; s s
GRE.
GRE.
pas cette Tnaniere de greffer, je m’en fuis bien trouvé; car mes gref-fes ont fort bien repris, & de plus on n’est pas en danger d'éborgnerun écusson : c’cst-à-dire, de laiílèr l’ocil de l'écusson au bois de la greffe ;ceux qui ont quantité d’arbrt s à greffer se serviront de cette maniéré,d'autant qu elle est expéditivc. Trois semaines ou environ après quevous aurez greffé, vous couperez le nœud de votre chanvre, afinquela seve air plus de passage.
L’Hiver étant écoulé, &Tœil dormant commençant à pouffer, vousc-oupevez votre f ' --- -- •>” ^piìnsdel’émflòn.
Ctant CCOUìt , OC 1 UJH uvuuaui wtut— j -
.. _ otre sauvageon trois ou quarte doigts audeilús de l’écuílòn,
vous couperez ansti la filalle par derriere l’écullon jusqu’â l’écorce ; cela
/' -1 _ ■ '■ > i ___
VUU5 _ ^
se sait d’un seul coup de couteau de bas en haut.
Vous noterez point pourtant la filasié dautour de votre écusson, el-le tombera allez d’elle mime, & puis il y a danger qu'en l’ôtant l'onn’abatte le bourgeon, qui est alors extrêmement tendre.
Remarquez qu’un écusson appliqué fur un sauvageon , ou franc, quiest de la grosseur d’un pouce & au deílus > ne poulie pas li bien quelùr un plus jeune, & il est plus facile a déceler.
Il y en a qui écuHbnnenr dès la première seve, mais ilsn’avancentpas beaucoup, car Técullon ne pouilant qu’à la seve d’Août, le jetrùn est pas íî beau que celui de l’asil donnant, damant que bien sou-vent le bois du nouveau jet ne mûrit pas, & l’Hiver venant le faitmourir ; c’est pourquoi vous ne grefferez à la première seve , íï cen’est une grande nécessité. Et en ce cas faites-Ie huit ou dix jours de-vant la Saint Jean, & douze ou quinze jours après la Saint fouis ; sil'écuffon vous paroît bien bon & veut commencer á pouffer, coupez lenœud du chanvre, ou faires une incision audit chanvre par derriere
l’écusson.
i. Pour la fente ou poupée, tout arbre depuis la grosseur du poucejuíqu’aux plus grands , y peut erre greffé: lc temps le plus propre estdepuis le commencement de la nouvelle Lune de Février julqu’à ceque la seve étant trop forte dans les arbres, sépare le bois d’avec l’é-corce , alors vous cesserez de greffer.
Quand vous grefferez en fente > íi c’cft pour faire un nain, il saurscier votre Sauvageon à quatre pouces ou environ près de terre;puisavec la Serpette ôter Iépaiíseur d’un teston du bois oú la scie aura pas-sé, à cause que le trait de scie ne coupant pas nettement, la seve nepourroit recouvrir ce bois greffé, ni la greffé se joindre au tronc, íìiòn écorce n’étoit rafraîchie avec la serpette : cela fait, vous fendrezvotre arbre par h partie où l’écorce vous paroitra la plus unie &mo.nsnoueuse, & vous observerez dc ne pas mettre votre íerpette justementpar le milieu de Qrbre où est le cœur du bois, mais fore peu à côté ;puis vous taillerez votre greffe > en aigrissant tour le vieux bois jusquesau nouveau, en sonne de coin, également de chaque côté, laitìant sesdeux écor.es attachées au bois ; car ii elles ne tenoient au bois, la gref-fe ne vaudroit rien: vous rognerez votre greffe a trois ou quatre pou.ces, plus ou moins, selon la force, d’autant que sur un petit sauva-geon, avec le coin qui sera sait de quelque bois dur, tomme le buis,ìcbene, ou aune, srapant doucement deílus; puis vous poserez vo-tre greffe au bord du sauvageon, en ì’entonçunt jusqu’au nouveau bois,
& faites enserre que les endroits par ou paiíe la levé, qui font entrele bois & l’écorce de i’un & de saucre, se joignent.
Aiant pôle votre greffé, vous en mettrez une seconde deI’autrecô-té de votre fente, observant ce mettre toujours deux greffes a chaquefente, pourvu que vous les puissiez placer fans se toucher ; car ellesrecouvrent mieux leur sauvageon & plus promptement que s’í! n’yen avoir qu’une, à cause que la seve monte également des deux cotez,& ne laiíle mourir le derriere de l’écorcc, comme j’ai dit ei-devant.Ensuite vous couvrirez ce qui reste de la fente entre deux greffes avecun peu deccrce cendre, f ajustant ex. ctement, afin que seau nepu iìéentret dedans, ,:uis vous ferez vet e poupée avec une terre franche &du foin bien délié. Qxlquts-uns par dessus la poupée mettent de lamoullè, & la for,t tenir avec deux écorces de ífule croisées, qu’ilslient avec de folìer au pied du sauvageon, pour conserver d’autant pli.s
la fraîcheur & empêcher seau d’y entrer.
