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54 M O u.

«imaire, c’est signe que ses essaims doivent infailliblement sortir danstrois ou quatre jours. On remarque aussi que le jour queie jetton dortsortir, il y va plus matin Sc revient de meilleure heure, & qu’il de-meure tout charge de cire contre les paniers.

IX. Les etlaims n’ontpas une heure réglée pour sortir, il n’y a queles diîfu entes expositions de leurs ruches du côté du íolc.l qui les dé-terminent. Celle qui est exposée au levant jette depuis sept a huitheures du matin juíqu’a’une heure ou deux après midi; cehe qui re-garde le midi , un peu plus tard; L celle qui a le couchant pour aspect:,depuis dix heures jusqu'a trois heut es après midi.

X. La petite pluie aouce les excitent a sortir au lieu que les orages& les vents impétueux les retiennent dans les paniers. Qjant aux vieil-les mouches, on ne siuroit trop veiller a leur (ortie, paree qu'tlíen’enaverdílènt point du tout, & le tems de veiller le plus aux mouches estdepuis la mi-Mars jusqu’a la S. Jean.

XI. Quelquefois les abeilles s’écaitent trop au sortir de leur panier,c’est pourquoi il cít bon de les placer proche des arbres, pour lors iln’y a rien a craindre-, > arcc qu Viles s'j attachent: rl faut au/si quellessoient près des eaux, elles vont y boue, Sc parcemoien, elle nes’en-volent pas bien loin; & pour les y attirer il faut jetter au milieu despierres ou quelques branches d'aibres où elles puissent íe repolir. Undes meilleurs moiens encore pour obliger les mouches a ne point s’é-earcer bien loin au íortir de leurs paniers, est de-faire du bruit avec deschaudrons ou. des poêles Sc former avec cela comme une tlpcce decharivari ; ce bruit les sa.t rentrer dans leurs paniers.

XII. On se gardera bien de sonner que l’essum ne soit tout-à fàitsorti, parce qu’il pouno t relier des mouches qui eraindrrnent quelqu’o-rage: c’est dans cette crainte aussi quelles ne lortenc de leurs paniersqu’a plusieurs reprîtes> & comme le trop grand bruitleséieve&qu'a-près elles ont de la peine à se rabattre, on lonne doucementafinqu'el-les volent bas, & quelles s’attaehent au premier arbre quelles trouve-ront : on celle de sonner quand on von une partie du jetton,

XIII. Quand l’estànn est attaché ii y a maniéré de le prendre, &souvent il arrive que les jettons s'atta.hent à des arbres qui sont audessus des autres paniers ; c’est alors qu’il. saut bien se donner de gardede les secouer, & au lieu de cet expédient, on attache une ruche audessus de l’etlàim ou bien on coupe la branche qu’on transporte pourla mettre sous un pannier proportionné a la grodeur du jetton. Lesabeilles connoisscnt celui qui a coutume de les gouverner , e'est pour-quoi il faut que ce soit lui méme qui les détache; elles ne lepiquerontpas si-tôt qu’un autre. II ne tant point que celui qui s’en mêle ait i’ha-ícine sorte , cette ìnlecte tn est ennemi, de torte qu’il en quitte souventfa ruche.

XIV. Quand on veut détacher un essaim de quelque arbre, il fauty aller dou ement afin dc ne point irriter les mouches, & les obligerautrement à secarter. La fumée de chicotin les fait rentrer virement,& on détache heureusement les mouches à miel, coupant la brancheoù elles sont attachées, la prenant a la main dc la descendant douce-ment, puis la portant julqu’a l’endtorl préparé, après quoi on met cet-te branche fur un large banc ou un parier couvert de la couverture :ou bien on fait autrement lecouant tout d’un coup la branche dans .aruche.

XV. Les uns prennent un pannier par la poignée qu’ils attachent aubout d’une perche, pu;s ['élevant en haut ie mettent doucement.turIHtàim qui y enue de lui méme. Quelquefois aussi ces mouches s’o-piniatrenc à n’y pas vouloir entrer : mais pour les y obliger, on leurjette de l’eau fraîche avec un balai ; ou cnen ou prestd un baron au bout«Juquel on met un linge mouillé avec lequel on les poulie doucementdans le panier, ou bien on met un drapeau au bout de ce bâton qu’onallumé & qu’on approche de i'eíluim, ìa fumée qui en sort les forcea quitter la place & à rentrer dans leur ruche.

