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DIS.

pcncîànt ce tems, d’autafit que i’ébullition qui se fera dans le ventredu vaillèau, íèrvita d’infusion à la matière. couvrez le vaitleau &l'ajanccz de ion chapiteau, lutcz-lcs fort bien ensemble avec des blancsd’Oeufs & de la farine pétris ensemble sur un drape au, à leur emboiture.

Cela sait, mettez le vaillèau de terre dans le fourneau links deuxverges de fer, & lutez avec de l’argille ou ciment pilé & pétri, le borddu vaillèau de terre avec le bord du fourneau ; après mettez le vaillèaude cuivre bien bouché dans celui de terre, en telle maniéré néanmoinsque d’un fond à l’autre il y ait un intetvale d’environ deux ou troisdoigts: il faut remplir cet intervale d« sablon pur & net, juíqu’auhautdes deux vaisseaux, Sc mème lî on veut jusques au col du vaillèau decuivre; faites que le bec ou tuyau par lequci l'huile dégoûtera, tournevers la droite ou gauche du fourneau.

II faut encore remarquer cette particularité , que ce n’est qu’en ladistillation des semences & aromates qu’il faut lè servir du vaillèau deterre , & du sablon entre-deux , & non cn la distillation des herbes ;car les semences & aromates font dune tilfure plus délicate (ce qu’oncor.noít par leur grande chaleur & sechercíse ) & ia matière qu’ellcsrendent, est aussi plus délicate & plus ferme. Pour cette ration kforce du feu pourroit troubler leur parfaite distillation, c’eíl-a-dire,feioic que la distillation sortirait un peu trouble, même au commen-cement si on nc le moderoit pat ce qu on met entre-deux ; lavoir,le vaillèau de terre & le sablon.

Mais en la distillation des herbes, i! faut mettre le vaillèau de cuivredans le fourneau fans la vaillèau de terre & le sablon entre-deux; d’au-tant que les herbes, à cause de leur solidité Lc substance plus dute^ de-mandent une plus grande force de feu.

D’où l’on peut conduire que les huiles ne peuvent être extraites pardistillation au bain - marie ; savoir , en mettant l’eau bouillante au-tour du vaillèau de cuivre dans un grand chauderon, d autant que ladistillation en seroit plus longue qu’il ne faudroit, Sc n’en seroit j,asplus avantageuse. Car le bain-mane, c'çst-à-dke, lcau bouillante nerend pas la chaleur assez compétc-nre & proportionnée; nuis elle pro-cédé lentement, & l’huile acquiert toujours quelque mauvaise qualité,si on est trop long à l’œuvre, principalement si la matière nef t pointde foi humide, de plus l’huile ne monte qu'àgrande peine, pat ce moienpour venir dans le vaisseau recevant, d autant que la forte lui manque,a cause que l’éau bouillante ne peut pas tant exciter que le feu clair, levaisseau de terre, Lc le sablon entre deux.

Le vaillèau de cuivre étant ainsi accommodé dans le fourneau, ac-commodez à íbn canal ou vaillèau distillatoire , Je vaillèau recevantappuyé fut une petite elcabelle , ainsi que vous votez en la Figure :bouchez l'cmboiture de ce canal & du vaisseau recevant, avec de lapâte & bol arménien , ou du blanc d’œuí & de la farine étendus furun linge.

Allumez ensuite les charbons que vous aurez mis fur la grille, fai-tes un feu lent, & doux pour le commencement, afin d’échaussertout doucement les matières, & jusques a ce que la matière qui estdans le vaisseau de cuivre avec l’eau de fontaine soit bouillante, lansnéanmoins jetter des bouillons qui s’élevent trop contre'le chapiteau,ainsi que nous voions arriver en certaines semences comme i’Anis, kl-qucìles à raiíon de leur substance rate, & de leurviícoíité, jettent desbouillons à force. Si cela arrivoitil íaudro.t diminuer le feu: ou si la di-minution du feu ne pouvoir encore arrêter la fureur des bouillons, ilfaudroit ôter le chapiteau, & remuer ia madère avec un bâton, ainsilemme sc résoudra en vapeur, laquelle peu après sc pourra modeler,arrêter, & dessécher par un feu médiocre, puis il faudra remettre lechapiteau & le luter comme auparavant.

Entretenez & continuez le feu en pareil degré jusques à ce quevous sentiez que la chapiteau est échauffé, alors ou quelque peu au-paravant, fi vous vouiez, emplillez la cuvette qui entoure le rond duchapiteau d'eau fraîche, laquclk rafraïchíssiint le chapiteau, épaissira &lellèrreta 1er vapeurs & esprits de l’huile , qui font très-subtils & très-chaiuis, & les couvcrtira en huile. Quand l'eau froide qui estes la cu-vrtee fera chaude, on la doit lâcher par le canal durefrigeratoire, &eníâ place en verser de la nouvelle.

