COE. C O F. C O H. COI-
ter d’eau froide au visage, ni lier les membres du malade > mais le mettre*n un lieu sons le mouvoir; lui donner, lorsqu'il fera revenu de ion éva-nouissement, de bonnes nourritures, de bons bouillons & du bon vin.
Pour fortifier le coeur <& dissiper la mélancolie.
Prenez jus de bourrache, jus de buglose > chopine St demie de cha-que > jus de pommes r en erres chopine , cochenille en poudre quatredragmes, sucre trois livres , Diamargariton frtguium une drigme Scdemie, diambra quatre scrupules.
Prenez ces trois forces de jus, filtrez-les > clarifìez-les Sc passez-les,mettez-les ensuite avec les quatre dragmes de cochenille dans un potde terre, & l’ylaiísezinfuícr deux jours, le remuant de tems en tems;repassez encore tout cela, mettez y le lucre, & le mettez fur le feu, com-me pour en faire un sirop ; lorsqu’il sera sait vous forerez du feu, étantfroid vous y ajouterez le diamargariton , le d;ambra, Sc le conserverezpour le besoin ; il en faut prendre une cuillerée ou deux tous lesmatins : on peut mettre infuser avec lefditcs drogues du soffian dansun nouer, Sc le bien presser en forant pour en urcr le jus.
Pour la palpitation de cœur.
Prenez de corail en poudre subtile une livre, broïez la sur le mar-bre, Sc distillez-la par la cornue avec un grand récipient, donnez unfeu violent. Vous aurez un esprit qui guérit les palpitations de coeur.La dose est d’un demi scrupule.
Autre. On commence par la saignée , puis on prend de la bourra-che St de la meliflé recenses, faites-en comme une emplâtre, que vousferez chauffer Sc arroserez avec du vinaigre rosat, appliquez-le fur lecœur > 3c vous ferez entièrement guéri.
C O F.
COFFRE. C’eít le coffre du cerf, quand toutes les choses enfont levées. C’est aussi le même terme pour le daim, le chevreuil Scle lièvre.
COFINER. C’est un terme de Fleuriste en fait d’œillcts , pourdire que les feuilles, au lieu de demeurer bien étendues, deviennentcomme frisées Sc récroquebillées.
C O H.
C O H O B E R. C’est réitérer la distillation d’une méine liqueur,í’aïant renversée sur la matière restée dans le v ai fléau. Cette opérationfe fait pour ouvrir les pores ou pour volatiliser les esprits.
COI.
COIGNASSIER. Coignier. C’est l’arbre qui porte les pommesde Coing ; gros fruit jaune, dur, acre, & qui n’est bon qu’à faire desconfitures, marmelades, pâtes, Sc c. Ces Coigniers servent particulière-ment cn fait d’arbres fruitiers pour y greffer des poires, fort en fentequand ils font fort gros, soit en écusson quand tls sont à peu près de la'grosseur du pouce ou un peu plus. Certains Jardiniers veulent dire que leCoignier est le mâle, & le Coignassier la semelle, pour moi je ne connoispoint cette différence; quand les pieds font vigoureux, & qu'ils ont l’é-corce unie Sc noirâtre, St font de beaux jets, ils passent pour Coignassiers,& quand ils font rabougris & chétifs, aïant lecorce raboteuse, ils passentpour Coigniers, & ne font pas propres à la greffe.
Confitures de Coings.
Quand on veut faire des confitures de Coings, il faut toujours leschoisir bien mûrs, puis les péler promptement, les couper par quar-tiers, & les jetter dans seau claire, après qu on en a ôté les tronçons:cela fait, on les met cuire dans de seau> où ils prennent des bouil-lons autant qu’il leur en faut pour les cuire entièrement. Cela pra-tiqué , on les tire de cette eau pour les faire égoûter, & ensuite êtremis dans du sucre clarifié, qu’on a rendu un peu plus que tiède : onles laisse ainsi julqu’au lendemain , qu’on fait encore cuire à mêmesirop, dans lequel on remet encore le fruit: après cela, si l’on craintque les Coings n’aïent pas allez la couleur rouge , on les tient cou-verts, on y mêle de la cochenille, ou du vin rosé; 8c enfin lorsqueles Coings ont pris trente ou quarante bouillons, 8t qu’on juge quele sirop est a fiez cuit, on les laisse jusqu’au jour suivant qu’on les remetfur le feu pour leur faire prendre encore quelques bouillons, j usqu’àce qu’ils soient cuits, puis on les tire.
