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tic verre, mettez votre pâte blcuë au haut de cette rigole, & LU dessusde la pâte mettez un vase d’eau qui distille sur la pâte goûte à goûte,& alors avec un petit bout de bâton poli vous aiderez à ï’eau à détrem-per cette pâte en la remuant un peu & fort doucement. Le premierazur qui s’écoule goure à goûte est le plus beau ; quand il en vientdu moins beau après, il faut changer pour recevoir un second bleu,après lequel il cn vient encore une troisième qui ne laide pas de servir ;lailléz sécher ces trois fortes d’#utremer, puis les ramassez & les mettezséparément en des petits sacs de cuir blanc.

Prenez une demi livre de lapis lazuli , mettez-le fur des charbonsbien ardens jufqu’a ce qu’il soit tout rouge comme les charbons mêmes ;ensuite éteignez-le dans le vinaigre bien fort, & broiez-le fur un por-phire ou autre pierre bien dure avec eau de vie rectifiée, plus vous lebroierez & plus beau fera l’outremer, laiífez-ie fur le porphire, ou dansquelque vaisseau jufqu’àcequevousaiez fait le pastel pour y incorporerledit lapis.

Pour le faire prenez un quarteron de cire jaune , un quarteron deterebenthine, autant de refîne, & autant de l’huiledelin, faites fon-dre le tout ensemble à petit feu, Sc quand le tout fera fondu, & qu’ilcommence à bouillir, il fera cuit; alors il faut verser le tout dans uneécuelle vernissée, & ce fera le quart d’outremer, duqutl vous prendrezune quantité semblable à celle de lapis, & vous paîtrirez le tout ensem-ble fur le marbre, c’est-à-dire, le lapis & le pastel, lesquels étant bienincorporez, vous les laisserez reposer une nuit, & ensuite pour faire sor-tir l’outremer qui sera dans ledit pastel, versez de l’eau claire dcífus&paîtriísez-le avec les mains comme qui paìtrit de la pâte, alors l’outre-mer sortira & tombera dans une écuelle que vous tiendrez fous vos mainspour le recevoir, & vous le laisserez reposer dans ladite eau jusques à ceque vous voyez que l’outremer soit au fond de ladite eau.

III. Prenez d'huile de lin, de cire neuve, d’arganson de chacun qua-tre onces, de refîne, dc mastic en larme de chacun une once, quatre on-ces de poix de bourgogne, deux gros d’encens, &un gros de sang dedragon, & concassez chaque drogue à part dans un mortier, puis faiteschauffer l’huile de lin Jans une terrine fur le feu jusques à ce qu’il frémis-se : & alors mettez-y vos drogues l’unc après l’autre ; enserre que le sangde dragon soit le dernier infuse, en remuant toujours le tout avec unbâton; enfin vous connoîtrez votre pâte faite, quand elle sera gluanteà vos doigts- comme de la colle, & alors vous y mettrez votre lapis la-zuli , que vous aurez fait rougir dans le feu de charbon, éteint tout ai-dent dans du vinaigre blanc broie fur le marbre, après lavoir laiílé sé-cher & paflë dans un tamis des plus fins, comineonaditci-dessus. Ce-la étant bien incorporé & aiant demeuré vingt-quatre heures fans y cou-cher pour en faire sertir l’outremer, prenez de l’cau de fontaine & nond’autre, & paitriífez bien avec cette eau votre pâte, vous verrez sortirla première teinture de bleu qui est la plus fine & la plus belle ; vous ferezde même jusques à trois fois en paîtriífant toujours avec ladite eau ; enfinpour la dernière opération, faires chauffer de ladite eau jusques ce qu’el-le soit tiede, &d’icelle vous paîtrirez le reste de la matière dont vous ti-rerez les cendres, Sc fi vous voulez jetter le touc dans un aletnbic Sc ledistiller, vous trouverez au fond l’or qui étoit au lapis.

11 y en a qui paitrilsent leur pâte tout d’un coup dans un vaisseau pleind’eau tiede d ns lequel va l’outremer qu’ils laissent reposer vingt-qua-tre heures & plus, ensuite ils vuident doucement l’eau , & l’oucremerse trouve au fond- qu’ils font fecher au soleil; il laifïe auíli Pefpaced un mois le lapis incorporé dans la pâte avant que d’en tirer l’outre-mer Sc met dans ladite pâte au lieu d’huile de lin Sc de térébenthine,seulement dc Phuilc de térébenthine Sc de la poix noire au lieu dc poixde bourgogne, pour le lapis ils 1e íonr cuire, éteindre & broíer dela même façon que les précédentes.

