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;F U M.

qu il est celui de tous les autres qui kit le mieux fertiliser les terres,parce qu'il est plus gras & a plus de sel que pas un. II est aussi très-pro-pre pour les terres maigres qu’il ne manque point de rendre fécondespar la substance qu'il y répand abondamment.

IV. Du Vanner de Pigeon. Le tempérament de ce Fumier est telle-ment chaud, que qui l'einploïeroit tout d’un coup lans lui laitier palierson feu , mettroit les semences qui le toucheroient en danger d'êtrebrûlées, on ne s’cn fer c aussi qu’avec précaution. Car ou on le mêleavec d'autre fumier moins brûlant, ou on nel’emploïe qu’aprèsavoirété bien reposé, encore n’y a-t’il que deux faisons, savoir l’Automne,& l’Hiver. pendant lesquelles on en peut amender les terres, afinquefa chaleur se trouvant temperée par les humidités qui lùrviennentpour lors. il produiíe tout fessier qu’on en peut attendre. II est aussi très-bon dans les Chenevieres. Mais encore un coup, j’avertis de l’appliquerà propos, autrement il seroit fort dangereux qu’on ne perdit 5c Ion tems& la semence.

V. Vu Fumier des Volailles. Le fumier de la Volaille peut encore fairequelque amendement, approchant presque de la nature de celui de Pi-geon. Je ne conlèille pas de l’emploïer seul ni d’en mettre beaucoupdans une terre, car il est sujet d’engcndrer une grande quantité de Mou-cherons qui Rattachent auxBlés quand il commencent a poussier , leurportant un préjudice notable.

VI. Du Fumier de Cochon. Qui voudroit se servir de ce Fumier seuln’auroit pas lieu d’en eíperer grand profit, il est d’un tempérament froid,d’une substance fort legere, & d’un sel fore médiocre, on ne l’emploieaussi, vaille que vaille, que mêlé avec d’autre fumier, encore taut-ilqu’il soit en bien moindre abondante.

VIL Du Fumier des animaux aquatiques. Les excremens des ani-maux aquatiques ne valent rien, car nous voions par expérience, com-bien leur tempérament froid cause de tteiihté ou ils sont épanchés;c’est pour cette railon que je fuis d’avis qu’on ne s’ea serve point du»out.

VIII. Des excremens des Hommes. II est vrai que les excremens del’homme font plus temperez 8c plus remplis de sels, mais leurjuiantcurfait qu’on ne s’en sert gueres, âmoinsqu’onneleuraic donne du temspour íe repoíèr ; encore ai je vû du Blé contracter la première annéecette mauvaise odeur, 8c celui d’après ne s’en pins reilentir à la véri-té , & fans cette méchante qualité cet engrais ne seroit point du tout ànégliger.

IX. De la marne. Il seroit à souhaiter qu’il y eût partout de la marne,car c’est un amendement qui a tant de vest.'i • qu’un champ qui en estgarni, en dure plus de vingt ans, fans qu il soct besoin a’y en remettrede nouvelle, ni de lui donner autre fumier ; il y eh .1 de plulicurs fortes,lune est blanche, l’autre grisé, & l’autre roussi:, tú'Utes égalementbonnes &aïant la même vertu.

La maniéré demploïer la marne.

Cette espece d’cngrais se tire comme d’une mine de terre, Scestjctef-que aussi dure que de la pierre, & pour lavoir, on est quelquefois obli-gé dc creuf r sort profondément, on ne peut point s’en lervir en cet état,car il faut avant que de l’emploier, qu’elie soit toute dissoute ; & pour larendre telle voici ce qu’il est neceslàire de faire.

On tire d’aboid cette marre du tronc où elle est, & onla metsurunchamp par petits monceaux séparez, tout comme on fait du fumier,puis quelques jours après que le soleil, les pluies 8c le froid les ont pul-vérisez > on l’épanche pour être ensuite mêlée avec la terre par le moïende la charrue; mais il faut que notreprudenceagiílecn ce point, c’est-à dire, qu’on doit consulter le tempérament du fond qu’on veut amender,Sc ne lui donner de ces engrais qu’autant que ion pinson moins de chaleurle permet; car la marne est d’une chaleur extrêmement brûlante, 8cmême quelques précautions qu’on puiílè prendre en cela, on nc laiílépas souvent de voir des Blés Yenir en pecite quantité dans les terres mar-nées.

