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^ M O U.

■en fleurs, tpiì portent des mures sauvages , qui font noires & dou-■çâtres.

III. Dans lc Roiaume de la Chine, on tire un grand proíìc des mou-ches à midi ceux qui font le long des rivières, les mettant dans desbateaux, íur des tablettes à divers étages, comme des livres & les me-tient, comme nous avons dit, vis-à-vis des campagnes semées d'her-bages fleuries, & ks changent de place a proportion que ces her-bages ou légumes torrent de fleur , & que d autres y entrent ; &quand ils voient leurs bateaux s’enfoncer juíqnesàune certaine mar-que qu’ils connoi/fentjils jugent que leurs ruches font pleines, alors ilsfont leurs vendanges,

IV. Quoique cela ne soit par néce flaire, puisque les fl-urs leur four-nissent tous les jours une nouvelle nourriture : néanmoins (ion veut enFrance augmenter le nombre des fleurs > ceux qui auront quanti'é deruches pourront semer des fèves & du blé noir, qu'on appelle fro-ment noir, ou sarrazin en quelques provinces; les fleurs de ces deuxtípeces de légumes font très-odoriferantes, & on les volt toutes cou-vertes de mouches; il n’y a point de fleurs qui leur soient plus agréa-bles, après le thim, le ferpelot Sc la marìolaine.

V. On peut leur lèmer des fèves pr mes St tardives , Sc de ce blénoir prune Sc tardif, enferre que les feves sortant de fleur, le blé noirprime entrera, & le tardif lui succédera; St de cette façon elles aurontdes fleurs abondamment jusques en Septembre dans les Pays tempérez,5th reeole du miel fera bien plus grande.

VI. Outre cela ces fèves & ce blé noir vous donneront autant degain & de profit, que si vous aviez semé d'autre blé.

La façon four empêcltcr d être piqué ; fi on l’efi, empêcher que la peaun enfle, & faire cesser la douleur qui est tris-aiguë,

I. La façon ordinaire est, quand on ramasse les eílaims ou qu’onles íoufíie, d'étre gantez, Sc avoir un capuchon fur la tête, avec unmasque dc toile de crain, bien éloigné d*i visage, eniorte que 1c pi-queton n'y puisse ateindre.

II. Que si on est piqué, il faut à l'instant arracher Je piqueton, pres-scr la plaie pour en fane forcir une petite eau, roussè qui s’y est ghllëeavec k piqueron, fuccer la plaie, ou laf.iireluccer, pour attiser cetteeau ronfle qui brûle, & fait enfler la peau, Sc y appliquer de !aterregrasse détrempée avec un peu de salive.

Biles connaissent leur Gouverneur & le respectent & ne k piquent pas.

L’Expcrience le fait voir; elles ont pour moi quelque respect, &pour un grand barbet qui me fuit toûjours, quoiqu’elks soient enne-mies des chiene : je les visite tous les jours de rangée en rangée, il envoltige des milliers à l’cntour de moi, je les laide palier, Sc elles meJaiiknt paístr, il ne faut point les chassèr de la main, ni d'aucun instru-ment, celalesiiriteSciait qu’clks vous lauréat au visage; quelque tortque vous couriez, elles voleront plus vite que vous, L s'anouperontpour vous arracher les yeux.

Diverses remarques curieuses, touchant le naturel des Mouches, &leur conduite , & qu il y en a qui ne piquent pas.

I. II est vrai qu’il y a un roy en chaque ruche, & plusieurs princesmêmes, ou nobles qui composent le conseil louverain de la républi-que ; car dans toutes vous trouverez plusieurs seigneurs habillez à laìoiale, c’est-à-díre, qui font plus grands, & plus beaux que les mouchescommunes, le corps comme doré, & lans piqueron, pour marque dela douceur avec laquelle ils gouvernent.

II. Us ne sortent point pour aller au fourrage, aparemmeit ils fonttoûjours occupez au conícil, pour maintenir la paix dans leur petitroiaume ; cette paix est parfaite entre celles d'une même ruche , jamaiselles ne fe battent ni querellent, à la réservé des Bourdons fainéuns qu’onétrangle, qui est une acte justice.

