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EAU.

<se Gérofle, «ne bonne Muscade, une once de Cardamomum, qui-tte grains de Mule, autant d’Ambre gris broie au mortier avec du Su-cre candi, le tout legerement concaliè. Quand le sirop sera fait Sibien clarifié vous le mêlerez avec quatre pintes de bonne eau de viedans un grand bocal, que vous boucherez bien Sc lexpoléicz au grosSoleil durant quinze jours, & vous aurez d’excellente eau clairette.

Le mate qui vous restera de ccs drogues, est bon pour tair e de l’Hy-pocras commun en y ajoutant du Sucre en la maniéré que nous dironsdans le mot d’Hypocras.

Eau admirable pour la pierre , la gravelle , la Colique , la rétentiond'urine, les flegmes , A pour aider a expulser le calcul par le conduit dela verge , pour empêcher la génération de la pierre ou du calcul.

Prenez quatre livres de fraise ou un plein chapeau: deux livres deSaxifrage, tiges Sc feuilles j une livre d’Hedcra terrestris ; une demi-livre de Virga aurca; deux poignées de Sefedi, ou Siler monunum:quatre livres de Sucre candi pilé Sc tamisé ; huit livres d’eau de vie.Mêlez tout dans un grand vase de terre bien bouché & expoi’ez-ledans une cave fraîche pendant qurnze jours. II faut premierement faireun lit dans le vase, d'Hedera terrestris, lavoir de feuilles, sommitez& baies qui s’y trouvent, & un lit de Fraises, un de Virga aurea, & unde Sure candi pilé > & ainíì continuer & agencer le tout, & mettrePeau de viepar-delius; les quinze jours paflez, mettez tout dans unevessie de cuivre avec ion refngeratoire bien lutté, qu’on distille commequand on fart Peau de vie, avec un feu modéré jusques a ce qu’il neíepallèplus tien; vous mettrezl’eau qui ferapalìëedans le récipient oudans une fiole b en bouchée. Avant que de vous en servir vous y ajoute-rez fur chaque livre de cette eau quatre onces de Sucre candi en poudre,& vous Py laisserez d ssoudre pour la rcnd.e plus douce, plus agréableSc plus efficace.

Usage fa dose.

On en donne le matin à jeun une once, trois heures avant que demanger, & l’on peut continuer trois jours de fuite, & à toute heureselon la nécessité; elle se prend par précaution le vingt-huit de la Lunede chaque mois. Quelques Médecins disent qu’il Faut donner cette'eau dans un véhiculé pour aider là vertu á être portée aux rems, maiselle a allez de vertu d’cllc-mêmc fans y rien ajouter, de peur d’aug-menter la caule efficiente de la pierre ou de diminuer la vertu qu’elle ad’oter & d’empêcher la cause formelle, qui sont les deux causes géné-rales qui concourent à la génération des calculs; & cette eau fait mer-veille pour empêcher leur formation. Son effet n’est que peu sensible,cependant il arrive quelquefois que les urines font un peu plus char-gées de fable ou de flegmes qu a l'or dinaire, & quelquefois elles ne lelont point: mais Ion effet ne laille pas d etre rrès-certain & profitable ;ainsi que l’experiencç nous le fait connoìtre tous les jours par ceux quien usent.

Cette eau ne se peut faire qu’à la fin du Printems à cause de la diffi-culté qu’il y a de trouver certaines plantes qui y entrent.

Eau Phagedenique pour les ulcérés. Cette eau est un mélange de Su-blimé & d’eaux de Chaux. Mettez une livre de Chaux dans une grandeterrine, & Pétcigncz avec sept ou huit livres d’eau chaude. La Chauxaïant trempé cinq ou lìx heures & s’étant rassise au fond > versez l’eaupar inclination & filtrez-la. C’est ce qu’on appelle eau de Chaux. Surchaque livre de cette eau on ajoûte quinze ou víngt-grains dc Sublimécorrosif en poudre, qui la font jaunir d’abord; on les agite long-tcmsensemble dans un mortier de verre ou de marbre & l’on íe sert de cetteliqueur pour nettoier les vieux ulcérés, elle mange les chairs superflues.On l’emploie aussi dans la gangrène en y ajoutant de l’eiprit de Vin S:quelquefois de Peíprít de Vitriol.

L’eau de Chaux est dcfficative appliquée extérieurement; on en faitprendre auilì par la bouche mêlée avec du Sirop Violât pour les ulcérésdu poumon & de la poitrine > on en mêle encore dans du Lait qu’onveut prendre pour empêcher qu’il nc fe caille dans Pestomac: la dolède Peau de Chaux est depuis une once jufqu’a quatre, elle caule ordi-nairement beaucoup de soif.