II est vrai que quelques-uns n’approuvent pas que l’on rafraîchisse lechapiteau avec de i eau fraîche, damant que les vapeurs par ce rafraî-chissement du chapiteau, s’épaissiíknt & reílèrrent trop tót, avantue dc sortir du bec du tuyau : mais retombent dans le vaillèau, oùciechef elles lè rcíòlvent, & à la fin pat continuels épaisillèment&rechutes se consument Sc viennent à néant: ou pour le moins par con-tinuelle ébullítion peu de vapeurs viennent dans le vaillèau recevant,& ces vapeurs si-tôt épaissies ne sortent pas aiíêment: ce qui fait quel’on cn nre moins d'huile des matières, Sc que ce qu’on en tire est unpeu gâté pat la combustion.

C’est pourquoi au lieu de rafraîchissement mis furie chapiteau pourépaissir & resserrer les vapeurs élevées au chapiteau, ils mettent toutauprès du fourneau un tonneau n’aiant qu’un fond au travers duquelils font palier un grand tuyau detain par des trous faits obliquementà ce tonneau ; ce tuyau est emboîté dans le bec ou canal qui fort duchapiteau , bien luté ensemble, Sc s’en va rendre dans 1e vaillèau re-cevant. Ce tonneau est rempli d’eau fraîche > par le rafraîchistèmentde laquelle les vapeurs envolées ou portées du chapiteau en cc tuyaud étain , sont épaissies > reícrrés , Sc eonverties en huile , ainsi ellesdégoûtent aisément dans le vaillèau recevant avec une plus grandecommodité, quantité & bonté, que si elles étoient converties en hui-le dans le chapiteau par le ruifraîchiilement qu’on pourroit lui com-muniquer avec de l’eau froide ; & afin que l’eau ne s’écoule pas dutonneau par les trous par lesquels le tuyau detain traverse, on a soinde les bien boucher. Qui voudra user de ce moien de rafraîchir lesvapeurs , le pourra faire, néanmoins le nôtre n’est pas moins com-mode, utile, ni profitable que l’autre, & n’aporte pas cette incom-modité que l’on dit, ainsi que l’experience enseigne; & au cas qu’oncraignit cette incommodité, il ne faudroit pas remplit la cuvette d’eaufraîche ; mais d’eau qui fût à demi-dede, ou couvrir seulement le rond

Terne I.

D I 8. --y

du chapiteau avec des linges mouillez en eau fraîche, Sc les renou-velles souvent.

Continuez par ce moien votre distillation fans l’interrompte, & en-tretenez le feu de même degré; ou s’il est besoin, vous l’augmenrerezjusqu’a ce que les vapeurs lòicnt épaissies ks unes après les autres, Scque route la liqueur qu 1 elles portent & qui est dans le vaisseau de cui-vre, soit écoulée dans le vaillèau recevant. Ce qu’on reconnoirra quandon verra que de dix-huit livres d’eau, ou environ, on en aura re-çu dix. Sc que les goûtes distillantes ne íè rapporteront plus augoûcni a la laveur des matières : alors il faut cesser de crainte que la ma-tière qui est dans îe vaillèau de cuivre ne s’enflâme, ouncs’attacheàson fond. L’on jugera que la distillation ira bien, & fera cn bon état,si entre les goûtes qui distillent il n’y a presque aucun espace de la chu-te d’une goûte â l’autre, & qu’à grande peine on en peut compter unou deux en nombre, & delà aussi on juge de la quantité & de la for-ce du feu. Par ces moiens k vaillèau de cuivre se vuide en moins dcsix ou sept heures, h la matière s’accorde en fa pesanteur avec l’eau duvaillèau, comme de deux livres de matière á dix-huit livres d’eau.

