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grand pied , descendant du chapiteau. C’est par ct col que les vapeursdes matières contenues dans la courge monteront au chapiteau. Cevaisseau tiendra douze ou quinze pintes, ou iera ample scion la Quan-tité des matières que l'on veut distiller, qui est en général ( ainlì quetious dirons incontinent ) que pour une livre de matière; savoir,d'herbes ou semences, &c. on doit mettre en ce vaisseau neuf oudix livres d’eau. Outre cela il faut que la grandeur de ce vaisseau decuivre convienne tellement avec la capacité du vaisseau de terre quiest dans le fourneau , qu’il y ait une distance entre deux d'environdeux ou trois doigts pour être rempli de table, ainsi que nous dirons,& que fa hauteur avec ton chapiteau surpasse celui de terre d’un pied& demi pour le moins.
Troisièmement. Le troisième vaisseau fera le chapiteau , qui feratond par deíîus, & non pas pointu > afin que la vapeur ne retombepoint en bas, environné dune tinette ou cuvette, en laquelle on met-tra de l’eau fraîche, si on veut, pont épaissir plus facilement & re-íe 1 ter les vapeurs. A l'un des côtez de cette cuvette il j aura un besou tuyau qui tordra du chapiteau meme, par lequel dégoutteral’hui-lc dans le vaiJtau recevant; à l'autre côté il y aura une canule gar-nie de ton robinet, qui sortira de la capacité de cette cuvette pourvuider seau échauffée. Ce chapiteau sera joint avec Forisice & gorgedu vaisseau précédent, par le moien d'un canal ample Sc long, quidescendra du chapiteau Sc s'emboitera dans l’orisice Sc gorge du vais-seau de cuivre alscz étroitement, afin que nulles vapeurs en montantne puillcnt sortir ; & à cette emboiture il y aura deux bords pour lesmieux joindre. Ce canal pourra être appellé col de la vessie, par le-quel les vapeurs monteront au chapiteau.
Quatrièmement. Le quatrième vaisseau sera le récipient , qui re-cevra l’huile distillée, qui do.t être de verre, à cause de fa clarté 8cjietteté.
Telle est la figure des vaisseaux de la premiere sorte, qui servent àdistiller les huiles des herbes, semences, fleurs, Scc. Voïesda Figure ci-aprìs.
A Est la vessie qui contient la matière dont l’on veut distiller l’huile.
B L’orisice ou la gorge de la vessie, qui est emboîté avec le canalqui descend en bas stu chapiteau.
C Le canal long d’un pied pour le moins, autrement dit le colde l’alembic > qui est emboîté avec l’orisice Sc gorge de la vessie.
D Le chapiteau rond Sc non pointu par dessus.
E La cuvette ou tinette qui environne le chapiteau , dans laquelleç>n versera l’eau froide pour rafraîchir le chapiteau.
F Le vailléau recevant, longuet.
G Le bec ou tuyau par ou la liqueur huileuse dégoutte dans levailléau réc pient.
H La canule, pat le robinet de laquelle on vuide l’eau quand elleest échauffée, afin d’cn remettre d’autre.
Les deux vaisseaux à distiller ; lavoir , la courge Sc le chapiteau,étant de cuivre ou de léton, doivent être écamez par dedans, afinque l’huile n’acquiere aucune qualité étrangère de ces métaux, vu mê-me que le cuivre échauffé Sc non étamé peut faire sentir l’airain àrhuile, 011 qiiclqu’autre mauvaise qualité. II est vrai qu’outre cetteétamurc, Faction du feu qui travaille & opéré subitement & avecimpétuosité en grande quantité d’eau , empêche que l’huile n’attrequelque maiiva.fe odeur, ou quelqu’autre accident étranger. C’estpourquoi l’on ne doit pas craindre de te servir en distillation des huiles,des vaisseaux de cuivre pour ces occasions, quoique les vaiíìeaux àdistiller les h-lies fullent beaucoup meilleurs Sc plus propres s'ils étoientde terre ou de verre, aulquels il ne réside rien de métallique, maisoncraint qu’ils ne se taisent; Sc c’est un inconvénient auquel les vaiíìeauxde verre ou de terre sont fort sujets quand ils font échauffez, bienqu’ils soient enduits de mortier, terre grasse, ciment ou autre sembla-ble défense. Cette rupture n’est pas d’un petit dommage Sc de peu deconsequen e en la distillation des huiles, principalement de celles quifont précieuses. Néanmoins il est libre à un chacun d’usir de vaiíìeauxde terre ou de verre, à la charge qu’on ait soin de ses conserver Scempêcher qu’ils ne se cassent ou rompent. Cependant en lexciactionde quelques huiles, on doit se servit plutôt de vaiíìeaux de verre, oude terre vernisez Sc plombez , que de ceux de cuivre ou de léton,lesquels à peine Initient venir les huiles des matières qui tiennent del’aigicur, ou bien à cause que le cuivre a ure qualité semblable, oud’unc occulte vertu & faculté qui est en lui. C’est ce qu’on volt arri-ver aux grains de pépins de raisins, defqucls Fluiise se convertit plutôtdans cette forte de vaisseau , en une verte rou Ue, qu’en exhalation te-nue & aërée, quelque art qu’on emploie [our conduire le feu; maisen la distillation des huiles, des matières odorantes & de laveur aro-matique Sc douce, ou bien qui sont de qualité semblable au cuivre, ilsemble qu’un vailléau de fonte soit plus convenable.
En quel tems l’on doit distiller les huiles , & comment il senti préparerles matières avant que de les distiller.