Eau de Noix vertes. Prenez des Noix vertes, coupcz-les par rouel-les, pilcz-les dans un mortier, & distiílez-les à petit feu dans un alam-bic de verre, ou chapelle de gré ou de terre. Gardez soigneusementl’eau qui en sortira dans des bouteilles de verre bien bouchées avec dela cire &du parchemin deflus. Vous aurez soin dc mettre dans chaquebouteille une once de Sucre. Puis vous les exposerez au Soleil durantdouze ou quinze jours ; après ce tems vous les mettrez dans un lieuqui soit un peu frais. U réimporte en quel mois on cueille les Noix vertes.

Vertus fy usage de cette eau .

Mettez trois doigts de cette eau dans un verte, avec quatre fois aiitintde Vin blanc & autant de poudre de Tartre qu’il en faudioit pour cou-vrir un écu. Beuvez ce verre d’eau à jeun deux heures avant que dc man-ger, elle guérit toutes sortes d’hidraj jsies en trente jours. On en peutprendre quand on va fe coucher, pourvu qu’il y ait deux ou trois heuresque I on n’ait mangé.

Eau fiiptique pour arrêter le sang. II faut prendre du Colcotar ou duVitriol rouge, qui reste dans la cornue après qu’on en a tiré Peíprrt,de P Alun b;ûlé & du Sucre candi, de chacun trente grains, de PeauRose, de l'urine d’une jeune personne, de chacun une demi once, del’eau de Plantain deux onces. Agitez le tout enfemle dans un mortier,& puis gardez cette liqueur dans une phiole. Quand on en a besoin onla verse par inclination.

Usage de leau fiiptique. Ûn s’cn sert extérieurement & intérieurementpour arrêter le lang d’une artere ouverte ; il faut tremper dedans unecompresse, l’appliquer fur l’ouvcrture & tenir la main dessus. Et pourarrêter le saignement dunez, íl faut en mouiller un petit tampon Scl’introduire dans le nez. Quand on en prend intérieurement, on lamêle avec Peau de Ccntinode. Elle arrête lesdyílenteiies, les crache-mens de sang, le flux des menstrues & celui des hémorroïdes. La doséest dc uis une drachme juíqu’a deux.

Tome 1,

E A U- r.6;

Eau dacete pour guérir les écci-ellcs , la gangrené, chancre de la touche ,mal de gorge, afcfiemes, éréfipcles , brûlures, engelures fy toutes injïmma-fions. Faites bou.llir deux pots dc bon Vinaigre, mettez au premierbouillon une demi-livre dc Mine dc Plomb dans un íàc de papier, tour-nant avec une e spatule (en ôtant la grosse écume & !e papier qui sur-nage) pendant demi-heure ou environ jufqu’a ce qu’cn mettant unecuillerée dans une talled’eau, elle devienne blanchâtre comme eau cie Sa-von, alors jettez-y cinq chopines dc Vin blancou clairet, L au premierbouillon tirez le tout du feu ; la lîéz-le reposer, après versez par inclina-tion le plus clair dans des vailleaux déterré ou de verre bien bouchés,conservez le marc en un vaisseau bien bouché jusqu’a ce que vous n’enpuissiez plus tir er de liqueur. Le marc p eut servir pour les mêmes maux.Pour les écroiieiles Sc gangrènes on en met furies plaies avec des com-presses. Pour le mal de gorge, on en met dans la bouche pour gargariser.Notez ., qu aux éciouelses fl faut éviter d'y mettre le leu, on n’y metpas même des charpis; la lancette du Chirurgien est un coup mortel.

Eau de vie. C’est un esprit de Vin détrempé dans une grandequantité de flegmes. On fait l’eau de vie par la distillation. On enpeut tirer de toutes sortes de Vins ; cependant il faut plutôt emploierles Vins les moins forts, & ceux qui commencement à fe palier, l’ex-perience a montré que ceux-ci donnoient plus d’eau de vie. On y trou-ve auilì mieux son compte, en ee que ces Vins ne sont pas si chers queles autres. Nous avons pariés fur le mot Distillation, de la ma-*nierde faire l’eau de vie , nous allons rapporter ici quelques-unes desprincipales propriétés de cette liqueur.

Vertus de l’eau de vie.

L’eau de vie seule est capable de guérir plusieurs maladies où l’on aemploie un grand nombre de remèdes. Bile est três-bonne pour lesul cries, elle les nettoie & y fart revenir les chairs. Les echymofes sim-ples se guérissent auilì c.i les frottant d’e,.ude vie. Eli test propre pouries bh.-flûtes & pour arrêter les hémorragies, telle que feroit celle quilinviendioit à celui qui perdrait son sang par la gencive, pour s’étrefait arracher une dent.

