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5i MOU.

rouge mêlée ‘avec de la bouze de vache. Les ruches- étant enduites >on allume de la paille , & on les pallé par dessus, puis on les frotte endedans avec des feuilles de coudre ou de fèves, & a la fin d’un peude mélisse. II est bon encore de frotter le fond des ruches d’une li-queur composée de miel & de vin , ou bien de les laver feulementavec de l'ririne: on peut se servir une seconde fois des ruches, pourvuqu’elles n'aient point été attaquées du ver, & au cas qu’il y en aitquelqu’une qui lente le souffre, lavez-la avec de l’urine ou de l’eau ouvous aurez détrempé de la bouze de vache, après, quoi vous la pallie-rez furdia flâme comme on a dit, l’cnduifant de nouveau s’il en estbesoin.

XIV. Ponr nourrir les mouches à miel il faut que l’cndroit où onles a placées , ne soir point exposé au vent du Septentrion , ni du cou-chant, non loin de l’eau; les mouches à miel te plaílant beaucoup oùil y a des arbres. On peut aufli ks placer au pied d’une colline remplied’herbes sauvages odoriférantes, ou dans un jardin ou il yaitduthíin,de la lavande, de la marjolaine & autres plantes de cette nature. Les ma-récages leur (bnt contraire ., c’cst pourquoi il est bon de les en éloigna-,

XV. Pour bien placer les ruches, il faut observer Tordre que voi-ci. On pose d’abord les vieilles , puis celles qui contiennent les mou-ches de Tannée précédente, & ensuite on place ies ruches qui n’ont pointjette. II faut éloigner ses abeilles qui font foibles des autres ; on doitencore ne point confondre les eípeces des mouches à miel, & n’cnmettre jamais d’autres contre celles qui ne veulent pas jetter dans la sai-son, sur tout à Tégard des nouveaux eliáims. II faut observer au Prin-tems, qui est la lailòn où l’on taille les mouches, si elles ont beau-coup multiplié ; íì cela est on ne les change point de place : íi au con-traire les paniers font dépeuplez , on les mettra au rang des derniers.

XVI. Quand les ruche, font transportées au lieu ou on les veut mer-rrc, on les laide un peu reposer fans les développer qu’il ne soit nuit.Si elles parodient mal aisées à mettte fur les sièges, on les fume dou-cement avec de la bouze de vache sèche ou dc la paille d’avoine.

XVII. Les paniers a mouches étant placez, on longea les nourrir;car dans le tems qu’on les transporte, elles ne trouvent rien à mangerpar les champs, pour lors donc > & si-tôt que le mois d’Octobre est ve-nu , on enduit le bas des ruches de bouze de vache & de terre jaunemelées enf.mbe, ne laissant qu’un petit trou ouveit au Soleil de neufheures, & au devant duquel on met une petite grille.

XVIII. Plus il fait froid moins il faut donner a manger au mou-ches, pane que plus T Hiver est rude, moins elles dépensent dc miel& moins elles ont faim, demeurant toujours la tête dans le fond deleur creuset, au lieu que si pendant ce tems rude, on leur donnoit àmanger elles descendro.ent de leurs demeures & rifqueroienc par-làdemourir de froid; & pour prévenir ce danger, or, furne les paniers qu’onjuge les plus foibles. On la;íìè donc ainsi ces mouches julqu'a la rni-Mars qu’on leur donne de la nourriture de quinze jours en quinze joursjulqu’a la mi-Mai, toujours pendant un tems doux , fans temuër lespaniers que le moins ep’on peut. Pendant cc tems, les uns leur don-nent de la farine de ble làrrazin, d’avoine, ou d’orge, d’autres d. la fa-rine de fèves moulues, du sucre ou du miel dans quelque vaisseau plat.11 y en a qui leur donnent des figues ic.hes ou de la rôtie couverte demiel & trempe c dans le vin.

XIX. On nconnoít que les mouches ont besoin de nourriture ,lorsque leurs r cires sont legeres, & qu’elles ne sortent point en cetems comme les autres, ou bien pat plusieurs abeilles qu’on voit mor-tes autour Sc dessus les lièges j alors on leve doucement les paniers ,Siles tenant panchez > on regarde lì les mouches ne font point mortes ,& si on voit quelles aient encore un peu de vigueur, on les arrose d’unpeu de vin Si de mi 1.

