MAI. MEC.
Il faut faire la guerre auxgros vers blancs, qui dans ce tems-cidé-tiuiient les fraisiers & les laitues pommées: il faut auffi ôter les che-nilles vertes qui mangent entièrement les íuilles de groseilles, & fontpar-la périr les grosciíers.
Il faut aussi a la fin de Mai éclaircir les ncincs, qui Ievent trop drues,& replanter ailleurs les arrachées j savoir, bêtes-ráves, panais, &c.
Ouvrages qu il faut faire au jardin des fettrs dans lé mois de Mai.
On transplante les cyclamehs automnaux, si on les veut changer deplace ; car il n’est pas nécellaire autrement.
En ce mois la graine d'anemone 1 e trouve mûre, qu’il faut recueil-lir Sc garder en heu sec , jufqu’au rems qu on la doit semer.
L’on départ les Giroflées musquées doubles, dites Julianes, pour lesmultiplier.
L’on seme diverses fortes de graines de plantes annuelles pour enavoir des fleurs tout le long de l’Eté ; comme de souci double, thlaspi deCandie , muscipula , scabreuse veloutée, cyanus de toutes sortes, &pensées des Jardins.
Les iris bulbeux fleurissent vers la fin de ce mois ; lorfqu’ils font fleu-ris on coupe leurs tiges que l’on fiche en des pots pleins de terre &qu’on tient ainsi en une salle fraîche, les arrosant tous les jours d'eaufraîche : tout cela pour les faire durer plus long-tems. On le peut aussi-tôt qu’ils seront replantez.
A la fin de ce mois l’on commence à déplanter les tulipes plus hâ-tives qui font dellecliées.
L’on couvre les autres comme au moií précédent pour les préser-ver > principalement des pluies trop fréquentes qui les endommagent.
Pendant tout ce mois il est bon de marcoter les Giroflées jaunes,soit en plantant des boutures par tout où l’on veut, soit en couchantdes branches qui tiennent encore à la plante.
Les Curieux d’œillcts, pour en avoir dédoublés, fement vers le y.6. 7. 8. de la Lune de Mai, leurs bonnes graines dans des terrines,ou dans des bacquets, asin qu’au moins elles soient germées devant lapleine-Lune : cette Lune est quelquefois en Juin, Sc d’ordinaire enMai ; il faut que ce plant devienne allèz fort pour être au mois deSeptembre , replanté en pleine terre, enserre qu’ils aient repris terreavant l’Equinoxe ; d’aurres se contentent de semer leurs graines avantl’Equinoxe.
Un plante des marguerites, des oreilles d’ours, Sc des narcisses blan-ches doubles, quoique tout en fleurs, cela ne les empêche pas de bienreprendre.
Labourage du mois de Mai.
Les foins d’un Pere de famille, ou d’un Laboureur pendant le moisde Mai, doivent ctre de tondre les brebis, sarcler les blés, & de con-tinuer a labourer pour la premiere fois les terres qui ne le feront pasencoie , & de veiller toujours a ce que tout íbit en état dans fa mai-son.
Mats. C'est ce qu’on appelle Blé de Turquie. Voyez, Blé.MEC.
M É C H O A C A N. [ C’est une efpece de Convolvulus d’Amétique,& non pas de Bryone, comme on lereconnoit aux observations queC'jtjius , Marcgrave, Sc Herman en ont faites: fa racine a plus d'unp.ed de longueur ; elle est par dehors cendrée ou brune, & par dedansblanche & résineuse ; les tiges qu’elle poulie sont farmenteufes & lon-gues , lesquels on est obligé d’attacher à des perches pour les soutenir, àmoins que la plante ne croisse proche des arbres, aulquelsellespuiiseíelrcr d’clle-mcme,- les feuilles qui garnissent ces tiges approchent parkur figure de celles du Convolvulus ou Liseron; mais elles sont plusgl andes Sc formées en coeur : les fleurs sont en cloche de couleur dechair, pourprées par dedans , avec un pastille qui se change en unecapsule où font contenues des semences triangulaires, & de la gros-seur d’un poi . Toute la plante rend du Laie. On l’appclle autrementRhubarbe blanche , & encore Scammonée ou Bryone de l'Amérique.
