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Comme Peau da réfrigérant ne sert qu’à contenir leS vapeurs & àempêcher que ce qui distille ne lente tant le feu , il faut qu’elleloir froide ; c'elì pourquoi d'abord qu’on sent qu’elle est chaude ilfaut la changer. L’eau de rose qui distille la premiere est la plusodorante, parce que les parties les plus volatiles montent toujours lespremières; mais quand l’un & l’autre ont demeuré quelque tems aulolcil, elles acquièrent suffisamment de l’odeur, parce que la chaleurdu soleil raréfie Sc volatilise les corpuscules insensibles de la rôle, quifont pallies dans Peau par la distillation-, & les rend plus disposées às’exalter pour venir toucher agréablement le nerf de l’odorat.

Quand on ne veut faire qu’une médiocre quantité d’eau rose, il vautmieux se servir des vaisseaux de gré & de verre que de ceux de mé-tal , parce qu’on n’en craint point Timpreffion. On doit la faire distil-ler au bain-marie, ou au bain de vapeur. Plusieurs se servent pour la■distillation des roses d’un vaiileau de cuivre plat ctamé cn dedans >qu’ils appellent rosaire ; ils y mettent les feuilles de rôles fans les piler;ils adaptent fur ce vaiileau une chape d étain ou de cuivre étainé, Scpar un périr feu nud il font diitillcr un peu d’eau rose ; ils levent lechapiteau, ils trouvent les roses amaílécs en forme de gâteau. C’estce qu’on appelle chapeau de lofes. On peut, Laïant renié du vais-seau, le faire lécher au soleil 8c le garder en cette forme. On s’en sertcn fomentation, bouilli dans du vin pour fortifier. Ceux qui ne léíbucient pas de conserver les rôles en cette forme, les tournent dansle vaiileau Sc ache vent d’en faire distiller l’humidité. II faut avoir biende la patience dans cette forte de distillation; car si vous poulléz unpeu trop le feu l’eau sentira le brûlé. Le plus sûr seroit de la faire aubain de vapeur, Sc l’opération n’en lèroit pas plus longue ; car onpourroit donner autant de chaleur qu’on voudroit a l’eau du bain, fanscrainte qu’elle sentit l’empircume.

On fait encore de l’eau rose par defeension en la maniéré drivante.

Prenez un grand pot de terre de gré qui loir large d’cmbouchu-re, couvrez-led’une toile nette que vous lierez autour du rebord, Scvous ferez une cavité pour metne les feuilles de roíès, enserre qu’ily en ait envrion la hauteur de deux doigts. Posez for c.es rosés le culd’un plat ou d’une terrine de gré qu’on aura chauffé & qui joigne bienavec le haut du pot, mettez des cendres chaudes dans ce plat & unpeu de braise par dessus asin déchausser les roses. La vapeur qui ensortira ne pouvant selever à cause du cul du plat, lé précipitera Scdistillera en eau dans le pot ; continuez le meme dégté de feu, &changez les roses à mesure qu’elses seront sèches, jusqu’a ce que vousaiez assez d’eau distillée.

On pourroit tirer par cette dirniere méthode l’eau de la fleur d’o-range, mais en petite quantité; & comme cette eau est d’un grandusage, il faut se servir des moïens par lesquels on en puisse avoir unequantité suffisante. On en parlera dans la fuite.

Comme l'on réemploie gueres l’eau rose que dans les remedes astrin-gens, on devroit la tirer des rolés rouges astringentes, plutôt que despâles qui sont purgatives. Mais parce qu’elle ne íéroit que fort peuodorante; ceux qui prétendent la connoitre n’en voudroient point,& ainsi l’on est obligé de la faire avec les roses pâles. C’est pourquoil’on excite souvent les cours de ventre, en faiíànt boire de l’cau roíeordinaire au lieu de les arrêter.

Distillation d'eau de Csrise , comme on la fait en franche-Comtê ,,

’ L’eau de Cerise distillée est une liqueur meilleure que l’eau-dc-vie,fort bonne pour aider à la digestion Se pour fortifier. On prend desCerises de bois, dont on sépare les queues, on les met dans un ton-neau pendant dix ou quinze jours asin qu’elles íé fermentent ; ensuiteon les distille dans un alembic comme eau-de-vie , Se on rectifie uneou deux fois cette liqueur, selon qu’on la veut faite forte. On la vendqtiaiante fols la pinte; chaque sceau de cerise en donne une pinte ;c’est le moïen de tirer beaucoup de revenu de ces sortes de Cerises,dont on ne tiroir rien auparavant: on en peur prendre diverses fois lejour, fur rout après le repas, environ le quai r d’un verre. Les Méde-cins en font un grand état ; elle est amie de l’estomac, & n’est pointcorrosive comme l’eau-de-vie : ceux de la Franche-Comté cn font ungrand profit, Sc ils en envoient a l’aiis.

