GEL. G Ë N,
Yòlis prendrez quatre livres de sucre sans être clarifié, que vous ferezfondre avec de i’eau, puis vous le ferez cuire à la forte plume : vousjetterez les quatre livres de groseilles bien épluchées dans le sucre àla plume, & vous les pousserez par dessus un grand bouillon, vousposerez votre écumoire dessus afin que vos groseilles se couvrentdu bouillon de sucre ; & lorsqu’elies auront bouillies sept ou huitbouillons , vous les ôterez du têu, vous les jetterez fur un tamis, enapuiant votre écumoire par deíîûs tout doucement, qu’iln’y reste pointde jus íì on peut : puis vous remetterez ce jus dans la poêle, vous leremetterèz fur le feu, Sí vous verrez avec une cuillère fut uhe assiet-te lorsqu’elle sera gelée.
Et comme ordinairement dans les ménages on veut 1 abondance pi û-tôt que la beauté, vous pouvez mettre fur quatre livres de sucre sixlivres de groseilles bien épluchées, & faire de même qu’il est dit ci-detìus; mais il faut les faire cuire un peu davantage; car la raison leveut, & vous ferez de belle gelée de groseilles: de cette gelée degrofeille vous en pouvez mettre l'épaisseur d'un écu fur vos confituresrouges liquides, cela les conservera, les tiendra fia’ichement, & em-pêchera qu elle ne se moisissent ni quelles ne se candi ssent : vous pou-vez manger le mate de vos groseilles pendant deux ou tiois jours, par-ce que cela est sucré.
Gelée de verjus,
II faut prendre du verjus mur, le mettre dans une poêle à confitu-res avec un verre ou deuxd’eau; lorsqu’il aura pousse un bouilllon, Scqu’il sera amorti, vons le jetterez fur un tamis pour l’égoutcr, puisvous mettrez du sucre dedans, vous le ferez bouillir juiqu’à ce qu’ilsoit en gelée,& les mettiez dans des pots.
Gelée de Femmes »
Aiez des Pommes, coupez-les par morceaux, mette2-les fur le feudans un poêlon avec de Peau, laissez -les bouillir juíqu’a ce qu’ellcssoient réduites en marmelade, alors pallez-les à travers un linge; celafait prenez trois quarterons de sucre pour chaque pinte de décoction,faites bouillir Ic tout à petit feu , laíífcz-le cuire jusqu’a ce que vousvoiez que cette liqueur íbit en allez bonne coníiílancc pour être con-gelée ; & íì vous souhaitez qu’elle soit rouge > vous n’avez qu’à teniren corsant votre gelée couverte, en y ajoutant du vin vermeil. Celavous réussira à souhait.
G E N.
GENCIVE. C est la chair qui recouvrelchaut Jc !d mâchoire in-férieure, dans laquelle font emboêtécs les dents, i.es gencives sont at-taquées de quelques maladies dont la principale est le scorbut.
Le scorbut est fort familier aux Arigloís, & depuis que : ques an-nées les Hôpitaux de France en sont remplis, Pair, Peau & la mau-vaise nourriture y contribuent extrêmement. Les plus sujets à cettemaladie, ce sont ceux qui mangent beaucoup de graille, dc sucrerie ,des fruits cruds, cics choies gluantes, & qui boivent pour Pordinairede la bierre, qui dorment si-tót qu’iis ont mangé, & qui font peud’exercices.
L'on ne s’apercevra pas plûtôt que les gencives s ecorchent, que lesdents commencent à branler, & qu’tlles deviennent noires, que la sa-live est âcie, & salée, que l'ona peine à dormir à cause des douleurs &d’unc ehaleur que l’on ressent par toute la bouche, quil faudra recouriraullî-tót a la saignée souvent réitérée-s’il cn est besoin, Sc ensuite auxfréquentes purgatìons composées avec lc íené, la confection hameen,le luop de roses, l’on dotera ces remèdes suivant les âges, composéesd’agaric , ou avec les tablettes de Cìtro , ou les pilules d’aloes. Dansles intervalts des purgatifs on fera uler de thériaque, ou d’orvkran,& dc fois a autre on emploiera l’une ou l’autre des receptes suivante-.-,pour cn toucher les gencives.
Remedes four le scorbut.