Lieu. Elle croît dans cette Province de i’Amérique méridionale oude la nouvelle Espagne, qu’on appelle vulgairement Mechoacan, & quia donné Ion nom a cette plante. L’Isle de S. Domingue produit aussiune grande quantité de cette racine.
Les Habitais la coupent par tranches ou morceaux; cette racine doitctre choisie nouvelle, en belles rouelles blanches en dehors & en de-dans legeres, feches > entre mêlées dune écorce ridée : la saveur decette métne racine est douceâtre, avec une certaine acre té qui donnedes nausées; elle a des cercleseomníe la bryone, mais point depuis lecentre jufqu’à la superficie comme le mechoacan, qui d’ailleurs différéde ce qu’il est compacte non fongueux; de plus la racine de bryoneest d’une blancheur qui tire fur le roux, & se ride comme par raïons,elle est d’un goût fort amere, n t feux & empesté, làifant mal au coeur;il faut d’ailleurs prendre garde qu’il ne rendent de la poussière en le cas-sât: t, ce qui marqueroitqu’il feroit altéré ou carié.]
Vertus du Mechoacan.
II purge doucement & fans douleur la pituite & les humeurs séreu-ses, & bien loin d’affoiblir les parties, comme font les autres purgatifs,il les fortifie; il fc dissout mieux avec du vin qu’avec tout autre li-queur, & se donne (ans danger aux vieillards & aux enfans; il est fortbon pour la vieille toux, pour la colique, & pour la vérole.
[ 11 opéré ces effets même avec agrément ou du moins fans dé-goût , n’aiant aucune faveur distinguée ; fa vertu consiste dans le tar-tre, dans le íel armoniac, Sc dans le souffre, vu que par fanatise chi-mique il fournit beaucoup d’acide &de souffre & un peu de sel armo-niac-: il contient moins de résine que le jalap, & sc trouvant propre àdétacher les humeurs épaillcs & visqueuses, & à évacuer les feroíitez,on remploie utilement dans l’hydrodssie, dans la jaunisse, dans l’épi-
M E C MED. ai
lepsie, Jans les écroùelles, dansl’asthme, & dans les maladies véné-riennes.
On le donne aux enfans à la quantité d’un scrupule oudedemidrag-me, & aux grandes personnes au poids d’une dragine entière, oud’une & demie en poudre; mais en infusion dans le vin blanc, ou dansle laie, il se prend au poids de demi once ; rarement le mec-on cuitedans les potions.
II. Prenez méchoacan pulvérisée une dragme, recevez-la dans unequantité de sirop de chicorée suffisante pour en faire un bol.
Prenez poudre de méchoacan deux dragmes, & les jettez dans dixonces de lait bouillant, ajoûtez-y un scrupule de candie ; cuisez legcre-ment, & faites prendre la colature.
III. Infusez dans huit onces d’une décoction apéritive, deux drag-mes de séné mondé, une dragme de sel végétal, avec demi once dcracines de méchoacan, & que le malade en prenne le matin la colature.
IV. . Prenez extrait de méchoacan demi dragme , lcammonée dixgrains, aquila alba douze grains, fuccin pulvérisé & castoreuin quin-ze grains de chaque, formez-en un bol avec fuffiíànte quantité de kuf-ícuilles d’armoile.
Les pilules de méchoacan de la composition décrite par du Renou,remédient à toutes les aff ections qui proviennent d’un débordement delerolitez.
Le méchoacan est emploie dans l’excellenthydragoguede d u Renou,dans l’électuaire hydragogue de Sylvius, dans l’extrait catholique deFrancfort de Schroder , dans l’extrait catholique de Sennert, dans le si-rop hydragogue de Charas, & dans l’extrait catholique de 1 Vichard,Les Anciens ont entièrement ignoré le méchoacan ; & nous en avonsl’obligation aux Médecins & aux Chiturchiens Espagnols qui Pont faitapporter des Indes Occidentales cn Europe.
