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Sa culture.
Le Colchique veut le grand Soleil, une bonne terre te bien dé-trempée , quatre doigts de profondeur & de distance. II faut le leverpour le décharger du peuple, & le replanter auffi-tót.
COLCOTHAR. Alanière de composer le Colcothttr d’Angleterre, ouPoudre Impériale , qui se sait à la grande Chartreuse.
Premîerement, aïez un réchaud percé par dessous, qui soit haut deplus de six pouces & large d'autant. r. Prenez un pot de terre qui ré-liste au feu , lequel r.e soit point verni par dedans, de crainte que ceverni ne se détache & ne s’attache à votre matière. ;. Que ce pot aitenviron trois à quatre pouces d’crifice. 4. Aïez une efpatuìede fer quisoit longue d’environ deux pieds. Enfin aïez du vitriol d’Anglctcrre,ou au moins du vitriol Romain.
Mettez le pot de terre dans le réchaud, & du charbon tout à l’entonrdepuis le bas jusques en haut; à mesure que le feu s allume mettez levitriol par poignée dans le pot, aïez foin de ìe bien retourner avecl'espatule, à mesure qu rl íè changera en pâte, &. de gratter le fonddu pot crainte qu’il he s’y attache.
Un peu après vous verrez qu’il se changera en eau , alors mettez uncouvercle fur le pot, & couvrez-le de charbon pour le lailier bouillirjuíqu’à ce que toute l’humidité soit consumée, & qu’il soit changé c 1pierre blanche. Si le vitriol est d’Angleterre il bouillira bien trois quartsd’he ure avant que de s’endurcir, & s’il est Romain il ne bouillira qu'en-viron un quart d’heure.
Quand on voie qu’il n’y a plus qu’une maflè blanche au fond du pot,il faut la biilèr en la gratant de nouveau avec l’espatule, pour mettrele tout en poudre, puis laissez cette potière se calciner dans le pot fer-mé de son couvercle pendant sept ou huit heures. Elle deviendra gri-se > puis noire , & enfin d’un rouge foncé. Le lendemain fi votrepoudre est parfaitement seche, fans qu’on y voie aucune humidité des-sus, c est une marque qu’elle est faite; mais si on y remarque quelquepeu d’humidité, ( l’espatule sera aussi toute humide à l’extrémité d'tn bas)il faut mettre de nouveau du charbon tout à Lenteur & dessus le pot,entretenir le feu pendant sept ou huit heures, & continuer ainsi le troi-sième jour, jusqu’à ce qu’on ne voie plus d’humidité , alors votreColcothar est parfait.
Propriétés du Colctthttf.
Outre les vertus que les Chartreux lui attribuent ( dont il est parlésous le mot de Poudre Impériale dans ce Dictionuaire ) il guérit en peude jours les fondemens tombez aux vicïllaads, en trempant un lingeen plusieurs doubles dans seau chaude du Colcothar. Je connois quel-ques personnes charitables qui en ont guéri plusieurs en cinq ou sixjours, en les obligeant de garder le lie. Notez., qu’il.y en a à qui lefondement tombe , à cause qu’íls sont deux ou trois jours fans aller à laselle, Si qu’rls font trop dur. Je conseille à ceux-ci de prendre deux foisla semaine des Pilules Impériales Catholiques, dont parle Lemery dansfa Pharmacopée, pag. 4sl. & voici ma composition que ledit SieurLemery a approuvé.
Extrait daloës quatre onces , rhubarbe en poudre une once. Ma-lax z le tout avec le suc de bouillon blanc pour fai.e une mastè dc pi-lules ; je préféré le suc de bouillon blanc a l’eau rose , parte quel’aloës fait renaître les hémorroïdes à ceux qui en ont été incommo-dées; au lieu que le soc de bouillon blanc est son correctif, &jen’enai jamais vû aucun fâcheux accident. La dose est depuis un demiscrupule jusqu’à une dragme; on les prend en se mettant à table poursouper. Quoiqu’elle soit sort simple, je l’efhme autant que les pilulesde Macrobe, dont la composition est rapoi tée au commencement duDictionnaire , sous le mot Age. Ces pilules sont bonnes pour par-venir à une longue & heureuse vieillellè , & qui coûtent sort peude chose.
Expérience de l'eau du Colcothar.
