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Tel valet doit être fort soigneux d’étriller tous les matins feschevaux, & quelquefois à midi dans le tems d’Eté, Sc de les abreuverquand il saur.
On reconnoît si un tel domestique a de la propreté dans le manie-ment de fes chevaux, lorfqu’il leur donne à manger ; c’est-à-dire,lorsque le foin qu’il leur jette dans le râtelier est bien examiné, ous’il a bien foin depouífer leur avoine avant que de la mettre dansleur mangeoire.
Lorfqu’un valet ne laisse point manquer de litiere à fes chevaux,Sc qu’il n’est point paresseux de tenir leur écurie nette, quand il estnécessaire dc le faire, on en peut présumer quelque choie de bon, Lcfur-tout quand il est encore vigilant à prévenir par fes foins Sc Ionlavoir faire, les inconvéniens qui leur peuvent arriver.
C’est lc propre d’un véritable charrier de ne rien laisser traîner dece qui regarde Ion ministère, d’avoir des endroits où il place ordinai-rement par ordre tous les siamois qu’il doit souvent visiter pour voirs’il n’y a lieu de rompu, afin dc les porter chez l’ouvrier qui leur con-vient pour les raccommoder, ou de les refaire lui-même si cectcœu-vre ne paílb point son lavoir.
Quand un pere dc famille fera assez heureux d’avoir rencontré unpareil domestique, je lui coníeille de le garder; mais il ne fáut pasqu’1 s’ímagine le reconnoître tel, qu’il n’y ait appliqué des soins tout-à-fait extraordinaires, ne fe contentant pas feulement de s’instruire decc valet de l’état de fes chevaux ; mais lui-même de les aller visiter Scd’oblèrver souvent, ou s’il ne leur manque rien pour leur nourriture,ou s’il s lotit pansez comme il faut, ou enfin s’ils ne font point atteintsde quelque maladie , afin d’y aporter au plutôt du remede. Oîii,tout homme qui prétend conduire un labourage, doit fe connoitre danstoutes les choses qui le regardent, ou s’il n’y entend riend’abord, ilfaut absolument qu’il s’en instruise dans la fuite, s’il ne veut que desdomestiques lui en fassent acroire à tout moment.
Voyez dans l’article du Cheval toutes les instructions qu’il estXiéceílàire de savoir par rapport aux Chevaux.
CHASSE. C’est la poursuite qu’on fut des oyseaux ou des bêtesh quatre pieds. On distingue plusieurs lottes de chaste. Elles fontdistérentes suivant les animaux qu’on veut chasser, Sc les lieux où ellesfont. Les bêtes à quatre pieds le chassent dans les champs, dans lesbois & dans les btossiiîles ; on les tuë avec le fusil, ou avec le couteaude chasse. Les oyseaux se tirent en lait, ou bien on les prend avec lesfilets, ou bien avec les oyliaux de proye.
La chaste royale est celle qui fe fait aux chiens courans , avecmeute & équipage: on y force le gibier, non-feulement les sangliers,les cerfs > les dains & les chevreuils ; mais encore les renards & leslièvres. C’est ce qui s’appeilc chasser à bruit. La chaste qui est plusordinaire est celle qui íe fait avec des chiens courans ou des lévriers,pour prendre & forcer les lièvres.
Ces chastes fcmt décrites amplement dans les articles des animauxqu’on chasse, soit avec les chiens, soit avec les filets, soit avec les oy-l’eaux de proye.
Toutes sortes de tems ne sont pas propres pour lâchasse, le grandvent & la pluie sont des obstacle? qui empêchent de prendre ce diver-tissement. Au Printems la chasse fe doit faire fur le soir avec les filets :en Eté este fe fait le matin, mais en Hiver on ne doit chasser que de-puis neuf heures du matin jufqu’à deux heures après-midi. Mais ilfaut généralement observer de fe mettre au-destous du vent quand onattend le gibier.
Moïen de connoitre le dessous du vent.
Prenez un morceau de papier, Sc remarquez dc quel côté le ventl’emportera.
Chasser de gueule. C’est laisser crier & aboyer un limier lors-qu’on lc laiíîe courre ; car le matin il doit être secret & ne dire mot,pour ne pas donner de l’essroi, & lancer la bête.
