Band 
Hauptband
JPEG-Download
 

MOU.

I X. Ce germe est court & grêle comme la petite pointe d’une épin-gle, rempli d'une petite eau claire, dont 1e formé la mouche peu à peu,somme le poussin du germe de l’œuf, & sort de cette cellule quand ila pris vie Le qu’il a tout les membres formez, comme les petits oiseauxd- leurs coques.

X. Jviais revenons à Tâge de none cire capable de recevoir l’embrion& de contribuer a l’animer & a lui donner vie. La cire blanche par lebout qui regarde le liège fur lequel la ruche est poíêe. n’a qu’un an ;la jaune en a deux > & la noire en a trois. & peut-être davantage ; paríièle:,' trois années on ne peut juger de leur âge que par le petit nombrede mou thés qui restent dans la ruche, comme pallè sept ans on ne juge aujuste de sage des chevaux par les dents, on n’en juge que par d’au-tres signes qui íont peu alìurez.

Àl. Pour voir la cire il saur, comme il a été dit, que Tun se mettederrière la ruche, Sc la renversé un peu tirant vers lui, Sc quel'ache-teur k mettent vis-a-vis,baillant la tête yers la terre le plus bas qu’il puur-U , de peur d’être nique, & qu‘d éleve un peu plus !es yeux vers la ru-che, cela se peur taire lans crainte d’être mordu, si vous fumez un peules mouches ; pour cela il faut prendre un bouehon de foin Jans un potde terre avec un peu de feu, mettre la ruche fur cette fumée un peu derems elle montent en haut de leur ruche ; & quand il en fortiroic quel-qu’une, ehe n'auroic pas la force de darder son éguillonfur cette fumée,qui ne caillera aucun ma! aux mouches, le lendemain elles seront aussivives qu’auparavant.

XII. Voici un autre moïen; la veille qu’on y veuc regarder, on élevela ruche d’un demi pied avec des pierres ou des morceaux de bois, lelendemain à la pointe du jour on la regard, tout a son aise.

Je n’y faifoispas tant de mistere j au plus fort de la chaleur j’y regar-do:s, & je n’en ai prstque jama.s été piqué. Je dirai ci-après ce qu’il fautfaire pours’en garantir d’ordinaírc, Sc raire cellérla douleur qui efterès-cuiúnte quand on est mordu, St empêcher Tenflure: il y a de certaineschdis qui enflent extraordinairement, eníorce qu'on a le visage toutdédguié en un moment.

XIII. Un de m s amis fut contraint de les aller acheter soi-même ;il étoit dans un Pais ou le Païfan est si sot, qu’il s’imagine que c’estune efpece de péJié d; j les vendre, qu’ellcs meurent de regret quand onles sépare , Sc que le Vendeur même meurt peu de rems après ; Sc cepen-dant avec cette grande amitié qu’ilsdisoienc porter a leurs mouches, ilsles moi nt avec la fumée de souffre en l’Automr.e quand ils en rit oient]e miel, ou qu’ils lesportoient au marché pour vendre.

XIV. II tut donc obligé de les aller haranguer pour leur faire voirleur superstition, kur persuader à vendre leurs mouches & ne l.s pastuer. On leur demandoit, qui étoit k pere le plus cruel ou le p,uscha:rt,b!e, celui qui égoigcroition fils, ou qui ie vendroir à une per-sonne qui le chenroic & qui en auroit grand loin ; qu’ils vendoient lesjuches a des Marchands qui cuoienr les mouches devant eux, & qu’onles dévoient conserver chcrement, &c. Ceia joint a un peu de crédit qu’a-voit celui qui fut envoyé pour en chercher, les pc-iïiiaja. Et dans laluire il n’a coît qu’a farte demander a la sortie dés grand’Mellès, quivouloir en vendre, ilsdonnoicnt leurs noms en sortant a mes gens, quiles alloien: visiter.

XV. Pour empêcher de changer les ruches achetées, ni les châtrer jcar il y a peu de fidélité parmi les Paifans, Sc comme il ne faut pas trans-porter les ruches pleines qu’après la Touísaints, pour les raisons qu’onélira ci-après, ilíauc marquer le haut de la ruche de son cacher, avec dela cire d'Efpagnc, & quand on l'emporte pour voir si on l'a châtrée,cela Ce remarque aussi d’abord en la soupesant.

