C II A.
«juand on ne voir plus de fumée s'élevcr, alors on bouciie exactementks ouvertures qni auroient pù se faire au dôme; car l’air qui entre-loit dans la folié réduiroit le charbon en cendres. On ne retire cecharbon que quand il est refroidi.
î)n charbon de terre.
Lc charbon de terre est une matière noire qu’on retire de la terre& qui icrt à brûler. On en trouve par toute l’Angkrerre , dans leNivernois Sc dans la Bourgogne. Les Serruriers, ks Maréchaux & au-tres Artisans, aiment mieux le servir du charbon de teuc que du char-bon ordinaire, la chaleur est plus violente, & il rend le fer plus trai-table Ibus le marteau. On ne íe sert presque point d’autre charbon enAngleterre & en Hollande; mais il salit le linge en le rendant noir, &jl cause des maladies dc poitrine & de consomption.
CHARBON. Terme de Médecine. Lest une tumeur maligne,qui est accompagnée d'unc chaleur très-douloureuse, de mortification,dc lividité, & enfin de noirceur. Bile cache sous une croûte un ul-céré autour dtiqucl il y a un cerne, quelquefois rouge, & quelque-fois noirâtre ou livide,
Remedes four gucrìr le charbon.
Dès le commencement que le charbon paroît, il le faut cautériseravec un fer chaud, ou bien avec des pierres caustiques comme aububon ; mais il faut mettre à l’entour du deffenlìf fait avec du vinai-gre rosat, eau rose & du bol, & le renouveller soir Sc matin ; Scquand l’eicate sera fait, Sc qu’on aura tué le charbon, il faudra tairetomber l’eseare avec de la graille de pourceau, ou du beurre > autre-ment avec un jaune d’œuf & de la graille dc pourceau.
L’ulccre sera mondiíïé avec 1 onguent Apium ou Baflicum. Ceuxqui ne pourront avoir de ces onguents, pourront faire le suivant.
Prenez de l’huile d’olive , avec autant de vin, la quantité qu’ilvous plaira, que vous ferez bouillir jufqu’à ceque tour le vin soit évaporé,ce que vous pourrez connoìtre lorsqu’il ne fera plus de bruit, Levonsy mettrez de la cire neuve ce qu’il faudra pour faire cet onguent.
Autre Onguent.
Prenez des feuilles de choux, telle quantité qu’il vous plaira>pilez-Ics Sc tirez-en le jus, que vous ferez bouillir avcc autant d’huile d’olive,vous le ferez évaporer, après vous y ajouterez un peu dc térébenthineSc un jaune d’œuf, & vous en userez comme dessus.
CHARBONNIERES, terres glaises & rouges. Ce sont lesstetix où les Cerfs, les Dains & les Chevreuils vont frotter leur tête ,après avoir touché aubois, ce que nous appelions brunir , & enprennent la couleur.
CHARBUCLE. Bout empêcher les Charbucles au Blé.
Prenez de la chaux vive, faites l’éteíndre dans del’eiu, & trempezdans cette eau le Blé que vous voulez semer, ou du moins l’cnafpcrfcren le/remuant fort, de force que tous les grains en soient humectez;mais le plus fur est de le baigner dans quelques vaisseaux , ou dansladite eau.
CHARDON, en latin Carduus. C’est un nom commun à plu-sieurs plantes, dont les fleurs sont des tuïaux ramassez en mapieredetète, Sc dont les feuilles sont épineuses.
Chardon bénit, en latin 'Carduus benediUus.
Description. C’est une efpece de Enicrn , qni poulie une tige à la'hauteur de deux ou trois pieds. Ses feuilles sont larges, découpées,épineuses, & d’une couleur approchante de celle de la bourache. Lestêtes qui viennent au sommet des branches sont meilleures, elles ontune maniéré de chapiteau formé par quelques feuilles. Ses fleurs sontà fleurons Sc de couleur jaune.
Vropriétez du Chardon bénit.