CHASSIS en fait de Jardinage. C’est un ouvrage de bois demenuiserie, fait en tiers point ou triangle, avec des feuillures dans les«ôtez, de l’épaiífeur pour y loger, emboëttcr Sc enchallèr des panneauxquartez de vitres, & couvrir par ce moïen des plantes qu’on veutavancer l’Hiver par des rechanssemens, ainsi qu’il fera ci-après dit enexpliquant l’uíàge des cloches de verre. Ces châssis sont de bois dechêne bien dur , Sc souvent peints de verd pour résister davantageaux injures dc Pair; ils ont environ six pieds de long, pour contenir dcchaque côté deux panneaux de trois pieds en tout sens; leut ouvertureest d’ordinaire de quatre pieds. On en met plusieurs bouts l’un dansPanne ; & enfin font terminez à leurs extrémitez triangulaires, pardes panneaux en triaigle fait juste pour boucher l’ouverture.
CHATIER. C’est donner de la houssme a un chien lorfqu’il esten faute.
CHATAIGNIER, en latin Cafianea.
Description. C’est un arbre qui vient grand & gros. Ses feuilles sontgrandes, larges, dentelées cn leut bord, & faisant beaucoup u ombrea cause de lès rameaux qui s’étcndent en rond. Sçs fruits ne succèdentpoint aux chatons, mais ils viennent dans des endroits séparez.
Lieu. Les châtaigniers, aiment les terres làbloneuiès. IlestvOmmunen France dans la partie méridionale.
Vropriétez. Les châtaignes, fur-tout les petites, font astringentes;on donne de l’écorcc de cet arbre aux femmes qui ont les fleursblanches.
On estime le châtaignier tant par l’uíàgc qu’on fait de son bois,que par le protìt qu’apporte son fruit. La bois est emploie dans lesbátimens pour la charpente; il dure sort long-tems, & nkst sujet àaucune vermine. Le fruit est d’un bon goût ; il a servi de pain enquelques Provinces, jufqu’à THiver de iyoy. qui a fait mourir leschâtaigniers.
On distingue entr’autres deux efpeces de châtaigniers, la grande &la petite; là grande est le marrenicr.que nous avons dc cieux íer-
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tes; savoir,le Marrcnier dinde Sc lc commun. Nou; en expliqueronsles différences en leur lieu.
La petite espèce est celle qui porte un fruit que nous appelions.châtaignes simplement. Cet arbre n’est point difficile à faire venir, Scaprès le chcne on estime son bois le meilleur pour bâtir Preste donaà présent de savoir comme on l’éleve,
II faut d'abord savoir que le châtaignier vient mieux dans les terressèches & sablonneuses, que dans celles qui font fort humides, où ilsont peine à reprendre. On fera soigneux avant que de le planter, dcbien préparer la terre où on voudra le mettre en pépinière, & de latenir toute à l’uni. Cela fait, & íì l’on souhaite élever promptementdes châtaigniers, on aura soin d’amasser des châtaignes, & de les ac-commoder dans des manequins , comme il faut fane dans les hautesfutaies. Suivez la même méthode pour faire venir les chenaux ; iln’y a rien a obíerver davantage, tant pour ce qui regarde la façon deles accommoder, que celle de les planter. Le tems le plus propre deplanter les châtaignes pour en faire des pépinières, est toûjours lcmois de Mars. Les châtaignes ayant été miles dans des manequins,comme j’ai dit, pendant l’Hiver, & étant plantées doucement decraindre de rompre le germe quelles auront produit dans la cailledont on les aura tirées , elles ne manqueront point de sortir bientôt-hors de terre.
Comme il faut avoir soin des châtaigniers cn pépinières , lesjeunes plans nouvellement sortis hors de terre sont comme des en-fans, aufqucls on doit donner des soins tous particuliers Sc conve-nables à leur âge. Et comme l’on dit que les labours íont le soir»tien des plantes , on ne négligera pas d’en donner aux jeuneschâtaigniers quatre ou cinq pendant la premiere année ; mais ilfaut que ce soit fort légèrement, autrement on les amencroit avecla pioche.
