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Commettons, parce qu c cons ces avis leur fervent à prendre de justesfneíutcs dans 1 entreprise de leurs adiats cu de leurs Manufactures ;mais il saur qu’ils soient véritables, & non donnez par aucun intérétparticulier, pour les obliger d’envoitr nombre de marchandises, afind’aiigmenter leur droit oè commission.

XI. II íeroit á propos pour deux raisons que les Commissionnairesqui vendent par commission dans les Villes & lieux ou il n’y a pointde Maîtrise, & où il est permis à toutes sortes de Négocians de vendredes marchandises pat commission, Sc qui ne demeurcroient point ducroire & relponfables des débiteurs, portassent en débit fur leurs Li-vres Journaux les marchandises qu’ils vendront à crédit, en la maniéréPrivante : Doit François Allart de Lyon , pour le compte de Pierre Sail-lant de Fans.

La premiere raison est , que cela ne fait point de confusion dansleurs affaires particulières avec celles des Commettans ; & pour ccteffet il faut que fur le grand Livre de raisons ils leur donnent uncompte des marchandises vendues pour le compte, oir.re le comptecourant, ce fera même la sûreté des Commettans; car s’il arrivoitpar malheur que les Commissionnaires vinssent à faire fa.fi c, il estcertain que les Commettans peurroient réclamer Si revendiquer lessommes dûés par les débiteurs; pavee qu’elies lé trouveroient éaitessor leurs Journaux pour leur compte, & non pour celui des Com-missionnaires > qui ne font en cela qu’e.ffice d'amis envers les Com-meitans en la vente de leurs marchandises, qu’ils font pour le comptedes Commettans, & non pour le leur, quand même il fe trouveroitv avoir des billets conçûsau nom des Commissionnaires, pourvu qu’ilsportassent , pour marchandises vendues cejourd’hui, parce qu’aïantrelation du jour de la vente des marchandises, à celui de la datte queles billets auroient été’faits, il ne peut y avoir aucune difficulté , &

Jes billets do,vent être rendus aux Commettans, cela aïant toujoursété jugé en leur faveur , pourvû que les billets ne portent point,paiable a ordre ou au porteur , & que Tordre ne soit point passé cnfaveur d’une tierce perfonme, à laquelle il auroit été négocié, parcequ il n'a point de fuite.

La seconde raison est, qu’il peut arriver que les Commettans peu-vent retirer leurs commissions des mains des Commissionnaires , nevoulant plus fe servir de leut ministère en la vente de leurs marchandi-ses, & s’il fe tiouvoit que celles qui auroient été vendues, fussentécrites fur les Journaux des Commissionnaires, dans les termes ci-devantmentionnez, pour la valeur delquds les débiteurs n’euflent point fait<k billets ou promeflès: íì les Commettans vouloicnt retirer leurs ef-fets des mains des Commissionnaires, ils n auroient en ce cas , qu’àfaire de simples déclarations aux pi.ds des Extraits qu’ils feront de leursLivres, que les parties y mentioanées appartiennent aux Commet-tans, pour les avoir vendues aux débiteurs pour leur compte : il cnfaudroit user autrement, fi les marchandises «oient ccrítes íùr les Li-vres Journaux au nom des Commissionnaires, en ces termes : DoitFrançois Allart ; car en te cas les dettes fetoient censées leur apparte-nir, & non aux Commettans , deforte qu’au lieu d’une simple dé-claration , il faudroit que les Commissionnaires fìllent des transports auprofit des Commettans, pour demeurer quittes envers eux de pareillesomme qu’ils leur dcvioient, suivant les comptes qu’ils auroient faitsensemble.

II faut remarquer qu’il n’y a rien qui décredite tant un Négociant,que de tranípoìter ses effets à ses créanciers; caries autres NégociansTirent de là une conséquence infaillible, qu’il est mal dans ses affaires,ji’entrant point cn raison; íì ce fontdescfíètsappaitenans à des Com-mettans , ou non. Mais pour éviter ces inconvéniens, il faut queJes Commissionnaires qui vendent sous leurs noms les marchandiícsdes Commettans, fassent faire, autant qu’ils pourront, à ceux a quidles auront été vendues, des billets paiables à eux, ou à leur ordre;car par le mo.en des ordres que les Commissionnaires passeront audos des billets, en faveur de leurs Commettans, ils sortiront d’affaireavec eux, fans qu’il soit besoin de transport, & par-là ils fe tireront