Quand vous grefferez de grands arbres, vous prendrez des branchesles plus unies pour y placer vos greffes ; si elles font grossies vous enpourrez placer quatre, en fendant votre arbre en figure de croix,fans pourtant toucher au cœur de l'arbre : les autres branches quevous ne grefferez point, feront sciées a demi pouce prés du tronc ;puis niant ôté le bois que la scie aura greffé , vous les emmaillor-terez de terre franche, Sc ce aussi long-tems que l’écorce fera a recou-vrir certe plaie pour empêcher le hâle en Eté, & la gelée en Hiver,qui entreroient par le cœur de Tarbre à son grand préjudice. II ferabon de lier quelques échalas aux branches grcífées pour entretenir lesjeunes jets, & les gaven ir des grands vents, jusques après la secondeannée qu’ils seront affermis, & s’il se rencontre quelque branche quipoulie désagréablement vous la couperez , comme aussi le trop debranches qui s étouffent f une l’autre, donnant de l’air au dedans dc
l’arbíe.
Et quand vous grefferez de petits sauvageons qui n’auront pas laforce de ferrer leur greffe, vous les aiderez à la serrer, en les liantprès de la greffe avec quelque petit brin d’osier.
Quoique ci-devant je vous ait dit qu’à vos greffes il y eût du bois dedeux íeves , néanmo.ns vous ne rejetterez pas celui absolument où iln’y en aura qu’une, ni aussi les rogneures de ceux où vous aurez prisdes greffes de deux lèves, car ilssonttrès bons, mais ils portent du fruitplus tard que les autres, & ne chargent pas tant; c’est pourquoi fansnécessité vous ne vous servirez que de ceux de deux fèves.
La greftè en couronne, ou entre le bois Sc l’écorce, ne Cc fait quesûr de vieux arbres, dont [ecorcc endurcie petit souffrir le coin sens êtrefendue, Si lesquels ne feroient pas propres a faire une fente , à cause del’épaisscur de l’écorce, si ce n’étoit à grande peine, & encore y auroit-ilde l’incercítude a la reprise.
Pour greffes en couronne, aiant scié votre arbre à l’endroit où vousle voudrez greffer, & retaillé le trait de la scie jusqu’au vif, particulière-ment à T endroit de l’écorce, vous taillerez vos greffes par un seul côté
en aiguisant, puis vous frapperez un petit coin dc fer entre le bois &l’écorce, Sc aiant retiré votre coin vous y placerez la greffe en renfon-çant jusqu’au haut de l’éguisure.
Vous en pourrez mettre autour du tronc autant que vous voudrez,pourvu que par la trop grande quantité l’écorce ne se fende.
4. Quand a la greffe en approche elle est très-facile à faire , car iln’y a qu a prendre deux jeunes branches, une de franc Sc une de sauva-geon , fans les détacher de leur pied, puis leur ôter â chacun environquatre doigts d’écorce & de bois, jusques approchant du cœur, lesjoindre ensemble le plus proprement qu’il se pourra > les lier avec dachanvre depuis un bout de la taille jufqu’à l’autre, Sc leur laiiîcr ainiìpalier leurs deux fèves; au bout d’un mois ou six semaines, si vousvoiez que le bois grossiste, Sc que le chanvre l’incommode, vous lecouperez fur le sauvageon , en tirant un íèul'trair de couteau, commej’ai dit à l’écuflon. Au commencement de l’Hiver il faudra couper ousevrer le franc de sa mere , & couper le haut du sauvageon à deux pou-ces près de la greffe; ainsi ces deux brins ne faisant qu’un corps, le francprendra la nourriture du sauvageon : vous couvrirez les plaies de l'un &de l’autre avec la cire que je vous enseignerai cí-après.
Vous ne jetterez pas au feu les branches que vous aurez ôtées descoignassievs que vous aurez greffez en fente, car vous en pourrez fairede la bouture, qui dès la premiere année prendra racine , & fera miseen pépinière pour être greffée en son rems ; ce que vous émondezdcvos coignaffieis durant l’Hiver, fera aussi planté en bouture.
Les branches de pommier de Paradis, que l’on appelle fichetí, re-prennent aussi de bouture.