XVI. Si par hazard les mouches s’attachoíenc à plusieurs branchesou au gr; s de 1 arbre, pour lors on íe garnit les mains de bons grosgands o u b;en on prencLun balai de plumes, avec lequel on chasse dou-cement ces mouch.s, fans les irri er, Si pour les taire tomber dansune rmhe qu’on tend à gueule héc, puis qu’on pote lur uncna. eétendue quand les mouches sont dedans, ou bien on se 1ert de drapeaubrûlé.

XVII. Lorsque ics abeilles se mettent en campagne sitôt qu’clles fontrentrées, ou bien quand on s’apperçoit qu’clles nettoient leurs paniers& qu’clles les enduisent de gomme & quelles bourdonnent comme pourse réjouir , c’est signe quelles resteront dans leur panier , au lieu qu’ona tout à craindre l’oríqu’elies r.e donnent aucun de tes lignes.

XVIII. 11 arrive quelquefois que deux cllanns s’atcachenc a une mê-me brandie j risqua lè toucher l’un i’autre: on doit pour ks démêlermettre deux ruches dessus l’ouverture cn bas: les mouches y entre-ront séparément, si au bout d’un bâton on met du chicotin entre deux.On volt aussi quelquefois les eílàuns en confusion ; pour lors on secouetoute la branche sor la place, Sc les mouches formeront deux pelotons;& si un eílàim retournoit à l’arbrepour s’y attacher, Jic que l’autre de-meurât en bas, ce seroit pour le mieux; car après cela on attendroitIe Soleil couché pout les mettre dans le panier, ce qui se fait pour lorsaisément.

XIX. Pour bien séparer encore Ics essaims mêlez ensemble > on prendune grande ruche dans laquelle on fait ertrer toutes les mouches quife rangent chacune d’un côté de la ruche, & pour empêcher qu’ellesne remuent on les parfume lorsque le soir est venu, puis avec un ca-puchon Sc des gros gands on fait tomber un desessaimsdans un panier

réparé, fans toucher aux autres mouches, & par cemoienon vient àout dc séparer ces etlaims. Sion juge que la ruche qui conrenoit deuxessaims toit trop grande pour un seul, il faudra le changer cn le ren-versant & en donner un plus petit à l’essaim qui y teste.

XX. Rienn’est plus embarrassait, en fait dc mouches à miel, lors-que plusieurs etlaims rentrez dans une ruche en sortent tous à la fois.S’ils le joignent il est difficile dc les séparer ; & pour les en empêcheron jette du table & de la cendre entre deux, Qu bien on emploie la

MOU.

fumée; & dansîacrainse que cette confusion n’arrive, on «e place ja»mais l une contre l’autre deux ruches qui contiennent chacune deux eí-saims ; car il pourroit arriver que quelqu’essaim quitteroic son panierpout rentrer dans l’autre quiíeiort proche dc lui, ce qui causerokuncgrande confusion.

XXI. On voit souvent des essaims qui segarent & qui se mettentdans des troncs d’Arbres ou dans les murailles. Dans le premier cas, íìonveut ks tranlportei il faut attendre aux environs de la S. Maitinpourlcier l’arbre au deilùs & au dessous du trou où seront ks mouches.

Çi c’est dans un mur, on les cn challe par le moien de la fumée , & onmet une ruche a l’embouchure du trou , afin que les abeilles qui ensortent entr.nt dans cette ruche.

XXII. Souvent il se trouve tn campagne un eílàim quis’envo’c. Sîon veut l’arréter, il faut tifle-r doucement en frappant des mains ouprenant deux cailloux avec lesquels on fait du bruit ; pour lors on voieks mouches qui s’aíìèmblent & que s'arrétentau premier endroit qu'el-les trouvent & qui leur convient: souvent méme on voit lestai m s’ar-réter au bras ou aux chapeau des personnes qu'clks trouvent en chemin.

XXIII. Mais li l’tstaim égaré voioit trop haut, & qu’il ne pût pasentendre le bruit, il fau droit jetter de la poustiéreen lair quiles feroseabaister, puis on le prend Sc on les met dans une ruche préparée pourles transporter après ou on veut les placer.

Secrets qui enseignent à connaître ks bons paniers à Mouches.

I. Lorsqu’on voitles abeilles sortir du grand matin pendant la rosée,

Sc qu’dlcs vienhenr chargées de butin plus tard que d. coutume, c’estmarque d’un bon panier, comme loríqu'dsne iorccnr point par le mau-vais teins.

