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Le Son mêlé avec du vinaigre & appliqué sur le mal de saint Meinle guérie, & apparie aussi tout* sortes d'inflammations. Son levainavec un peu de sel fait mûrir les apostumes, & les frondes. L'ami-don cuit en bouillie apaise les douleurs de ventre , & arrête la dillen-reríe, trois cuillerées de col de farine de froment à demi cuite, & ava-lée tiède , arrête le crachement de sang.
[Culture du 'Froment.
II est bon de semer le froment dans une terre dont le tempéramentsoit humide , & toujours après qu’il est tombé un peu dc pluie ; car iln’est point sujet à pourrir.
Mais s’il n’a pas ce défaut, il tombe dans un autre inconvénient quine lui est pas mo ns préjudiciable, & qui est de sc convertir en yvraye.
Ce changement de nature ne lui arrrve que lorsque les années fontextrêmement môles; & j’ai vu par expérience > prendre de l’yvrayepour le semer, Sc Tannée suivant aïant été extrêmement lèche, il futchangé en beau & bon froment.
II y a encore une chose à craindre pour le froment, qui est la Nielleou la Bruine, comme on dit en Bourgogne, ce qui est bien pire quel’yvraye : car celui-ci si on ne le mange pas il sert en partie de nour-riture a la volaille : mais celui-là est une espece de charbon, en quoile grain s’est converti, qui ôte non-seulemenc Tabondancc du blé, maisencore qui en rend la forme extrêmement noire , si Ton ne prend lefoin de laver le blé avant que de le mettre au moulin.
Le tems auquel les fromens sont susceptibles de nielle ou de brui-ne, c’est fur la fin du mois de Mai, & jusqu’à ce qu’ils soient preíquemoissonnez. Cette nielle n’est autre chose qu’une matière graile quifort de la terre, & qui montant en Tair sc forme en exhalaisons, quine causent pour Tordinaue les désastres que nous ressentons , que dansl’Eté , qui est la saison où Tair est calme, & pendant laquelle il s’éle-ve beaucoup de vapeurs accompagnées d’exhalaisons, qui produisentcette nielle ou cette bruine dont nous parlons, de la maniéré quevoici.
Ces exhalaisons & ces vapeurs étant donc en Tair , agitées autantqu’il est nécessaire pour faire qu elles montent allez haut, Texpériencea fait jusqu’ici découvrir que ces effets de la nature les séparent lesuns des autres de telle maniéré que les vapeurs qui nc sont composéesque de parties subtiles, sc dégagent toujours fort aisément : au lieu queL s exhalaisons en contenant en soi des matières qui les embarassent da-vantage s , & qui les empêchent par conséquent de s’ékver si haut, nevoltigent jamais que dans la région de Tair la plus prochaine de la ter-re ; d'où il s’en luit que si Tair vient à sc refroidir un peu pendant lanuit, les exhalaisons étant a'une nature à ne pouvoir subsister dans lemouvement ; mais au contraire tendant toujours au repos, elles ontcoutume de fondre les unes fur les autres, & de former par ce moienun brouillard > qui bien souvent venant a íe changer cn une liqueuronctueuse , tombe fur les blés , qui cn sont tout brûlez par les ardeursdu Soleií, qui échaufent cette liqueur de telle sorte, que pour ainsi di-re elle rôti tous les grains de blés quelle rencontre ; ce qui fait la dé-sola.ion du Laboureur : tout ce désastre le produisant ainsi, tandis queles vapeur s sont encore alsez agitées pour restet dans leur même figure.
Voila ce que c’est que la Nielle ou Bruine , comme on voudra dire :& la maniéré dont elle le forme , & comme elle cause les fâcheux dé-gâts, qui la suivent ordinairement. Votez B t A.
Froment d’Inde. C'est une plante dont on distingue plusieursespeces qui ne diffèrent que par la couleur des épis, dom les uns sontjaunes , les autres noirs, & quelques autres blanchâtres.
Dejcription du Froment d’înde. Ií a la tige d’un Roseau remplie demouëile. Son fr uit est un épi en forme de raisin long d’nn pan , aïantlès grains serr ez de tous cotez, unis, ronds comme des poids rangez enligne droite.
Lieu. II croît dans les Indes Occidentales en peu de jours, & sc mois-sonne quatre mois après.