d’embarras. ,

A l’égatd des Marchands des Villes ou il y a Maîtrise , comme àPatis , ou il est défendu par ses Statuts & Réglemens du Corps,de vendre par commission , qu’ils demeurent du croire ou non :des débiteurs envers ses Commettans, ils dmvent écrire fur leursJournaux la vente des marchandiícs qu’ils seront par commissionpour les Commettans , en leur propre & privé nom , touc ainsique si elks leur appartenoient ; car autrement, si les Martres &Cardes , fur l’avis qu’ils auroient qu’ils frisent des commissions ,venoient a demander en Justice la représentation, ou qu’ils fiísentsaisir leurs Livr es , comme ils font quelquefois , & qu ils y trou-vassent les marchandiícs écrites : Doit un tel , pour le compte d’untel , il ne faudroit point d’autre preuve que celle-la pour dire qu’ilsvendent par commission ; ainsi ils les fetoient condamner á dePtoíìcs amendes, & peur-étre à être dégradez de leurs Maîtrises ,suivant les Réglemens de leurs Corps.

Comme il y a des Marchands qui non-feulement vendent des mar-chandises pour leur compte particulier, mais qui en vendent aussi patcommission , ils ne doivent pas confondre fur leurs Livres Journauxla vente des marchandises qu’ils feront pour se compte des Commet-tans, avec celles qu’ils feront pour leur compte particulier; pour évi-ter la confusion, les Commissionnaires doivent faire deux choses.

La premiere, d’écrire sor leur Journal la marchandise qu’ils vendrontpour leur compte particulier, en ces termes : Doit un tel aux marckan-dtjes générales, Sc fur leurs livres dextrose ou de raison , en dresserun compte cn débit & crédit, cn la maniéré qu’ont coutume de faireceux qui tiennent des Livres en partie double.

La deuxième, a 1 égard des marchandises qu’ils vendront par com-mission pour le compte d’autres Négocians, elles doivent être écritescn ces terme,: Un tel doit aux marchandises de Lyon , fuppoíé que leCommettant fût de Lyon, & dresser aussi un compte fur le grand Li-vre de raison, pour y porter toutes les parties qui seront extraites du

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Journal : ainsi il st’aura point de confusion des affaires des Commis-iionnarires avec celles des Commettans ; & si un Marchand vendoit cnmême tems par commission des marchandises pour trois ou quatre au-tres Négocians, il faudroit en user de même qu’il a été ditci-delfus,chacun à leur égard, pour ne point faire de confusion des uns avec lesautres j il n’y a rien de si aile que de tenir cet ordre pour peu quel’on veuille Rappliquer.

La douzième & derniere chose que doivent observer les Commis-sionnaires, est décompter du moins tous les ans avec les Commettans,pour éviter les difficultez qui peuvent arriver, quand on est long-tems íàns compter ; particulièrement quard il arrive le décès des unsou des autres, parce que l’on perd la mémoire de quantité de choses,qui donnent sujet à des contestations Sc à des procès , qui devien-nent immortels entre les Commissionnaires & les Commettans, leursveuves, en fans & héritiers , qui fetoient capables de les ruiner lesuns & les autres ; dequoi il y a beaucoup d’exemplcs parmi les Né-gocians ; on en parle par expéiience, car on a été arb.treen plusieursaffilies óù il s’agisioit de régler entre des Commissionnaires & desCommettans, des comptes qui croient si obscurs Si si brouillez, qu’àpeine pouvoit-on y rien connoitre, pour avoir été dix ou douze ansíàns compter ensemble; c’eít à quoi les Commissionnaires doiventbien prendre garde, pour ne point laisser de mauvaises affaires à leursfemmes, enfans & héritiers.

Maximes que les Commissionnaires doivent observer.

Pour que les Commissionnaires fassent les choses pour 1e mieux âkpour l’avantage des Commettans , comme ils font obligez en conscien-ce, il faut que les Commissionnaires procurent, autant qu’ils peuvent,le bien Sc l’avantage des Commettans, dans lâchât des marchandises quileur feront commises ; & pour cela ils doivent s’appliquer fortement àconnoìtre les bons ou mauvais ouvriers > pour n’acheter que de par-faite marchandise ; ils doffent en tirer le meilleur marché qu’ils pour-ront avoir, & examiner exactement s’il n’y a point de défaut ; enfinils doivent suivre en toutes choses les maximes que Ton a traitées ci-devant, & agir comme si les achats étoient pour leur propre compte.

