í« B A R. B A S.
ont íe même sentiment sur un tel sujet. C'est i usage du barreau, c*est-à-dite , que l’on a coutume de procéder en justice de cette maniéré &íclon certaines régies ou formes. C’est dans ce dernier lens qu on ditla discipline du barreau, & pouf montrer l'éloquence force Sc con-vaincante de certains plaidoyers ae fameux Avocat* comme Patru ,on dira que ce font des chefs-d’œuvres dans l’éloquencc académiquequ’on employé dans les panégyriques des grands hommes. On ditaun habile homme qui a établi parfaitement ses en sans, qu’il a avan-tageusement placé ses en fans l’un dans l’Église , l’autre dans l’Épée ,& l’autre dans le Barreau ou dans la Robbe.
[BARRER. Terme de chaste. Se dit d’un chien qui balance furles voyes.
B A R R O T S. Terme de marine. Pieces de bois qui tra-versent le vaisteau d’un flanc a l’autre , & qui en soutiennent lesponts.
BAR ROQJJE. Terme de Jouaillier. Sc dit des perles qui nesont pas aster rondes. ]
B A S.
BAS. Partie de l’habíllement du pied & de la jambe, qui sert àcouvrir leur nudité & à les garantir de la rigueur du froid. Autrefoisl’on ne se servoit communément en France que de bas de drap oude quelqu’autre étoffe de laine drapée , dont le trafic se failbit á Pa-ris par des eipeces d’artisans, qui de là se nommoient Drapiers Chaus-se tiers , & qui formoient alors une Communauté particulière qu’onréunit ensuite au corps de la draperie ; depuis on s’est attaché a tairedes bas bien plus commodes & de meilleure façon , & cela en deuxmanières; savoir, au tricot : & de plus on en a fabriqué sur le métieravec la soie , la fleur & la laine , le coton , le poil , le chanvre & lelin filé , & la mode des bas d’étoffds’est presque enriercment perdue,«nsorte que présentement on ne parle quasi plus que des bas au trseotou des bas au métier.
Ces sortes de bas , soit au tricot ou au métier , sont des especcsde tissus formez d’un nombre infini de petits nœuds > ou maniérés debouclettes cntrelalïées les unes dans les autres , que l’on nomme desmailles , & se font ces ouvrages qui font la principale partie du né-goce de la bonneterie. Voyez. Bonnetier dans le Dictionnaire«Economique.
Les bas au tricot font auffi nommer bas ì l’aiguille, ou bis bro-chez. Ils sc font avec des menues Si longues aiguises , ou petitesbroches de fil de fer cu de Ictón poli , qui en le croisant les unesfur les autres entrelastént les fils , & forment de cette maniéré parti-culière les mailles dont les bas font composez. Ce qui s’appeile tri-coter ou brocher les bas , ou travailler des bas à l'aiguil e. If y aapparence que cette invention vient des Écostois > parce que les pre-miers ouvrages au tricot qu’on a vû en France venoîent d’Écolle ; en-core qu’il soit permis à tout le monde de faire des bas au tricot ouá l’aîguille , il ne laisse pas d’y avoir à Paris une Communauté allezconsidérable d’ouviiers de ce métier , établis dans les Faux-bourgs ,dont les Statuts font du 1 6 . Août i s'ij. On nomme ces ouvriersmaîtres ouvriers en bas & autres ouvrages au tricot, ou maîtres Bon-netiers au tricot , pour les distinguer des Bonnetiers de la Ville quel’on appelle Marchands Bonnetiers , Almuciers , & des autres maîtressaisons des bas & d’autres ouvrages de bonneterie au métier. L’artidc19. des Statuts du Corps de la bonneterie du mois de juillet 1608,deffend de faire des bas au tricot avec moins de trois fils, parce qu’au-tremenr les bas ne font pas astèz sorts , crevent facilement & ne fontpoint d’un usage de quelque durée & utilité.