II!. 11 fort des rois avecl’eíìaim, souvent ils tombent à terre, parcequ’ils lont plus pefans, St que leurs ailes font plus petites, a proportionque celles des communes ; pour lors l'eífaim d’ordinaire revient lur lamere , ou s’il ne revient pas, parce'qu il y a plusieurs princes, commej’ai dit, en chaque essaim, il demeure un petit peloton de mouches au-près de ce roy tombé à terre, comme autant de gardes cu corps quide le quittent point qu’il ne soit relevé; Sts’ss meut t, elles 1 entraînentdans la ruche comme si elles voulcienc l’enterra honorablement dansle tombeau de lès ancêtres.

IV. Les mouches a miel font toutes vierges; elles ne s’accouplcntpas comme les mouches communes, la génération ie la.t» comme j aidit ci-devant, pai l’éjaculation d’une petite eau cristaline dans le fonddes petites cellules des gâteaux de cite, qui s’épaíflment par la chaleurde s mouches voisines > comme le pouflin dans fa coque.

V. U patoit qu’elies font toutes de même sexe, cen’estpas commeparmi les animaux, k s poiflòns Sc les oiseaux, ou l’on distingue les mâ-les d’avec les femelles.

VI. Les gros bourdons, qu’on appelle k s fainéantes, n’ont pointde piqueront, & ne vont point au fourrage; elles vivent du tra-vail des ménagères, st levent tard du lit , car elles ne sortent qu’en-viron !e midi, & font grand bruit & point de besogne; c’eil pour ce-la qu’à l’c-ntrée de l’auromne que le fourrage commence à manquer,les petites ks tuent toutes, trois ou quatre ks prennent á lagoige Sc lesétranglent.

VIL On en voit alors un grand nombre de mottes à l’entour des ru-ches ; ces bourdons viennent du faux couvain, c’dt-à-dire, du couvainqui ne vient pas bien, Sc il y en a plus ou moins à proportion que 1 année

est ph is ou moins pluvieuse.

VIII. J’ai vù des années extraordinairement humides, que ks mou-ches volant tout le premier couvain avorter, elles le tiroient avant qu’ileût pris vie, & le jettoienc dehors auprès de la ruche; on y voioit le»bourdons tout formez.

IX. II n’est pas vrai que ce soit la chaleur des bourdons qui fasse

M O U,

1 éclorre le couvain, comme la chaleur de la poule fait cc’orre les polît(ms, c’est la chaleur de toute la masse des mouches, qui fe tient toûjoursau lieu ou est le couvain.

X. Depuis Septembre jusques en Mai, il n’y a point de bourdonsdans les ruches, & il commence à y avoir du couvain dès ie mois deJanvier. Voie z ce qu’on a dit dès le commencement touchant la naturedes mouches a miel.

De la resmrtíìion des Mouches.

I. Prenez une mouche commune morte depuis Jong-temt, met*tez-la fur de la cendre tiède couverte de lcl, elle refulcitera Se s'en-volera.

II. Les mouches à miel mortes depuis trois jours, russufeitent auílì»ks mettant dans un lieu chaud.

III. 11 y a des Auteurs qui disent : que les abeilles gardées d’une an-née à l’autre, refl'uícitent auflì les mettant dans un lieu tiède, commecelui qui est propre à faite éclorre des vers àfoye; cela n’est pas vrai,j’ai expnmenté le contraire : si cela le pouvoir on titeroit des millionsde ce commerce, on n’auroit qu’à conserver toutes ks mouches des ru-ches que l’on tué d’ordinaire dans les Pays froids en Sepcembre qu’onen lait la vendange, Sc les ìofluíciterau mois de Mai ensuivant, commeon fait éclorre les vers á í’oye.

IV. 11 y a d’autres Auteurs qui disent : qu’il saur pour cela les gar-der dans du miel fondu, Sc au renouveau ies laver dans del’eau tiède,& ks mettre liir des linceuls , étendus fur des tables d’ozier, avec unpetit st u dessous fait de bottze de vache seche, ou de mottes de fa-neurs, comme on fait au g; and Caire en Egypte , pour faire éclorre despoussins fans poules.

V. J’cn ai gardé dans le miel douzeou treize mois, qui étoient auflìsaines par dedans & par dehors, comme si elles fussent mortes íur l’heu-re > je n’ai point paflé outre : néanmoins j’ai fait une fois éclorre desœufs fur un fourneau , pour faire voir à des chercheurs de pierre phi-lolòphale, qu’ils s’abufoient, dïíànt qu’ils la trouveroient, s’ils pou-voient trouver u,n feu tempéré comme la chaleur d’une poule.

