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> 11 . Eh Moscovie iîs les mettent dans des pots-de terré.

III. Aux environs de Paris on les met dans des ruches d’ozier.

IV. Provence & en beaucoup nanties endroits , elles íbnt de qua-tre planches attachées ensemble.

V. En Normandie , Bretagne & c n beaucoup d'autres Provinces ,elles font de paille.

VI. Les Curieux en font faire de verre, en croyant les voir travail-ler : on les voie bien remuer lans celle ; mais on ne fauroit distinguerce qu'ellcs font, non-plus qu un homme qui regarderoit fixement unquadran exposé àu soleil : il voit au bout d’une heure que sombre achangé de place; mais il ne voit pas cette ombre marcher, ni reculer ,cela ié fait imperceptiblement. Cependant je dirai ci-après quelque-chofe que j'ai remarqué au travers de ces ruches de verre.

VII. On ne doit donc avoir de ces ruches de verre qu’un petit nom-bre pour l’ornement; le verre de loi cít froid, humide en Hiver ,lcsmouches deviennent malades ; on le voit au Printems aux marquesque je dirai ci-après >& elles meurent toutes, ou du moins lunguillëiuTÉté, fans jetter ni achever de remplir leur ruche, íì elle n’eft pas pleine.

VIII. Cependant on garantira ces ruches de verre de toutes mala-dies , íi vous les mettez l’Hiver, depuis la Toulláìts jufqu’au premierd’Avril , dans un lieu ou l’on salie du feu tous les jours, eníorte quePeau n'y gele pas > il faudra que la ruche porte juste fur une planchede bois bien unie , eníorte que les mouches ne puilfent sortir, k parce moyen vous pourrez tout l’Hiver , 1 aillant le couvercle de bois quiies couvre , voir ce quelles feront jour & nuit. J'en ai eu comme ce-la dans des ruches qui étoient vitrées à Paris.

IX. Les ruches de paille lont les plus commodes de toutes , durentplus , coûtent moins . íbnt plus chaudes. le manies plus aisément &ié transportent avec moins de péril.

X. I! ne faut pas les enduire de chaux , de plâtre , ni antre matiè-re , comme celles d’oziers façon de Paris, qui les rend lourdes k pe-fentes comme si elles étoient de fer > quand elles font pleines.

XI. On a peine à les remuer quand on veut en tirer du miel s lamouche qui garde son trésor pique alors cruellement;elle est promp-te & agile; la douleur est li vive , qu’il n'y a point de soldat au Ré-giment des Gardes > tout vaillant qu’il soit, qui n’abandonnát prise ,ì’il étoit piqué : de plus, la pesanteur de ces ruches plâtrées, cn tom-bant , fait couler le miel & noyer les mouches.

XII. Outre cela encore, si! a pluie par mégarde tombe fur quelqueendroit caché de cette enduire, elle pénétrera incontinent dedans , latendra humide , fera pourrir la cire & le miel & tuera les mouches.

XIII. Ajoûtez que les ruches de cette matière coûte à Paris douze& quinze sols,& celles de paille n’en coûtent que trois ou quatre.

XIV. Les ruches de planche ne font pas li commodes non-plusque celles de paille ; elles coût-nt plus Se sont plus difficiles a manier ,la pluie y pénétre plus aisément à travers les jointures des planches ,& elles s échauffent plutôt au soleil , qui fait couler le miel k tué lesmouches.

X V. Celles de paille sont si bien tissuës, que le vent ni la pluie n’ypénétreront point, quand vous les Iailleriez un an fans couverture ,couvrant feulement le haut de la ruche où est placée la cheville, quiest la clef de la voûte par dedans tout le bâtiment de cire 3c de miel.

X VI. Je me fuis servi de toutes ces sortes de ruches, pour voir parexpérience lesquelles étoient les meilleures, & fur ce qu’on me difoitque les mouches sc plaifoient plus dans les unes que dans les autres ,ce qui n’est pas vrai.

I. J’ai trouvé par expérience que les petites ruches valent mieux ;la mouche ne jette point si la ruche n’est pleine.

II. Quelque grand que soit Teílàim, si Tannée n’est extraordinaire-met bonne , il ne remplira qu'en deux ans ces grandes ruches façonde Paris , & ne jettera qu a la troisième.

III. Au lieu que si vous lui donnez un petit vaisseau , si Tannée estbonne, cet cflàim en jettera deux ou trois autres la même année.