XX. II y en a qui pour nourriture aux abeilles font cuire de grossesfèves trempées long-tems dans l’eau, qui les pilent bicn,& qui les fontcuire-après dans un pot jufqu’à ce qu’cllessoient réduites en pâte, en-suite lis y mêlent du miel, puis ils en font des íoulettes'qu’iis mettentfur les sièges des ruches ; les abeilles y accourent & s’en nourrislenctrès bien.

XXI. Pour bien conserver les mouches à miel pendant l’Hiver, ilsaur les visiter souvent, & prendre garde lî les souris n’entrent pointdans leurs ruches. On empêchera que ces mouches ne sortent pen-dant qui! y a de ! a neige & qu’il gele: si l’Hiver même est trop âpre,on tâchera de les garantir de lâ rigueur, mettant leurs paniers dans unendroit où le froid soit modelé, Si si l’Eté précédent n’a pas permisquelles aient allez amallé de nourriture, on les nourrira comme o’nTa dit.

XXII. Pour ce qui est de l’Eté, les mouches à miel trouvent assezde quoi se paître, & il y en a même qui pont y contribuer, sententdu blé làrrazin près de leurs ruches, outre quelles ont pendant unlong tems ses herbes aromatiques qu on cultive dans les jardins ou quin aident dans les champs. ]

Pour arrêter les essaims & les empêcher de s’enfuir.

I. On seroit trop riche, si on étoit assuré dc ramasser tous les es-saims ; qui auroit 1e moindre jardin, en pourroit tirer quatre ou cinqcens livres de profit tous les ans; les bonnes ruches jettent trois es-saims ; quand elles n’en iertcroient qu’un, celairoic loin dans ies Paischauds une ruche pleine vaut neuf à dix h vies, au moins trois ouquatre dans des Pais froids ; les riches qui auroienssde grands enclos,& des milliers de ruches, en tireroientdes milliers de pistoles; dans lamoindre maison de campagne on peut aussi en avoir grande quantité.

II. La façon ordinaire de ramaíkr les ciiàiins , est au son d’un bas-sin, dont le bruit, dit-on , h s étourdit & les oblige de s’arrêcer à lapremière branche qu’ils trouvent dans leur chemin , Sc forment com-me une groslè grappe de raisin; on prétend que ce bruit empêche Iespacifiques d’entendre la voix des séditieuses, qui les haranguent pourIes faire déserter.

M O U.

III. Pour crier donc plus haut que celles qui déferrent, Ies poêles &les chauderons, marmites & tambours serviront beaucoup; mais cequi contribue davantage à les arrêter, à ce que je crois, son t des bran-ches de ces pi tics arbres plantez des deux côtez des allées où elles sont,pruniers, pêchers, cerisiers, Sic. qui les arrêtent en sortant.

IV. Dès qu’un essaim s’y est arrêté, d’ordinaire tousses essaims desruches voisines s’y joignent. On en voit des tas gros comme des'bar-riques ; mais il faut s’y entendre pour les savoir séparer.

V. . II y a une façon nouvelles pour arrêter les eliaims, qui est plusassurée. On plante des perches au devant des ruches ii elles sont furdes tablettes, ou entre chaque rangée fi elles sont à terre ;ony ajou-te par en haut d’autres perches, ou cordes qui ks lient; on attacheune poignée ou deux de paille, de jonc, de genets, de bouleau oud’autre matière, liez comme les halets, ce qui anéte les eliaims quandils sortent.

VI. On peut jetter par dessus tout cela, un vieux filet à prendre dupoisson, qui pendia julqu’a terre; on couvrira touc le jardin, s’il estpetit.

Pour faire entrer les essaims dans leurs ruches promptement, & les empê-cher de les quitter .

I. La façon ordinaire est de les abricr de quelque linceul ou bran-ches d’arbres , quand ils font en lieu commode pour cela, & attendrele soir pour les ramaíìer, prétendant que pendant la grande chaleur, el-les mordent comme des chiens; mais il n’arrive souventqu’cilesn’ontpas la patience d’artendre fi long-tems, ou que le bruit des autres quidésertent, & cornent la sédition les fait deíerter aussi.

