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(ont les vins de Eour Jeaux, de la Rochelle, Cognac, Charente, Islede Rez , Orléans, Blaisois, Tourame, Anjou, Nantes, Bourgogne& Champagne, eaux-de-vie & vinaigre qui se sont en tous leldits
lieux.
II faut remarquer que les eaux-de-vic se vendent en Hollande à labanque, au tonneau Sc au poinlon, contenant tant de veltes, les unsplus, les autres moins.
La velte contient trois pots , le pot deux pintes, & la pinte pesédeux livres Sc demie oú environ. Les eaux-de-vie qui le tirent deBourdeaux, Cognac, la Rochelle, Isle de Rez, & autres lieux circon-voiíins, íòut ordinairement en de grosses futailles tic f o. à 60. veltes,mais elles se vendent sur le pied de 2.7. veltes, & ce qui se trouve de
plus au-ddfus le paie.
Les eaux-de-vie qui se tirent de Blois, sont en poinson; celles d’An-jou, Poitou & Nantes, font dans des pipesqu'ils appellentbariques:la barique contient 60. à 70. veltes, Sc elles se vendent sur le pied de19. à 30. veltes; c’est-à-dire, que le plus au-dellùs de 30. veltes lepaie, & le moins au-deilous de 19. le ditnimínuë ou se rabat.
II se traniporte encore en Hollande des blés, fromens , seigles,orges, blés noirs, pois, fèves, noix, châtaignes des côtes de Guyenne,Bretagne Sc Normandie; du RI de la Rochelle , Broiiage, d’Glonne,rifle de Rez, Maranne & Pays Nanrois; des toiles de Bretagne, Nor-
mandie & autres lieux.
Des huiles d olive de Provence, câpres, amandes, raisins, si-mes,prunes, & autres sortes de fruits cruds Sc cuits.
De toutes lettes de draperie , mercerie , quincaillerie , papier ,verre pour faire des vitres, fil à coudre de Rouen, ce Bretagne, &autres endroits; pastel, saffran, miel, térébenthine, & aunes tortes demarchandises, qu’il seroit impossible d’expnmer.
Par la connoillance que Ls Négociansontmaintcnantdes marchan-dises que l’on peut envoicr de France en Hollande, & de celles quel'on peut tirer de cet Etat, ils peuvent choisir les sortes dont ils vou-dront faire le commerce, lòit pour y envoier vendre pour leur compte,ou pour y en acheter ; mais avant que de s’y embarquer , il Fautsavoir de quelle maniéré ils établiront leur commerce, si ce sera eux-memes en personne, ou si ce sera par commission cpi’ils acheteront& vendront leurs marchandises; Sc pour cela il est nécessaire de direce que les Négocians doivent observer en Pune Sc en l’autre négociation,pour bien faire réussir leurs affaires.
S’il y a deux ou trois Négocians associez pour faire le commerced'Hollande , des marchandises qu'ils voudront y acheter pour les vendreen ce Roïaume, j’estime qu’il est néceslàire que l'un des Allouiez yaille pour faire les principaux achats, parce qu'ils connoîttont mieuxcelles qui leur sont plus propres, & auront meilleur marché que s’ilsiaisoient faire leurs achats par un Commissionnaire ; & si le commerceétoit très-considérable, il seroit encore mieux qu’ils résidaient actuel-lement à Amsterdam, pour deux raisons.
La premiere, parce que les marchandises, aussi bien que le change,diminuent ou augmentent de prix > selon la rareté ou l’abondance qu’ily en a, & les diverses occasions de guerre Sc de paix qui surviennentdans les Ro tarîmes Sc Etats, d'oú les Hoiiandois tirent leurs marchan-dises; de sorte que l’un des Asiòcicz étant résidant actuellement àAmsterdam, agira dans les achats suivant les occurrences qui se pré-sentent; par exemple, quand la Flotte des Indes Oridentales arrive encet Etat , la Compagnie fait imprimer les cargo ai sons, pour donnerconnoillance aux particuliers Négocians de Hollande, & autres Na-tions, de la quantité & qualité des marchandises, de celles qui sermentraies en France > donc les Négocians associez feroienr commerce ; ilest constant que celui qui est a Amsterdam achetera au plus vite, pourne pas surachetés les marchandises, lorsque la rareté en seroit connuepar la Compagnie des Indes, par la grande demande qu’on leur seroitde cette marchandise.