IV. Quand il n’en jetterait qu’un, ces deux eflaims Tannée d'aprèsen jetteront chacun un au moins; en voila quarte, & ces quatre , latroisième année , quand ils ne jetteraient aussi que chacun le leur,cnvoilà huit contre un etlaim que jettera une grande ruche : ces gran-des ruches pleines, façon de Paris , le vendent dix ou douze livres auplus entrais ans ; vous nc tirerez donc d'un estai m que vingt ouvingt-quatre livres, k d'un cfiairn placé dans une petire ruche , vouscn errerez huit eflaims à raison de quatre francs , ou cent fols chacun ,ce íbnt trcnte-cinq à quarante livres.

V. Ajoûtez à cela,que le changement de logis,qu’unemaison neu-ve les excite au travail , comme le changement de viande & de pâtu-rage excite Tappétit des hommes k des animaux.

VI. Outre cela encore, on perd.courage quand on voit de la beso-gne taillée au-delà de ses forces ;& au contraire on travaille avec plai-sir, plus gaiment & plus promptement, quand on n’en a qu a propor-tion de ce qu’on cn peut faire.

VII. On voit cela par expérience , dans ces grandes ruches à dexni-pleines, la premiere année , Tannée d’après , elles ne commencent àfaire de la cire nouvelle que fort tard ; ensorte que les eflaims de lamême année ont presque rempli leurs ruches íì elles sont petites ,avant que ces grandes aient commencé la continuation de leur bâti-ment ; j’ai expérimenté tout ce que dcllus.

Tour garantir fendant tHiver les ruches de la souri & du mulot.

I. Ces petits animaux cherchent leur aise, & ont raison , auffi bienque les grands ; pendant le chaud ils n’oíëroient approcher des mou-ches ; mais pendant 1e froid , environ la Toulfaints , ils tâchent de sccamper dans les ruches pour y être chaudement & y trouver de quoivivre ; ils y font même leurs petits & ravagent toute la ruche.

II. Pour fermer la porte à l’cnnemi > on met une petite grille de filde fer devant le trou par où les mouches entrent : on attache cettegrille contre la ruche avec de la chaux, plâtre ou autre matière, donton garnit auílì toute la ruche par le bas,qui donne fur le liège,que

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ries» n’y puîíîè entrer , ni pluie , ni souris , ni mouches pour empêcherle p,liage au Printems.

Comment on doit empêcher le pillage des Mouches à miel.

I. Au Printems que les mouches commencent à avoir de la force »& qu elles ne trouvent pas encore de la pâture en abondance> ks for-tes pillent les foibles , enlèvent leur.miel & ks égorgent ; ks fortesdeviennent malades ensuite , ce miel pris pat excez.lë corrompt <3éleur c,iule la dilfenterie; on le voit quand elles fientent à leur perte;car en lanté elles n’y fientent jamais > ni dans leurs ruches ; mais en Tairfeulement en volant :j’en ai tenu d enfermées a Saint Vincent, quartemois pendant l’Hivei , qui n’avoient point fienté dans kurs ruches ,apparemment elles vivoient sobrement , étant à leurs dépens, 8c lachaleur de leur estomac consommoit tour.

II. Ces fortes, quand elles font malades > deviennent foibles, & lesaunes fortes qui lotit en santé , les pillent ; ensorte que si on n’y re-médioit, il en périrait des milliers.

III. Pour y remédier il faut conoître celles qui pillent & qui sontpillées. On connoit celles qúi pillent à leur gros ventre plein de mielqui cn fort si vous les prelkz entre les doigts : quand elles rentrentdans leur ruche, dans la saison du pillage, qui est en Mars, Avril ouMai , elles ne rapportent point de miel de la campagne.

IV. On connoit celles que l’on pille, a une quantité extraordinairede mouches qu’on voit entrer & sortir avec biuit & tumulte , com-me autant de voleurs qui entrent vvides, le ventre petit, & qui sor-tent ie ventre gros k plein de miel. On le voit encore quand ellessortent avec leur petite charge, leur petites lentilles attachées aux jam-bes > qu’elles ramallënt lùr les fleurs dans cette láison-là : car elles îlesortent jamais chargées de leur propre ruche.

V. On le voit auflì lorsque k soir les pacifiques font retirées, il envoltige grand nombre à Tentour des pillées > & k matin avant que ksautres battent aux champs.