La première année cet amendement en aïant détruit une partie parfa trop grande chaleur, on ne s’étonnera pourtant pas de cet inconvé-nient, pui que c’est la nature de la marne qui le veut ainsi. Et si l’onpeut prendre cda pour un petit chagrin, on a lieu aussi après de se bienréjouir, puilque pendant dix neuf à vingt ans on recueille dans un champmarné des Blés a foison.

X. Des Cendres. Les cendres de toutes les choses qui se brûlent fontnn amendement qui n’est pas à rejettes ; il seroit à souhaiter qu’on eneût beaucoup pour être mêlées avec d’autre fumier , on verroit queleffet cela produiio t.

XI. Du marc devin. Si l’on veut rend te une terre legere, il n’y a pasde meilleur amendement que le marc de vin, à cause qu’il tient des qua-rtez excellentes & des esprits subtils, dont il a plû a la nature de pour-voir a la vigne plus qu a toute autre plante.

XII. Des Bonis. II n’est pas difficile de faire amas des boues des ruésnon plus que de celles des grands-chemms ; cet engrais à fa vertu parti-culière. On en fait de petits monceaux qu’on laille évaporer & fecher,avant que de les emploïer à fumer les terres, & lorlqu’on l’aplique à untempérament qui lui convient, on est lûr qu’on y réussit merveilleuse-

■ ment bien.

Avertissement. Presque par tout on a coutume de ne fumer lesterres qu’après qu’elles ont eu leurs labours. Le tems de les charrier, estaprès le dernier labour qu’on leur a donné.

Lorl'qu’on méne les fumiers aux terres, il n’est pas besoin, ce meíèmble, de dire qu’il les faut décharger en petits monceaux plus oumoins éloignés les uns des autres qu'on en aura a L ur donner; puisquece seroit faire des leçons qui ne peuvent parortre que fort inutiles: onavertira feulement que quand on voudra l'épancher, il nebudra (.ointtarder de l'enterrer au plûtôt, c’est-a-dire , de ne le point répandrequ’on ne soit prêt á semer la terre ou on J’aura conduit, de crainte quedemeurant trop long-tems, il ne vint a fc delecber par le trop grandhále, ou bien à être lavé par les pluies, s’tleniurvenoitpourlors. Cen’est pas le tout que d’avoit riais ces fumpers en monceaux ou bien enTome I.

F U M. FUR. FUS. z;s

fumeneaux, comme on dit en plusieurs endroits, il faut auparavant quede le couvrir de terre, le bien disperser çà & là le plus également qu’ilíèra possible, dc ne pas lc contenter pour cette opération de jetter cetengrais avec la fourche, il est à propos de ne point dédaigner de le pren-dre avec les doigts pour le séparer l’un de l’autre, & le jetter aussi bienmême fur le champ.

XIII. De la Chaux. Heureux font ceux qui ont des bois & u'es pierresà faire la Chaux, car s’ils font par le raoien de cc bois, des fouts a Chaux»ils amenderont leurs terres d’une maniéré qu’ils auront du Blé en abon-dance: Je connois un particulier digne de foi qui m’a allure des effetsprodigieux de cet engrais. En certains endroits d’Elpagne 6c de Prcardie,on s’en sert. Au reste , il faut que la Chaux soit faite prés des terres qu’onveut ensemencer à cause de la dépense qu’on seroit obligé de faire pour letransport de la Chaux. On la met dans les terres de la même façon quela marne Sc les fumiers qu’il faut répandre ; cet amendement est sembla-ble à celui qu’on fait avec la marne.

XIV. Des Lupins. Je fuis certains des bons effets qu’ils font dans lesplus méchantes terres, même pierreuses. J’en parlerai dans lc mordsLupins. Cet amendement coûte très-peu , & fait de grands effets,on trouve ces Lupins, autrement ccs Pois Loups dans le Dauphíné prèsde Lion.

FUR.

FURET. C’est un Animal allez comm.n en plusieurs endroits,voici la maniéré de le nourrir.

II doit être logé dans un tonneau fur de la paille fraîche qu’on 1 ui chan-gera tous les trois ou quatre jours. Son vivie est pour ['ordinaire du Laiede Vache tout frais tiré, qu’on lui donne deux fois le jour; savoir, uneverrée au matin 6c une autre le loir.

Quand on ne peut avoir du Lait, il faut lui donner le matin un Oeufcru, 6c le soir autant; mais il faut qu’il soit batu, c’est-à-dire que leblanc, & le jaune soient mêlez ensemble.