Si au contra re la Flotte étoit chargée de nombre de marchandises, delaquelle il y en eût grande quantité en France , dont les Négociansfulsent chaigez, ilne faut pas douter que cette grande abondance pro-duiroitle bon marché; de sorte que ce Négociant François demeurantà Amsterdam , ayant connoillance de cette grande abondance de mar-chandises, n’en achcteroit point, à moins qu on ne la lui donnât átrés-bon marché : il est important d’avoir connoillance de toutes ces choses;car on a vtì des Négocians s’cnrichir par un seul achat dc marchan-dises qu’ils ont fait, pour avoir bien pris leur tems , & n’avoír paslaiffé échapper !'occasion qui leur étoit favorable, acheter à bon marchéses mar-handiscs , qui ensuite ont été augmentées; & d’autres quise sont ruinez pour en avoir acheté à des prix qui ont diminué de Fâ-chât à la vente de plus de moitié, pour n avoir pas bien pris leurs mesures.
La seconde raison pour laquelle il seroit néceslàire que l’un des Aslô-ciez demeurât actuellement à Amsterdam pour faire les achats , estque la plupart des particuliers Marchands Hoiiandois , qui sont très-ríches, même les Directeurs des Compagnies Orientales & Occiden-tales achetent ordinairement eux-mêmes la marchandise de ladite Com-pagnie . pour la vendre enluitç aux François & autres Nations ; desotte que les Négocians François qui font faire leurs achats pat desCommissionnaires, ne les ont la plupart du tems que dc la secondemain, ainsi elles reviennent a beaucoup plus; & au contraire, si l’undes Allockz demeure actuellement à Amsterdam, lorsque la Flore estarrivée, il achetera de la premiere main, qui produira plus de dixpour cent de bon marché.
Les Négocians qui ne font pas un commerce si considérable , quipniff'e porter les frais d’une résidence actuelle à Amsterdam, doiventavoir un Commissionnaire qui soit François, s’il se peut ; car il vautmieux avoir affaire à des pei sonnes de 1 k Nation , dont la probité soitconnue, que non pas aux étrangers , quoique les Hoiiandois soientdc.fidèles Négocians, & qu'ils agillent avec beaucoup de franchise,pourvù que l’on n'entreprenne point fur leur commerce; car en ce casils ne gardent aucunes mesures, ainsi qu’il sera montré cí-après.
Le choix que l’on fait des personnes pour faite des commissions, dé-
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pend des habitudes que l’on a fur les lieux, soit avec les François ouHoiiandois; quoiqu’il en soit, il faut qu’ils Ibsen: honnêtes gens, fi-dèles, habiles, & connoiffours dans les marchandises que l’on veutacheter, autrement l’on iyy trouveroic pas son compte.
Ce n’est pas allez d’avoit a.hcté ou fait acheter des marchandises,il les faut faire venir en France par terre «c par mer : l'on n’cn fait gueresvoiturer d'Hollande en France parterre, elles viennent presque toutespar mer; c’est pourquoi il y a d. s précautions à prendre pour ne pas ris-quer la marchandise sur cet inconstant élément, quand on a faitdes c arguassions dans des tems de guerre , dont les navires peuventêtre pris par des Armateurs & des Pirates; c est pourquoi il est néces-saire dc faire aíîim-r le tout ou partie des marchandises ; t’est selon lesrisques qu’il y a a courir; cela dépend dc la prudence des Négocians :mais on estime que les plus sages doivent faire affûter leurs marchan-dises en tems de paix aussi bien qu’en tems de guerre - car il vaut mieuxmoins gagner que rilquer à se ruiner tout d’un coup , par la perte quel'on cn pourroit faire.
Ce n’est pas le tout de faire affûter la marchandise ; mais il faut queles Affûteurs soient bons Sc solvables > afin que si les navires viennenta périr en mer par quelque tempère, ou s’ils sont pris parles ennemisou pirates, l’on puiffe être païé de la somme à quoi se monteront lesmarchandises que l’on aura fait affûter.
S il faut que les Négocians soient exacts à païcr aux Fermiers duRoi les droits delortie & d'encrte des marchandises qu’ils feront venir,ou quMs envoleront en Hollande ou autres Pais étrangers : il faut aussiqu’ils ne le soient pas moins à paiêr ceux qui sont dûs aux Rois, Prin-ces & Etats où ils les envoient > & d’où il les font venir.
Commerce d Angleterre. Les Négocians de France tirent d’An-gleterre, u'Ecollé Sc (Finlande, les marchandises suivantes; à lavoir,des draps de laine qui sont fort lins, serges de Londres croisées, fri-ses revêches , mantes & couvertures , bas de soie Sc de laine,toile de soie, moires ondées ou tabisées, tant noires que de couleur,rubans couleur de feu fort beaux; de toutes sortes de cuirs,plomb,étain, alun , couperoze, beurre, fuis, fromage, morue, harangs,sardines, saumons, charbon dc terre, dentelles, tant de íoie quede fíl, Sc plusieurs autres sortes de marchandises.
