D I S.
On distille commodément le Vinaigre dans un même vaisseau ’queTeau Rote, principalement furies cendres, ou sablons chauds plutôtquai bain marie. Vous distillerez le Vinaigre rosat, de la même ma-niéré , celui de Sureau , de Clous de Gérofle & autres.
Vertus. Le Vinaigre distillé est propre à dilloudre les choses dures &métalliques ; comme Perles, Corail, Coquille d'œuf, Emeraudes ; l’Or& l’Argent n’y peuvent être dillóus ; cela est cause que quand les Chi-mistes veulent distiller quelque métal, ou pierres pour en tirer l’huile,jls ont coutume de dilloudre les matières cn Vinaigre ou urine distillée.
L’eau talée ou marinée est rendue douce par ce moien. Remplissezun pot d eau talée, faites-la bouillir, puis distillez-la par un alembic,comme Peau Rose, & le Sel demeurera au fond. C’cst le moien queIon doit tenir pour savoir st elle domine aux eaux minérales.
Lu manière de distiller le Miel.
Après que le Miel est fort bien purifié, mettez-le en petite quantitédans l’alembic, car cn plus grande quantité il s’enllcroit dèsqu’il lèn-tireit la chaleur, distillez-le au bain-marie à chaleur mediotre. L’eauqui sortira la premicre, est le phlcgme qui se pourra garder à partpour colorer & allonger la barbe & les cheveux ; & après augmentantun peu de chaleur, il sortira une eau cicríne & comme dorée, laquelleon pourra garder en un autre vaisseau : elle a la vertu de mondifier lesplaies tant luperficielles que profondes. Continuant la distillation, ilsortira une autre eau fort colorée & plus rouge que l’autre > & alorspour mieux laite, il fera bon de changer de chaleur d’eau à chaleur decendres, ou de table, c'cst-a-dire, qu’il faudra ensevelir l’alembic dansles cendres ou dans le fable, jusques près de son orifice, &qu’entre lefeu & l’alembic il y ait comme l'épaiileur dc deux ou crois pouces deplat, & cn augmentant le feu plus fort que devant. Par ce moien ilcn sortira une eau plus visqueule que les autres, que l’on pourra appel-1er hurle dcMiel. Ainiìvous pourrez distiller de la Térébenthine & au-tres semblables liqueurs crades & visqueuses. II est vrai que pour distil-ler ces liqueurs crasses, il ièroit meilleur de les distiller dans la retorreplûtôt qu’aubain marie. Votez. Distilation des huix.es.
Tour distiller le Sang de Bouc.
Prenez du Sang de Bouc encore jeune & bien nourri, non pas le sangqui sortira le premier ou le dernier du corps du Bouc que vous aurezfait tuer j mais celui qui sortira entre les deux, lailfez-le reposer quel-que-teins, & jetiez l’eau qui nagera par deilus, puis avec une dixièmepu douzième partie de Sel, agitez-le long tems & bien fort. Cela fait,cnfcrmez-le dans un vaisseau bien bouché, que vous ensevelirez dansun fumier de Cheval l’cspace de quai ante jours; puis dtstillez-Ie plu-sieurs fois, y mettant toujours sttrle marc l’eau que vous aurez distil-lée, après la quatrième ou cinquième distillation, vous aurez une eauadmirable ; laquelle fera cmorc meilleure íî après la distillation elledemeure encore quarante jours en un fumier de Cheval. Cette eau estpropre pour rompre le calcul.
On peut distiller le Lait de même façon que l’eau dc vie. On ditqu’cn Tartarie le Lait distillé enyvre; il faut donc que ce Lait soit gras,comme est le Lait de Jument. Quelques Médecins ncnncnc que k Laitdistillé est bon contre la jaunisse, méme contre la fièvre quarte, si onle distille avec duVin.
On distille souvent le Lait de Chevre pour fervu - Sc nectoier les ul-cérés des reins & de U vessie. Ce Lait fera de plus grande efficace, si laChèvre est nourrie la plupart de Pimprenelk.
La fiente d’homme est distillée par l’alembic de verre, à la façon del’eau de vie. L’eau qui est distillée, principalement dc la fiente del’homme rouge ou rousseau est souveraine pour guérir les cicatrices ., lesulcérés profonds, caverneux, vieux & difficiles à guérir, & pour ôterles taies des yeux. Et prise en breuvage delivre du haut-mal, si leurtête en est frottée, du calcul des reins > de la vessie, & dc l’hydro-pisie : elle est bonne à ceux qui font mordus des Chiens enragez, oudes bêtes venimeuses. Néanmoins parce que cette eau simplement &fitns autre mixtion distillée retient Pudeur de l’excrement, il fera bonpour lui donner une bonne senteur, dc mettre au bec du chapiteau unpetit nœud de Musc, ou de frotter le dedans du chapiteau ayee Musc,ou autres semblables bonnes odeurs.
