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demi. Ces Jeux incisions se peuvent faire devant que (savoir enlevéIccuíson qui esta appliquer, pourvu qu’on ne déprenne la peau du sau-vageon q u'après avoir enlevé J'écuslon ; car il est néccflaire que cetécusson venant à être appliqué, trouve un peu humide la pla-. e du sauva-geon, cette humidité provenant dc la seve qui le doit coler avec cesauvageon; autrement íi la place est seche, la greffe y périt. C’cstpourquoi !e plus sûr est de commencer à enlever l’écuffon devant qued’inciser le sauvageon.
Or pour enlever cet écusson, & particulièrement à l’égard des pê-chers > ón fait set le rameau, à l’endroit où il paroît un bon œil, uneincision semblable à la figure A. qui est à peu près la figure d’un écus-son d’armes de noblcile , d’ou le jardinage "a emprunté ce terme déeuf-Jon ; & ensuite en appuiant un peu fortement du pouce furies cotez decette incision, vers la partie voisine de l’œil, qui est contenu dans l’en-ccinte de l’irci/ion, on Je détache allez aisément du rameau : cela s’en-tend quand la ieve y est abondante ; car si cela n’est pas, fût-ce mê-me cn fait de pêches, il saut enlever l’écuilon avec un peu dc bois ;ce qui se faic tn coulant le greffoir au délions de l’écorce depuis latête de l’éculîon jusqu'a la pointe, & mordant un peu dans le bois,fur tout à l’endroit de l'œil.
A Pégard des écullòns de fruits à pepin, on ne sautoir gueres lesenlever d’une autre façon qu’avec un peu de bois. Quand lccui-íon est détaché de son rameau, on regarde ausfi-tôt si le germe in-térieur , qui est le canal par ou se communique la seve pour la nour-riture de l’œil & la production d’une nouvelle branche , est resté,comme il le faut absolument attacher à l’é.ufl'on enlevé ; & celaétant on met a sa bouche ccr écuíîòn , en le tenant seulement avecles sevrés par la queue des feuilles qu’on lui a laisse; la salive pour-roit lui faire tort, & cependant avec 1e bout appluti du manche dugreffoir on déprend petit à-petit & adroitement , sans lien déchirerla peau des deux cotez le long de l’inciíion , prenant soin que l’in-cision vers la pointe loir un peu plus longue que l’écuíson enlevé ,& au/lì tôt reprenant de la bouche cet écusson , & présentant la par-tie pointue par après de l’íncision horisontale , on le fait descendrecn coulant tour du long l'incifion, enserre qu’il y entre tout en-tier , & que set tout il occupe pleinement toute Ja place dépouil-lée à la tête de l’incifion; & qu’enfin les cotez de i’écorce qui fontdétachez, viennent ensuite à couvrir tout s écusson hors l’œil : celafrit on prend de la grosse fiasse plate, avec laquelle on lie douce-ment & proprement ensemble lecullon , l’écorce détachée , & labranche, afin de les laite mieux joindre l’un avec J'aurre; & c’est làque finit le mister e des écussons, avec cette différence seulement, quest c’est une greffe d’écuiïon à la pouffe, on ìacourcit fur le champ labranche, ou !a tige qu’on a geste jusqu’a deux ou trois poucesprès de J’éruison, afin que la levé ét mr empêchée démonter plus haut,comme naturellement elle y monteroit, elle soit forcée d'cntrer danscet écusson, & le faire pou lier peu de teins apiès.
■ Lesmirilìersgrcfsezdecettefaçon-la, réussissenttégul'crement mieuxqu’aucuns autres fruinns, & fur tout mieux que f.s pêchers qu’ongreffe à la poulie, soit sor d’autres pêche s, soit fur de vieux aman-diers ; car ils sont sort sujets a y périr ne !a gomme, & cela par unetrop grande abondante de seve, qui étant en Eté dans les arbres qu’ongreffé, & ne pouvant assez trouver d'ilsese par l’ouverrure de l’œil decet écusson, soit par l’.ncision, s’y congelé comme du sang hors desveines, & y détruit entieicmcnt cet écusson.