La Luette fine.

Prenez une livre de bon brésil que vous ferez bouillir avec troischopines de lessive faire de cendres dc sarment de vigne jusques à ceque cela soit diminué de la moitié, laífsez-le reposer & le passez, fai-tes rebouillir ce que vous aurez passe avec du nouveau breíìl, de lacochenille & de la terra mérita , c’est-à-dire. seulement demi livrede brcíîl & demi quarteron de cochenille, y mettant encore une cho-pine d’eau claire, qu’il faut faire bouillir de même jusques à la dimi-nution de la moitié de la chopine & la laisser rasseoir, puis la passer ;pour la terra mérita , il ri’cn faut qu’une once, remarquez qu’enreti-rant du feu cette liqueur , il y faut verset une once d’alun calcine Scpilé bien munu & le faire fondre dedans en le remuant avec un bâton,y ajoutant demi gros d’arfenic; ensuite pour lui donner le corps pre-nez deux os de seiche, met;ez-ks en poudre & lesjettezdedans, lais-sez fecher cela à loisir, puis le broiez avec beaucoup d’eau claire, danslaquelle vous lc laisserez tremper, & le passerez par un linge, aprèsquoi vous en serez de petites tablettes que vous ferez fecher liir de lacarte. Si vous voulez faire de la laque plus rouge mettez-y du jus dccitron, & pour îa faire plus brune ajoûtez-y de l’huile de tartre.

Autre Prenez des tondures d’écarlatre,& mettez-les bouillir dansde la lessive de cendres gravelées ou de tartre calciné ; cette lessive a]a propriété de séparer la teinture des tondures decar'atte, quand elleaura bouilli assez long-tems ôtez-là & mettez-y de la cochenille, dumastic en poudre & un peu d’alun de roche, faites cuire encore 1etout puis le passez par la manche deux ou trois fois toute chaude. Lapremière fois il faut presser la manche avec un bâton du haut en bas,ensuite ôtez le marc qui reste dans la manche & la lavez bien, repas-sez derechef par la manche cette matière liquide que vous aurez expri-mée avec le bâton, & vous trouverez aux cotez de 1a manche une pâ-te que vous étendrez fur un carton, ou que vous disperserez cn petitesportions fur du papier & la laisserez fecher.

Laque Colombìne,

Prenez trois chopines de vinaigre distille du plus subtil; une livre de

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brefil de fernambourg du plus beau, coupez-lc par petits morceaux *faites le tremper dans ledit vinaigre pour le moins un mois, ensuite fai-tes-le bien bouillir, le tout au bain marie trois ou quatre bouillons,puis vous le laisserez reposer un jour ou deux, après quoi vous prépare-rez un quart d’alun cn poudre que vous mettrez dans une terrine biennette, vous palserez cette liqueur dans un linge , la faisant couler furl’alun dc vous la 1 aillerez reposer un jour. Après cela faites rechausser1e tout jusques à ce que la liqueur frémisse, laiísez-la reposer vingt-quatre heures Sc préparez deux os de seiche en poudre, fur quoi vousverserez votre liqueur, laquelle doit être un peu chaude, & vous la re-muerez avcc un bâton jufqu’à ce qu’elle s’amorrisse , ensuite lailsez-lareposer vingt-quatre heures, Lc la passez. Remarquez qu’il la faut passeravec l’alun avaur que de la jetter fur l’os de seiche.

Mare de la Laque Colombìne.

Pour faire une belle couleur de pourpre avec lc carmin, pour l’hui-le & pour la détrempe, prenez le marc de la laque colombìne qui tom-be au bas de la fiole où il y a de l’os de seiche, laissez-le secKer Sc broiez-le, il n’y a point de laque fine qui soir si vive, si voas le voulez mê-ler avec la laque vous donnerez plus de force à la laque.

Lc Verd d'Iris.