A l’égard des bas au métier , ce font ordinairement des bas fins ,qui sc manufacturent par 1e moyen d’unc machine de fer poli , très-ingénieuse > où le tissu se fait bien plus promptement qu’au tricot Scà l’aiguille. Les Anglois sc vantent d’en être les inventeurs > com-me les Écostois sont estimez auteurs de la maniéré de brocher &tricoter ; mais les Anglois ne sont pas fondez dans leurs prétentions :car tout 1 e monde fait qu’un François ayant inventé une fi surpre-nante , ingénieuse & utile machine , & trouvant quelque difficultcz àobtenir un privilège exclusif qu’il demandoit pour s’établir à Pa-ris , pastà en Angleterre où fa machine fût admirée , & l’ouvriermagnifiquement récompensé. Les Anglois devinrent si jaloux decette nouvelle invention , qujil fût long-tems deffendu , sous peine dela vie , dc transporter hors de leur Isle aucune semblable machine ,ni d’en donner aucun modèle aux Étrangers ; mais comme un Fran-çois les avoir enrichis de ce présent , un autre François le rendita. fa Patrie ; & par un effort de mémoire & d’imagination admi-rable , fit à Paris , au retour d’un voyage de Londies , le premiermétier fur lequel ont éré faits tous les autres qui sont en F: ,ncc Scmême en Hollande. La prens ere manufacture des bas au métier quise soitvûë en France, fut établie en 1656. dans 1 e Château de Madridau bois de Boulogne près de Paris , sous la direction du sieur JeanHindret : ce premier établissement ayant eu un succez considérable ,le sieur Hindret forma en 1L66. une Compagnie, qui sous la protec-tion Royale , porta la manufacture des bas au métier á un lï hautdegré de perfection , que six ans après , en 1671. on érigea en fa-veur des ouvriers qui y travailloient, une Communauté des maîtresouvriers en bas au métier. On leur donna alors des Statuts , non-sculemenc pour ses régler entr eux; mais encore pour empêcher qu’ilsne porcaffent préjudice à la fabrique des bas au tricot , qu’on regar-de toujours comme très-nécellaire pour i’cntrctsen d’unc partie consi-dérable du menu peuple. Les articles de ces Statuts règlent la prépa-ration & la qualité des soies qui doivent ctre employées dans les ou-vrages de la bonneterie au métier , le nombre des brins dont cessoies doivent être composées, la quantité des mailles vuides qu’il doity avoir aux lizseres, Se enfin le poids dts bas de soie pour hommes
BAS,
& pour femmes. Pat ces mêmes Statuts , aucun ne peut être admisà la maîtrise qu’il n’ait fak apprenti liage de trois ans , & lervi sesmaître deux autres années en qualité de compagnon ; qu’il nc lâchemonter son métier & rendre raison de l’usage de toutes tes efpeces,&nc sache se bien entretenir & réparer, afin qu’il n’en arrive aucune im-perfection & défaut à l’ouvrage qui doit être sait liir une telle ma-chine. II doit, & est obligé a faire 1c chef-d’œuvre , qui consiste àfaire un bas de soie façonne aux coins Sc par derrière , ou telle autrepiece ordonnée par les Jurez , & ce chct-d'œuvre doit se faire dans laChambre de la Communauté, Sc en prélence desoits Jurez Sc de qua-tre maures tant anciens que nouveaux. Les fils de maîtres sont excîntsdu chef-d’œuvre, Sc seulement tenus de la simple expérience. Les Ju-rez au nombre de quatre , dont deux s’élisent chaque année, veillentà robscrvarion des Réglemens , font ses visites , Si íont chargez desdeniers , titres Sc papiers.
Remarquez qu’avant Tannée 1684. les ouvriers en bas au métierne pouvoient travailler qu’en soie > mais par Arrêt du Conseil duji. Janvjef'de laaite année > il leur fut permis de faire des bas Scamies ouvrages de bonneterie de plusieurs autres matières, tellesque sont la lame , le fil , le poil Sc le coron , à la cirage pointantque chaque maure seroit tenu d’oecuper au moins la moitié dc sesméne: s aux ouvrages de soie , Sc de n’en avoir aucun pour ses ou-vrages des autres matières que ceux qui sont propres a travaillercelles dont 1 e filage seroit fin ; mais comme depuis cet Arrêt sesouvriers au métier s’éioient relâchez d’une relie maniéré qu’ils lai- ,soient des ouvrages grossiers Sc de bas prix , & employoient des ma-tières des qualirtz les plus inférieures , ce qui poitoit un préjudicetres-conndérable a la manufacture du tricot , il fur rendu fur cela untrès-soge Arrêt du Conseil d'État en forme de Règlement, le 30»Mars 1700. qui réglé toutes choses & remédie aux abus ci-deílùsexprimez , Sc prévient tous ceux qui pourroienr arriver dans 1 a fuite»Enfin Louis XV. lut obligé , pour remédier à des nouveaux incideusSc imonvéniens, de donner une Déclaration du 18. Février 1710»enregistrée en Parlement le 9. Mars en suivant, qui fixe, peur ainíì-dire, pour toûjours la police & la discipline des Marchnds Fabiquansdes ouvrages Sc d. s bas au métier. A Tégard des diverses lor.es debas, il y tn a de plusieurs sortes.
