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ne les arroserez plus, si ce n’est dans une excessive secheresse quandvous verrez les feuilles se brûler & la plante s'échauffer ; en ce casvous donnerez un peu d'eau d chaque pied languilîanr.
Vous mettrez des tuileaux fous vos Melons, afinqu’ilsse façonnent& avancent de mûrir par la réflexion que le Soleil fait fur la mille, ccqu’il ne feroit par fur le fumier, outre qu’ils seront plus fechement, Scparticiperont moins de la mauvaise qualité du fumier.
Vous ne souffrirez qu’aucun petit jet nouveau tire la feve de la plante;mais vous le rognerez. íi ce n’esl que votre fruit fût trop découvert,
& qu’il eût besoin de quelque feuille pour favoriser ion accroiílèment,de crainte qu’il ne s’échauffè.
La ièconde méthode de transplanter les Melons, est de faire dès lafin de l’Eté des fessiez de deux pieds de haut fur quarte de large, Sc lait-ier une espace de trois pieds entre deux pour jeteer les terres que vousaccommoderez endosd’àne; puis dans le folié vbus y mettrez de bonfumier terrier bien pourri, Sc des cureures de fostez tirées de deux outrois ans, St mûries par les pluies Sc gelées.
Au mois de Mars, l’Híver aïant bien mûri le tout, vous ferez bê-cher 8c bien mêler la terre que vous aurez mis à dos, avec les fumiersbien pourris, 8c remplirez entierement votre folié ; vous empêcherezaussi l’hevbe d’y venir, jusques à ce qu’en la faisan vous y replantiezles Melons en la maniéré qu’on vient de dire.
Si pendant les excessives chaleurs vous volez que vos Melons pâtis-sent par trop de lois, Sc sechauftènt, comme l'on dit, il lira bon deleur donner à chaque pied un arrosoir d’eau, mais que ce ne loir qu'âl’extrême nécessité Sc rarement.
Pour savoir quand votre Melon íera bon à cueillir, vous reconnoì-trez la maturité quand îa queue semble se vouloir détacher du fruit,quand ils commencent à jaunir par délions, quand le petit jet quiest au même nœud se delí'eche, Sc quand en les flairant vous y trou-verez de l’odeur ; mais ceux qui ont coutume d’étre dans les Melo-nieres, le jugent à l’œil, remarquant un changement de couleur aufruit qui le témoigne être en fa maturité , par une jaunisse qui estentre les côtes.
, Les melons qui s’ouvragent ou brodent, font ordinairement douzeou quinze jours a façonner avant que d’étre mûrs ; pour la cueilletteelle fe fera à mesure qu’ils se tourneront ; si c’est pour envoier loin,vous les cueillerez dcsl’instanc qu’ils commehceront à tourner, car ilss’acheveront de mûrir par le chemin ; si c’est pour manger prompte-ment, vous les cueillerez bien mûrs, les mettant dans un sceau d’eaufraîche tirée du puits, Sc vous les Jaillirez rafraîchir comme l’on faitle vin, à cause qu’cn íòrtant de la Meloniere ils sont échauffez du So-leil, Sc feioiént désagréables à manger; les autres que vous cueillerezà mesure qu’ils mûriront, feront polèz fur quelque ais en lieu frais, Scl'crvis selon leur maturité ; vous laillerez à chaque Melon le nœud quitient à la queue , avec deux ou trois feuilles pour l’ornement, Sc vousvous garderez bien d’arracher la queue, car le Melon s’cventeroit ; ilfaut s’alfujcttir a vibrer la Meloniere au moins quatre fois le jour autems que les Melons mûrissiènt, autrement ils fe pasliroient de mûrir,Sc ne leioient fi fiians, maismollallès & pleins d’eau.
Pout choisir un bon Melon, il faut qu’il ne soit ni trop v^t ni tropmûr,, qu’ilsok bien nourri, aïant la queue grossie Sc courte, qu’il pro-vienne d’une plante vigoureuse, qu’il ne loit hâté par la trop grandechaleur > qu’il íoit pelant à la main, ferme en le preflànt Sc non mol-laflc, íec Sc vermeil par' dedans.
Souvenez-vous de réserver les graines de ceux que vous aurez trou-vez bons, Sc les plus hâtifs, Sc les conservez bien ; elle est meilleurede deux ou trois ans que d’un.
