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lîo'c ou vaillèau où oh les voudra garder; il faut prendre garde néan-moins que l'odeur & une partie de leur force ne sevapore. Pour leplus lûr on doit mettre leur vaillèau bien bouché en quelque lieufroid dans le fable humide, pour diminuer leur grande chaleur. Cepen-dant il est à remarquer que les eaux froides que l’on aura distillées aubain-marie, n’auront pas grand bclbín d’êtrc ainíì découvertes, maisplutôt elles doivent être miles au soleil dans un vaillèau de verre, qui neleva pas tout-à-fait plein; on bien on plongera ce vaillèau pendant qua-rante jours dans le íàblc chaud , afìn que 1c phlegme & l’humeur laplus épaille soit consumée.

Si les eaux distillées deviennent troubles, vous les clarifierez en yjettant une goûte ou deux dc vinaigre pour chaque livre d’eau.

Les moïens de distiller les herbes, écorces , fleurs & racines enparticulier.

tes eaux que l’on distille sont de diverses sortes & vertus. Quelques-unes sont médicamenteuses > comme l’eau-rofe , celles dc lauge , demarjolaine & semblables. V autres alimenteulès, comme les restau; ans.Plusieurs médicamenteuses & alimenteules, comme les restaurans ali-menccux, ausquels l’on ajoute choses médicamenteuses. Quelques-unesfont purgatives, comme l'eau ou liqueur de rhubarbe, li elle étoit ré-cente ou verte, tes autres sont vites pour embellir la face & les mains.D’autres sont odorifiques, comme coîts que l’on tire des aromates &simples de senteur pour laver les mains, la face & le corps; coures cesdifférences d’eaux sont de deux fortes, simples on composées. On vaparler des simples médicamenteuses.

L’ablìnthe, autrement dit aluine, doit être distillée au bain-marie,pour en tirer une eau qui en ait l'odeur & la laveur ; & pour mieuxfaire il ne faut pas distiller cette plante toute fraîche , mais quelqueeu seche ; la macéré t premierement dans le vin , puis la distiller auain-matie, ou fut les cendres chaudes. C’cst ainsi qu’on distille l’ar-moiíè, l’agrimoinc, l’ofeife & autres semblables plantes, en obser-vant les cîíofes générales ci-dcvant spécifiées. On distille de la mémemaniéré l'eau de coquelet, qui sert contre le calcul & la gravi Ile, tantdes reins que de la vessie.

L’écorcc extérieure des noix communes, soit qu’elle íè sépare de lalîoix ou non, se peut distiller au moi; dc Septembre; & l’eau qui enest extraite, bûe en quantité avec la troisième partie de vinaigre ,est un remède certain contre la Peste , lì avant que d’cn boire onse fait tirer du sang. Elle est souveraine aulîì pour faire un garga-risme aux ulcérés de la bouche ; bonne pour fomenter les gouteux &à noircir les cheveux. L’eau qui est distillée clés feuilles de noïtr à lafin du mois de Mai, est propre pour déiîècher & cicatriser les ulcérés,si on les lave soir & matin avec un linge humide qui aura trempé danscette eau.

Pour distiller les fraises, il faut les laisser pourrir dans un vaisseau deverre, cn y ajoutant quelque peu de (cl ou de lucre, puis en tirerPeau, qui est souveraine contre le venin ; comme aussi pour ôter lestaches, provoquer les mois, & déliècher les yeux lannoïans : elle auratoutes ces vertus quasi admirables si on y mêle de l’eau-dc-vie.

L’écorcc intérieure du frêne distillée, rend une eau íînguliere contrela Peste, fi on la boit en égale quantité avec de l’eau-de-vie, commetrois onces de chacune; principalement si on réitéré ce breuvage troisheures après. Elle est bonne aulli instillée dans l’oreilie pour le tin-tement.

Les noïaux dc cerises noires concassez, ou la chair feule distillée ,font une eau qui délivre entièrement de sacrez du haut-mal aux petitsenfans, aussi tôt qu’on leur en met dans la bouche environ une demionce.

L’eau d’avelincs nouvelles, bûë le poids de deux dragmes, est unbon remède contre la colique & les tranchées; choie iure & expéri-mentée.

L’eau qui distille de l’écorce d’hyeble ou de sureau,buë souvent,évacue les eaux des hydropiques.

Eau dc bétoine. II faut piler les feuilles & les infuser quelque temsdans du vin, puis les distiller.

L’eau de méliílè & de sauge se distille de la même façon.

