, les Fléchés , les gantes Scles Armons. Mais c’elt peu de lavoir comme on amène ces échantil-lons dc bois d'Orme, li l’on n’est instruit dans 1 ait de les débiter.
Les Moyeux.
Toute grume, ou tous tronçons, comme on voudra dire, avantque d’étrc charriez, seront coupez de la longueur de lix pieds Sc demi,& de dix pouces de diamètre par le menu bout; & s'il s’en trouvedepuis douze jusqu'à seize pouces, on les considéré beaucoup pourFaire de groiles roués de Charrettes.
Les Essieux.
Comme ses pièces de Charrettes, Chaiîiots & Carrosses qui suppor-tent tout 1e poids de ces machines, & de ce qu’elles contiennent >font choisis de six pieds de longueur Sc de sept à huit pouces de diamè-tre par le menu bout, Sc font laiíVcz en grume.
Les Emparions.
La longueur qu’on donne aux bilieux en grume doit être celle qu’ilTerne I.
B R I. n?
sauf aux Èmpamns, qui ne seront pas à peu près si gros, maïs qui triapprocheront allez, quand ils nc seront pas chantournez, car lorsqu’ils le sont quand 1 échantillon n’en lèroitpas si fort, ils n’en valentpas moins.
Les Flèches.
Les Charrons veulent qu’il y ait de deux. fortes d c fléchés, celles doseson se sert pour les Carrosses, Sc celles qui sont d’ulàge pour les autresharnois.
Les jleches de Carrosse se tirent depuis dix jufqu’à douze pieds délong, & celle des autres depuis douze jufqu’à quinze pieds fans nœuds.Sc bien courbées.
Les gantes.
Cette grume de bois que les Charrons mettent en œuvre lorfqu’ilsveulent faire le tour des roués, Sc qu’on appelle les gantes , & Chan-tres , en Bourgogne, sont coupées de la longueur de deux pieds, huita dix pouces & quelquefois jusques à trois pieds lorlqu’elles sontbien chantournées.
Les Armons.
II y a de deux sortes d’Armons : savoir, ceux qu'on appelle Armonssimplement, & qui sont en grume, & qu’on debite de six pieds diílong, Sc de huit a neuf pouces de diamètre parle menu bout; & ceuxqu’on nomme Armons d'arcade , qu’on tire dc quatre pieds Sc demide long & neuf à dix pouces de grosseur.
Le Bois de sciage qui sert aux Charrons.
Après avoir apris quel est le Bois de chai tonnage qu’il faut amenercn grume, il est question présentement d’açtendre quel.est celui quidoit être scié : on en compte de trois principales sortes ; lavoir, lesLissoirs, Us Moutons Sc Timons.
Les Lijfoirs.
Ces premieres pièces sc dibitent de six pieds & demi de long, &de six a sept pouces de large, fur quatre a cinq pouces d’épailiëur :que personne c'e ceux qui voudront le mêler dc faire debiter des Or-mes, n oublie de mettre en pratique toutes ces instiúctions.
Les Moutons.
On fait scier les Moutons de six pieds, sept à huit pouces de long,de cinq à six pouces de largeur, Sc de crois ou quatre pouces d’é-paillèur.
Les Timons.
Pour les Timons, le débit s’en fait de neuf pieds de long, trois pou-ces & demi en quarté parle menu bout, & quatre pouces par le gros.
Observations,
II y à encore d’autres pièces dc Bois d’Orme qui sc scient, noripas par les Marchands, mars par les Charrons mêmes : c’est ce quitait que les Marchands lailìènt toûjours plusieurs pièces de bois en gru-mes de diverses grosseurs, & de plusieurs longueurs. On ne rebutépoint pour 1e charronnage ses branchages qui font beaux, bsendroits, Sc même quand ils fèroient tonus, pourvu qu’il n’yait pointtrop de nœuds; car les Charrons savent bien ses cinploier, jutquesaux petits morceaux gros comme la jambe, qui entrent dans la con-struction des charmés, & tout ce bois-la qu’on amène, se nommeBois à debiter. II faut remarquer que si l’on trouve des grumes dedeux Sc trois pieds & demi d équarriílage, & qui puissent porter de-puis quatre julqu a sex pouces d épaisseur. Sc les laitier de leur largeur,on doit les debiter en Tables; les Meuniers sauront bien chercherses Marchands qui auront de ces sortes d’échantillons pour en raire àleurs Moulins des roiies Sc des tours de lanternes. II me semble quevoila déja des instructions allez claires pour un aprentif en fait decommerce de bois; mais achevons ce Traité, & disons ce qui y estencore essentiel.
Le Frêne.
On debite le Bois de Frêne en Moutons Sc en Timons, Sc orì en voi-ture aussi cn grume de plusieurs longueurs, comme de dix juíqu’àhuit pieds, & de grosseurs différentes, de huit à neuf pouces de dia-mètre; tels échantillons sont propres à faire de ces fortes d’harnois,dont on se sert pour charrier 1c Vin, Sc qu’on nomme Hoquets enquelques endroits, & Soulìviers en d’autres. Lors qu’un Marchandvolt des nœuds ou des loupes â un Frêne qui est sein d’ailleurs, celane doit point 1e rebuter; car ses Armuriers en ont besoin, & lâchè-rent ce qu’il vaut.
LErable.
Est de la même nature du Frêne, quant à ce qui concerne ses Ar-muriers ; c’est la raison pour laquelle ses Marchands les amenent en plusgrande partie en grume pour laisser la liberté aux Ouvriers qui s’enservent de 1e debiter à leur fantaisie.
, Le Charme.
Le plus commun débit du Charme est en Essieux ou en d’autresBois de charronnage, dont on se sert dans les Pais oùl’Orme est rai e i& après ses Charrons » on ne sache point qui se mette en usage, si cén’est ses Faiseurs de formes, qui lâchèrent en grume.
Le Saule.
Lés Saules sc coupent en trois échantillons diiferens ; savoir, en Plan-tons , qui sont ceux dont on se sert pour planter & multiplier les Ar-bres de cette espèce : en pieux de la longueur de quatre pieds, pourfendre en échalas propres à mettre dans les Vignes, & en perches
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