Une femme se plaignant qu’elle avoit deux ensans qui ne pouvoientsc soutenir, l’un de deux ans, & Parure de trois , je lui donnai' decette eau, en lui disant de la faire chauffer soir & matin, tant que 1a mainpourroit le souffrir, d’y tremper des singes pliez en quatre ou cinqdoubles, Sc de les appliquer tou: chaud lirr les genoux, à la chevilledes pieds, & sous les reins; ce qu’aïant continué quelque tems, cesdeux ensans couraient par les rués au bout de quinze jours. Cette eauest aussi souveraine aux pieds disloquez.
II y adeux sortes de Colcotbar; savoir, le naturel & l’artisiciel : l’unest un vitriol rouge apporté d’Allcmagne. Depuis quelque tans onl’appelle Colcothar naturel, attendu qu’on tient que c’est un vitriolvert calciné par quelque feu souterrain. Quoiquïl en soit, c’est leplus rare de tous les vitriols. II a la faculté d’arréter le sang, étantappliqué sur les hémonhagies.
Le Colcothar artificiel, signifie chez les Chimistes vitriol vomitif.Voici la maniéré de le préparer.
II faut faite dissoudre dans de Peau de ployé, 011 dans la rosée dumois de Mai, une demi livre de vitriol blanc , & la réduire en crysetaux, 1 réitérant la dissolution, filtration, crystallifation jusqu’à quatrefois; cela fait, on aura un vitriol bien préparé, duquel > selon Gla-ser, on se sert dans les fièvres tierces & autres qui procedent de la cor-ruption des humeurs dans la premiers région, car il évacue , dit cemême Auteur, bénignement par le vomissement ; il tue aussi les vers.& résiste a la pourriture.
Sa dose est depuis vingt grains jnsqu’à une dragme dans du bouillon.
COLEUVRE’E, ou Bryone, en latin Bryonia. Il y en a dedeux espèces, la blanche & la noire; celle-ci ne diffère de l’autre qu’eirce que ses baies prennent en meurissant une couleur noire. La blancheest plus emploïée dans la Médecine que la noire.
Description. Elle jette quantité de fàrmens dune seule racine , ren-ées, velus comme ceux des courches, qui Rattachent en croisiànt con-
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tre ce qu’ils rencontrent; ses feuilles font comme celles de la vigne,mais plus petites Si plus anguleuses. Ses fleurs viennent en grappes,qui sont blanches, jaunes & faites en étoile : son fruit vient aussi enbouquets, lequel est noir quand il est mûr; la graine est au dedans,fa racine est grande & fort grosse, grise dehors & dedans blanche.
Lieu. Elle vient dans les haies & a ipres des chemins, & fleurit en Mai.
Propriétez. On mange ses premiers jettons comme les asperges; ilslâchentleventre,&provoquentl’urine&les mois; ils sont astringens,amers Sc un peu piquans, la racine nettoie, délìèche, amollit & ré-sout ; on donne à boire la racine dans du vin au poids d’une dragmetous les jours pendant un an , à ceux qui sont sujets au niai caduc .& à ceux qui ont des vertiges.
COLIQUE. Ce mot Colique prend son nom du boyau que l’onappelle Colon; elle est caulée par une matière, qui pour être retenuecontre nature, y excite une douleur extrême & fort pressante : elleest aussi engendrée, 011 par des vents, ou par la bile, ou par une pi-tuite acre & vitrée, quelquefois par les deux ensemble , ou par quan-tité d’humeurs crasses, ou par des vers, ou par la sympathie du foie,ou de la matrice, ou des reins, ou de la vessie,ou paruneapestume.
La colique venteuse court d’un endroit à l’autre fans causer defièvre; elle est causec par des viandes indigestes, des fruits cruds oúdes légumes.
La bilieuse enflamme les entrailles, excite la fièvre . altère extrê-mement, empêche le sommeil, & provoque un vomissement qui nccesse point ; elle attaque plûtôt les personnes qui sont violentes, quiboivent du vii pur, de l’cau-de-vie, ou d’autres liqueurs par excès,ou qui assaisonnent les viandes de trop de sel & depices.
Celle qui vient d’une pituite âcie & corrosive, s’attache aux boyaux,les racle, ses perce & les déchire, se tenant toujours à un même en-droit , accompagnée d’une petite fièvre, de chaleur . d’altératíon,d’envïe de vomir, Sc dïnsomnie.
