DOM*
V. Portez-letlr le respect & l’honneur que vous leur âcvcï , dit lemême Apôtre ; & S. Pierre exige de vous que vous les contentiez parvone Lionne conduite , & que vous évitiez de leur donner du chagrin ;ce qui arriveroit fi vous víniez à contredite leurs désirs & résister a leursvolontez, quand elles ne íbnt pas contraires à celles de Dieu, commeon a déja dit ci-deflus.
VI. Qtte ft vous apprenez qu’on leur faste tort en leurs biens, ou qu'ilfe jiaste en la maison quelque chose qui soit contre les bonnes mœurs,nc manquez pas de leur en donnet avis.
VII. Donnez-vous de garde de médire deux , & de découvrir ja-mais aux autres leurs défauts & leur mauvaise conduire; car le Saint-Elprit dit que Dieu a en abomination ceux qui murmurent & qui dé-mêlent dc leur prochain.
VIII. Ne publiez pas des choses qu’ils souhaitent qu on tienne 1e-crettes , & qui pourroient leur faire tort ou leur carrier du déplaisirdr elles croient connues.
IX. Scrvez-lcs plus par affection qu'en vûë de gain, ou par contrainte.
X. ne méprisez point leurs avis & ne'vous en mocquez pas , decrainte que Dieu nc vous en châtie.
XI. Si vous étiez affez malheureux pour leur souhaiter du mal &les maudire , vous ferez les premiers maudits & punis de D.eu.
XII. Adonnez-vous tout de bon au travail pour lequel vous êtesnez , & fuyez avec loin l’oisiveté, qui est la source de tous les vices.
XIII. Lorsque vous entrerez cn íervice, convenez avec le maître oula imitreflè chez qui vous devez demeurer,qu’fs vous permettent devous contester & communier au moins une fois le mois.
XIV. Adorez St regardez Dieu en vos maîtres ou maîtresses, & quandvous leur obéirez > croyez fermement que c’est à Dieu à qui vous obéis-sez. Afin que votre obéissance soit parfaite Sc selon Dieu , elle doitêtre accompagnée de six conditions.
Premierement,quelle soit aveugle , obéissant en tout ce qui n’estpoint péché.
Secondement, simple,c’est-à-dire,fans répliqué,fans examiner lesraisons que votre maître ou votre maîtresse a de vous commander, oude vous défendre telle ou telle chose.
Troisièmement, amoureuse & cordiale, c’est-à-dire > avec affection,íc non avec chagrin & avec tristesse , ni en grondant.
Quattiémemenc, universelle, en tout teins > en touc lieu & en tou-tes choses qui sont commandées ou défendues > comme il a été remarquéei-dessus, parce que saint sacques dit > que celui qui manquera á un com-mandement, ferà criminel comme s'il avoìt transgressé tous les autres.
Cinquièmement, prompte, prévenant leurs commandemcns quandils font cpnnoicie qu’ils veulent quelque choie.
Sixièmement,purement pour plaire à Dieu Sc non aux hommes,{ S. Paul aux Epbefiens ) ne les servant pas seulement lorsqu’ils ont lesyeux fur vous , comme fi vous ne perdiez qu’à plaire aux hommes ;mais faisant de bon cœur , comme des servantes de Jefus-Christ , ceHue Dieu désire de vous.
XV. Plus leur humeur vous paroît fâcheuse, plus ils sont promptsSi colères ; plus ils vous semblent d’un mauvais naturel & difficiles àcontenter , & plus vous devez avoir de joye à les servir; pensez quec’est par un ester de la miséricorde de Dieu que vous entrez en leurmaison , afin de mieux faire pénitence, & qne vous êtes dans un vé-ritable endroit pour vous sauver.
XVI. Tous le* jours avant que de vous coucher,n’oubliez jamaisà dire le Pater , YAve Maria , le Credo , & ses antres prières ; soyeztrès-soigneux de faire votre examen de conscience, c’est-à-dire, à recher-cher les pensées,les paroles & les actions qui ont déplu à Dieu,Sc enquoi vous pourriez avoir transgressé , je veux dire , péché contre quel-qu’un de ses commandemcns > ou de son Eglise.