Autres Confitures de Coings.
Pre"ez-moi de bons Coings bien unis, qui ne soient point pier-reux, ce qu’on appelle Coing-femelle, coupez-les par quartiers, pe-tits ou gros, comme vous voudrez, puis vous les pèlerez & ôterezle dedans où fe mec le pépin, St ce que vous y trouverez de pier-reux, Sc à mesure que vous les pèlerez, vouslcs jetterez dans de seaufraîche, & garderez toutes les épluchures > c’est-à-dire , pelures oupépins, avec quelques Coings des plus mal-faits que vous couperezpar morceaux, que vous mêlerez parmi, en les nettoïant & jettantle pourri, puis vous prendrez toutes ces épluchures, & les ferez bouil-lir dans une poêle à confiture, & les ferez pourrir de cuire : cela s’ap-pelle faire une décoction, que vous passerez dans un linge blanc de les-sive, qui soit fort, dans une terrine ou autre v d fléau , puis vous met-trez cette décoction dans votre poêle à confitures, que vous remet-trez fur le feu > où vous mettrez vos quartiers de Coings cuire danscette décoction ; St lorfqu’ils seront cuits bien à propos , ni trop nitrop peu, vous y mettrez du sucre livre pour livre , ou du moinstrois quarterons; vous les mep,erez tout doucement à bouillon égal,Tome I.
COI. COL. tn
te à pe-tit feu, ils deviendront beaux Sc rouges comme du sang , Sclorfqu’ils feront comme il faut, vous les ôterez du feu > Sc les mettrezdans des pots, vous ne les couvrirez qu’un jour ou deux après.
Si vous voulez faire des Coings blancs,il n’est pas nécessaire de fai-re de la décoction ; après que vos Coings sont pêlez, vous pouvez lesfaire cuire dans de l’cau bouillante, & lorfqu’ils fonc cuits, prendre dusucre clarifié, ou en pierre, Sc faire bouillir, mettez vos Coings de-dans, après que vous les aurez tirez de l’eau fraîche Sc mis égoûier,
3c lorsqu ils auront bouilli dix ou douze bouillons, vous les lailkrez re-poser, St jetterez dessus la moitié d’un jus de citron pou r les blan-chir, puis les mettrez fur le feu, Sc les achevercz promptenífent.
Voilà la véritable méthode pour faire des Coings blancs St rouges.
Pour faire du Cotignac.
Vous prendrez des Coings coupez par petits morceaux, pelures, pé-pins Sc tout, .mettez une douzaine de Coings dans cinq ou six pintesd’eau, pour faire une bonne décoction, réduiícz-la â deux pintes dedécoction, dans quoi vous mettrez quatre livres de sucre, pareequ’unelivre de fruit en décoction est une chopine mesure de Paris ; puis vouíferez bouillir le tout juíqu’a ce qu’il soit en gelée, puis vous le met-trez dans des boètes ou dans des pots lorsqu’il sera un peu repoíë,c’est-à-dire, qu’il ne saut pas qu’il soit froid; Sc comme cela vous fe-rez du Cotignac, qui est ce qui fe fait ordinairement dans les maisonspour gardet, Sc pour en donner à ceux qui sontprisde la dyísenteriejce qui est hon aussi pour les gens en santé.
Coings en compote.