II. Si on voit aussi que les mouches emportent dans leurs serres tou-tes les ordures qu’elles trouvent dans ks paniers, & qu’clles ne laissentjamais leur porte tàns sentinelle, crainte detre surprises, c’est une bon-ne marque, comme lorsque prêtant l’oreille sur la sin de Février ou aucommencement de Mars, dans les jours qui sont doux, on entend unbourdonnement qui semble venir de loin : si frappant aussi contre laruche, les mouches font bien du bruit, c’est signe d’un bon panier,qu’on distingue encore des autres par fa pesanteur.

III. Lorsque les giolîès mouches sortent de leurs ruches, il faut leurdonner de grands paniers & ks éloigner des perses le plus qu’on peut,

& quand elles auront eslaimé pour la premiere sois, on clialsera lesvielles de lents paniers avec la fumée de souffre ; cela fe fait aumoisdeSeptembre,

IV. Les grosses mouches ne jettent que sort tard. car elles ne cou-vent que rarement l’Hivet, pour éclore au Printems , & quelquefoismême elles ne donnent aucun jetton pendant l’année, allant de paniersen paniers pour y faire leur couvain.

V. Comme il arrive souvent qu’il se met plusieurs essaims dans unemême ruche, ce qui y cause un grand désordre, on commence d’abordpar lui donner un panier étroit dusond & long à proportion des mou-ches qu’il doit contenir, alin qu’elles puissent s’y loger: ces mouchesdès le lendemain sc soulèvent ks unes contre les autres de maniéré qu’il ymeure un Roi qu’on trouve à la porte de la ruche & qu’il faut ôter.

Puis pour appailcr ces mouches qui sont irritées, on en fume la rucheSi on jette dedans du miel & du vin pour les appuifer.

Secrets pour rendre les Ruches fécondes.

I. Il faut lorsque les mouches jettent, & qu’elles se séparent en pe-lotons , choisir les grosses d’avec les petites pour les íéparer, afin de fai-re mourir celles qui ne valent rien.

II. Si on voit un panier regorger de mouches & qui ne donne pointde jettons dans la saison, il faut s’en défaire. S’il arrive que les grossesmouches fe soient placées dans la ruche séparément des autres, on enremarquera le côté, afin de les tailler & de ses truster de leur proviíìostpour les obliger à sortir de cette ruche.

III. On se íert de paniers fort étroits par Ie haut pour empêcher que lesessaims ne se séparent ; cela fait aussi que ses mauvaise mouches qui nepeuvent s’y accoutumer, en sortent, Sc laissent la place aux bonnes.

Le tems de changer Us Mouches de panier.

I. Le rems propre est ordinairement vêts Ie Printems, & si-tôt qu’uneruche a deux ans, il faut 1e faire de cette maniéré.

II. On met à part celles qu’on juge devoir être changces,puis on enprend une percée de cinq ou six trous, on en met une autre dessus, Scqui est celle où sont les mouches qu’on veut changer,.& qu’on doseboucher tout au tour; cela fait les mouches ainsi enfermées deseendencpeu de tems après dansle panier de dessous où on les laisse pendant dixou douze jours qu’elles travaillent continuellement : ce tems passé onôte la ruche de dessus, puis on bouche tous les trous de là ruched’enbas, crainte que ses mouches n'cn sortent, & comme dans la ruche de /tieilus il y reste toujours quelques mouches, on prend une chaise, on larenverse, on met 1e panier dessus, puis on le fume par dessous avec

du foin étouffé dans un pot.

III. 11 ne faut point changer les ruches qui àe font pas bien garniesde moíiches, ni celles qui sont trop vieilles, ou qui ont jetté deux outrois sois: on ne change point aussi les groíîes mouches ;& il faut pren-dre garde quand on change ks mouches de leur donner toujours despanniers plutôt trop petits que trop grands. ]

Il y a des ruches de différentes matières , d’Ojìers de Planchesde Paille.

I. Elles font differentes suivant les difFerens lieux ; cn Espagne ilsont des arbres de buis gros comme nos chaînes, ils scient ces buis, dedeux en deux pieds, lc creusent Sc y mettent leurs mouches, & disent quece bois a une vertu particulière pout les attirer, retenir , contribuer àleur íànté Sc fécondité : je crois que c’est que dans ce lieu-là ils n’ont pasla commodité de l'osier, planche ou paille, comme en France.

II. Etl

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