Fropriétez. La farine en est blanche, & on en fait de fort beau pain,mais plus gros & plus visqueux que celui de froment : ainsi il est plusopilatif. Les païl’ans en font de la bouillie avec du beurre & du fro-mage , qui est alsez agréable > quoique pesante à l’estomac.
La farine est ex cliente pour les emplâtres qui mûrissent. Le sucdes feuilles vertes est bon pour les inflammations & éreiìpeles.
F R O N C L E S. Toutes les duretez sc guérissent par les arrochesou bonnes-dames : cet herbe cuite ou crue appliquée guérit les fron-clés Sc toutes les duretez.
Les feuilles d’orvale ou de Toure-Bonne détrempées dans du vinai-gre, & apliquées seules ou avec d u miel, rcfolventles frondes.
Les se trilles de Thorminon sauvage détrempées dans du vinaigre &apliquées toutes seules ou avec du miel, résolvent toutes sortes defrondes.
FRONTAUX. Les grandes inquiétudes que les maux de têtecanlènt ordinairement aux fébiicitans , ont donné lieu à Tinventiondès frontaux, dont il scroit sort difficile de supprimer Tissage. Carquoi qu’on ne puillè pas toujours appaiscrles douleurs dc tête parlafeule application des frontaux, si on n’arrête les vapeurs qui causentces maux ; ces applications néanmoins n’y sont pas inutiles, car enfortifiant le cerveau , elles servent à résoudre > à faire transpirer, ourabattre les vapeurs élevées , à temperer l’ardeur & à en émoussci lapointe.
1. On prépare quelquefois des frontaux avec des médicamens secs,comme sont les rosses, les fleurs de sureau, ou dc nenufar, les fan taux&la coriandre pilez, la betoine, la marjolaine, ou la lavande incisées,les noyaux de Pêchers ou d’abricots écrasez, Scc. qu’on étend, qu’on ap-plarit, & qu’on •enferme dans un linge fin de lepailicur d'un demitravers dc doigt ; enserra qu’il puillè couvrir tout le front & les tem-ples fur lesquels on les applique,les a ant arrosez avec un peu d’eau rose,ou de vinaigre rosat.
F R O. F R U.
II. On se contente aussi quelquefois d’appliquer fur le front & serles temples des linges humectez avec de Teau rose , ou du vinaigrerosat, ou de sureau. On y aplique aussi quelquefois les fouilles vertesde nenufar, de courge, de laitue, de pourpier, ou de vigne, & furtout dans les maux de tête qui accompagnent les fièvres ardentes.Mais on satisfait mieux à toutes les intentions pour lesquelles on pré-pare les frontaux , si Ton y employé les conserves des fleurs, les ex-traits , les semences , les onguens, les poudres, Scies autres matièrespropres, & si aiant fait de ces choses une pâte, & Tarant étçnduë &enfermée dans un linge fin, on Tapplique fur le front & fur les tem-ples , Sc h on l’y laisse quelque-tems; car parce moien la vertu desmédicamens est mieux unie & concentrée , & plus en état de produi-re les effets qu’on en doit attendre. Pour y réussir on peut les pré-parer ainsi.
III. Prenez de la conserve de roses rouges, & de nenufar, de cha-cune six gros, de semence de pavot blanc écrasée, de poudre de troissantaux, & d’onguent de peuplier, de chacun un gros mêlez tout en-semble pour en composer un frontal qu’on apliquera fraîchement furle front & les temples.
I V. Prenez des conserves de violettes, de roses, & de nenufar, dcde chacune demi once, de poudre de trois santaux & de coriandre, denoïaux de pêches bien pilez & de Textrait un peu liquide d’opium, dechacun un gros. Mêlez tout ensemble pour en composer un frontal.
V. On 1e contente aussi quelquefois d’appliquer fur Se front & furles temples un liniment compoiè avec parties égales d’onguent po-pulcum > & d’extrait liquide d’opium, ou de faire un frontal de noïauxdc pêches ou d’abricots bien pilez dans un mortier de marbre, avec en-viron une sixième partie de sel marin & autant de poudre de roses.