L’eau de bétoine est iìnguhere pour les affections de tête, des reins& dc la veille.

L’eau de mélisse réjouit les personnes, délivre d’apoplexie & duhaut-mal. Elle donne de la mémoire, ôte la douleur des dents .guéritl’hydropiíìe , préserve de venin ceux qui ont avalé quelque araignée,lì on en boit auífi-tôt après.

Eau de gentiane. Prenez quatre livres de racines récentes, ou plu-tôt léchées de gentiane, hâchez-ks menu, faitts-les infuser dans duvin ; il suffit seulement de les cn arroser, puis distíllcz-les. Certe eauest singulière contre la peste, toute sorte de venin, calcul tant des remsque dc la vessie, pour guérir les apostumes & ulcérés intérieures.

Eau de pyrethre. Prenez racines de pyrethre récentes ou lèches, hâ-chez-les menu, & les faites tremper dans dc bon vin. Cette eau estbonne pour appaiíèr la douleur des dents, pour les corroborer & tenirnettes, si l’on en gargarise la bouche le matin, ou quand l’on voudra.

Pour faire eau de fraise. Prenez feuilles & fleurs dc fraise, distille z-les ; l’eau qui en vient nettoie la vûë.

On distille l’eau de nicotiane de la même façon. Elle a de merveil-leux effets contre le noli me tmgere , les chancres, les dartres, la gva-telle, la difficulté de refjiirer, l’hydropisie.

On distille l’eau de véronique tomme ci-dessus. Elle est singulièrepour guérir les plaies , les gratellcs & autres affections de cuir.L’uíàge de cette eau est souverain pour les ladres , pour les fièvrespestilences, ou opilation de foie, de rare, & l’ulcération de poumon.On distille dc la même maniéré la velvote.

L’eau d’hyflope le doit distiller fur les cendres chaudes. Elle estexcellente pour les douleurs de dents, pour provoquer les mois desfemmes, pour la toux & autres maladies des poumons.

Eau de raves. Prenez des raves entieres avec leur ceorcc, ou bienTome L

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l’écorce feule, vous en distillerez l’eau, & principalement de i’éiorce*qui íèra bonne pour faire uriner & provoquer les íúeuis.

L'eau de limons ou le jus, profite beaucoup au calcul des reins.

L’eau dc fenouil. Prenez des racines & des feuilles , distillez les,ou bien saitcs-les bouillir dans de l’eau , puis mettez-les toutes chaudesdans un plat d’étain ou de cuivre, qui fera couvert d’un autre plat; laliqueur qui fera au plat de dessus fe doit réserver dans une fiole, peurmetue une goure ou deux dans le coin dcl’œil, dans les maladies dela vûë.

Eau de persil de jardin. Pilez dans un mortier les feuilles de persil,puis distillez-lts. Cette eau conforte l’estomac & fortifie les rdns.

Vous distillerez de la méme façon les eaux d’ache , de basilic, dcbugloiè, de menthe, de camomille, de souci, dc chardon bénit ,,d éclaire, de chicorée, de capillaire, de chevre-feuille , d’encive ,d’aulnée, de fumeterrt, de genete, de lierre, de queue de cheval,de lavande, de marjolaine, de mélilot, de mauves. de guimauves *de l.s d’étang,de ruelle, d’origan, de pivoine, de pavot, de panerait e»de pimprenelle > de plantain, de pourpier, de pouliot, de rué, de romaiin,dc garence, de sauge, de sarriette, de ícabieufè, de scolopendre, demorelle, de joubarbe, de feuilles de saules , de séneçon, de thym »de houblon blanc, de tanaisie, de valericnne, dc vervéne , de fleurs& feuilles d’crttie tant vive que morte, &de plusieuis autres plantes*en observant les préceptes généraux que nous avons ci-devantprescrits.

I a canelle est ainsi distillée. Prenez une livre de sine cartel!e, con-callez-la legeremesit, &mcttez-la infuser quelque temsen quatre livresd’eau rose distillée, & une demi livre de vin blanc foi t bon, purs jet-iez le tout dans un alembic de v,rre pour être distillé, ou sor les cen-dres chaudes, cu au bain-marie. Cette eau est souveraine contre tou-tes maladies froides, principalement celles de l’estomac , de la rate ,du foie, du cerveau, de la matrice, des nerfs, même pour les défail-lances & syncopes; elle est aussi bonne pour provoquer les mois Scsurine retenue, pour appaiíèr le'svômíflemens, pour réprimer les ma-lignitez de toute sotte de venin froid.