Distillation des Huiles.

Après avoir parlé fuccintement de la distillation des eaux, l’on netrouvera pas étrange que l’on salle quelque légtre Si courte descrip-tion de la distillation des huiles , pour servir d’cxemple & de conduiteà toute personne ménagère qui délirera s’applipuer à cet ouvrage, &qui doit être douée de toutes les vertus 8c perfections queXenophonAuteur Grec, loué tant; & nommément de ladresse & promptitudecharitable de secourir ses gens & voisins dans leurs maladies > par lesremèdes que ses Jardins & Vergers lui pourront suggérer > moïennantquelque préparation qu’elle y pourra emploïer par lâ dextérité. Etdamant que les huiles distillées entre les remèdes sont trouvez parexpérience plus forts, plus efficaces, plus agréables, & d’un effet plusprompt que nul autre pour dompter toutes lottes de maladies rebelles,& principalement les plaies, ulcérés, douleurs, tumeurs Se autres ac-cidens extérieurs , il fera fort louable & bien íéant à une ménagère den’êrre pas ignorante de cette sorte de distillation, non que l’on veuillequ’elle s’y amuse beaucoup, mais qu’elle s’y emploie feulement pourion plaisir & fa propre satisfaction. On ne prétend pas qu’elle distilleautres matières que celles que ses Jardinages Se Vergers lui fourniront.

Quant a la distillation des métaux, minéraux, pierres & autres sem-blables matières > qui ne sont cultivées par la main, labeur & adresse d’unménager, c’est plutôt Locuvre d’un Chymiste, ou des personnes oisi-ves & riches, que d’une bonne ménagère.

Or les matières dont elle pourra tirer l’huile par quinte-eísencesont celles-ci.

Herbes. Romarin, serpolet, ruë , calamcnt, origan, lavande,

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camomille, sauge; liyíîbpe, basilic, ache, mente, stechas, sarriette,absinthe, thym, pouliot de montagne, jus artistique, sabine, & gé-néralement toutes les herbes qui sont de tempérament chaud & sec ,& qui ont une bonne & forte odeur.

Semence de fenouil, anis > cumin, persil, filer de montagne, ancr,sanconique, nielle noire & blanche, poivrette, carotte sauvage, fieplusieurs autres semences qui sont de honte on de sorte odeur.

Fleurs de lavande, de bou lion blanc, de millc-pertuis, d’oranges,de roses de damas, de jasmin, de romarin, ficc.

Fruits de genièvre, baies de laurier Sc de lierre, noïaux de pin, dccâpres > d’abiicots, de pèches > &c.

Aromates ; candie, poivre noir, clous de gérofle, écorce dc muscade,côte odorante, angélique, imperatoire, galangue, graine de Paradis,noix muscades, gingembre, cubebes, cyprès, écorces d’oranges 3e dccitrons, écorces de noix fie de câpres, Sc plusieurs autres.

Bois Sc écorces de bois; romarin, savinser, genièvre,frêne, gaïac»sureau, sciages fie éclats de bois. ■

Gommes fie larmes; mastic, encens, myrrhe, benjoin, laudanum,térébenthine, styrax, calaminte, poix, tartre, ficc.

Betcs, ou patries, ou excrémens des bêtes; serpens, grenouilles ,scorpions,fourmis, sang humain, os humain, excrément d’homme,graisse d’oïe, œuf, miel, cire; enfin toutes matières qui sont de tem-pérament chaud fie sec. Il est vrai que des choies froides, comme sontles herbes fie semences de pavot, de jusquiame, Sc autres semblables, oudes huiles, oudecellesqui ont lesuegras, l’on peut quelquefois tirerla quinte-ellènce huileuse, mais ce n’est qu’a grand peine Sc à force detems ; encore n’aura-t’ellc pas la vraie vertu de l’herbe dont elle feratirée. L’huile qui est extraite des simples froides ou humides > est plutôtune liqueur aqueuse, aigre Sc salperreuse, ou salce, qu’une substancehuileuse. C’est pourquoi il vaut mieux distiller les simples froides ou hu-mides par putréfaction, que par résolution faite par Faction du feu.Mais pour dire cn un mot, les huiles tirées des matières par quinte-essen-ce, ou résolution faite à force de feu, ont une onctuosité, ou humeurradicale, qui est comme lame Sc forme qui donne être au simple auquetil est, non autrement que fait la forme naturelle à l’être de toutes chosesparticulières, fie en laquelle est la vertu principale du simple; Sc laquelleune fois séparée par distillation, il ne demeure autre chose quel’efpéccdu simple distillé, que la lie, terre fie immondices.