II. Dès qu’elles ont jette , on frotte 1e dedans de la ruche de miel,& particulièrement le fond, asin qu’elles y montent d’abord, le mielvaut mieux que toutes les herbes odoriférante-- ; le miel les fuit ramas-ser incontinent, si on peut on coupe la branche ou est attaché l’dlaim,on le met à terre fur un linceul, & la ruche dessus, d’une façon qu el-le soir élevée audeilus de la branche de trois ou quatre doigts, de peurde les écraser.

III. Si on ne peut pas couper la branche, si elle est trop élevée, onattache la ruche a une perche qui a une pointe de fer au bout ; on metla ruche au dessous de Tellàim, qu’un autre secoué dedans, fiapantlabranche, & quand la meilleure partie est dans la ruche, on la placeau dessous de l’arbre , celles qui restent à la branche descendent & en-trent dans la ruche; si elles ne descendent pas promptement, il n’y aqu’a secouer la branche.

IV. S’il y a plusieurs essaim» qui sc soient attachez ensemble onprend une plume, ii elles sont à la portée du bras, &tout doucementon le fait tomber dans la ruche, excepté qu’dlene soir pleine. Je diirai ci-après comme on se garantit de leur morsure, & ce qu on fai-soit aupa' avant qu’on eùc trouvé le secret quand on étoit mordu pourfaire relier la douleur, & empêcher T endure qui rend le visage, quandon y est piqué, touc difforme.

V. Qcand touc Teflaims est entré dans la ruche, à quelques-unesprès , qui voltigent encore, on enveloppe la ruche, comme il est ditci-deflus, quand on les transporte; celles qui demeurent dehors ne sontpoint perdues, elles retournent fur leur mere.

VI. L’essaim ainsi enveloppé, on doit le porter en quelque lieu fraisà Tombre , pendu en l’air, ou placé fur quelque pierre qui le tienneélevé d’un côté d’un demi pied, que Tait Scie frais y aille, car autre-ment il étoufferoit.

VII. On peut Ies tenir enfermez deux ou trois jours; elles empor-tent dequoi vivre, Sc commencer leur bâtiment : car elles font de lacire du jour au lendemain, quoiqu'enfermées & d’ordinaire après avoirfair de la cire, elles ne quitent point leur ruche, & c’est Tune des rai-sons pour lesquelles il est bon de les tenir enfermées, du moins vingtquatre heures.

VIII. Après cela vous les placerez à Tombre comme nous avonsdit ci-dcíius, touchant les esssims achetez qu’on apporte d’dehors.

IX Si vous avez quantité de meres ruches , vous ne mettrez jamaisles eliaims pariai, parce que le grand bruit qu’elles font en sortant SLen entrant, seroit élever les eliaims qui d’ordinaire s’cnfuiroient.

X. Pour la métne raison si vous avez quantité d’ellaims, vous neles mettrez pas au grand Soleil; un bizarre qui s’éleveroit, seroit capa-ble de faire élever tousses autres, il semble pourlors que ce sont au-tant de déserteurs, ou de galériens qui s’enfuient apiés avoir rompuleurs chaînes, tout cela arrive souvent.

XI. Ces jeunes eliaims THiver d’après sont placez parmi les merescomme on a dit ci-dellus.

Tems & maniéré de tailler ou châtrer les Mouches.

I. Le tems propre est le mois de Mars ou de Février; on commen-ce par les paniers qui sont les plus forts & Ies plus pleins. Quand lesmouches sont tailées, elles se mettent en campagne avec plus a’ardeur,épargnent par-là beaucoup de leurs provisions.

II. II faut en taillant les mouches couper tout ce qui est noir, com-me une chose où elles ne travaillent poinr, qui est gâtée & où les verss’engendrtnr : examiner le défaut des paniers, & juger par le couvains’il est besoin d’avoir beaucoup de ruches ou non ; & pour réussir àtailler les mouches, on le set r d'un couteau courbé; on parfume lespaniers avec un linge qu’on brûle dessous > asin de le garantir de leursaiguillons, Sc peur cela encore on s'enveloppe d’un capuchon de toilequi descend jusqu’à la ceinture & d’une rôtie à tamis dont on se faitune maniéré démasque pour voir à travers, avec de bons gands ; puison prend nne (elle à cuvier où seront attachez deux botteaux de pail-le, comme on en voit à Téchelle d’un couvreur, Si on met dellus laruche qu’on veut cailler le haut en bas.

III. On ne taillera jamais les mouches que par une belle journée; il

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