Vertus des Melons .
Quant à leur usage, ils sont un peu plus délicats que les Concom-bres, moïennant qu’ils aient la chair ferme Scieur cavité lèche; autre-ment ils sont plus propres pour la nourriture des Chats qui en fontamoureux, ou des Mulets ou des Anes, qui en deviennent gras, quepour le manger des hommes ; toutefois c’est une chose bien éprouvéequ’un morceau de Melon, ou de Pompon mis dans le pot ou cuit avecla viande, la fait plutôt cuire. Les Médecins aussi aflurent que la se-mence tant de Melon que des Pompons couverte de Sure, est un souve-rain remède pour faire uriner, Sc temperer la chaleur des reins.
Les Melons ne íe multiplient que de graine qui est semblable á celledes Concombres, hors la couleur qui est d’un jaune clair aux Melons,& est un peu moins large que l’autre ; elle se recueille dans le ventre desMelons. Votez Graine.
Melon arrêté, Melon noué; c’est-à-dire, Melon qui ausortir de la fleur commence à grossir ; car il en périt beaucoup à la fleur;la même chose se dit des Citrouilles, Concombres, Potirons, Sec.
Melon Brodé, c’est-a-dire, qui fur son écorce a une maniéréde broderie.
Melon Lissé, c’est celui qui n’a point de broderie.
Melon Frâpé, c’est celui qui a quelque marque de maturitéqui (è fait apercevoir > soit aux gens qui voient quelque petit endroitjaunissant, loit a l’odorat quand on sent l’odeur de Melon mûr en apro-chant du nez celui qui est soupçonné d’être frapé.
[MELONIER. Celui qui fait le commerce de Melons; il estpeu d’ulage. On dit, vendeur de Melons.
MELONIERE, en Jardinage, c-st un endroit où on élevé desMelons, Concombres, Sc Salades fur couches, pour les avoir de bonneheure. Les Melonicres ordinairement doivent être placées à labri desvents froids, soit par des murs dont elles sont environnées, soit pardes brises-vents faits de paille avec.des perches mises de travers, Sc letout accommodé comme des Pailaísons.
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MEMBRURE. Sorte de mesure dont on fe sert particulièrementà Paris pour mesurer le bois à brûler.
Tome II.
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MÉMOIRE. C’est une des principales facilitez de l'ame, qui re-tient & conserve en elle ce que l’imagination lui imprime de bien Scde mal, du paflé ou de l’avenir.
La mémoire est le réceptacle des images, des conceptions & despensées; car suivant quelles luisent represcntées & imprimées par 1»fantaisie, elle les retient & les conserve. Les sens extérieurs sont seule-ment capables des objets presens : Le sens commun discerne les efpecesdes choses, tant éloignées que présentés; l'imagination recherche ouinvente les futures , mais la mémoire est la gardienne des pallies.
Les jeunes enfans non plus que les vieillards n’ont pas beaucoup dcmémoire, parce qu’ils abondent en humidité; les adolescent, Sc leshommes à la fleur de leur âge en doivent avoir davantage, à moinsqu’elle ne fe soit aftoible par quelque chaleur, Sc fccherelíè, ou par uneabondance de pituite.
Le défaut de mémoire causé par la chaleur, ou par la sechereífc,n’arrive ordinairement qu’en fuite de quelque fièvre ardente, ou aprèsune longue maladie, ou d’un coup reçû a la tête, ou d’un exerciceimmodéré, ou de beaucoup dç soin 5c*detude, ou pour avoir veillé.
Lorsque la mémoire est blessée, Sc qu’il y a délire, l'hémorragiepar le nez, soudain la rétablit.
Pour remédier premièrement à lasoiblcsse de cette faculté si néces-saire à rhomme, il faudra de nécessité observer la tempérance au boi -re, au manger, enlùitc on tâchera de pratiquer quelqu’une de ce s.ordonnances.
On fera tremper dans la boislòn ordinaire, de la raclure d’Ivoire.
On mangera souvent de la cervelle de Poule, des œufs de Perdrix ,Sc on uleia de la Moutarde à ses repas.