(su autrefois il y avait çycmde quantité de mouches à miel dans le Boyau-.me, que cela produisait de grands profits: d’oh vient qiiily en a fi peu àprejent ; le moyen de rétablir l'ancienne abondance , que lu taille injerottmieux payée , Cr les rentes des particuliers,

I. 11 y cn a eu si grande quantité que les Princes ont fait des Loi*pour leur conduite, témoin ce qu’cn disent les Coutumes, entrc’autresd’Anjou Sc du Maine.

II. Ce profit a toûjours paru si grand, que Solon en fit desLoix auflìj pour Lacédémone, que l’on voit dans Flutarque.

! III. La taille les a fait périr en. France , on les a exécutées , ven-1 dues, Sc soufflées hors de saison; pour porter les ruches en sûreté»les Sergens brûlent les mouches. Depuis que les Franço's font taillez,dit l’ancien Poète Gaulois » tailles ks ont dépouillez da- tous biens Sc; franchises.

IV. Outre cela encore, lamaindelabêteSergentine, fait périr toucce qu’elle touche, çomme la patte du loup, pendue feulement dans uneétable, lait lèche c la btebis.

V. Pour rétablir donc l’ancienne abondance, il feroir à souhaiter qu’ilplût au Roy faite défenses d’executer les mouches four la taiik, ni au-cune autre dette, St permettre d’en disposer en faveur de tel parent 04ami qu’il plairoic au propriétaire.

VI. Pat ce moyen o#verroit l’ancienne abondance bien-rôt rétablieSe k pauvre Paysan vivoteroit un peu moins misérablement qu’il ne soir,la plupart d’cux n’ont ni beurre, ni huile, ní graillé pour faire du pota-ge; ils mangent leur pain tout sec > noir comme du charbon, Sc leurpotage n’est que d’eau bouillie ; au lieu qu’avec ce miel ils cn mange-roitnt avec leut pain , Sc en feroientdupotage &dubreuvage, suivanti’usage de Moscovie.

Objections. I. Que si tout le monde s'appliquoit à ce ménage,on ne trouveroit pas aíièz de mouches à acbcter.

U. Quand on en trouveroit , si tout le monde en avoir, la cite 5ck miel kioicnt à si bon marché qu’il n’y auroic pas grand profit à s’en»niékr.

R fi p o n s e s. I. 11 ne faut point craindre que tous s’y appliquent;Tous ks Israélites forent conviez d’entrer dans la terre de pi omis-sion, ou couíoient les ruisseaux de lait & de miel; ils étoient per-suadez de l’excellence de ies fruits ; ils voyoienr des grappes de rai-sins fi groíks qu’il falloir deux hommes pour en porter une, & ce-pendant de six cens mille combattans, il n’y en eut que deux qui yentru ent,

II. Mais quand un très-grand nombre s’appliqueroir à élever desmouches à miel, en peu de tems on en trouveroit une grande quan-tité a acheter les failant multiplier comme il a été dit ci dessus, fans lestuer, comme on les tuë à ptesent en beaucoup de Province», Sc qu’ail-leurs on laisse échapet beaucoup d’eflaims.

III. Quelque quantité qu’on ait de cire Sc de miel. on en trouver»le débit : pour k miel les Etrangers en emporteront, & les pauvres gensconiommcront k reste dans le R chaume au lieu de beurre.

IV. Pour la cire on en trouvera toûjours de l’argent pour TEfpagne-,où iis ont peine, comme on a dit. à fe servir de chandelles de fois/ quicoulent toutes, àcauíé de la grande chaleur du Pays,

V. Outre cela on cn trouvera encore le débit dans k Roiaume, nevendant la livre qu’à raison du prix de deux livres de fois: car la livre decite duredeux fois davantage; elle est plus claire, plus propio, Sc ne faitpas de mal aux yeux.

VI. Enfin, pour peu que l’on pût vendre la cire & le miel, ceferaautant de gagné; car la nourriture des mouches, comme il a été dit necoûte rien, & ainsi qui en aura quantité en tirera toûjours grand profit,les premiers iront devant ; ©n n’est j as à la vessie de voir tout 1e monderappliquer à ce ménage.

Maladiet