Les meilleures façons qu’on puisse donner aux châtaigniers, con-sistent à les sarcler toutes les fois qu’on voit croître parmi eux de mé-chantes herbes ; & si l’on néglige ce travail, ces plans encore cendrescourent grand risque de périr, ou bien de ne croître que foiblem.nt.La seconde année les châtaigniers feront contens qu’on les labourequarte ou trois fois , & ensuite continuer ainsi jufqu’à ce qu’ilssoient en état dette replantez en place; ce qu’on reconnoît lorlqu’ll*ont atteint la hauteur de cinq à six pieds.
Observations.
Lorfqu’on arrache les châtaigniers de la pépinière pour être mis c*place, il faut observer de leur tailler adroitement les racines, en telle,forte qu’il n’y ait ni trop, ni trop peu de chevelu.
On leur laissera leur tête toute enticre fans la rogner; car cette opé-ration leur est plus nuisible qu’avantageufe. Le châtaignier ne souffrepoint qu’on lemonde > si ce n’est lorfqu’il est encore fort pe.it , afin delui aider à monter ; mais si-tôt qu’il est parvenu à la grosseur d’unpouce, il ne lui faut plus rien ôter ;larfqu’ils sont bien repris on leurcoupe la tête. II fe forme à l’entour des rejettons , fut lesquels l’onente l’efpéce de châtaigne que l’on veut, mais en flûte feulement.
Les différens desseins de planter les Châtaigniers.
Les pépinières sont les meres nourrices de tous les plans qu’on ymet, & qui en sortent plus ou moins beaux, suivant ce qu’on y a appor-té de travaux & de soins. C’est dans cet endroit qu’ils s’élevent pourensuite être mis en place , & dilpofez cn tels compartimcns qu’on lcjugera à propos. On en tire les cliataigniers, ou pour être plantez enallées, pour être élevez en haute futaye, ou en taillis.
Les allées de Châtaigniers.
II me semble qu’il n’y a rien de plus agréable, ni qui apporte plus díprofit dans une maison de campagne, que des châtaigniers plantez enallées, bien drellées & bien entretenues ; l’oeil s’y plaît, l’odeur desfleurs est très- douce, & le goût dans son tems trouve dequoi s’y satis-faire; mais à moins que dans cet ouvrage, comme dans tous les au-tres qui regardent le jardinage, on n’ait apporté toutes les précau-tions néceíìàircs, il est dangereux qu’on ne perde là peine ,& la dépen-se qu’on y aura faite. Si donc on veut dresser des allées de châtai-gniers > Sc qui parviennent un jour a l’accroisscment qu’on en cfpcre,on doit s’apphquer d’abord a bien planter le cordeau , & après avoirfait des trous assez larges pour les y mettre, on observera a droite li-gne, qu’ils soient éloignez de quatre toises l’un del’autre. Ces mesuresétant bien gardées, on les recouvre de terre,puis on leslaille-iá, juf-qu’à ce qu’en les visitant on juge à propos de leur donner une façon,Treis fois Tannée acquitteront le Jardinier ou le Laboureur des la-bours qui leurs seront nécedàires pour venir comme il faut.
Et de crainte que le bétail n’aille fe frotter, & ne vienne par quelquesecousse a ks ébranler, on fera soigneux de les envíroner d’épmes,à moins que les allées de châtaigniers ne soient dans un Parc’, doncfeutrée est fermée à ces sortes d’animaux. Ils croillent en peu dotems; leurs feuilles qui sont sort belles & fort nettes, forment un.ombrage qui nous invite à y venir prendre le frais.
Les Châtaigniers en hautes fut ay es.
On fait des hautes futayes de châtaigniers, ainsi que des chênes ;le bois du premier vaut du moins autant que celui du second pour lacharpente, & non pour le chauffage, tout-à-fait si estimé que celuide ce second; il donne des fruits qui fe conservent long-tems, ferventà nourrir lc Laboureur; & quand ris sont bien apprêtez , ils trouvent>lace sor les meilleures râbles. On do.t soivre la méthode déplanteres hautes futayes des chênes, & ne manquer de rien de toutes lesobservations qu’il y a à faire, Sc les fume pour en dresser les châtai-gniers , on y réiiflira,
Châ.