Vous pourrez distiller de la même façon la fiente de Vache, & cellede Pigeon. Cette eau distillée est bonne pour rompre le calcul.
| Pour distiller les animaux , ou quelque partie.
Poul distiller le corps de quelque bête, il faut premierement le suf-foquer, afinqu’il n’cn sorte point de sang, puis en ôter toute la graisse,s’il y en a & les entrailles; ensuite hacher menu la chair & jetter pardéfi us une dixéme ou douzième partie de Sel, & distiller au bain marie,ou sur les cendres chaudes à la façon de Roses.
C’est ainsi qu’on distille la Cigogne jeune, tendre, qui n’a pas encorevolé, laquelle on doit premierement éventrer & farcir dune once deCamphre, & d’une drachme d’Ambre. L’eau qui en vient, est excel-lente pour faire linimens & fermentations aux paralysies & convul-sions. Ainsi font distillés la Pie, la Grenouille, les Limaçons, les Four-mis, !e soie & les poumons de Veau, de Renard, & autres sembla-bles bécess quoique fans user d’une si longue préparation, on les puissedistiller fur le champ - de méme que les autres eaux.
Tait d'Hirondelle. Prenez-le poids de six onces d’Hirondelks, Caste -leum une once. Faitez-les tremper toute une nuit dans l’cau > ensuitemettez les dans l’alembic pour les distiller. Cette eau est singulièrepour fe préserver du mal-caduc, si on en prend deux cuillerées unesois le mois au marin à jeun.
Les chairs des bêtes fe distillent de cette façon. Hachez menu lesílu'rs, incorporez & broiez-lcs avec la dixième partie de Sel commun,puis mettcz-les dans un vaisseau en façon de Courge bien bouché.Vous !es ensevelirez dans terre, entouré de chaux vive, & fumier decheval 4 demi-pourri, où vous les laisserez digérer l’efpaced’un moiseu envíron; durant ce teins vous arroserez souvent ia chaux vive,Tome 1,
& le fumier d’eau tiede, pour y exciter la chaleur, & vous renouvel-lerez la chaux, & k fumier trois ou quatre fois la semaine ; car il fuitpenser que par défaut de chaleur les chairs pourroient lé pourrir au lieade íè drgerer; So âpres quelles auront été allez suffisamment digérées,ce que l'on connoiua par la séparation dc fa plus grotte matière d’a-vec la subtile, on ticra la vaificau du fumier, lequel on couvrirad’une chape aiant k bec bien lutté, & on fera distiller la mariere aubain-marie par plusieurs fois, en remettant toujours l’eau distilléssor le marc; & après la cinquième distillation , on réservera liau, lionne la veut encore circuler, pour lui faire acquérir une qurntc-c.'kme.
Les œufs tant blancs que jaunes kro.ttairiii dilflkz, & il ne les fautlaitier digérer sous k fumier que cinq ou lixjpurs pour 1e plus.
Les eaux ainsi distillées sont plus que restaurantes, aiant ia venu dcfubstanter le corps Si les membres, comme vraie chair ou viande.
La maniéré de distiller les aux composées.
Les eaux font distillées non-feulement d’une feule ou simple plante,liqueur & autres matières ; mais ausli ce plusieurs mêlées enlembk; &nous les appelions eaux compostes, a raison du mélange de plusieursmatières. Or ces eaux sont detrors serres; les ur.es font medecinaks,les autres odorantes, les autres fervent aux fards ôc ornemensdu corps ;nous parlerons des medecinaks avant les autres.
_ Tau de Sauge composée. Prenez égales parties de Sauge & de Poulior,pilcz-les dans un mortier & distillcz-les. Celte eau ôie le mal de venue,& appaife les goûtes froides, si on en boit avec une petite quanJté deCastortum.
Eau de Raves composée. Prenez des Raves, ou domestiques, ou sau-vages, ou toutes les deux ensemble, racines a Ache & de Persil, ie-mencc d’Anis; faites infuser k tout dansdu Vin blanc ou dans du Vi-naigre, & distillez l’eau qui íera bonne contre la gruvcJIc.
Eau d’Angélique. Prenez égale pâme d’Angehque, tant racines quefeuilles (mais principalement de racines ) & tsi uis de Lavande ; infùiez-les dans duVin, il tn distille ra une eau lingulicic contre le haut-mal, sion en prend deux ou trois cuillerées.