Toutes les sois que le Furet aura chaffé, vous pourrez metrre un La-pin devant lui 6c en arracher un œil qu’ii mangera, afin de l’encourager,6c lui faire mieux connoitre son Gibier.

Lorsque vous le voudrez transporter, il faut avoir un sac de toile assezgr and pour le tenir de fa longueur, 6c mettre dans le fond une poignéede paille en long pour le coucher.

Quand vous voudrez mettre le Furet dans quelque terrier, il faucprendre garde avant qu’il entte , s’ils font fréquentez des Blereaux ScRenards, de crainte qu’ils ne blessent ou tuent votre Furet; on observe-ra pareillement de ne le mettre pas dans des rochers à cause des trous6c cavernes qui s’y rencontrent ; est le Furet n'«n peut sortir, parcequ’ilne lâute point.

FUS.

FUS AIN ou Bonnet de Prêtre, cn Latin Fvonymus.

Dejcriptton. C’est un ârbre de la grandeur d’un Grenadier, q'p'UÌI*la feuille. IIcommence a pousser au mois dc Septembre, & fleurit àl 1Printems. Sa fleur ressemble aux violettes blanches, de mauvaise odeur :N 1 . 1 c est mal faisante à ceux qui la sentent. Son fruit est rouge, partagé eiiquaté’e > appelle par lc vulgaire Bonnet de Frétre ; il reslèxnble aux Mouf-les de !» Jugeoline. Sa graine est renfermée au dedans. Sor»bois eípálccomme le fruit, quoique plus leger.

Lieu. On trouve cet arbre par tout dans les haies 8c dans les bois. IIfleurit en Avril, 8c le fruit est mûr en Septembre.

Propriétés. Le f ru ct 6c la feuille du Fusain font mourir lc bétail qu|en mange, fur tout les Chevces, s'il ne leur survient un flux de ventre.On dit qu’une personne prenant deux ou trois grains du frv it, fera pur-gée par le haut 6c pat le bas. Là décoction des mêmes grains, si on s’ealave la tête, tend les cheveux blondi, ôte la craíle 6c tait mourir les Poux.

Le fruit séché au four Sc réduit en poudre, tuë aussi les Poux. Qnsesert de bois de Fusain pour faire des fuseaux Sc des lardoires.

F US T ET. C’est un arbre dont on peut distinguer deux fortes;dont la première est appcllée en Latin Connus , 6e l’autre est nommésSumach.

Description de la première sorte de Fustet.

C’est un arbrisseau qui produit plusieurs jetions minces & rougeâtres,beaucoup de feuilles qui font semblables à celles du Therebinthe, ex-cepté qu’elles font plus rondes, Sc plus larges , d’une odeur sorte Se ap-prochant de la Galle. 11 croît à la hauteur de trois , ou quatre coudées.La tige est à peu près de la gr osseur d’un bras, 8c son bois si jaune qu’il sertà teindre le drap jaune. II jette au bout de les rameaux comme un amasde plumes fait en émouchets, de couleur blanche, tirant fur le roux,dans lequel on voie des gonflés longuettes qui tiennent la graine.

Lieu. Cet arbrislèau croie fur le mont Apennen, Sc dans quelques au-tres lieux, cômme en Hongrie Sc en Provence.

Proprietex. Lc Fustet est astringent. La décoction de ses feuilles estsingulière aux ulcérés de k langue, a la luette Sc aux defluxionsdu go-sier, si on s’en lave la bouche; comme aussi aux ulcérés des genitoj-res, si on s'en lave souvent.

Description de la seconde sorte de Fustet.

C’est un arbrisseau qui s’éleve environ à la hauteur de deux coudées;il jette la feuille longue, rougeâtre, dentelée al’entour. Sonfruitestfait comme un raisin, dont les grains sont fort épais. Les feuilles ser-vent a préparer les cuirs.

Lieu. II s’en trouve en Italie, & le meilleur vient d’Egypte. II fleuriten Juillet.

Proprietex.. Les feuilles de cette sotte de Fustet ont la vertu du l'Acacia.Leur décoction noircit les cheveux, on le met dans les lavemens pontles dévoiemens du ventre. Sc on s’en sert en brervage pour le même ef-fet. La gomme dc cet arbre mile dans les dents creuses en ôte toute Udouleur-,

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G.