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BAN. B A P. BAR.

Parmi nous Içs bannis à perpétuité hors du Royaume, sont morts ci-vilement, & par conséquent incapables de tous effets civils , commèdes donations , de faire testamens , ensorte même que s’ils se ma-rient leurs enians-, quoique légitimes, ne peuvent pas leur succéder ,on leur ajuge feulement pour aliment une pension viagère : Bordent*fur M. Lqucî. Lettr. t. nom. s. Ricard tnfin Traité des Donations part. t.thap. b. fiés. 4. nombre zs 3 . Ils ne sont pourtant pas esclaves commechez les Romains ; mais ils perdent 1 e droit de régnicolcs Sc sont ré-futez étrangers.

Le mari étant banni à perpétuité ou condamne aux galères, lafemme peut demander fa dot ou douaire comme s’il étoit mort na-turellement ; cependant il est plus ordinaire qu'on ajuge à la femmeune simple pension au lieu de douaire. Par une Déclaration du Roidu ; 1. Mai 168 >. ceux qui ne gardent pas leur ban encourent la pei-ne des galères ; mais on demande si le condamné qui est en prisonpour les intérêts civils, peut obtenir son élargissement pour satisfaireau jugement prononcé contre lui ? on répond, que pat rapport à lacondamnation au bannissement perpétuel , comme dans>ce cas on n'apoint d'efpérànce de retour d’un homme qui est banni pour toujoursIiors du Royaume , on diffère son départ jufqu'à ce qu’il ait satisfaitta partie offensée ; dans l’autre on présume qu’après le teins expirél’amour de la patrie & le désir de jouir d'une douce libercc lui feronttrouver les moyens de s’acquitrer.

On ne peut obtenir des lettres de rappel de ban en Chancelerie ,il n'y â que le Roi qui les puislè octroyer , comme les autres grâcesqu’ií donne après que la condamnation cn a été prononcée. Voj/ex.Lettres ds rappel de ban. Les bannis â teins sont infâmes,mais ils ne sont pas incapables à jamais des effets civils; car dès queleur rems est accompli iís peuvent revenir dans le lieu d où ils ont étéchassez , pour y mener une vie privée fans y pouvoir exercer aucuneoharge publique. Les Juges d "Église ne peuvent bannir; ils enjoignentfeulement aux Ecclésiastiques de sc retirer du Diocèse , ce qui n’em-poxte pas infamie ; car ce n'est qu’une especc d’exil dont on use auíliquelquefois cn Cour Laïque. Celui qui a été banni peut donner Re-quête à co qu'il lui soit permis de séjourner un rems à Paris, un moisou deux pour donner ordre i ses afeires.

BANS de mariage , sont les publications qui le précédent & quise font aux prônes'des Parroiíses des futurs conjoins , régulièrementil fàut trois publications ; mais on peut obtenir dispense de l’ordinai-re , c'est-à-dire , acheter la permission de hen publier qhun, ce queBous appellerions un abus s'il falloir juger communément. Mais ilfaut présumer que ces dispenses font fondées fur des raisons aussi jus-tes qtìc secrètes. Les Conciles de France & les Ordonnances de Blois ,de Melun, & de Louis XIII, de l’année iccty. veulent trois publica-tions de bans ; mais comme l'esprit qui régne dans ces saintes consti-tutions n’est pas porté à troubler les mariages dans lesquels lïntérêcdes païens ou du public n’est point engagé > la Cour par ses Arrêts aperpétuellement jugé que le défaut de publication de bans n'est pasune nullité dans un mariage contracté entre majeurs , lorfqu’il estbien justifié que les oppositions qu’on auroit pû y former n’auroientpas empêché les conjoins de palier outre à la célébration : Voyez Sro-deau fur M. Louet & Fevret en fin Traité de babus.

Si c’est un mineur qui sc marie, les bans doivent être publiez à laparoisse du domicile de son pere . ou du tuteur , ou curateur s’il estfous la puissance de l'un ou de l’autre.

BANQUETTE. On appelle ainsi les chemins relevez, commesont les deux cotez du pont neuf, où il n’y a que les gens de piedqui marchent, les assises de pierre de raille qui les bordent & les sou-tiennent du côté du milieu du pont , se nomment tablettes. II y aaussi des banquettes au bas des pasapets en dedans , qui règnent lelong du rempart & bastion ; il y a auslì des banquettes 1e long desquays. Les Romains appelloient toute forte de banquettes ou cheminsélevez plus ou moins decurfona.

B A P.

B APTÏST AIRE,du Grec bapttfiemn , lavoir. C’étoiì ancienne-ment une petite Église auprès d’une grande > où on administroit kbaptême depuis que l’exercice de la Religion Chrétienne fût permispar les Souverains. Tel est le baptistaire de Constantin près S. Jeande Latran à Rome ; ce nom étoit même donné á une Chapelle quidans une Église scryoit au même usage.