VI. Pour remédier donc au pillage, celui qui en a le foin,ks visi-tera crois fois k jour , le matin , a midi k 1e loir quand le soleil sccouche ; il enlèvera la ruche pillée , & la portera au pressoir, où iituera ce qui y restera des mouches , avec la fumée de souffre : car jen’en ai vû aucune íë sauver,quoiqu’on n’eût faicquccómmencera lespiller; j’en ai fait transporter en des lieux fort éloignez de Tehclos, faitmettre à sombre k à l’abri; cependant quand les chaleurs venoient >les fortes les pilloient encore , ou hie ì elles mouraient de faim ; car leurdonner à manger , cela ne fait qu’attirer le pillage, comme nous di-rons «-après , pariant de leur nourriture.

Vil. Pour ks fortes qui vont au pillage Sc qui crèveraient de mitl>comme il a été dit ci-deliùx > si on ne l’empêchoit, on les enfermédeux ou crois jouis pour cela >au commencement du Printems on metà toutes les ruches une petite poire de fer blanc; ce fer blanc est per-cé comme une râpe à lucre , afín que Tair pallë à travers : par k basil y a trois petits trous pour le pallage des mouches; de la grandeurfeulement d’une mouche?

VIII. On bouche ks trous avec deux ou trois pailles •• quand onvoit que la ruche va au pillage, on la tient bouchée deux ou trois jourspour appaifer leur coleie : car elles fe jetteraient fut quelqu’autre , lïon avoir enlevé celle quelles auraient commencé à piller ;& cette pre-miere pillée, elles en pilleraient d’autres , & il en périrait un grandnombre : 1e Paìíàu ne connoic point ce mal. ni k remède, k cela estcause qu’il leur en périt un grand nombre. Au contraire , ils croientque ks pillées font les plus fortes, à eaufe qu'ils voient sine grandequantité de mouches entrer & sortir avec un grand bruit ; k quandils les voient vuides , ils disent q,Telles font allées est quelqu’autre ru-che Sc qu’elks y ont porté leur provision.

IX. Quand le rems du pillage est p allé. c’est-à-dire, qu’ìl y a abon-dance de fleurs fur la terre, on ôte à toutes ces portes 1e fer blanc.

Pour empêcher leur pillage - radicalement guérir leurs maladies , les engarantir , Qe faire a,te vous n aurez, point de ruches faibles.

I. Pour cela il n’y a que dans k te ms des eflaims. comme j’ai dit;en mettre deux ou trois en chaque ruche, li un ne la remplit, cn sor-te qu’ils puillënc la remplir abondamment de cire k de miel avantTHivcr : car leur foibklsc & maladie ne viennent que de froid ou defaim, quand elles n’ont pas du miel suffisamment pour vivre. Sc qu el-les font cn un si petit nombre , qu’elles ne peuvent pas s’échauffer lesunes & ks autres.

II» De dire qu’on peut ks échauffer & leur donner à manger ,il faudrait un fourneau pour chacune > Sc la nourriture qu’on leur don-nerait , attirerait le pillage des fortes.

III. On ne perdra rien , comme j’ai dit ci-devant ,'de mettre plusd’un eíîâim dans chaque ruche, si un seul ne la remplit : car si Tannéeest bonne , cette ruche fera divers essaims le même Été, qui pourrontj errer encore , & rien ne mourra l’Hiver.

I V. Par même moyen,comme j’ai dir, vous empêcherez toutes lesmaladies.

V. Si néanmoins quelqu'une tomboit malades par l'humidité du sié-gé , ou par la pluie qui auroit pénétré dans la ruche pat la négligencede celui qui ma soin , vous la guérirez lui donnant un jour'du mi jbouilli avec autant de vin.

VI. Vous mettrez cette composition fut une perite assiette fous laruche , un l.nge fur certe liqueur , atìn que les mouches y allant boire,ne fe noyent & ne s’engluent.

De la nourriture des Mouches d miel.

I. On a déja dit que les abeilles enkvoient avec leur trompe le suc quifort -ks fleurs par la transpira ion ; elles k renferment dans un réservoirqu’el les ont vers la gorge > Sc le revômillènt ensuite dans les alvéoles pouren composer k miel ; ce suc ou ce miel kur sert de nourriture.

II. Le rems de leur grande recoke , c’est quand les ronces font

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