II n’a pas moindre vertu contre la peste Sc toute sorte de poison quel'Angélique, soit pris par dedans, ou appliqué par dehors; c\íi la mê-me vertu par laquelle il chasse les taupes & autres bétes nuisibles auxJardins, du lieu & terre où il est planté. Ceux qui ont la fièvre qua; te,ou autres fièvres, defquelles l’accès commence par froid , en sontguéris, prenant au matin trois onces de l’cau de Chardon bénit , ou delâ décoction, ou le poids d’un écu de fa semence pulvérisée. Le mê-me remede est bon pour les pleurésies &les petits enfans épilcptiques,si on la cuit dans du vin. Sa décoction est bonne pour appaiícr L sdouleurs des reins & de la colique, pour faire mourir les vers, &pour faire suer. Le Chardon bénit, tant sec que verd, plis par de-dans , & appliqué par dehors , guérit les ulcérés malins.
Chardon à cent têtes, Chardon Roland, Panicaut; cn latinEryngmm.
C’est une plante dont la tige, qui est divisée vers fa sommité enplusieurs rameaux , s’élcve a la hauteur d'cnviron deux pieds. Sesfouilles sont larges, découpées, garnies d’épincs Sc rangées alternati-vement. Ses fleurs sont blanchâtres, à cinq feuilles > diípoices cnrose ; elles sont soutenues fur des tètes épineuses , qui croissent ausommet des rameaux ; une couronne de petites feuilles piquantessert de base à chaque tête.
I.:eu. Cette plante croit aux bords de la mer, & dans les champsfabloncux.
Vropriétez. Le vin où auront bouilli les racines de Chardon k centtêtes , provoque l’urine retenue, poulie hors la gravelle, profite auxép-iieptiques, aux hydropiques, aux ícteriques. La décoction dc faracine est singulière pour empêcher k mal de tête, Sc aussi l’cau dístíl-Teme I.
C H A. iCi
lée des tendrons de ses- feuilles bûë tous les jours, & même îe plussouvent que loti pourrai
Chardon nôtr r-D A m b , en latin Carduus Marianus.Dejeriftion. C’est ure plante dont la tige vient haute de trois ounarre pieds. Ses feuilles sont longues, larges, piquantes & marquéese tâches b 1 anche s comme du lait. Elle porte à'ses íòmmitez des tê-tus garnies de pointes aiguës, dont chacune soutient un bouquet defleurons creusez par le haut > de couleur purpurine.
Lieu. Elle croit dans les Jardins & dans les lieux incultes.
Vropriétez. Sa graine & fa racine ont presque semblables vertus àdélopilcr , à provoquer l’urine, que la Cbaustètrape. Les Italiensusent de ses racines en salade à la façon des .artichaux : on fait unetifanne avcc la racine de ce Chardon mise en poudre , de la grainede fenouil & un peu de poivre long, dont on fait user aux nourricesqui n’oilt point de lait. L’eau distillée de ses feuilles est fort bonnepour les douleurs de côté, bûë avec demi dragme de fa graine.
Chardon Musq_ue’ ou l’AmbRette. Cette fleur est gris-de-lin; il y en a encore de blanches, son gris-de-lin est champêtre,excepté qu’il n’est pas piquant; il poire un bouton avant que de mon-trer (a fleur, quis’éloigne de fa plante de plus d’un pi. d ; après qu’il aporté, fa graine se meuiit dans ce même bouton ou la fleur est ve-nue, laquelle il faut amasser avant quelle soit tout-a-fait meure, decrainte quelle ne tombe à terre; cette fleur ne se replante que diffi-ciement.
CHARME, en latin Carp'mus.
Description. C’est un arbre qui est soft semblable au hêtre, & quiétend beaucoup ses branches. Son écorce est raboteuse Sc blanchâtre;son bois est dur. Ses feuilles sont dentelées, & approchantes de cellesde l’Orme. Les fruits qu’il produit ne succèdent point aux chatons,mais ils viennent dans des endroits séparez.
Lieu. Le charme croit dans toutes les forêts. Il est aise àtranspor- 'ter, quoiqu’il soit un peu difficile à la reprise.
Vropriétez. Cet arbre n’est t.oint en usage dans la Médecine, ce-pendant l’cxpérience a montré que fes feuilles , chatons & ses raci-nes éto’ent astringeantes. Son bois est fort bon à brûler, Sc il sert àplusieurs ouvrages.
