NIC. NIE. N I T.
vres, on le tare au poids ; ses déductions sont un pour cent livres pourle bon poids, & d’autant pour le prompt paiement : son prix eít de-puis 18 jusqu a if florins les cent livres.
Le tabac en poudre se vend a la livre; les baies où il y a double em-balage donnent huit livres de tare, &. celles a simple embalage, seu-lement 4 livres par baie: les déductions pour le bon poids & pour leprompt paiement sont chacune de deux pour cent ; son prix est depuiscinq jufqu’à dix sols la livre.
Droits d'entrée de sortie que le tabac paie en Hollande.
Le tabac en corde & en rouleau de la valeur de 6 florins, paie 6 solsd’entrée & autant de sortie, avec une augmentation de huit pensons,s’il entre ou s’il sort par l’Lst, l’Orisont, ou le Belt ; il est franc tnsortant du tiers d augmentation Si du droit d appréciation.
Le tabac de toute autre lotte, soit coupé, haché, ou en feuille, paiecomme le précédent, mais n’a aucune franchise a la sortie. •
N I E.
NIELLE. En latin nigella ou melanthium. II y en a trois sortes -la nielle bâtarde, la nielle cu.tivée & la nielle láuvage; ces deux dernie-res sont connues sous 1 e nom de poivrettes.
Description de la Nielle bâtarde.
Sa tige est haute de deux coudées, & velue, aïant des feuilles parintervalles, deux à deux , longues & velues ; à la cime des branchesnaille.it des fleurs purpurines, de couleur de rose. La graine est -en-fermée dans de petites gousses: elle est noire, rude, semblable à cel-le de poivrette , mais amere & fans odeur.
Lieu. Elle na t dans les champs parmi les blés, & fleurit en Juin &Juillet.
Propriétez. Cette plante subisse, ouvre, nettoie Sc résout. Lagra-ne bué, tue les vers , & provoque les mois Sc surine. La faine de'agraine appliquée avec du miel, òte les lentilles & les taches de la peau.
Description de la Nielle cultivée.
La nielle des Jardins, est une petite plante qui pousse des branchesmenues, de la hauteur de deux panS ou davantage, ses feuilles sont pe-tites semblables à celles du séneçon , mais beaucoup plus menues; ausommet dc ces branches elle porte des petits boutons ou têtes, com-me celle du pavot, longuettes, mi-partres au dedans par des mem-branes où la semence est renfermée, qui est noue, acre & odorante.
Lieu. Elle croît dans les Jardins, mais il la faut semer, & fleurit cnJuin.
Propriétez. La semence bûë avec du vin guérit l’asthme; elle résout& chaste les vents, elle provoque l’urine & les mois - elle excite &augmente le lait aux femmes libelles en boivent en divers jours; mê-me DÛë aveedu vin ou eau, ou appliquée fur le nombril, tue les versLe les fait sortir du cor j s ; hou Ihe avec de seau Sc du vinaigre, & te-nue en la bombe, appaile !a douleur des dents. Le parfum de cettegraine arrête les catares, seche le cerveau , & fait revenir l’odorat perdu.
Description de la Nielle sauvage.
Elle a la tige presque semblable à celle des Jardins, comme aussi lesfleurs, Sc il n’y a autre difference, sinon qu’elle a ses feuilles plus me-nues, fort découpées Sc chevelues , & n’ont pas semblable odeur niacrimonie > toutefois elle à les fleurs plus longues, divisées en cinq pe-tites gonflés cornues, dont les cornes vont en s’élargillánt a l’entour,& font repliées en dehors, comme celles des áncholies.
Lieu. Elle croît dans les blés, & fleurit en Juin , la graine est mûreen Juil et Sc Août.
Propriétez. La graine de la nielle sauvage ne íert à rien, parce qu’onprend celle des Jardins qui est meilleure.