L’eau rose est distillée , ou de roses récentes, ou de roks sèches,qui sont ou incarnates ou blanches. La façon de la distiller est diffé-rente; car quelquefois elle est distillée par défluxion tendant eu bas,qu’on appelle per defeenfum , à la maniéré que nous dirons ci-après.D’autresfoís elle est distillée par insolation: le plus souvent, commeaussi pour le meilleur, au bain-marie; mais avant que d’en venir àl’opération, il est bon, si les roses sont fiches, de leshumecterà la va-peur de quelques eaux bouillantes, ou de roses. L’eau qui est distilléede rosés rouges est plus cordiale & plus corroborante; comme cellequi est faite de rôles blanches est plus rafraichillante.

Pour distiller de bonne eau de rose, il saur faire infuser ou tremperles roses en eau lofe disti lée , ou bien en suc tiré de tôles, pendantl’elpace dc deux ou trois jours, dans un vaillèau bien lu té & bouché ;les mettre ensuite dans un alembic de verre, couvert de son chapiteau*bien lutc & accommodé de son récipient, & l’expoíer au vaillèau debain-marie.

L’eau de fleur d’orange appellée nasse, distillée par campane, estbonne pour faire vomir, comme aussi pour bonne senteur.

L’eau de pommes sauvages & de pommes de chênes non mûres,de châtaignes, de verjus a uemi mûr, est utile contre les rougeurs Sccirons du visage.

A la façon de l’eau rose sont distillées les eaux des fleurs, commel’eau de romaiin, qui est bonne pour réjouir; l’eau de fleur de sureau,qui conserve le teint contre le hâle du soleil; l’eau de fleurs de souci*qui conforte les yeux, & autres semblables.

La maniéré de distiller les liqueurs.

Nous avons dit ci-devant que l’eflìcace & vertu singulière, & presquedivine des choses qui sont distillées, a tellement ravi les esprits &l’é-tu-de des hommes, qu’íl y a très peu de choses qui ait quelque ester Scsingularité en soi, que l’on ne soumette à la distillation. Or j appelleici liqueur tout ce qui a une conlistcnce liquide, soit lire, soit hu-meur, excrément, ou autre semblable chose liquide, comme vin, vi-naigre , miel , urine , jus d’hcrbcs ou de fruit, qui est beaucoupmeilleure que celle qui est distillée des herbes ou fruits mêmes.

Eau-de-vie distillée. Quoique tout vin soit propre pour faire del’eau-de-vie , pourvu qubl ne soit point aigre > éventé ou infect ,néanmoins le plus fort & le plus clairet est le meilleur, soit blanc, soitrouge. Vous prendrez donc une certaine quantité de vin, félon lagrandeur du vaillèau où vous distillez, qui est appelle vessie, com-me nous avons dit ei devant , & qui esten forme de courge droite,Emplillèz-le de vin jusqu’â la troisième partie prés de l'onnce, afir*que les vapeurs aient quelque espace ; puis couvrez-lc de la chape oualembic à long bec, lequel soit bien sellé de mortier de flagelle, afîiïque nulle vapeur ne puiliè sortir. Faites-le distiller à la chaleur d’eairchaude non bouillante, ou bien à chaleur médiocre de cendres, ou desablon menu, en augmentant toujours peu-à-peu la chaleur, prenantgarde néanmoins que le vin ne vienne à bouillir. Afîn que vous aïezune eau-de-vie fort bonne , vous la pourrez faire distiller par quatreou cinq fois ; car plus elle íèra distillée, meilleur elle fera, commenous avons déja dic.

Pour la premieie distillation, ce fera assez de tirer la dixième partiessavoir , de dix pintes de vin une pinte d’eau-de-vie, plus ou moins.Pour la seconde , la moitié- de ce que vous avez mis , qui íètoitchopine. Pour la troisième, une autre moitié plus ou moins, qui ie-roit demi íèptier ; tellement que plus elle íèra distillée de fois, moinsil y en aura , & en vaudra mieux. Ainíì il faut au commencementprendre une grande quantité de vin, ou bien avoir plusieuis vaillèaux.

II est vrai que la distillation étant bien faite, la quatrième rendra pa-reille quantité d’eau qu’elle aura reçu, de laquelle on le doit contenterlans la distiller davantage; car u no distillation lì souvent réitérée estpénible Sc de grands frais. .

Cepcn-