Les Jardiniers l’emploïcnt à former des allées, des bosquets, maisfur tout des palissades lorfqu’il est jeune. Alors on l’appelle charmille.Les hannetons & les chenilles aiment à s’y attacher.
CHARMILLE. On en distingue deux sortes : celle qui vientde souche, & celle qu’on a élevée dans une pépinière ; celle-ci estpréférée à l’autre. La charmille qu’on prend d.,ns les bois n’est pasbonne à replanter ; fa racine a la figure d’une croise, c’est ce qui faitque les Jardiniers lui ont donné le nom de crolsete.
On doit choisir la charmille qui a l’écorce claire, unie, & la raci-ne bien chevelue. On en plante de toutes sottes de grandeurs, depuisUn pied de haut juíqu’à dix ou douze. Les plans qui viennent de pé-pinière sc distinguent aisément, en ce qu’ils sont droits, clairs, & queleurs pivots ne (onc point crochus.
CHARPENTIERS. Des obligations des Maîtres Charpentiers,Charrons & Menuisiers. S’ils ne sont fideles à observer ce qui lùir,bien loin d’augmenter leur bien, ils sont en danger de Ie perdre; carDavid dit : Si le Seigneur ne bâtit ta maison , c est en vain que travail-lent ceux qui la bâtissent. Nifi Domjnus adtficaverìt domum > in vanumlaboraverunt qui sdificant eam. Qu’ils prennent donc garde ;
I. S’ils ont fait leurs ouvrages avec l’alfcmblage solide & nécessai-re ; & si faute de Bavoir bien fait, ils ont obligez les p:opriétaircs àdc nouvelles dépenses , étant obligez d’en réparer tout le tort Scdommage.
II. S’ils ont mis la qualité & la grosseur au bois quiétoit nécessu-rc à leurs ouvrages, étant obligez de réparer les dommages qui y sontarrivez par leur tromperie.
III. S’ils ont fait leur toise en conscience, soit pour eux ou pourd’autres ■■ il y a obligation de restituer ce qu’on a gagné ou fait gagnerinjustement.
IV. Si les Menuisiers ont fourni Ic bois de la qualité & épaisseurportée par leurs marchez; & s’ils onr assemblé solidement leurs ouvra-ges , selon l’ordre du Métier ; ils doivent réparer les dommages quia; rivent par leur faute.
V. Si les compagnons se sont acquittez comme ils lc dévoient deleur travail ; s’ils n’ont point compté plus de journées qu’ils n’en avoientemc.loïez, & n’ont point volé le bois de leur Maître, ou d’autres pourqui ils travailloient ; il faut en tous ces cas réparer le tort qu'on afait.
CHARRUE en fait de Jardinage. C’est un outil ou machinequanée, & composée de trois morceaux de bois enchâssez l’un dansl’autre, Sc d’un fer tranchant d’environ trois pi ds de longueur , Sctrois morceaux de bois font'les trois cotez du quarté , & le tran-chant fait Ie quatrième par en bas , le tranchant est un peu penchépour mordre environ un pouce dans les allées ; quand le chevaltraîne cette machine, & que l’homme qui le cordait par un guide,appuie allez fortement dcílus ; 11 le cheval va alternent, on avancel’ouvrage en peu de tems.
CHARTIER. Véritables qualitez dé un valet tharlier. Le maî-tre du charrier obferv&a d’abord fecrettcment, s’il traite ses chevauxavec douceur pour leur faire faite ce qu’il souhaite, & s’il n’uscpointenv.rs eux d’inipatiencc, en les frappant rudement, ce qu’il ne fautpas souffrir > car un bon valet ne doit accoutumer ses chevaux à fairetout ce qu’il demande deux, que par fa voix, ou que par Ie bruit deson fouet, qu’il leur fera ressentir'de tems en tems, mais non pointavec uop de violence.
Un valet charrier qui fait ce que c’est que son métier, ne surchargejamais ses chevaux, & ne kur donne jamais du travail plus qu’ils n’erlpeuvoit faire, autrement il court grand risque de les mettre bientôta bas.
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