Nielle. L est un brouillard ou une rosée qui gâte les blés qui fontprés à mûrir. Lest une efpece de rouille jaune cauíée par une mariére grafle qui s’attacheaux blés, Sc qui les noircit. La chaleur du Soleilenlève p.ndant le jour des vapeurs & des exhalaisons qui sont obli-gées de retomber pendant la nuit á cause que leur mouvement dimi-nue pendant ce tems, puifju’ellcs ne setoient élevées que parce quele soleil leur avoir communiqué ce mouvement; elles tombent le ma-tin en for me de rosée ; par mr ces exhalaisons il le trouve des partiescorrosives, 6 c que le Soleil vienne à patortre lorsque les font attachéesaux blés, a!o s aidées d’un nouveau mouvement communiqué parl’ar-deur de cet astre, elles brûlent Sc pénétrent les parties des grains deblé. Et c’est ce qui fait qu’il semble que ces grains font convertis enune elpece de charbon, qui non seulement ôte l’abondance du blé ,
' mais encore qui rend la fa ine extiémement noire. Les ftomens com-mencent à être soft eptib’es de cct accident vers la fin du m ris de Mai& ils y font exposer ju qu’â ce qu’ils soient moissonnez. QuelquesParfans usent de cette précaution pour empêcher la nielle de s’artacheraux blés. Us prennent une corde grollc d’un pouce, longue de lîx àsept toises, & avant le levé du soleil ils la passent & repaflënt fur les épisde fi ornent en la tenant bien tendue Sc élevée d’environ un pied Sidemi, la nielle se détache & tombe par cette agitation.
Lorsque le blé est niellé, il faut avoir soin de le laver pour empêcherque la faune ne devienne noire, ce qui arriveroit fi on l’cnvoioit aumoulin fans cette précaution.
On a inventé une forte de bluteaupour le blé noir. II est composéde lames de fer blanc piquées Sc percées comme une iape, la surfacerude Sc mordante est tournée au dedans. On agite le blé dans cectemachine Sc on emporte les taches r.oiies.
N I T.
NITRE. C’est un sel minerai qui s’engendre dans les lieux bri-des comme dans les caves , les colombiers, les écuries, les vieillesmasures. On croit que l’air est remplie de pairies nitreuíêz qui Rat-tachent aux corps qui sont disposez a les recevoir Si à les retenir. Sa
N I T- N I y.
77
vertu est merveilleuse pour la multiplication des blés comme onl'adit en parlant dc cette plante.
Le sel - nitre & le salpêtre sont la même chose, & s’il y aj’quelqucdifserence , c’est cjiuc le nitre est un salpêtre commun.
Je n’ai point lu de Philosophe qui définisse mieux le nitre, que faitM. L’Emery , c est dit-il, un sel empreint de quantité d’ejprits de loir ,qui le rendent volatile. Ce sel lé tire des pierres, des terres, des plâ-tres , & des matériaux des vieux bátimens qu’on a démoli, commeon le peut voir a l’Aríênai de Paris, où se fart le. meilleur salpêtre quisoit dans l’Europe, ou a l’Arscnal de Lion.
Le nitre est d’un grand usage dans la chimie, & dans la médecine,
Sc dans la végétation des plantes. On en fait le ctistal-mineral, le sel\ olychreste , l’eau-forte, l’eíprit de nitre > qui est la meilleure dc tou-tes les eaux-fortes pour la dissolution des métaux; Iaiflòns donc lenitfe entre les mains des Chimistes Sc des Médecins , pour le détermi-ner à leurs usages , & ne le regardons présentement que par la facultéqu’il a de contribuer puiflamment a la propagation des plantes Sc desanimaux.
Nous remarquerons feulement que les Physiciens qui en ont fait1 analyse, y ont trouvé un fêl tout semblable au sel matin, ou au selgemme ; il arrive même que quand on fait bouillir le salpêtre troplong-tems dans de 1 eau, les esprits se dissipent, 5 c il ne teste plus qu’unsel semblable á notr e sel commun , ce qui donne lieu de croire que lenitre, ouíirlpetre n est que le lel commun p.u, rempli d’eiprits qu’ilne lest ordinairement. Aussi verrons-nous dans la fuite que le sel-ma-rin aide à la multiplication des grains, comme le ialpécre , & qu'aufond il y a peu dc d.sserencc entr'eux pour cet ester la. A.nli tous leséloges magnifiques qu’on a faits de tout rems, pour ’céléorer l’ex.el-lencc du sel, conviennent également au nitre.