Ce qu’il faut observer principalemen^, c’est qu’il n’en saur acheteraucune qu’eile ne soit toute pleine, dont la tire nc touche presque auliège ; car fi elle n’est pas toute pleine, Tannée d'après elle ne jette-ront pas.

XVI. II ne saur jamais en acheter pour oriner, qu’ciles ne (oientpleines & pesantes, car les fortes pillent les (cibles au Printems&kségorgent, & les fortes deviennent malades souvent & meurent de dri-lentcnc pour s'être crevées du miel de ces pillées fossiles, comme nousdirons ci-après parlant de leurs maladies Sc du moien^i’y remédier &dc les préserver.

Comme en f eut transporter sûrement les Mouches à miel,lorsqu on les achete au loin.

I. Si ce sont des essaims qui soient piochent du li.uoù l’on veut lestransporter, >1 auc enveloper la ruche djine fa viecte de toile bien claire;il y cn a qui font mettre de cette toile de train , dont on fc lert pourpalier la groílè farine.

II. Le soir ou le matin » à la fraîcheur , un homme ou une femmeapporteront ccs ruches fur la tête, comme les femmes portent leurs po-tées de kir.

III. Pour donner du vent aux mouches, car autrement elles étouf-feroient, on poera la ruche fur une planche ronde ou q murée, lurdeux petites tringles de bois de la hauteur d’un pouce ; on verra ci-après en quel lieu il es faut placer en arrivant, Sc comme il ks fautconduite.

IV. Si ks essaims sont éloignez, ils peuvent fe passer de manger,c’est à-dire, d’aller au fourrage pcndanrdeux ou trois jours ; on peut lesapporter fur des chevaux au petit pas, dans des panier s percez pat des-sous où le vent puille entr.r.

V. Pour les ruches pleines de cire & de miel, nous avons dit qu’il

r.e faut ks transporter qu après la Touísaints, que le froid a rafermila cire & le miel pendant la chaleur, k moindre choc renverseroit letour. 4 ,

[ On doit choisir pour cela un rems s’ombre Sí pluvieux, & jamaisquand il gele ; ce transport :e fait cn enveloppant ks ruches dâns des na-rres St ks mettant fur une civière , ou bien passant un tráton par le-- haut du pâmer dans un nœud qu’on a fait avec la nape, &le portantTome I !•

MOU. j t

à deux personnes sor les épaules; ks chevaux ni charettes ne sont pointpropres pour cela. ]

VI. Après la Toussaints on peut apporter ces ruches pleines de cent& deux cens lieues loin, si ott veut, enveloppées comme ks dlaims »dans des paniers fur des chevaux, vaiflèaux ou bateaux, où le ventpuiílcnr aller à la ruche. Tout l’Hiver on les peut transporter, c’est-à-dire, pendant cinq mois, depuis la Touísaintsjulqu’alafin deMarsjcar elles ont de quoi vivre chez elles, où leurs magazins lont pleins.

Je dirai ci-après cbmme dans le Roïaume de la Chine ils lesconduisent dans des bateaux pendant l’Eté, même , le long desterres qui bordent les tivieres , & ou ils sentent des legumes dontks fleurs fournislent une abondante nourriture aux mouches, com-me sont ks fleurs de fèves entr’autres parmi nous, Sc les fleurs dublé noir, qu’on appelle froment noir, ou blé íàrrazin en quelquesProvinces. ^

De quelle maniéré on doit placer les essaims .

I. On placera les cllaims à l’ombre, ouau couchant, pour ks raisonsqu’on dira ci après ; li on ne peut nr l’un ni l’autre, pour n’avoir qu’unpetit jardin, on mettra devant kur entrée une tuile, une ardoiíe , ouune petite planche, pour mettre kur porte a l ombrc & les garantir defardent du soleil, quicauferoit a eesenfans nouveaux nezles inconvé-nient dont kra parlé ci-après > f Id. ver, & après on ks transportera dansun autre lolage au Levant, ouau Midi, suivant le Pars froid ou chaud,comme on dira aussi ci-après.

II. -Les sièges fur lesquels on doit placer ks mouches doivent êtreou de pierre ou de planches ou de pieds d’arbres tous élevez ee r-rreenviron d’un pied, portez fur des piquets, crainte que ks souris, kscrapeauds & ks fourmis, n’y puissent aller. Les sièges ronds sont lesmeilleurs. II ne faut pas que ks lièges soient percez & s’ 1 y paroitquelque trou on 1e bou-hera avec du mastic ou de la fiente ue vache:on fait encore des sièges avec du plâtre ou de la terre bien contoyée& mêlé de tuileau. Les pierres biscornues & inégales n’y sont pointpropres.