Prenez de la chaux vive, de l’alun, & du verd-de-gtis dc chacunune demi once. Mêlez-les dans une chopine de vinaigre, après douzeheures d’infusìon servez vous-en, soit avec du coron ou du linge, íìnon usez d'eau de cochlcaria, ou d’eau theriacale, ou de sel de corail,ou de la cendre d’huitre à Pécaille, ou de la gomme lacque en Pou-dre j c’est le plus souverain de tous les remèdes. Voyez. Scorbut.
Remede pour les gencives qui saignent.
Mettez du corail en poudre avec du jus de plantain, Sc que l’onSc n frotte.
Remède peur lulcéré des gencives.
Prenez du miel rosat, avéc un peu d’alun brûlé , & frottez-cnl’ul-cere, ou de la poudre de corail, ou du jus de plantain mêlé avec au-tant de gros Vin.
Four les gencives écorchées & pour les dents qui branlent.
Prenez du corail, du bol & du mastic autant de l’un que de l’autre,Lc frôtez-en la gencive, ou bien faites bouillir des feuilles de chêne, deleur décoction; 1 que l’on s’en gargarise, y ajoûtant un peu d’efpricdesoufre ; sinon frottez les gencives avec du jus de plantain, ou avec duthériaque ou du vinaigre de Icille , ou avec de la racine de coulcyrée,ou de fa poudre de brioine.
v GENE S T. C’est un arbrsseau dont on distingne deux efpeces, l’u-ne cstappcllée genest blanc ou piquant, en Latin Scorpius ou Genstapinosa , & l’autre est nommée genest d’Elpagne, cn Latin Genisia juncea®u Genista. Biffante a.
Description du Genest blanc. Le genest s’éleve si haut & íì propre-ment, qu’on le pourroit compter avec les arbres. II poulie plusieursbranches deíquelles s’élcvent une grande quantité de petits brins dé-bats & pointus, qui s'étendent jufqu’à la hauteur d’un pied & de-Tome l
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mì ou deux pieds, & ses brins jettent certaines petites feuilles fai-tes comme celles de la ruë, Sc des fleurs en grande quantité qui (ontrouges par le fond, Sc toutes blanches en haut, lesquelles étant dcprès attachées aux branches, semblent autant de perles destinées pourleur ornement.
Lieu. Cet arbrisseau croît cn Allemegne, en France, «si Italie, e*Espagne , & dans les lieux incultes.
Propriétez. Les fleurs & les semences du genest piquant, fonten usa-ge dans la Médecine ; elles font détersives ci apéritives, elles font don-nes pour les maux de rate , pour provoquer l’urine &pour la gravelic.
Description du Genest d'E/pagne. C’est un arbrisseau qui jette quan-tité de verges tans feuilles, lesquelles font sennes & propres a lier lavigne , il produit une graine qui ressemble aux lentilles, & qui vientdes gonfles, comme les faieoles. Sa fleur est comme celle du violierjaune.
Lieu. Cet arbrisseau naît sur les montagnes & fur les colines» II fleu-rit en Juin > Sc quelquefois plus tard.
Propriétez. Les fleurs du genest d’Espagne purgent fortement paren haut sons aucun danger , tout de même que J’dleborc. L’eau desfleurs est bonne contre la pierre. La graine puée & bûë au poids d’u-r>e ckrei-dragme, purge par bas , mais elle nuit a l’estomac : c’estpourquoi il la faut corriger avec du miel rosat, qu’on y mêle avecdes roses & du mastic. La même purge les flegmes, provoque forte-ment l’urine, rompt les pierres des reins & de la vessie, & empêchequ une matière étrangère ne s’y arrête.
Culture des Genests,
Le genest blanc & le genest d’Espagne se cultivent de la même ma-nière. Ils demandent peu de Soleil, une terre à potager & des arro-iëmens pendant les chaleurs. Ils íè multiplient de semences. On ertmet deux dans un pot, si elles réussissent toutes deux, on en ôte unpied pour le transplanter dans un autre pot. Avant que de planter lasemence on la fait tremper durant une nuit ; pour la faire lever il faucl’expoíer au grand soleil. Les genests font un fort bel effet dans unparterre, Sc iur tout celui d’Espagne.
G E N E S T E.