Eau de Chelidoine. Cueillez au commencement du mois de Mai, feuil-les de Chelidoine, de Vervéne, de Rué, & de Fenouil, pilcz-les,& tirez-en de chacune trois onces de suc que vous mêlerez ensemble;ajoutez y quelques boutons de Rotes, trois onces de Sucrecandi, qua-tre onces de sort bonne Tutie, & autant de Sang de Dragon, distiller-ie tout par alembic. Cette eau ôte les rongeurs & taies des yeux.
Eau de Vigne. Prenez l’eau qui distille des seps de Vigne loríqu’onles taille, ce qui fe fait au p tinte ms, distillez-la avec pareille quantitéde Miel. Cette tau guérit les démangeaisons, chaleurs & rougeurs cesyeux t l’eau de Vigne fans être distillée produit le même ester.
Eau de Rose. Prenez des Roses, crois parties, dc Fenouil, & de Rué,de chacune une partie, háthcz-ks menu, & mélez-ks bien ensemble,puis distilkz-les, & faites que Peau qûi cn distillera, tombe en un vais-seau auquel il y ait une poignée des herbes luidites. Cette eau conservela vûë, si on s’en lave les yeux en Eté.
Eau d'Eufraise. Prenez Chelidoine, Fenouil, Rué, Eufraife, Ver-véne, Rôles rouges, de chacune demi-livre ; Clous de Gérofle, Poi-vre long, de chacun deux onces; concalkz le tout, & distillez paralembic de verre. Cette eau est singulière pour la vûë soible.
Eau de Romarin. Prenez tau de Vie distillée de Vin blanc, eau distil-lée dc Romarin & de Sauge, de chacune cinq livres, faites-y infuserpendant huit jours de la Sauge & des fleurs de Romarin, de chacunedeux onces, passez, coulez, & réservez l’eau pour guérir les fistulesdes yeux.
Eau de Theriaque. Vous distillez dans un alembic dc verre de laTlie-riaque avec pareille quantité d’eau de Vie & de Vinaigre. Cette eau estsouveraine pour guérir les ulcérés & érosions de la bouche, principale-ment si on y hiflout un peu de Bol Arménien.
Autre eau de Theriaque. Prenez Theriaque vieille, une livre, ratinesd’Enula Campana, de Gentiane, deSouchet, dcTormentilk, de cha-cun une once, Chardon ben.t une demi once, Conserve de Buglofe,de Bourrache, de Romarin, de chacune une once; faites tremper lctout ensemble dans tro.s livres dc Vin bi nc , une livre & demi d’eau deciterne, & deux livres d’eau Rose, distillez par alembic.
Eaux de Clous deGérofie. Prenez égales parties dc Clous de Gérofle,Gingembre, fleurs dc Romarin ; faites-les infuser dans du Vin fortl’efpace de huit jours, distillez-le tout. Cette eau conforte l’eíìomac,appaife les douleurs & torsions de ventre-, fait mourir les vers > &amaigrir les personnes grasses, ou rend graslèsles maigres, ft on lamêle avec du Sucre.
Eau de Saxifrage. Prenez eau de Saxifrage deux livres, jus d’Herheaux Perles, de Persil, d’Anis, & de Eaieíane, de chacun une demi-livre; Vinaigre blanc huit onces, distillez-le tout. Cette eau bûë aumatin est prope pour briser le calcul.
Eau d Hirondelle. Prenez des Hirondelles & les desséchez au four,faitez-en de la poudre > mêlez-Ia avec un peu de Castoreum & un peude Vinaigre, distillez-le tout. Cette eau guérit lc haut-mal, si on enboit quarte matins.
Eau de §>ueue de theval. Prenez Qjeuë de cheval, Plantain, Roséssonges, Crains de Coquerecs, racines de Guimauves, Reglifli ratis-sée , de chacune une once, demi-once dc Bol d'Armenie , semencesde Courge & de Concombre, de chacune trois drachmes, semencesde Coings demi once; faites infuser k touc dans du Petil Lait de Che-vre l’tfpace de deux jours, puis distillez cn Peau, qui servira po.lt lesulcérés des reins & de la vcilié, si on en boit quatre onces tiedes aumatin.
Eau de Elambe. Prenez égales parties dc Flambe, d’Hyflope& d'An-tenne, pilcz-les diligemment, & les laiílez ainsi quelque rems, puisdistilkz-les. Cette eau provoque ksfleurs aux femmes, & fait mou-rir les vers des petits enfans.
Eau de Timprenellt. Prenez femenccsde Pimprenelk, Persil, Ache,
I i rj souille