XVII. Ayez une grande reconnoissance des bien-faits que vous avezreçus des maîtres & maîtrelses que vous avez servis , n’tn parlez ja-mais qu’en très-bonne part, & ne souffrez-pas qu’en votre présenceles autres domestiques en parlent mal-à-propos & avec mépris.
XVIII. Si oa vous reprend de quelque défaut, Sc qu'on vous fasseconnoître que vous n’avez pas bien fait votre devoir , remerciez lespersonnes qui vous feront cette charité.
XIX. Un des plus importans avis,est que vous ayez une grandeestime de l’état ou condition où vous êtes , puisque servir Dieu en lapersonne de vos maîtres , c’est régner ; & de plus souvenez-vous quenotre-Seigneur est venu en ce monde pour servir & non pas pourêtre servi.
X X. Regardez ce divin Sauveur dans vos actions pour l’imiter leplus que vous pourrez,&cette pensée adoucira vos peines3ctravaux,& vous rendra digne d’une récompense infiniment plus grande quecelle que vous pourrez attendre de vos maîtres ou maîtrelses.
XXI. Ne savez-vous pas que Jesu-Christ a dit: Bienheureux sontles pauvres, bienheureux ceux qui souffrent, & que vous serez bien-heureux lorsqu’on vous maudira & lorsqu’on vous persécutera , &que l’on dira toute sorte de mal contre vous pour avoir pratiqué lebien. Mattb. ch. s.
XXII. Souvenez-vous qu’en quelque lieu que vous soyez , Dieuvous regarde & qu’il observe votre conduite,Sc qu’un jour il vous endemandera un bon & fidèle compte.
Avis particulier pour les Servantes.
XXIII. Ne vous entretenez point vainement avec les autre ser-vantes , & ne parlez en aucune maniéré des choses qui se pasteur enla maison de vos maîtres ou maîtrelses , ni d’aucun déiaut que vousayez vû en eux.
X XI V. Nc souffrez aucune Iibetté des personnes d’autre sexe, Sc nepermettez pas qu’on vous touche les mains, sous quelque prétexte quece soit; parce que des petites fautes on en vient aux grandes, commenous l’aprend notre-Seigncur dans l’Evangile .En S. Luc ch. 10 .
XX V. N’entrez jamais fans compagnie cn une chambre où il y aura. Tome I.
DOM. D O NT. DOR*
un homme , que quand la charité ou la nécessité Fextgera, Sc peu dattetout ce teins que vous y sciez, ayez soin que la porte"soit ouverte : s’ily a des lits a taire,que ce soit, s’il sc peut > loríqit’il r.’y aura pointd hommes ; puilque c’est tentefc Dieu que de se mettre dans le danger.
XXVI. Quand vous auriez les gages les plus considérables, & quevous feriez maitrestè, pour ainsi parler,dans la maison où vous êtes»que íï votre mtitre vous attaque cn votre honneur , fie vous poursuitaprès lavoir quitté, sortez de la maison tout d abord & n’attendez pasun moment ; car à quoi , comme vou vùit Jeuis-Christ dans son Evangilede S. Matthieu d». 1 6 . vous servira le garn de tout le monde, si vousperdez votre aine.
XXVII. Ne chantez jama s de chansons mondaines -, & ne dansespas avec les garçons.
Un maître ou une maîtresse qui lira ces avis à lès domestiques unefois le mois, en lèra beaucoup mieux servi.
DO M P TE-VENIN , en Latin Vaicetoxicum ou Afclepias.
Description . C’est une plante dont les tiges , qui s’élevcnc a la hatl-teur dc deux pieds , sont rondes , pliantes , vertes , & s’atachcnt pafse haut aux plantes voisines. Ses feuilles sont semblables à celles dutlaurier, excepté qu’elles lontplus pointues, serines Sc unies, elles nais-sent deux à dçux par intervalles fur les nœuds des tiges & opposées l’u-ne à l’autre. Ses fleurs font menues, minces Sc blanchâtres, elles sontlaites en bassin coupé en cinq quartiers. Leur‘odeur est aíïèz agréable.A ces fleurs fucceden que’ques goullès pointues pleines de bourre blan-che & de semences couchées pat écailles , loulïâttes Sc garnies d’ttncaigrette. Ses racines sont blanches , menues & s’étcndent en rond.