II faut remarquer en cct endroit que l’huile sort en méme-tems quePeau, Sc que l’eau qui distille avec l’huile , vient non-seulement dusimple; mais aussi de l’eau dont on s’eftservi à faire la distillation: la-quelle à cause de la décoction qu’elle a eu avec le lunple dutant la distil-lation, s’est mêlée par la force du feu dans la matière pilée, de la-quelle on a rapporté la vertu entiere, ainsi que l’on en peut jugerparl’odeur Sc la faveur, qui n’est autre choie que celle du simple. C’estpourquoi cette eau qui distille en méme tems que l’huile, n’est pasde moindre efficace, elle est même de plus grande force, vertu &meilleur effet que celle qui dt distillée des simples par l’alambic, d’au-tant qu’elle sent encore plus fort le simple que les autres que l’on a ti-rés par lalambic. Entre lesquels il n’y a d’autre différence, sinon quel’eau distillée par l’alambic, est celle ^qui par la chaleur du Soleil, a étéintroduite pour l’accroiffement, Sc la nourriture du simple: & l’autrequi est mêlée avec le simple, dont est tiré l’huile est tellement incor-porée & mêlée (par la force du seu) dans la matière pilée, qu’elle enraporue, acquiert, Sc retient toute íà vertu, ainsi que montre la fa-veur & odeur qui est en elle. Certe faveur Sc cette odeur approchentde bien près à celles que l’huile a en soi, quoiqu’il semble que l’huiledevrait retenir toute la faveur Sc odeur du simple, vu que l’huile estcomme Famé & la forme qui donne Fftre au simple: mais enladé-■ coction vehemente du simple. Sc dc l’eau, il lésait une si grande disso-ì lution des parties díssimilaires du simple, que l’odeur & la faveur sontj communiquées á tous les deux: mais l'eau Sc l’huile retiennent, quoiqu’inégaleinent, la saveur & l’odeur du simple. Déplus vous sciez plus, assuré que cette eau a retenu la vertu du simple, auquel elle aura été mê-í lée pour la distillation de son huile, si vous voulez vous donner la peineî de réitérer plusieurs fois la distillation , vous trouverez en elle route‘ l’odeur & la faveur de son simple amassée, comme il arrive à l’eau devie, qui a en foi la force d’une grande quantité de Vin. Pour cela, néc-rosez le vaillèau de cuivre , veríèz-y toute l’eau qui aura été distilléeavec l'huile, disposez & ordonnez tputes choses necdlàires, ainsi qu’onfait à la distillation des huiles d’herbes, quand vous verrez que d’envi-j ron dix-íèpt livres vous en aurez reçu une; savoir, la premiere distilla-tion, il la faudra garder ; car elle aura cn soi amaíle toute la vertu de l’eau,Sc n’aura par moins de vertu que l’huile.

De quelle maniéré il faut séparer l'huile qui est couléeavec l'eau en distillant.

Il est certain que l’huile qui aura été distillée, est une liqueur quxpar le moien & par la force de l'eau bouillante ou elle sera mêlée, au-ra été séparée Sc déracinée de la matière & gardée avec elle, Sc con-duite dans le vaillèau recevant. Et pour cela l’huile fera toujours avecl’eau, non pas toujours en la superficie : car souvent elle est au fond,quelquefois pêk-meie. Si l’huile est plus pesante en égal volume quel’eau, elle sera au bas: s’il arrive que l’huile soit par froideur congeléecomme en nuées ou en petits brins de laine, alors elle sera mêlée avecl’eau. Derechef l’huile ira au tond , iì elle est d’une substance épaùse& bien amatlée, telle est celle de Canell» Sc de Clous dc Gcroflc, Scautres semblable-. H y a des huiles quiíè confondent avec l’eau, pen-dant quelles épailsiíknt par le froid, celle; sont les huiles d'Anis &deFenouil, Sc c’est par une certaine proportion qu’eiies ont avec le poidsde l’eau.

Pour séparer donc l’huile que l’eau a aporté avec soi, il seroit bonque le vaillèau recevant fut un peu pointu par le fond , qu’il eût cnion fond un petit trou qui seroit bouché durant la distillation avec dela cite ou du bon ciment , lequel après ia distillation & que l’eau Scl’huile seroient ìefroidis a Pair sor un trepied, pourroit être débou-ché, si après qu’on a regardé attentivement dans ce vaillèau recevanr,cn voit l’huile au bas du vaisseau recevant : njais le ciment ou ia cire ôtée,l’huile sortha, Sc l’eau demeurera dans le vaillèau, en bouchant ledittrou, si vous l’y voulez conserver.

'Si l’huile va dessus Sc nage sor l’eau, cn débouchant le trou toute l’eause vuideraparlebas, & l’huile s’arrêteraau fond du récipient, siparcasfortuit elle ne tombe plutôt au vaillèau d’en bas que dans la fiole prépa-rée , a quoi il faut bien prendre garde.

Mais si l'huile est mêlée parmi l’eau en façon de nuée, coulez toutel’eau par un linge de lin à Pair froid: & après que la distillation fera re-froidie, l’huile étant dans le linge, il sera aisé de l’amaller avec un cou-teau 8c de la mettre dans une fiole, dans laquelle à la fin, s’il est besoin,on la pourra réduire en subtile liqueur par une moïenne chaleur en lamettant au Soleil, ou for les cendres chaudes.

Si l’huile nage par-deísos la superficie de l’eau, vous la séparerez aufourneau par digestion, avec une cueillere d’argtnt.

Vous pourrez user de quelques autres moiens pour séparer l’huiled’avec l’eau qui l'a porté ; comme par exemple , avec un entonnoirde verre mettant lc coigt vers la pointe & au dessous, Sc faiíànt parplusieurs fois la inétne choie, qui a été faite par le vaisseau recevants

K k savoir.