V I. On emploie quelquefois les frontaux pour arrêter & divertirles Fixions subtiles & acres qui tombent fur les yeux, en incorporantpartie., égales du bol de levant, de terre sigillée, dc mastic, & de sangde dragon en poudre, avec des blancs d’œufs, & les réduisant en unepâte, que Ton étend fur des étoupes, & qu’on applique fur le front & furles temples.
F R U.
FRUIT. C’est la production que fait un arbre ou une plante tantpour la multiplication de son cfpcce que pour la nourriture de Thom-iste ; le fruit du poirier est la poire, le fruit du pêcher est la pêche, lefruit du fraisier est la fraise, le fruit du chêne est le gland, le fruit dunoisetticr est la noisette, le fruit du niatronicr d'Inde est le marron »le fruit du châtaignier est la châtaigne.
Des Fruits qui font à manger.
On distingue ordinairement les fruits , en fruits à noïau & fruits àpépin , cn fruits rouges, en fruits d’Eté, en fruits d’Automne, & enfruits d’Hiver.
Les fruits à noïau, font les prunes, les cerises, les pêches, &lesabricots. Les fruits à pépin font les poires & les pommes. Les fruitsrouges font les cerises, les framboises, les groseilles. Les fruits d’EtcIon r ceux qui viennent & qu’on mange en Eté. Les fruits d’Autom-ne font ceux qui viennent & qu’on mange en Automne. Les fruits d’Hi-ver lent ceux qui viennent en Automne, mais qu’on ne mange qu’enHiver.
Lts meilleurs fruits & ceux qui font plus en estime , pour les poi-res , ce font les bons chrétiens d’Eté & d’Hiver, le Muscat hâtif gros& petit, le portail, Tamadote, les bergamotes d’Automne & d’Hiver,le íàint lezin , le double fleur, le beíìderi, les beurrez de deux fortes,les messire-jean gris Sc doré, le signé, le tille, les mouil - bouches,la cuilse-madame , les oignons musquez , le rouville, les oranges dediverses fortes, le caillou rosat d’Hiver, le roland, la verte longue,los roussclets, lavirgoulcusc , &c.
Mais après tout il faut greffer & avoir des bons chrétiens d’Hiver ,dix sois autant que d’aurres arbres ; parce qu’outre que ce font les meil-leur fruits de tous fans contestation, c’est qn’ils sont bons dès que vousles cueillez Sc qu’ils se conservent mieux qu’aucunautre jufqu’aux nou-nouvelles, & l’empoi tent par dcsiùs tous les antres fruits pour leurbonté, beauté, &grofleur si prodigieuse, qu’un homme de mérite m’amandé autrefois de Paris, qu'il en avoir dépouillé de trence-deux oncesde péfanteur, fur cc que je lui avoir écrit que j’en avois eu dedix-septonces de poids.
Et j’en ai découvert la raison, c’est qu’il avoir ses arbres au pied descouches à melons > & cet amandement & l’arrosement fréquent qu’onleur donne, faisoit fans doute cet esse t extraordinaire àccs poires. Etcette derniere remarque fait voir en quelque façon la vérité de l’Axio-me de la Philosophie, qui dit, que le chaud St Thumide font les prin-cipes de la génération.
Il y en a qrù estiment qué les fruits greffez fur coignassiersfontplusrudes Sc agrestes au goût que ceux-ci qui font greffez fur franc; je croisque cela est vrai, mais il portent leur indemnité par la grosseur, cou-leur & beauté de leurs fruits fur les autres.
Pour avoir de tous ces beaux fruits il faut qu’ils soient greffez cha-cun scion son elpece.
Entre ces fruits il y en a quatre provinciaux; savoir, le bon chré-tien qui vient de la Touraine, Tamadote dc la Bourgogne, le portaildu Poitou, Sc le s. lezin de T Anjou.
Pour les belles pommes, ce font les reinettes grosses de plusieurs sor-tes, les courts-pendus, les cal vis rouges & blancs, Tapis gros Sc petit,les fenouilles, les passes-pommes, Scc.
II faut que ces fruits soient greffez fur des paradis, pour être ra-vissans.
Les plus estimez entre lis pêches Sc les pavis, ce font les alberges,les pêches perliqucs, celles de Pau & de Narbonne, les violettes, lesbriguons musquez, i’adtnirabk, la madelaine , la bekhevreusc, lesgros pavis, les meliortons, ou mircotons, Scc.
Poiir