III. Quand ks ruches sont transportées au lieu où on ks Veut met-tre, on les la.Ile un peu reposer fans ks développer qu’il ne foítnuic.

Si elles parodient mal aisées à mettre lur ks sièges, on ks fume dou-cement avec de la douze de vache sèche ou de la oaille d'avoine. ]

IV. Après k Soleil couché, à la fraîcheur, que toutes les mouchesdu lieu, s’il y en a, sont retirées, vous délierez la nappe qui les cn-vclope, Sc la secouerez auprès fur une autre nappe ; d’abord il en sor-tira une grande quantité de mouches. comme li toute l’armée vou-loir s’enluir, qui ne s’enfuira pas ; elles fe ramasseront toutes incon-tinent.

V. Quand vous les verrez toutes ramassées à quelques folâtres prèsqui voltigeront encore, mettez deux petits morceaux de bois, ou d au-tre matière, de fépailleurd’un demi pouce, a l’cndroitde la porte quevous destinez pour leur entrée & sortie ; cette porte fera d’un pouce delong feulement.

VI. Ensuite vous garnirez le bas de la ruche qui donne fur le siègejufqu’â la porte, de chaux, plâtre, terre gradé ou bonze de vache,drivant la commodité du lieu; c’est pour empêcher le pi lage dans leslieux ou il y a quantité Je mouches, & empêcher ces nouveaux es-saims de s’élever & s’enfuir, à quoi ils font sujets où il y en a qnantitc,comme on dira ci-après.

VII. Pour garantir cette ruche de la pluie, & du Soleil, si elle est enplein vent, particulièrement vous lui donnerez un chaperon qui krade paille, de jonc, de genets ou autre matière, suivant les lieux ; il krabon que le chaperon descende jusques fur k siège la première année,pour empêcher le pillage.

VIII. Le liège fera dé bois, ou de pierre ronde ou quatrée, suivantla commodité du lieu ; le bois vaur mieux, parce qu’il est plus secque la pierre, les miennes font fur des pierres, parce qu’il m’en coû-te moins, Sc ne laissent pas de réussir, mais il ks faut tenir plus éle-vées fur la pierre que fur le bois, afin qu'elles soient plus sèchementl'Hivec.

IV. Pour les ruches pleines qu’on nous apporte l’Hîver, vous ksplacerez d’abord dans ks lieux où vous avez dessein de les laisser toujours,au Soleil levant dans ks Pais chauds, & au Midi dans les Pal, froids«i 1e raisin ne mûrit pas, ce n’est pas qu’elles ne réussissent placées estautre sol âge, comme je vois par exp-r.ence ; mais il est mieux de fui*vre listage commun, quand on peut.

X. Pour tout le relie vous en userez comme nous venons de direpour ks ailaùns.

XI. Si vous n’avez qu’un petit jardin, placez vos ruches fur des ta-blettes quatre ou cinq rangs les unes fur les antres, comme on placeles livres dans les bibliothèques; ceux qui n’ont pas cette commoditéd’avoir des pierres > ne lastkront pas d’cn pouvoir tiret grand profit ,qu,nd ils n’auroient qu’un petit jardin» les pia^nt comme on vientde dr te, les unes fur les autres.

XII. [ Les ruches sont dc trois grandeurs differentes : il faut qu’ellessoient toujours un tiers plus hautes que larges; le dessus cn doit êtrevoûté pour être plus commode, Sc leur assiette large , crainte qu’onne ícs renverse. Les ruches kiont de quinze pouces d large lur vingt-trois de haut. C’est pour les grandes ruches dont on parle,&dans les-quelles on met les essaims qui viennent j ufqu’au dix ou douze de Juin.Les ruches moïennes auront treize pouces de largeur sor vingtuchau-teur: on y met les essaims produits depuis le douzrcme juin jufqu'aîáSaine Jran,& pour les petites ruches, on ne leur donne que onze pou-ces de large sur dix-ftpr de haut, Sc c’est dans ces ruches qu’on placeles derniers eslaims de Tanné-.

XIII. Avant que mettre ies mouches dans leurs panniers, ils faut, s’ilssont d’oíier, les enduire en dehors, de manière qu’on ne voie pointla matière ; cet enduit est compose de cendres de lessive ou de terre.

| G ij Les