Avant Platon on avoir compoíé des 1 vies exprès pour étaler lemérite du sel, & ce Philosophe parle d’un pareil ouvrage dans son li-vie intitulé Convìvium. Pour lui il appelle serieufenmnc le tel rseiívchose divináajíc rl n’hélite point â dire, q .e le sel est l’objet de laprédilection dflDieu : Sal Deo amicum corpus : c’est dans son Timée .qu’rl parle de la sorte. Platon pouiroit bien avoir pris ce sentiment dansles livres de Moise, qu’rl avoir certainement bien étudié, & d’où il atiré une quantité de choses qu’d a mêlées dans lés ouvrages ; ce qui afait dire a S. Clement d’AIcxandrie, que Platon n’est autre chose queMoise qui parle Grec : &uid enim est Plat o , nifi Moïses qui Lquttur At-tise ï Stromat. lib r. pag. $4 1. En esse:, ce que Platon dit de la di-lection que Dieu a pour le sel, revient entièrement à ce que ta porteMorse au sujet des Oolat ons qui doivent toutes être agréables a Dieu:Vous ajfaijonnerez avec du Sel, tout ce que vous offrirez en sacrifice , scvous m retrancherez point de votre sacrifice le Sel de l’Alliance, que sua-ire Dieu a faite avec vous. Vous offrirez le Sel dans toutes vos Oblatîons,Lévitique > chapitre II. y. 13. Les Païens se sont auilì imaginez que leursDieux s’intereílòient fort a la fortune du sel. Athé ée raconte avectout le flegme d’un Philosophe, qu’d y avoitàTragésc dans la Troa-de, une minière de sel, où il étoit libre à chacun d’en prendre selonson besoin ; mais qu’aussr-tôt que le Roi Lisimaque y eût mis un im-pôt , tout le sel dilparut, & la minière íe trouva épuisée. Ce Prince,dit Athenée, abolit l’impôt, Sc à l’instantle sel y revint aussi abondam-ment qu’auparavant; c’est pour cela , ajoûte Pline, qu’on nommeL,-larium , les pensions & les apointemens qu’on accordoit aux Officiersde l’arméc. C’est toujours pline qui parle: Ergo Hercule vita humaniorfine sale neque degere ; adeoque necejfanum elementum esl , ut tranfieritintelleBus ad voltlptates tmimi quoque , nom ita sales appellantur omnis-que viti lepos, & summa hilaritas laborumque reqtties non alio rnagisvocabulo confiât. Honoribus etiam milìtiaque interponitur,salants inde dtcìts.
II avoir fort bien reconnu qu’rl y a des plantes qui poussent beau-coup mieux dans les eaux salées qu’ailleurs. & que k sel contribue non-(eulement à leur multiplication, mais a les rendre d’un meilleur goût.Peculiaris Medicina Raphano, Beta, Rut a , Cmita m salis aquis, qua &aloqui plurimum Juavitati conférant.
C’est pourquoi il-ne regarde point comme une chose fort extraor-dinaire, ses arbrislèaux, les arbres fruitiers, & les forêts sonnent, s quicroíiìèrt au fond de la mer rouge, de la mer des Indes, Sc de la merMediterranée. Nascuntur & m mari frutices > arborejque minores in nos-tro. Rubrum enim , & totius Ortentis , Oceanus refertus efi Jylvis. Cechapitre est une ému.ation très-curieuse de tous ses arbres qu on aobervé.
Esprit de Nitre.
Quand on met du nitre dans un creuset & qu’on le pousse au feu, iln’est point long-tems fans se fondre.’ Lorfqu’on veut faire l’eiprit denitre ou salpêtre dellêché & trois fois autant de bol 011 de brique pi-lée, on met le tout dans une cornue lutée fur un fourneau de réver-béré clos. Ce bol empêche que le nitre ne sc fonde ; lés parties en paCfant au travers du bol sc divisent en se réduisant à leurs principes: ils’éleve dans la cornue des vapeurs qui retombant dans 1e récipientdonnent une liqueur , qui n’est autre chose que le sel acide détrempédans du flegme. C’est ce qu’on appelle Esprit de nitre, ou eau forte.
Propriétez de l’eau-forte.
Cette liqueur contenant les acides du nitre, sc trouve fort propre àpenetrer ks pores des corps duis, & enlever leurs partiesintégrandes,c’est ce qui arrive fur tout à legatd de l’argent qui ne peut être dis-sous que par 1 esprit de nitre. Ces acides font des petits corps longs pluspointus par l’une de leurs extrémitez , ils agilknccomme autant de pe-tits coins, qui sont mis en mouvement par le flegme où ils détrem-pent , & par la matière íu'adle qui augmente beaucoup ce mouvementdans le tems de la fermentation. Voyez Salpêtre.
N I V.
NIVEAU. C’est un instrument qui sert à faire connoître si unpoint est plus élevé qu’un autre par rapport au centre de la terre. 11 yen a de disterentes fortes.
K iij Les