Lieu. Le dompte-venin vient dans les montagnes, & dans les lieuxsecs & pierreux.
Propriétés.. Les racines de cette plante sont excellentes contre 1e ve-nin, d’où la plante a pris son nom : prises en breuvage elles sont admira-bles contre les morsures des bêtes Vénéneuses, leur décoction avec dùchardon béni, prise au poids d’une dragme & demie pendant onze jours „est un souverain remède à ceux qui sont mordus d’un chien enragé : prisetous les jours dans du vin, « est un préservatif contre la peste; enfin le»racines sont sudorifiques Sc provoquent les mois aux femmes.
D O N.
D ON N ER le cerf aux chiens Sc les aunes bêtes , c’est lancer Sifaire découpler les chiens fur les voies.
DOR.
D O R. M I R. De la fituatìon dont -il fau; fe mettre peur dormir .
Pour fe conserver une santé parfaite l’on doit dormir fur le côté droitau premier sommeil, afin que les viandes en descendent plus aisément atifond de i’estomar, qui étant plus charnu > moins membraneux & pluschaud que le dessus, contribué à unecoctìon plus prompte. Si l’on venoisquelques heures après à se veiller on sc tournera sur k côté gauche ; ainsireste de la neit, tantôt liuTun, tantôt sur l’autre.
On prétend que de se coucher sur lestomac la vûë s’affoiblit& 1e ven-tre devient paresseux : fur 1c dos & fut les reins engendre la pierre, cattíàl’épilepsie, les catharres Sc l’apoplexie. C’est pourquoi de toutes les situa-tions la plus faine Sc la plus honnête est de le mettre fur le côté. II -cstvi aìque ceux qui sont sujets à la colique, & qui ont peine a digérer les vian-des, peu vent plus librement dormir fur 1e ventre.
Si-tôr que l’on fera . oHchc, on lè tournera sor le côté droit, ayayr sesjambes un peu pliées Sc retirées : la tête nc doit être ni trop haute, ní tropbasse j caria tête étant trop élevée, onestíujct aux maladies du cet veau ,principalement à la poûmonie, & l’on n*en dort pas (ì à son aiíètlorf-qu’dle est trop balle , on a des songes fâcheux , & le dormir en estbeaucoup troublé. On prendta garde encore dc n avoir point les yeux8c la bouche ouverte, les yeux aí'autant que la vûë en deviendrait cour-te & fossile. Sc la bouche , parce que cela est fort contraire à la fan»té. A l’égard des bras, l’on les tiendra croisez, ou à demi courbez.
Pour exciter le dormir.
Prenez roses communes avec un blanc d’œuf battu, mêkz-les bienensemble & faites-en un bandeau.
Vous pouvez encore faire un bandeau de îa graine dc pavot*
Baume pour faire dormir.
Prenez huile de noix muscade tirée par expression , & onguentpopuleutn , de chacun une once , moëlle de cerf, huile roíát Sc dánénuphar,de chacun deux gros , huile tirée par expression des se-mences de jusquiame Sc de pavot blanc ; extrait d’opium Sc de safran»de chacun deux gros . ambre gtís , musc , civette Sc huile distilée debois de roses , de chacun huit grains.
Pour faire ce baume selon Fart, on délaiera les expressions d’opium Scdc íàfran avec tant soit peu dc bofi eíprit dc vin , puis on lès incor-porera peu à peu sor un très petit feu, avec l’huile de noix muícade»la moëlle de cerf & l’onguent populeum , après quoi on y ajoììter*les huiles ; Sc enfin le musc & l’ambre gris pulvérisez , comme on adit pour le baume apoplectique & incorporé avec la civette.
Ce baume a été inventé pour provoquer doucement le sommeil auXmalades , & pour appatièr les maux de tête , qui accompagnent sou-vent les fièvres continués & quelquefois les intermitentes ; pour cet essecon cn met quelque peu dans les narines & dans les oreilles ; on en oint lesatteres des temples & des poignets, & on en'frotte même la plante despieds ton peut aussi le mêler parmi ses médicamens qu’on employé auxfrontaux secs ou humides ; on en flotte legerement le dehors du singequi doit être appliqué fur le front Sc contenir ses matières du frontal.
Ceux qui ronflent en donnant sont encore fore incommodez, cela
Kkij leur