Si c’est une greffe a œil dormant, on ne ra oureït point sor 1c champni la branche greffée, ni la r.ge greffée, on attend au mois de Mars,suivant qu’il est le uns, que le renouveau fait monter la fève dans lesarbres; & c'est pour lors que ce doit faire ce racourcislèment, semblableà celui qu: a été rem rqué pour la greffe à la pousse , & cela par laméme rasson pour l’un que pour l’autre, bien entendu que devant cetems-la ; c’eff-à dite, pendant l’Hiver, il faut avoir proprement coupé lafilasse qui lioít l’écusìon, sans blesser, autant que faire se peut, l’écor-ce couverte par cette filasse ; car fi on manque à couper ce lien, tou-te la partie liée, & ce qui est: au-desseis d’elesont sujets à périr, fauted’y avoir un pallage seiseíanr a la seve, qui vouloir monter àl’extrc-mité de la branche, & par ce moien toute la peine prise pour greffer,est devenue inutile, pendant que la partie qui est au-deffous dc la grèsie se met à pousser une infinité de jets fimvagesquìneieiTcntde rien.
De lu maniéré de greffer en fente.
III. La meilleur greffe qu’on puisse choisir pour greffer cn fente,est celle qu’on tire dc l’extttmseé des branches vigoureuses d’un arbre,qui est dans son année de rapport, & à laquelle on a conservé du boisde deux seves; c’cst-a-dire, de la seve précédente & de celle de 1 an-née ou l’on coupe la greffe. C’est ordinairement en Février ou enMars eu’on greffe en fente, & c’est aussi en ce temslà qu’on coupela greffe. Si cependant il éioit néctflaire de la conser ver pendant quel-que tems, on l’enteneroit a moitié dans un lieux f ais, qui ne fût ex-pose ni a l’aír ni ait soleil. On peut prendre la greffe de rdle grosseurque l’on veut.
Quand on a bien choisi la greffe qu’on veut enter, on scie k sauva-geon à quatre pouces environ au-ddliis de la terre, ensuite on le fenddu côté où lecorce paroît plus unie & un peu à côté de la moelle.Pour cette opération on sc sert d’un petit coin de bois, qu’il faut laisserdans la fente, juíqu’à ce que l’on ait taillé la greffe St qu’on l’ait ap-pliqué. Enfin après avoir placé la greffe dans ìa fente, on ôte douce-ment le coin en prenant garde dédommager la greise.
Observation sur la maniéré qu'on vient de donner pour greffer en fente.
Quoique la description qu’on vient de faire pour greffer cn fente soitaffezbien suivie, cependant elle peche en plusieurs points allez consi-dérables, & elle ji’a pas toute l’exactitude qu’clle peut avoir. Nous al-
G R E.
Ions examiner les défauts les plus remarquables de cette description.
Elle manque en premier lieu, en ce qu’elle ne fixe point quelle lon-gneur doivent avoir les rameaux qu’on emploie , nous la réglons d’or-dmaire de deux ou trois pouces de long, ouplûtôc nous la réglons furle nombre de trois bons yeux au moins que la greffe doit avoir.
Elle manque en second lieu, en ce qu’elle n’aprend ni à bien tailler,les greffes, ni à les placer si juste dans les seuls endroits qu’il leur faut,que la fève du pied y puisse sûrement entrer. Pour ce qui est de lataille de ces greffes, il faut pour la bien faire, qu’avec une serpette bientranchante, le gros bout soit coupé des deux cotez en forme de coin,& de la longueur d’un bon demi pouce; que des deux cotez qui bor-dent cette figure de coin, on y ait conservé de l’écorce bien adhérenteau bois, que le côté qui doit se trouver cn dehors soit un peu plus lar-ge & plus épais que l’autre qui est en dedans , & que précisémentau haut de cetie écorce conservée pour le dehors, il y ait un bon œilqui soit auflì haut que le bord dc la tige éuonçonnée & que le hautde la fente, Et pour ce qui est dc bien placer ces greffes, il faut quele dedans de chacune des écorces, tant du sauvageon que de la gref-fe, s’affleure, & réponde íì bien l’un à l’autre, que la seve venant dupied, trouve autant de facilité à y entrer dans l’entre-deux du bois Side l’écorce de la tige, ou des branches griffées.
La description manque en troisième lieu, d’avertir que fi la fentene s’est pas faite bien nettement, comme il a:rive assez souvent, ondoit avec la serpette l’approprier, en ôtant ce qui pourroit empêcher 1*greffe d’entrcr librement; & même si on a lieu de juger qu’il y ait àcraindre que la greffe pour être un peu trop menue à proportion del»tige, doive être trop serrée, il est nécellaire d’ôter proprement &bien uniment un peu de bois des deux cotez de la fente; ce bois s’ótcavec la pointe de la se:perte bien tranchante, en prenant de bas cnhaut, & faisant tout cela fi juste & fi conforme à la figure de la bran-che qu’on a taillée pour la greffe en fente, qu’après avoir pose cettegreffe il n’y ait point de jour entre elle & les cotez de la fente, Scque cependant cette greffe tienne íì bien , qu’il ne soit p»s ailé del’ébranler.