Ces matières doivent être distillées dans 1e tems de leur meilleuredisposition ; savoir , les semences & choses aromatiques, lorfqu’ellcssont fraîches Sc nouvellement cueillies; car plus elles feront f.niches& récentes, plus elles rendront une huile excellente, & principalementles choses odorantes & aromatiques. Quant aux herbes, il ses fautcueillir loríqu’elles sont en leur grande vigueur; c’est-à-dire, quandelles font en fleurs; que si on les distille plus tard, l’huile qui cn sor-tira sera pour la plus grande partie écumeuse , Sc on n’cn recevrapas tant. Lorsqu’elles seront cueillies en ce tems > il les finit faire lé-cher à l’ombre l’cspacc d’un mois ou deux, afin qu’une portion deleur humeur aqueuse Sc alimentaire soit diminuée, & que l’humeuroléagineuse Sc radicale soit extraite plus pure & plus enticre , afinqu’eìles puillènt être broiées plus facilement. Au contraire , si sesherbes sont fraîches distillées , ou nouvellement cueillies, elles ren-dront allez d’huile, parcc que leur humeur naturelle abondera; maisl’huile n aura pas tant d’cfficace, ni ne iera pas odoriférante : ainsi en-tre cts deux cxtrémrcz on tient une médiocrité.
Or, quand à la préparation des matières dont on peut extraire l’huile.
D I S-
<ZAtcole
il n’est pas befoîn d’ufer d’infusion, ni de putréfaction , ainsi quil’on fait à la distillation des eaux ( comme nous avons dit ci-devant.)Car Finfusion qu’on leur donneroit en eau, ou vin, ou eau-de-vie ,confondroit & mêleroit les propres saveurs Sc odeurs des huiles avecautre chose, & les rendroit plus humides qu’il n’est besoin pour en ti-rer l’huíle pure & sincere. Aussi si vous ses mettez pourrir en un fu-mier de cheval, ou en terre, ou en cendres chaudes, ou en eau bouil-lante , pour en mieux distiller l’huile , suivant les moïens que nousdirons incontinent, vous devez appréhender de communiquer à l’huilequelque mauvaise qualité. Car la matière étant pourrie, il est im-possible que l’huile n’en fente quelque chose, vû qu’elle est une partiede la matière. Quoique l’huile qui est distillée des matières ainsi pu-tréfiées ne fc gâte pas aussi-tôt ; cependant elle n’est pas long-temsfans íc corrompre, & même beaucoup plutôt fans comparaison queles autres huiles, qui sont extraites lans aucune putréfaction précéden-te des matières. C’est pourquoi je fuis d’avis que les matières donton veut extraire l’huile ne soient ni détrempées ni putréfiées, maisfeulement brodées &rédigécs en petits brins, puis pallèes grossièrementpar un crible; ce qui servira autant, même plus que Finfusion ou pu-tréfaction fans piler ou broder. Ajoutez que par ce moden l’on a plu-tôt expécií Faftàirc, Sc que quand on auroit fait détremper ou putré-fier les matières, on n’en tireroic pas trois gouttes d’huile davantageque par le simple broiement.
Le moïen & l ordre quil faut tenir a la distillation des huiles.
Après que vous aurez prépaie la matière dont vous voulez extrairefluiise, & qu’elle sera concassée & rédigée en brins, puis passée gros.fièrement par un crible, jetiez la dans se vailléau de cuivre avec cer-taines inclûtes d’eau de fontaine ; savoir , dix-huit livres d’eau envi-ron pour deux livres pesant de matière, à raison dequoi il faut que1e vailléau tienne douze a quinze ph t;s, afin que la troisième partiedemeure vuide quand la matière Sc Feaii y feront. Cette eau sert àla matière que l’on veut distiller, comme de véhicule à porter ses va-peurs cn haut, Sc à séparer les humeurs par 1e moden de la décoctionqui s’y fait. Vous pourrez augmenter ou diminuer l’eau selon la quan-tité des matières que vous voudrez distilhr, à la charge toutefois quevous mettrez toujours neuf ou dix fois autant d’eau que de matières,Sc que votre vaiíseau de cuivre, ou de ve:rc, ou de terre, ou de tellemat.ere qu’d vous semblera, ait une grandeur proportionnée & con-venable ali qnan ité des matières que vous voudrez distiller; car s’ilétoit trop grand ou trop peste, te íéroit peine Sc frais perdus.
Les deux livres de matières Sel e, dix- huit livres d’eau, font la quan-tité la plus assurée qu’il faut choisir pour en tirer Fluiise alternent Sien abondance. Car si vous en mettez davantage, la longueur du temsvous ennuiera; si vous en mettez moins, a grand peine en tirerez-vous dix gouttes d’huile. En quoi néanmoins II faut sc conduire selonl’expérience des choses, d’autant qu’il y a des matières qui ne rendentpoint d’huile si vous ne ses mettez cn grande quantité, comme estla semence d’anis Sc autres > ainsi que nous déclarerons ci-a i rès enparticulier.
II faut encore remarquer cette particularité, que les herbes deman-dent un plus grand vaisseau & une plus grande quantité d’eau que lessemences Sc aromates pour en extraire l’huile, d autant qu’cn poidségal elles occupent plus de lieu que ne font les semence s Sc aromates;car ces herbes n’étant pas si ramallées mais plus épanduës > elles de-mandent à proportion plus d’eau, de crainte quelles ne sc scellent Scne brûlent dans 1e vailléau de cuivre.
Après que vous aurez mis la matière Se l’eau ensemble dans le vais-seau de cuivre, taillez-les-là tremper cinq ou íix heures, plus ou moins,félon le naturel Sc íubilence des matières, ou fans les faire tremper
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