Le méchoacan a perdu beaucoup de son crédit en France depuis quele jalap y est si commun, & on a de la peine a en trouver chez les Dro-guistes, parce que 1e jalap fait le même effet, & bien plus prompte-ment ; ce qui (àtissait mieux l’impatience que tous les malades ont deguérir; on trouve quelquefois chez les marchands, mais rarement, uncertain méchoacan taillé en la même forme que l’autre, mais plus com-pacte, plus pesant, résineux , moins blanc; ce méchoacan a paru êtrea Mr. Lemeri un jalap plus blanc que le commun, auffi a-t-il la vertude cette racine ; & lui a paru plus purgatif que le méchoacan. ]
MED.
MÉDECINE. C’est l'art dc conserver fa santé ou de la rétablitquand elle est altérée.
Explication de certaines dénominations usitées en Médecine.
Loíqu’on trouve dans quelque recepte les cinq racines apéritivesordonnées, il faut prendre celles d’ache, d’afperges, de persil, do. fe-nouil , & de brufeus.
Les herbes émallientes usitées , sont la mauve, la guimauve, la bran-que ursine, le violier, le séneçon, la betc, la mercuriale, l’atriplex,la pariétaire, & le lis.
Pat les cinq capilaires, on entend l 'Adiantum mgrum , ou vulgaire,le polytrich , le ceterach, Sc la Salvia vìt &, nommée auffi Ruta Mu-raria ; on y ajoute une sixième efpece, qui est la Lingua Cervina , ap-pellée du vinaigre, scolopendre.
Les trois fleurs cordiales font la buglofe, la bourrache & la violet-te , d’autres y ajoutent les œillets & les roses.
Les quatre fleurs canninatives, sonr celles de camomille, de meli.lot, de matricaire, & d’anet.
Les quarte semences chaudes sont celles d’anis, de fenouil, de cumin& de carvi.
Les quatre semences chaudes mineures , sont le persil, Fâche. ledaucus, Sc Famées.
Les quatre semences froides sent celles de courge, de citrouille, dcmelons, & de concombres.
Les quatre semences froides mineures, sont la laitue, le pourpier,l’cndive & la chicorée.
Les cinq ftagmens précieux, sont les hyacintes & émeraudes, lessaphirs, les grenats & les fardoines.
Les quatre eaux cordiales, sont celles de bourrache, de buglofe, d’en-dive & de chicorée.
On leur ajoute celles d ’ulmaria, de chardon - bgiit, de feorsonaire,de morfus diaboli, de hâbleuse , de jcordium , d’ozeille , & a’alléluia.
On ordonne plusieurs fruits qu’on désigne par
Loifqu’on trouve divers médicamens dans une même recepte, &qu’après quelques-uns on trouve le mot de ana , ou a a, c’est-à-dire,de chacun la quantité ordonnée.
Par S. A. ou ex Arte, il faut entendre suivant les réglés de l’Art.
Par Q.S. il faut entendre, autant qu’il en faut, comme lorsque leMédecin remet à la prudence de PApoticaire la quantité de l’eau, du su-cre, du miel, des esprits qu’il faut mettre dans une composition.
Et parce que le Pharmacien doit être l’œil du Médecin,, auffi-bien dansla préparation des remèdes ordonnez, que dans leur exhibition, il esttrès-néceífaire qu’il s’étudie non-feulement à bien entendre les recep-tes & les ordonnances imprimées ou écrites qui peuvent paflêr par sesmains ; mais encore à bien savoir les proportions, Sc les doses dc cousles médicamens, asin que si par'quelque méprise de l’Imprimeur, ou.de celui qui auroit écrit la recepte, les doses ne se trouvent pas justes,ou qu’il lui fût difficile de bien déchiffrer quelque ordonnance mal écri-te , il puiffe lui-même juger des ingrédíens &des doses, les conformerau préceptes de la Pharmacie, & aux ientimens des Docteurs approu-vez , & prevenir les accidens qui peuvent arriver, tant dans la prépara-tion & composition des remedes, que dans leur exhibition.
Mon delsein n’est pas d’infeier ici des listes de divers médicamens,mais seulement de marquer quelle partie-de la plante ou de l’aniinal©n doit entendre, lorsque la plante ou l’animal son t ordonnez sitnple-
C iij ment