Description . C’est une plante qui jette des feuilles longues commacelles du lin. Ses fleurs sont jaunes, faites en croiflknt comme le, gonf-lés des Poids. Elle n’a point de pointes comme le genest, auquci elleressemble beaucoup. Elle produit d’une feule lige quantité de vergeslonguis & sennes. Sa graine vient dans les gousses comme celle de lavessie, elle n’a pomt de différence d’avec 1e Genest, si ce n’est que cedernier n’a point dc feuilles, Sc a des épines.
Lieu. On trouve cette plante presque par tout dans les colines & lesbois. Elle fleurit en Mai & Juin.
Propriétez. Elle provoque, subtilise , nuit au cœur & â l’eslomac.L’eau distillée des fleurs elt bonne pour la pierre, auíli-bien que la grai-ne pilée, & bûë au poids d’une demi-dragme; & pour ['empêcher denuire, on la corrige avec la graine de fenouil ou d'anis; elie purgep r en haut & pat en bas, non- feulement les flegmes, mais encore leshumeurs Si les fuperfluitez des reins.
GENEVE. E & GENEVRIER, cn Latin ^ uniperus .
Dejniption. C’est un arbrisseau fort commun, son bois est dur, appro-chant de la couleur rougeâtre, & revêtu d’une écorce rude. 11 pousseune grande quantité de branches. Ses feuilles sont étroites, toujours ver-tes 8c garnies depines. Ses fleurs sont de petits chatons qui na laissentaucun fruit. Ses baies font tondes semblables à celles du Lierre, vertesd’abord & noires quand elles mûrissent, elles renferment trois ou qua-tre graines oblongues > triangulaires. On leur donne le nom de gêné-vrc , ou génie vie.
Lieu, Cet arbrisseau vient par tour dans la campagne & dans les fc ois.
Propriétez. On attribué beaucoup de propriétez à la graine de genc-vie. Elle conserve le cerveau, conforte la vûë > nettoie la poitrine 8cla garde de docteur, purifie la voix, châtie les ventositez du ventre ,.onforte grandement l’estomac & fait bonne digestion. Elle fait soricia pierre, est propre contre la graVclle, 8c fait bien uriner. Elle est Donnecontre la paralysie, contre les tremblcmens des membres, contre !a peste,Y le méchant air, contre les fièvres, spécialement contre la quarte. Elleéchaufe la moële des os , 8c fait bonne bombe. Elle est bonne contreLs extorsions du ventre , sèche ks larmes des yeux, sert a la mémoi-re, fait lc bon sang, fait sortir le méchant par ies urines. Elle chassetoute langueur interíeure du corps, la mélancolie & réjouit. On l’em-ploie contre la goutte froide : elle fait bonne couleur, Si purge tout ve-nin pat urine, préserve de tout mal Sc douleur, fait venu ies fleurs auxfemmes. Elle doit être cueillie entre les deux Notre-Dame d’Août Scseptembre ; elle est pour sors en ía maturité Sc vertu; il faut qu’elle.íbit bien noire.
Usage. On la fera tremper en vin blanc ou clairet 8c autant d’eau devie l’eípace de vingt-huit heures pour qu’elle soit bien enflée, on hfera fecher fur un linge blanc à sombre dans une chambre, puis on lamettra dans une boète, on la gardera 8c conservera pendant deux an-nées > quand on voudra en user, on en prendra depuis lix graius jufqu’àdix, trois fois la semaine matin Sc soir.
Le bois du genévrier est fudorifique, on en mec dans les tisonnes,Sc on cn fait brûler pour préserver du mauvais air. Les dragées dc S.Roch qui sont bonnes pour la peste, font faites dc grains degenévre.On fait un extrait de gcnìevre. Voyez Extrait.
GENIEVRE. VoyeZ ci-destus Genevrier.
GENOU. C’est la partie inferieure 8c antérieure de la cuisse, dan*,l’endroit où elle se joint avec la jambe.
Des maux des Genoux.
II se fait aux genoux un écoulement d’humeurs, soit du cerveau, soitpar l’intemperiedu foie, ou de la rate , ou d’autres parties en manièrede rhumatisme, qui cause des foiblcilës avec de trés-grandes lassitudes.Aux uns elles sont accompagnées dc chaleur, aux autres d’un froid íi
X x extrême
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