Ceux qui mangent & qui boivent sans modération, qui neíontpoint-d’exercice, & qui vivent dans la crapule, y sont fort sujets.
Celle qui est causée par beaucoup d humeurs crallès, Sc par unematière vermineusc, a des symptômes approcluns de cette derniere.
Pour ce qui est des autres, quand on connoìtra leurs causes, on yapportera les remèdes nécellàires.
Si à ceux qui font tourmentez de la colique, il y paraît fur se ven-tre des pustules noires, de la grandeur d’une fève , qu’elles sc our-nent en ulcérés, & qu’clles durent deux jours ou plus, c’est un signemoi tel.
De la colique contagieuse & pestilentielle, peu en échapent.
La colique continuant avec vômifseiv » sueur froide Sc fréquent,hoquet, est fort à craindre.
Pour la Colique venteuse .
La colique provient quelquefois de crudité d’estomac , d’humeurphlegmatique > d’excès, d’oiliveté & de mauvaise nourriture : il y ena ordinairement de trois fortes; savoir, la néphrétique, autrement ré-nale, la bilieuse & la venteuse: on connoit la colique loríque la dou-leur change d’un Peu à nn autre , qu’on entend bruire le ventre , Siqu’on y sent une grande douleur.
Remèdes pour la Colique venteuse.
I. Prenez de mauves, de blettes ramberges,de marjolaine de cha-cune une poignée, laurier, rue, camomille de chacun une demi poi-gnée , anis, cumin, casse une once de chaque, thériaque une demi once,huile de rue ou de camomille trois onces ; faites bouillir dans de Peautoutes ses susdites drogues, excepté la casse, la thériaque & Pliuile ; lors-qu’elles auront bouilli, prenez une chopine de cette décoction, faites-ydissoudre, la casse, la thériaque & l’huile, & donnez-en un lavementau malade; mais il faut quecesoiclong-tems après son repas, ou bienil faut lui en donner un avec de l’huile de lin,ou chenevi, que vousferez un peu chauffer; ce lavement fait avec cette huile, est très sou-verains pour toutes sortes de douleurs de ventre.
II. Prenez de la rue, camomille , marjolaine, anis, cumin, au-tant de Pan que de l’autre, du vin ce qu’il faut ; faites bouillir le toutdans un poêlon avec 1e vin : cela fait, trempez dans cette décoctionune éponge ou du feutre, & Papliquez le plus chaudement que vouspourrez fur se mal ; lovfqu’ii sera froid , vous y en appliquerez un autre,& réitérez souvent cette application 1e plus chaudement qu’il se pour-ra; si le malade boit un peu de cette décoction, il sera plutôt'gué-ri : Peau dc caminctte ou de fa décoction bûë est merveilleuse pour,ce mal.
III. Prenez de la rue deux poignées, myrrhe demi once , cumindemi once , jaunes d’œufs quatre onces, miel ce qu’il faut, pilezbien ensemble dans un mortier la rué, la myrrhe & le cumin’, lors-que vous Paurez pilé, mettez-y les jaunes d’œufs avec se miel, mêlezbien le tout ensemble, & en faites deux emplâtres, que vous appli-querez furie ventre du malade, l’un Je matin Sc Pautrele soir.
IV. Prenez du millet entier, gros sel à proportion du millet, fri-cassez ce millet avec 1e sel dans une poêle, mettez-le encre deux lin-ges, & l’appliquez fur le mal chaudement.
V. Faires frire dans une casse, ou poêle, des feuilles de poireaux,avec de Phuise & du vinaigre, mettez-les chaudement fur 1 e ventre,& vous ferez soulagé ; ou bien prenez cinq onces d’huile de noix &l’avalez.
VI. Prenez anis, fenouil, cumin , polypode , semence de car-tami, de chacun demi once, turbic, séné, agaric de chacun deuxdrapmes, fleurs de camomille une poignée, huile d’anet un quarteron,huile de camomille un quarteron, jaunesd’œufs deux ou trois; aïez uncoq 1e plus vieux que vous pourrez trouver , atrachez-Ie par unejambe en quelque endroit où vous 1e puissiez battre avec une vergependant long-tems; eoupez-lui le col ensuite & le plumez , ôtez-sei
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