Si les ouvriers donnent quelque excédant d’aunage, ou bonne mesure,il faut qu’il tourne au profit du Commettant, & non pas fe Tapproprier,

& charger lespiécesd’un plus grand aunage que celui qu’ils auront paiéaux ouvriers; parce que ses Commissionnaires ne doivent prendre, pu-rement & simplement, que ce qui leur est accordé par les Commet-tans pour leurs comm liions, & s’ils en ufoient autrement, ce scroirune injustice & un vol lujet à restitution.

Les Marchands & Négocians qui vendent aux ouvriers les soies ,laines > Sc autres matières qu’ils emploient en leurs Manufactures, Scqui fe mêlent aussi de commissions, ne doivent point, lorfqu’ils ache-teront ses marchandises, paier aux ouvriers, partie en soie, laine,ouautre chose, & pallie en argent ; parce qu’il est certain qu’ils vendenttoujours leurs marchandises plus cher > que si on leur paioit le tout enargent comptant. La raison en est que ses ouvriers présument toujoursque les matières qu’on leur donne, sont moins pa: faites & plus cheresque s’ils les achetoient volontairement, fans être forcez à cette durecondition > deforte que pat ce moi'en ses Commissionnaires tirent unavantage indirect au préjudice des Commettans, qui auroient assuré-ment les marchandises à meilleur marché , s’ils les paioient toutes enargent, & non partie en marchandises.

Ces fortes de Commissionnaires ne doivent pas s’attacher entieremenrà acheter des ouvriers à qui ils vendent ordinairement leurs marchan-dises pour ses manufacturer, pour trois raisons.

La premiere, parte qu’il est bien difficile qu’ils soient si détachez deleut propre intérét, qu’ils n’aehetcnt plus cher de ceux à qui ils ontcoutume de vendre, que non pas s’ils achetoient d’autres ouvriers pourlesquels ils n’ont aucune considération.

La seconde, parce que dans le teins où la marchandise n’est pas dedemande, Si que les ouvriers s’en trouvent chargez, ils font obligezde la donner á meilleur marché, quelquefois à perte; deforte que siles Commissionnaires achetent, particulièrement des ouvrieis auíquelsils vendent leurs marchandises, il est certain que s’ils leur demandentles ouvrages pour un prix ou ils ne trouvent pas à gagner, ils ne manque-ront jamais de ses faire entrer cn considération, qu’ils nc les peuventpas donner aux prix qu’ils en offrent , parce qu’ils ont acheté deuxses matières dont elks sont manufacturées à un tel prix, qu’ainsi il n’yauroit pas moien de s’y sauver.

Les Commissionnaires se laissent facilement persuader à leurs rai-sons, joignent à cela leur intérét, qui est de se faire paier leur dû;c’est pourquoi ils donnent le prix qu’on leur demande des marchan-dises qu’ils achetent, ce qu’ils ne fetoient pas íi facilement à d’autresouvriers, pour qui ils if auroient pas les mêmes considérations.

La troisième raison est , que les Commissionnaires ne peuvent pasregarder de si près à la bonté & beauté des marchandises qu’ils ache-tent des ouvriers, auíquels ils en vendent d’autrcs pour les manufac-turer, que s’ils achetoient d’autres ouvriers a qui ils ne vendissentrien. La raison en est qu’ds ont de la peine à dire que Touvrage n’estni bon ni beau, supposé que la défectuoiité vint des matières, Sc no.npas de la façon ; parce que les ouvriers ne manqueroient pas de leurrépondre que Tétoffe est manufacturée des matières qu'ils leur ont ven-dues; deforte que réagissant pas en pleine liberté, ll est certain queles Commettans sont toujours mal servis, & n’ont jamais de bonnes& belles marchandiícs, ni à bon marché > d’ou procède tres-fouventleur ruine pour les taisons qui ont été dites.

Lorlqu’il arrive des tems où il y a cessation de commerce - & quelos Négocians ne demandent point de marchandises, les Commission-,nains riches Sc accréditez, achetent ordinairement des marchandisesdes ouvriers à bon marché , & les gardent en magasin jusqu à ceque leurs Commettans leur en demandent, 8c ces marchandises aug-mentent quelquefois notablement de prix.

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