Quels doivent être les fourneaux four distiller les huiles chimiques.

Les fourneaux qui servent à distiller les huiles chimiques sont de di-verses formes, félon la diversité, tant des matières que l’on veut distil-ler , que des vailleaux donc on veut se servit pour distiller. La formela plus commune Sc lapins commode est celle-ci. Báritlèz un fourneaude briques, ou de tuiles Sc terre graíìè, ou de plâtre seul, de figureronde (au moins par dedans) asin que le feu porté en haut aille pattout cn égale mesure; de longueur Sc épaisseur médiocre ; de troispieds au plus de hauteur, & capacité intérieure d’un pied au moins.Sa hauteur enciere sera partagée en trois espaces ; le premier sera d’unpied, le second d’un pied Sc demi, le troisième contiendra tout le rel-ie du fourneau. Au premier étage il y aura une grille de fer pourmectre deíliis les charbons à f.are le feu ; au second étage deux vergesde fer distantes l’une de l’autre de quatre doigts, fur lesquelles fera po-sé un vaiileau tel que nous Lavons décrit ci-dessus. Au bas du premierintervale, Sc un peu plus liant que la giille au second étage, on doitfaire deux ouvertures quarrées avec leurs couvercles, à !a façon d’unegueule de four; par la bouche d’en bas on vuidera les cendres; parlahaute on mettra les charbons Sc l’on allumera le feu. De plus, à la hauteissue du fourneau, à la partie plus commode, on doit laisser quelquesautres trous pour donner sortie à la fumée. Voïcz la Figure d’un telfourneau ci-devant en la distillation des eaux. Quelquefois dans unbesoin son peut se passer dc fourneau, Sc l’on se sort d'un trépied surlequel on pose le vaiileau à distiller mis dans un pot ou jatte, ou terrinede terre ou de fer, Sc on fair le feu dessous.

Quels doivent être les vaisseaux pour dstilkr les huiles.

Je fai allez que plusieurs se servent de divers vaisseaux pour distillerles huiles; mais je laisserai cette diversité â examiner à écu x qui fé pro-posent de traiter exactemenr cette matière chimique. Comme on veutenseigner une ménagère, on proposera seulement deux sortes de vai'-feaux à distiller ces huiles. L’un propre Sc fort convenable pour distil-ler les herbes, fleurs, semences, fruits, racines, bêtes ou parties Scexcrémens des bétes. L’autre pour les bois, gommes, larmes , Scautres liqueurs crasses Sc onctueuses. Nous allons parler de la pre-miere.

Premicrement, il faut prendre un vaiíîèxu de terre bien choisie, biennettoïée, fort bien pétrie, façonnée de la même maniéré que les po-tiers façonnent leurs pots, qui soit de l’épaiílènr d’un doigt ou environ,de figure ovale, laquelle représente non Lotus entier, mais Lœuf cou-pé un peu plus haut que pat la moitié, grand Sc capable selon la gran-deur Sc capacité du va.(seau dc cuivre; il saur néanmoins que ronce fagrandeur s'accorde ( principalement en hauteur) Sc convienne avec letroisième Sc dernier étage du fourneau, Sc que la largeur de son ouver •turc convienne auffi avec les bords de la gueule du fourneau ; 8c pa-reillement que !a largeur de son fond air un plus grand espace que nesonc distantes les verges de fer Lune de l’autre, attachées à travers ál’extrémité du second intervalle du fourneau, asin que ce vaiileau puiíleêtre lâ-deffiis mis Sc placé fermement. C'est pourquoi pour bien faneil seroit meilleur de bâtir le premier fourneau avant ce vaiileau deterre. Quand on a besoin de grand feu a la distillation on f-ít ce potde fer, ainsi que nous en volons chez les Apoticaires.

Secondement, le deuxième vaiileau sera de cuivre ou deléton, defigure ovale, ou semblable a une courge, aïant l’oriíice assez ample,auquel sera accommodé un col étendu, Sc long pour le moins d’un

grand