I. Prenez des fleurs de lis les plus bleues, qu’o» appelle autre*meut iris ou flammes, separez-en le dessus qui est farine & n’en gar-dez que cela, car le reste n’est pas bon, ôtez-en même toute lanervure jaune, pilez dans un mortier ce que vous aurez choisi,étant bien pilé, jettez dessus un peu d’eau trois ou quatre cuillerée*plus ou moins, selon la quantité des fleurs que vous aurez, il faueque vous aiez fait fondre dans cette eau un peu d’alun & de gom-me d’Arabie ; mais fort peu, ensuite broiez bien le tout ensemble,puis le passez dans un linge de toise forte, & mettez ce jus dans descoquilles que vous serez fecher.

II. Après que vous aurez mondé les fleurs de flammes, quevous les aurez pelez Sc que vous y aurez mis un peu d’eau d’alun,comme l'on vient de dire, jettez dessus un peu de chaux vive en pou-dre , comme si on fucroit une salade , elle a la propriété de lui fairechanger de couleur & le purifier ensuite; il faut exprimer le sucdans des coquilles.

III. Pilez-les fleurs d’iris dans un mortier, exprimez-en le jus dansdes coquilles, & semez fur ce jus qui est en chacune un peu d’alun e»poudre, aux unes plus qu’aux autres pour faire de disserens verds.

IV. Pilez de l’alun & concassez de la graine d'Avignon, mélezdes en-semble avec de l’eau, & faites bouillir 1e tout furie feu ou cendres chau-des jusques à ce que l’eau soit bien jaune, puis pilez les fleurs d’irisdansun mortier Sc versez-y un peu de cette eau jaune, selon que vous voudrezrendre le verd clair ou brun, ensuite exprimez ce fucavec une étaminequi soit faite de poil de chevre, car le linge en prendroit toute la couleur,& versez ce suc dans de grandes coquilles qu’il faut mettre au grand so-leil, autrement ce verdie moisit à sombre & devient trop gluant

V. Prenez des feuilles d’iris, hachez-les par perses morceaux Scmettez-les dans un vaisseau de verre ou de faiance, ou encore mieuxdans une boète de cuivre avec de la poudre d’alun & de chaux vive,laissez pourrit 1e tout ensemble pendant dix ou douze jours, étant pour-ri expumez-le dans des coquilles, ckr pour que la couleur de bleu de-vienne verte, il faut plûtôt que la fleur sc corrompe. Le verd est plusvif & plus brun quand on pile simplement les feuilles Sc qu’on ses ex-prime d’abord fans ses laisser pourrir, après y avoir semé de la poudred’alun.

Autre aziec de la fleur de Violette.

Le verd de la feuille de violette de Mars se fait de même ; mais il enfaut une plus grande quantité, Sc ce verd est plus obscur que celui d’iris :remarquez qu au lieu de chaux , on peut mettre de la graine d’Avignonconcallée avec de l’alun, elle est encore meilleure que la chaux pourchanger de bleu en verd.

On peut faire aussi du verd avec des fleurs de pensées de la nié*me façon.

' Verd de Vessie.

I. Prenez de petites graines rouges momai, & remplifsez-en avec unpeu d’alun une vessie de cochon que vous tiendrez pendue en unechambre quelque-tems. Les graines sc corrompant > sc changent encette forte de verd qu’on nomme pour cet effet verd de vessie.

II. Prenez le -fruit de la plante qu’on nomme rbamnus ou de ner-prun, pilez-le dans un mortier & jettez-y un peu d’alun en poudre puisexprimez-en le suc & l’enfermez dans une veille, liez la veille en haueSc iaiísez secher ledit verd qui se durcir.

Stil de grain.

Communément on le fait avec du blanc de Troie, autrement blancd’Efpagne > Lc de la graine d'Avignon ; mais il change, de serre qu’ilest mieux de le faire avec du blanc de plomb ou de cerufe, qu’il fautbroier bien fin en détrempe fur un porphire, dont il 1e faut lever avecune ípatule de bois, & le laisser secher dans une chambre à sombre;ensuite prenez de la graine d’Avignon , metrez-la en poudre dans unmortier de marbre avec un pilon de bois, & faires-la bouillir avec del’eau dans un pot de terre plombé, jufqu’à ce quelle soit consomméeenviron du tiers ou davantage, passez cette décoction dans un linge,& mettez-y la grosseur de deux ou trois noisettes d’alun pour l’empé-cher de changer de couleur; quand il fera fondu, détrempez le blancde certe décoction & reduifcz-le en forme de bouillie assez épaisse, quevous pajtrjíez bien entre les majps; vous en serez des trosssefques,

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