Les Anglois, les Ecollois, les Irlandois, tirent aussi de France lesmarchandises & denrées suivantes; à savoir, des blés de toutes sor-tes, vins de Bourdcaux, Cognac, Charente, la Rochelle,Rez, Blois,Tours, Anjou, Mante, Champagne Sc Bourgogne; des eaux dc-vie > vinaigre > sel , huile d’olive Sc de noix , olives , câpres, fi-gues > amandes , raisins , prunes > & autres fruits cruds & cuits,cousines , toiles de Bretagne , de Rouen , de Laval , & d’autr. slieux , tabis , taffetas , tant pleins que façonnez ; toile d’or &d’argent, satins, pannes, velours de toutes sottes; merceries, pastel,liège, brésil, papier , plumes, & plusieurs autres sortes de marchan-dises. II n’y a point de Nation dans l’Europe où les François trouventplus de difficulté à taire leur commerce, &où ils soient plus maltrai-tez qu’en Angleterre, & il n’y en a point aussi qui reçoivent Sc quitraitent plus favorablement les Anglois que les François, cela semble-roit un paradoxe ; car pourquoi en France les Anglois sonr-ils aussilibres dans leurs négociations, & traitez pour les droits d’entrée &de sortie des marchandises qu’ils y amènent, & qu’ils en sortent pourl’Angletcrre, comme'les François mêmes, & que les Négocians Fran-çois sont si maltraitez cn Angleterre, tant pour le peu de liberté qu’ilsont d’y faire commerce, que pour h s droits d’entrée de leurs marchan-dises & sortie de celles qu’ils apportent de cet Etat en France , qu’ilspaient au double des naturels Anglois? L’on ne peut rendre aucune rai-son de ces diffèrens traitements; sinon que la France est un Pais libre,où les Etrangers cjui y viennent faire commerce son: traitez honnête-ment > avec charité & amitié.
Les Anglois font de grands profits fur le commet e de grand nom-bre de marchandises qu'ils amenent en France, & lur celles qu’ils rempor-tent, qui sont nécessaires à leurs Etats; Sc au contrait e , ils sontavares & envieux , & ne veulent pas que les François fassent aucunprofit avec eux, par la haine implacable qu’ils ont pour notre Nation;c’est pourquoi il n’y a point de mauvais traitemens, ni d’avanies qu’ilsne faíicnt aux François, tant en général qu en particulier ; c’csl pourcette raison qu’il est néceslàire que ceux qui voudront seirc le commer-ce cn Angleterre, ayent connoillance du traitement qui leur sera faitavant que de s’y embarquer.
t Premierement, les Négocians François qui abordent en Angleterre,paient le double pour les droits de coutume Sc d’entrée des marchan-dises plus que les Négocians Anglois, Sc le double pour la sortie dccelles qu'ils y achetent pour amener en ce Roïaume.
Secondement, il n’est pas permis aux François de transporter d'An-gleterre en France des laines de toison. & de celles qui proviennentdes peaux de mouton, des abatis des bouchers, ni des peaux de mou-ton & dc veaux verts & secs, fur peine d’avoir Ic poing coupé, quoiqu’il soit loisible aux Anglois d’en faire transporter de France en An-gleterre.
III. Il n’est pas permis aux François de transporter en Angleterre desdraperies, à peine de confiscation ; Sc cependant ils ont la libertéd’amener en Fiance des draps de leurs Manufactures , fans aucunempêchement, desquels ils ne paient pas plus de droits d’entrée que lesFrançois mêmes ; au contraire les François paient pour les droits dcsortie des draperies qu’ils vont acheter en Irlande trois fois davantageque les Négocians Anglois ; car de ce qu’ils paient vingt-deux sols lixdeniers, les François en paient quatre livres dix sols.
IV. Autrefois il étoit permis aux François d’enlever de l’Erain, enpaiant le double pour la sortie que paient les Anglois; mais à présentil ne leur est pas permis d’cn faire transporter cn France, n’y aiant qu’uneseule Compagnie qui ait le droit & le privilège de vendre de l’Erain ;desorte qu’il saut palier nécessairement par leurs mains, &l’achetcrátel prix qu’il leur plaît, & c’est ce qui est cause que l’Etain a augmenté líconsidérablement depuis quelques armées.
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