Prenez des Coings, envelopez-les dans du papier mouillé, faites-sescuire tous la cendre chaude à petit feu ; étant cuits , coupez-les patquartiers, ôtez-en les tronçons, pélez-les, menez les dans un poêlonavec du sucre Sc un peu d’eau, faites-leur prendre sucre ; Sc quandle sirop sera tari , Sc d’une bonne consistance, tirez-les, Sc les servezquand vous voudrez. Voïex. Confitures de Prune, ou racine de Pani-caut , ou Scorsonère.
COL.
COL. Pour apaiser la douleur du chignon du col.
Prenez noix de galle, graine de.lin par égale portion, pilez touîcela ensemble, Sc rappliquez sut le mal.
Glandes du col.
Prenez de la pariétaire, pilez-lapour en avoir le suc, gargarisez dece suc, Sc frottez-en les glandes.
Col de Mouton.
La partie du Mouton, qu’on appelle le col, est aussi celle qui est ditele bout soigneux; elle fe mange pour l’otdinaire bouillie au pot, Scelle est excellente de cette sorte : on en met aussi en haricot avec desnavets, ou bien en pâte comme des poulets, en leur saison! une souceLux œufs délaïez avec 1e verjus.
Collet de Mouton .
On sert un collet de Mouton rôti à la broche, si l’on veut, ou biensur le gril, après qu'on la dépécé en côtelettes; observant en lune Scl’autre maniéré , avant que de le faire rôtir, de les saupoudrer de miede pain Sc de sel, puis de les mettre lùr table avec une souce au ver-jus , alsoisonné de sel Sc de poivre blanc.
Col de Chameau. Le col de chameau, qui est ainsi nommé,parce qu’en fleurissant il panche la tête > Sc courbe 1c col comme unchameau, est autrement appelle le narciíle à la tête longue , ou lenarcisse couronné; il s’en trouve de trois sortes, de blanc simple, dedouble, Sc de blanc pâle.
Le blanc simple étend six feuilles, du milieu desquclles s’éleve ungodet, dont l'extrémité est bordée d’nn petit trait rouge.
Lc blanc pâle a la feuille plus petite, mais il porte aussi bien davan-tage , en faisont quatre ou cinq fur chaque tige.
"Le blanc double, à cause de la plénitude de lés souilles Sc de songodet doré, ^rlé d’une ligne rouge qui l’cnvironne , enfermé d’unecouronne , peut justement être appellé le narciílè couronné ; car ilest, pour so figure, so plénitude, Sc so bonne odeur, lc plus beau Sc leplus estimé.
II y en a beaucoup qui nomment cette fleur Rose de Notre-Dame.
Sa culture.
Cette fleur dans toutes les trois espèces ne veut pas avoir beaucoupde soleil, fe plaît dans un fond de bonne terre graflè Sc détrempée,de la profondeur de quatre doigts > un demi empan de distance ; il 1efaut recouvrir avec 1a terre à potager , pour se faire plus facilementfleurir ; on les tire tous ses trois ans pour en détacher ses cayeux.
COLCHIQUE , dit Coucou. Le Colchique , que par corrup-tion nous nommons Coucou, est si différent dans ses especes, qu’ou-tre 1e commun, qui vient de lui-même dans ses prez , il s’en voie !encore quantité d’autres qui ne se ressemblent point. Celui que I’on^prise le plus pourtant, est se double vineux; il fleurit en Automne, 1Sc est tâche en échiquier, mais de la méme couleur, sinon qu’il y sodes marques plus brunes Sc d’autres plus claires. £ ,
Ses qualitez. I ■
Le Colchique n’a aucune venu médécinale, mais il en a de tr^s- 'mauvaises Sc très-contraires au corps humain; ainsi quoique certe flêtir.ait 1a racine douce Sc agréable au goût, cependant elle ne doit paspour cela être mangée , afin que pour une si petite douceur il n’tncoûte pas 1a vie à ceux qui s’y hazarderoient ; & li par malheur il étoitarrivé à quelqu’un d’cn manger , il faudroit lui donner les mêmesremèdes que l’on fait pour les Champignons vénéneux , parce qúgeette racine a se même effet. K
3 1» Sa