On appelle bas défiante des bas qui sc sont avec du fil de laine très-tors, que Ton nomme fil d’estame ou fil d’estain. Ces sortes de bassont fort ras , n’ayanr point été tirez avec 1 e chardon. On appellebas drapptz ou foulez ., ceux qui ont été fabriquez avec de la laine unpeu lâchement filée, que Ton appelle fil dc tréme , Sc ont paslè patla foule, Sc dont 1 e poil a été ensuite tiré avec le chardon, ce quiles a rendus superficiellement semblables à certe étoffe que Ton appel-le drap de laine. On nomme des bas à étrier des bas coupez par lípied , qui ne servent qu’a couvrir la jambe Sc non pas le pied ; cetteeípece de bas ne se met que (bus un bas à pied pour tenir la jam-be plus chaude. Anciennement il se fuioit une sorte de bas que Tonappelloit bas d'attache > parce qu’ils s'attachoient au haut des chauffesavec des rubans ou des aiguillettes; mais depuis que Ton roule 1 e basavec la culote , l’uíàge des bas d'atrache est absolument petdu. 11 sefait auffi des bas chamois teints en différente* couleurs ; mais ces sor-tes de bas ne regardent pas le négoce de la bonneterie , cc sont à Pa-ris ses Marchands Peanners qui les taillent, qui les cousent Sc qui lesvendent. On fait encore des bas de toile: jaunes Sc grises ordinaire-ment écrues, qui se débitent par le* Marchandes I.ingeres 011 pat sesMarchands Merciers. Un dernier Arrêt du Conseil d’État du Roi du },Mai 172.0. a encore aioûté de nouvelles précautions pour Tentrée dela bonneterie de laine de fa tique étrangère dans le Royaume, &poftr empêcher qu’il nc puisle y entrer en fraude , a ordonné que lesbas & tous autres tels ouvrages de bonneterie composez de laine ve-nans des Pais étrangers, n’cntreront à Tavcnir dans les États dc SaMajesté, que par les Ports de Calais & de S. Vallcry ,oú ses droits d’en-trée seront payez conformément au tarif du 18. Avril 1667. Sc les-dic* bas Sc ouvrages marquez d’un plomb,portant d’un côté une fleurde lys > & de Ta.itre ce mot Calais ou S. Vallery ; déclarant Sa Ma-jesté tous autres ports,chemins Sc partages, mime la Ville de Sedan,voies obliques & prohibées ; défendant a tous Marchands de faire en-trer leldstes marchandises par d’autres endroits que par ieseits deuxports , á peine de confiscation Sc dc J 00. livres d’amendc.
BAS, mettre bas. On dit qu’un Manufacturier de draps de laine ond’autres étoffes,a mis bas une partie de ses métiers , pour dire,qu’ilen a retranché une certaine quantité , á cause du peu de consomp-tion qui se faisoit des marchandises de fa fabrique. On dit qu’unemanufacture ou fabrique est bas ou a bas, pour dire qu’il n’y a plusd’ouvriers , que 1e travail en est tout-à-fait cessé > que les métiers sontdélabrez ou démontez.
B A S or ; les Marchands Orsevres nomment de l’or bas , de Tan-gent bas , ou de bas alloi, celui qui est foible Sc rempli d’allíage ,qui n’est pas au tine du poinçon de Paris, ou de celui auquel on baclesmonnoyes; Tangent d'Allemagne est d’un titre très-bas. On appellebas billon d’argent , celui qui est au-dessous dc cinq deniers. Voyez.Argent & Biilon.
B A S & B A S S E , en fait de tapisserie. On dit haute & baíseliffe , pour exprimer la façon de leur travail. La baise lisse est uneespccc de tissu ou tapisserie faite de toile & de laine , quelquefoisrehaustee d’or & d’aigent, où sont représentez diverses figures depersonnages, d’animaux, de passages ou autres semblables choses, sui-vant la fantaisie de Touvrier, ou 1 e goût de ceux qui 1 e lui com-mandent. La baise liste est ainsi nommée par opposition à ureautre espcce de tapilìcrie qu’on nomme haine liste , non-pas de ladifférence de l’ouvrage qui est proprement le même ; mais dc ladifférence dc ]a situation des matières íur lesquelles on ses travaille ,celui de la baffe listé étant pose a pkt <Sc parallèle a Thoriion, Sc au
commue