La deseription manque en quatrième lieu, en cc qu’clle ne dit pascombien de greffes on peut appliquer sor un méme sujet, & commentle dessus dc la tige coupée doit être préparée : les grosses tiges, oubranches qu’on veut greffer en fente, doivent étie par dessus unies Ltégales de tousses cotez, enlorte que la tête soit horisontale pour y met-tre plusieurs greffes, si elles s’y peuvent ranger, & que 1c sujet le re-quière : les menues tiges, ou branches qui ne peuvent recevoir qu’unegreffe, n'auront qu’une partie de la tête unie; si c’est celle où fera lagreffe, le reste sera coupé en pied de biche.
La description manque enfin, cn ce qu’elle n’explique pas com-ment il faut empêcher que ses injures de l’air , soit les pluies, soitles chaleurs & îa sécheresse , ne portent préjudice aux arbres gref-fez par l’ouverturc des fentes. Surquoi il faut savoir que toutes le»greffes en fente doivent être emmaillotées, sort avec de la simplebauge nouvellement faite; c’est-à-dire, de la terre glaise mêlée d’unpeu de foin, soit avec la gomme préparée à cet effet, & laquel-le est composée de poix noire, grasse, fondue dans un pot de setou de terre, avec un peu de cire jaune; il faut par lc moïen d’unréchaud portatif tenir chaud & liquide cette gomme pour Rappliqueravec une maniéré de spatule de bois ; bien entendu que devancque de mettre ici la bauge ni la gomme , il faut avoir couverttoutes ses-fentes avec quelque écorce, que lur le champ on auradétachée de quelque branche de l’atbre greffé : on en met commu-nément en croix aux grosses tiges, ou branches greffées > pour te-nir ses fentes entièrement couv.rtes , enserre que rien n’y puisseentrer; & comme par dessus la bauge, ou la terre glaise, on y merd’ordinaire un linge qui l’envelope & la maintient fur la tête gref-fée, & que cela peut avoir quelque rapport aux poupées desenrans;de là vient qu’on donne assez souvent le nom de poupée à la gref-fe en sente.
Remarquez que fr le pied ne paroît pas serrer suffisamment lagreffe , rl est a propos de le serrer avec un ozier , enserre quela greffe y soit bien assurée.
Je finis ce qui regarde les greffes en fente, après avoir dit furle fait des coins ce que j’en puis dire , qui est que devant qued’en venir à s’en servir pour ouvrir la sente, il faut que, si c’estune grosse souche , on ait commencé cette sente avec le tranchantd’un allez gros couteau, qu’on ait appliqué fur toute la largeur dutronc, ou de la branche > & fur lequ.l on ait donné quelques coupsdc marteau pour faire entrer ce tranchant un peu avant dans 1cbois, & marquer par ce moïen la fente dont il est question; ses su-jets de médiocre grosseur fe fendent assez aisément avcc le simpletranchant du couteau, fans qu’il soit besoin de coup de marteau.
Or les coins pour être commodes doivent être faits de telle maniè-re que l’une des parties crochues qui est plus grosse, plus longue &plus forte que l’autre, doit servir aux groslcs tiges, & l’autre qui estplus courte, plus mince & plus foible," doit servir pour les petites ti-ges. Lors donc qu’on v. ut emploier ces coins, on présenté dans lemilieu de la sente commencée celui des deux qui paroît le plus pro-portionné à la grosseur du sujet qui est à greffer; & si pour avoir l’ou-verture nécessaire on ne peut enfoncer aflez ce coin , sans y donnerquelques coups de marteau, on lui cn donnera. Enfin la fente étant àpeu près allez ouverte pour y faire entrer les greffes, on n’a qu’àbailler ou hausser de la main gauche la queue de l’outil qui sert dccoin, Sc cependant de la main droite présenter les greffes taillées à l’en-droit où elle* doivent demeurer ; & ainsi on acheve d’ouvrir, s’il enest besoin, ou bien on reserre la fente, quand la greffe ou les greffesfont placées comme elles le doivent être : il n est pas nécessaire de di-re qu’une seule fente sert pour placer deux greffes à l’opposite l’unede l’autre, & fr on en peut placer encore deux, on fait lur la tige uneseconde fente en croix, toute semblable à la ptemiere ; & au surplus
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