Pour planter toutes sortes de bouturés, vous ferez un petlcraïon, com-me on le dit au mot Pi pin iïre, quiestdelaluuîeur& largeur dufer d'une bêche, puis l'aiant bien épluchée de petites branches, & tail-lée par le gros bout en forme de pied de biche; c’est-à-dire, a deuxcoups de couteau en appointant, vous la coucherez au fond de votreraïon, la plaçant fort près à près, d’autant qu’il en meurt beaucoup, Ssvous ferez sortir le peut bout d’cn haut, purs vous remplirez le raïon,
Si marcherez deílus plusieurs fois en pressent la bouture, & la pilantfort, autrement elle prendroir de l’évent, Sc quand vous labourerezce ne fera qu’avec la binette ; il suffira que l’on empêche l’herbe de le»souffler.
Vous rognerez votre bouture toute d’une hauteur, à trois doigt»près de terre > quand vous verrez que la seve commencera à -, émou-voir , fassant verdir les bourgeons de votre bouture, laquelle ne pouf-fera jamais íì-tet que le plan est en racine.
Remarques fur lit greffe de tous les arbres.
IX. Tous poiriers sc peuvent greffer de quatre façons que j’ai dî-tes , ils viennent merveilleusement bien fur la coignaile, Sc rn écus-son rapportent beaucoup plûtôc, le fruit étant plus beau, plus peint& plus gros que greffé fur le franc, excepté le portail qui manque sou-vent à reprendre lùr la coignaile, Sc veut être greffé fur le franc ; legraccíoli & la val ée y sont très propres , & sï'ls ont été auparavantgreffez fur la coignaile c’est encore mieux, car le fruit en viendraplus beau Sc plus gros.
Sí quelque greffe en écuífon ou en fente fur la coignaffe manqueà pouffer faute d’être reprise, & que vous jugiez qu’elle soit mette,Lissez repousser le sauvageon, il jettera quantité de bois que vous éla-guerez de toutes petites branches , & l’Hiver étant à la fin, vous lesbutterez en forme de grosse taupinière ,1a liant sortir le bout des bran-ches fans les couper: dès Tannée même elles prendront racine, pour-vu que vous aiez soin de les arroser dans les grandes chaleurs, & quevous ne laissiez abattre la terre parles pluies, la relevant à fa prennerehauteur , & si dès farinée même vous trouvez que quelques-unes deces branches soient allez fortes, vous, les écuflonnerez, sinon vousattendiez l’année d’après pour les écustonner toutes ensemble, & ceseront autant d’arbres tous venus que vous planterez en votre pépinièrel’année d’après qu’ils auront pouffé leur premier jet , les séparantproprement de ieur mere, & les taillant au bout de la grosse racineen pied de biche.
Vous observerez dc les greffer à demi pied de haut pour laisser dsla tige á votre arbre, qui prendra chevelure par tout où il fera en-terré.
Si vous avez des meres «signasses, & que vous cn vouliez tirer desjeunes, vous plongerez les branches dans terre, & une année suffirapour les enraciner: si vous en voulez faire des arbres tout d’un coup,vous le pourrez par la même maniéré que je viens de vous montrer;le teins convenable à plonger Sc butter ces branches est à la fin deTHiver.
Les pommiers se peuvent aussi greffer de quatre façons , ils vien-nent fort bien fur le ficher , ou pommier de Paradis, & particulière-ment le calvil y profite à merveille, & est plus rouge dedans quecelui qui est greffé lur le franc.
Il y a quelques Curieux qui greffent le calvil fur le meunier blanc,& prétendent que le fruit Impasse en rougeur tous les auuesqui sontgreffez ou fur franc ou fur ficher.
Les pruniers sc greffent ordinairement cn écusson & cn fente : sivous avez du plan provenant des noïaux, ou des jets que les racinesdes pruniers de damas pouffent hors de terre, vous en ferez de bonsarb.es, car ils chargeront beaucoup, à cause qu’il n’y a aucun prunier,tel qu’il soit, qui charge plus que celui de damas.
La merizette qui est une espece de prunier sauvage, dont le boutdes branches est rouge, n’est pas bien propre à être greffée, car ellerefuse beaucoup de fruit, étant fort incertaine à la reprise.
Les abricots sc greffent en fente & en écusson , fur le plan prove-nant de leurs noïaux, & soi le prunier : le damas blanc, Sc ceux dcmoïen d’œuf, font venir les abricots plus gros que fur les autres sor-tes de pruniers.
Les pêches, presses & pav.es se greffent ordinairement en écussondormant, lur le pêcher, prunier ou amandier; mais le prunier est à
prêt