On mâchera à l'entrée Sc au sortir du dîner & du souper de la me-lissie, ou l’on en trempera ou infusera dans son Vin, sinon dans une pin-te d’eau de vie mettez-y infuser une poignée de graines d 'erminum,une poignée de Melisse, de Gingembre, de Muscade de chacun dc-mi-once, une once d’écorce de Citron, demi-Iivre de Sucre ; & dccette liqueur on en prendra 1c matin à jeun, Sc en fe couchant unecueillerée ou deux.
On se frottera une fois ou deux la semaine les temples avec du Fielde Perdrix, ou d*Huile de Castor, ou d'Huile de Brique, ou avec del’eau distillé de feuilles de Lierre, ou bien prenez de la racine i'Aco-rum, de la racine de Valériane, de la racine deBuglose, de la languede Chien, c’est une herbe qui s’appelle ainsi, Sc des feuilles de Ruë,de chacun une drachme; tout cela bien lèche, Sc pulvérisé. & d’étrcnvpé avec une once d’huile de Muícade, deux onces d’huile de Noisettes ,faites-en une maniéré de Baume, Sc en frottez les temples deux outrois fois la semaine.
Ou l’on se lavera la tête & les pieds avec une telle lefcive ; prenezdes feuilles de Lierre, du Romarin, du Laurier, de la Betoine, dcla Meliílè 8c du Sureau, une poignée lì l’on veut de chacune ; faitesbouillit le tout ensemble dans une suffisante quantité d’eau.
On pourra se servir auíïï d’une pomme artificielle qui fortifiera en-tietement le cerveau toutes les fois qu’on la sentira. Prenez du boisd’Aloès, de l’Encens, de la Noix Muscade, des clous de Girofle, dela racine de Pivoine, 8c de l’Angélique, de chacun une drachme, duStorax demi once, du Laudanum une once, de l’Ambre gtis, Sc deMuse de chacun un grain ; mélangez fe out ensemble, Sc en faites unemallè; plus elle sera échauffée en la portant fur foi, ou la tenant à I»main, plus elle aura de senteur.
On observera encore qu’après le repas il ne faut point marcher,ni s’endormir fì-tôt après ; mais s’cxercer a qu cl que chose qui divertissehonnêtement.
On s’abstiendra autant que l’on pourra de boire beaucoup du Vin »Sc de manger de la chair de Porc, ni Oisons, ni Canards, ni Poissions ,ni Fromage, ni Pâtisserie, ni Choux, ni Laitues, ni autre chose in-digeste.
Secret pour fortifier la mémoire.
Prenez le cœur d’une l’HirondcIle, des fleurs dc Romarin, Bourra-che , Buglosc, de chacun deux drachmes, puis prenez de la Canellcfine battue, Noix Muscades, Macis, poudre de Clous dc Gerofle ,Poivre long, de chacun demi-drachme, Musc fin deux grains, SucreRosat de chacun une once ; pulvérisez bien le tout subtilement, puismettez cette poudre avec une once de Sirop Rosat, Sc faites-en unElectuaire, vous en prendrez tous les matins la grosseur d’une noix,Sc vous continuerez un mois.
II. Prenez des Ducats, faites les rougir Sc puis vous les éteindrezdans une chopine de Vin ; il faut la bien boucher jusqu’à ce qu’il soitfroid; avant que d’en boire il le faut palier & le boire dans un verre.
Remède divin pour rétablir la mémoire.
Pcencz d’eau de Betoine, d’eau de Buglosc, d'eau de fleurs de Til-leul, de chacun une livre, d’Eau-de-vie â l'épreuve, demi-livre; defleurs de Romarin, de Roses rouges, de Marjolaine fine, de fleurs deBuglose, de chacun une poignée, des efpeces qui entrent dans la Com-position de la Confection Alkcrme deux onces; aïant grossièrementpilé les fleurs vous les infuserez dans vos dites liqueurs melévs, Sí ellesresteront un mois au Soleil, ensuite vous les distillerez au Bain-Marie ;on en prend tous les matins une cueillerée, Sc vous en frotterez lanuque du cou Sc les temples.
Pour recouvrer la mémoire perdue.
Prenez Souci & Sauge franche, égales parties: mêlez-les dans duVin blanc après les avoir broïcz, Sc donnez-en àfcoire durant íix jouisloir Sc matin,
M E N.
MENDICITÉ. Le véritable moyen d’abolir la Mendicité est dc
D construire