On s’en sert pour faire passer la gale opiniâtre par de fréquentes lo-tions fans emploier d autres remèdes.

L’e a U de vie est encore bonne pour les hémorroïdes doulou-reuses accompagnées d’.nflammacion. On frit un Cataplâme avec unOignon cuit & dc l’eau de vie, on applique ce Cataplâme fur les hé-morroïdes, & en deux jours la douleur & inflammation cessent.

Eau dAnis forte, ou eau de vie Anisée. Si vous la voulez fairecomme beaucoup de gens la demandent, prenez un demi-íèpticr d es-sence d’Anis distillée, mettez-le dans trois pintes de très-bonne eau devie, avec une pinte d’eau bouillie: mêlez bien le tout ensemble. Sivous la voulez sucrée, vous mettrez fur le tout une chopine de Sucreclarifié: mais beaucoup de personnes l’aíment fans Sucre ; palier le toutà la chausse, de même que les autres.

Je ne parlerai point ici de certaines autves liqueurs fortes Sc violentes,qui ne sont faites qu’avec de l’espritde Vin, un peu de Sure & quelquesodeurs, comme l’eau d’or, 1e pitre, lc sec, & autres qu’on appellecomme on veut, Sc dont lï.fage est très pernicieux pour la lanté.

Eau de vie de Genièvre, Prenez un pot d’eau de vie : un quarteronde graines de Genièvre : rre.ze grosdeCanelle: douze Clous de Géra-sses : douze grains de Poivre blanc, le tout entier infusez-'e pendanthuit jours á froid, .voûtez ensuite une demi-livre de Sucre, Sc fihrez-le.

Eau de Cerises. Dans une pinte d’eau mettez & écrasez une demi-livre ou trois quarterons de Cerises, íu.vant qu’clles sont bonnes, avecun quarteron ou cinq onces de SucTc : paflez le toutàlachaullèjufqu’àce qu’ii soit bien clair; faites-le refraichir, Sc donnez cette liqueurà boire.

Eau à’Abricots, de Pêches, on de Poires musquées. Dans une pinted’eau mettez six ou huit Abricots, Pêches ou Poires musquées, suivantleur grosseur, ou on en augmente la quantité ou on la diminué. Vousses couperez par morceaux, vous leur donneiez un bouillon dans cetteeau pour en tirer lc goût, & le tout étant refroidi, vous y mettrez m»quarteron ou cinq onces de Sucre ; lorsque ce Sucre sera fondu » vous1c passerez à la chausse jusques à ce quhl soit clair, vous le ferez ra-fraîchir & se donnerez à boire.

Autre Eau à’Abricot. Prenez des Abricots bien mûrs, ôtez-en lesnoïaux, faitcs-les cuire dans de l'eau bien nette, laissez refroidit l’eau ,pallèz-la dans une serviette; mettez dans une pinte d’eau un quarteronde Sucre : elle sc boit le plus froid qu’il est possible.

Eau de Framboije. Prenez des Framboises bien mûres, passez les& pressez-les bien dans un linge, mettez-le jus dans une phiole ou bou-teille de verre découverte, mettez la trots ou quatre heures au Soleil,puis tirez le jus bien doucement, de crainte de remuer la lie qui est aufond; mettez undemi-feptierdejus avec une pinted’eaufraîche, unedemi-livre de Sucre, battez-Ies bien dans deux vailleaux, & lorsque leSucre est fondu, passez-lc tout dans une serviette: elle se boit le plusfrais que l’on peut.

I.’eau de Cerises, de Grenades & de Groseilles fe font de la mémofaçon.

Fau de Jasmin. Prenez une pinte d’eau, raettez-y un quarteron deSucre roïal, une poignée de fleurs de Jasmins ; mettez-le tout tremperensemble l’efpace d’une demi-heure, Si battez les dans deux vailleaux,puis passez ses dans une serviette.

L’eau de fleurs d Orange , de Rose, & de Muscade se sont commecelle de Jasmin.

Eau d’Epine-Vinette. Prenez des grains de l’Epine-Vinette, faites-lcsbouillit un bouillon avec un peu d’eau, paisez-les, prenez le jus, met-tez-en un demi-septier avec une pinte d’eau, un quarteron de Sucre,battez-les bien dans deux vailleaux & pallez-les dans une serviette.

F A U de Coriandre. Concassez de la Coriandre Si mettez-la dans unepince d’eau fraîche avec un quateron de Sure, laitsez-la tremper j ulqu’àce que l’eau en ait bien pris le goût, & paílèz-la.

L1 L’eau