BAR.

[ BARAQUE. Petit logement de bois que les Soldats font dansun camp pour se mettre à couvert.

BARAT. Terme de marine. Malversation ou déguisement demarchandises , commis par la faute du Patron ou du Facteur du na-vire.

BARBACANE , Ventouse. Ouverture que les Maisons fontdans les murs d’efpacc en espace pour laisser écouler Peau , principa-lement lorsque les murailles soutiennent des terrasses. On appelleaussi barbacanes les ouvertures qui sont aux murailles des Villes & pla-ces fortes.

[BARBE , ce mot se dit des grands poils que les lièvres, les la-pins > les chats , Scc. ont de côté & d’autre de leurs lèvres. II se ditaussr du grand poil qui pend au menton des cliévres Sc des boucs. En-fin on appelle barbe les poils de certains épis.

P. A R B E. Terme de Maquignon. C’est la patrie extérieure de labouche du cheval, fur laquelle s’appuye la gourmette. C’est auslì uneexcroissance de chair qui vient fous la langue du cheval, & qui l’cmpé-chc de boire.

BARBE. Terme d’Astronomie. Ce sont les rayons que darde unecomète , du côté où l'on mouvement la porte»

Tome 1 .

BAR. ' 4 j>

BARBE. Terme de monnoye. C’est ce qui s’atfache au Banc desefpeccs.

BARBE- Terme de cuisine. Ce font les filamens que produit Umoisissure des mets qu’on a gardez trop long-tems.

B A R B F.-D E-C Fl E VR E. Plante qui ressemble à la reine des prez,ayant des tiges rondes qui s’élévent a la hauteur de quatre on cinqpreds, s étendant en ailes , avec des feuilles oblongues, pointues ,dentelées > attachées plusieurs fur une même côte qui est terminée parune feule feuille & n’ayant entr’elles aucunes petites feuilles, commeest la reine de prez. Sa fleur est blanche, Sc les fruits renfermez deuxà deux dans d’eípeces de petites graines.' Elle crort dans les lieux hu-mides , & contient beaucoup de sel elsentiel.

Sa vertu est astringente » ludorifique, cordiale, vulnéraire , proprepour résister au venin , Sc pour arrêter le flux de ventre , pour con-solider les plaies & pour toutes sortes d’hémorragies.

B A R B E-R E N A R D. Fepez Gomme adragant.

BARBOTINE. Poudre aux vers , ou contre les vers. C’est lagraine d’une tfpece d’absinthe , d’une amertume extraordinaire, &d’une odeur forte & pénétrante. Elle croît particulièrement en Perle& en Égypte , & nous vient par la voie de Marseille. II en croît auslìd allez bonne sur les côtes du bas Poitou. Elle est propre à provo-quer les mois des femmes & à fortifier 1 estomac; mais la vertu spé-cifique est de faire mourir les vers qui sc forment dans le corps. Ellelè prend en poudre Sc en bol, depuis demi-scrupule jusqu a demi-dragme ; íï on la prend en infusion on en met le double,. Si on con-jecture qu’il y ait dans l’estomac des matières glaireuses qui empê-chent fesser des purgatifs , on la mêle avec succès dans, les infusionspurgatives,

BARD E. Armure qui couvre le poitrail & la croupe d’un cheval.Ce mot se dit auslì d’une tranche de lard dont on couvre quelquefoisla volaille qu’on veut faire rôtir.

BARDÈLLE. Efpcce ds selle à puiquer, faite simplement detoile Sc garnie de paille , on ne s’en sert guére en France.

B A R D E U R. Manœuvre qui traîne les pierres avec le bard.

BARDOT. Périr mulet qui sert á porter le bagage.

BAR ET. Ne se dit que du cri de lcléphanc , eu du rhinocé-ros.

BARGE, Sorte de poisson qui est assez semblable au corlis.]

BARGUIGNER , marchander quelque choie fou à fou, avoitpeine à se déternvoer fur le choix ou sur le prix d’une marchandise.Barguigneur est celui qui barguigne , qui est inucterminé & irrésolu,marchande trop.

[BARILLAGE. Terme de Financier. C'est faire entrer du vindans des vaisseaux moindres que d’un huitième de muid ; ce qui estdestendu par l’Ordonnance des Aides, à la réserve des vins de liqueurqu’on fait venir en cailles.

BARILLET. C’est la picced’une montre qui renferme k grandressort. On fappclk communément tambour , mais improprement.

B A RIQU E. Petite futaille contenant la quatrième patrie du ton-neau de Bordeaux.

BARIQUE foudroyante. Futaille où l’on met des pots à feu,& qnanáté de filasse arrosée d’huile de pétrole , & trempée dansde la poix noire & de la poix Grecque , pour défendre uíie brè-che»

BAR LONG. Se dit ordinairement en Géométrie, d’un rectan-gle qui a deux de ses cotez plus longs que les deux autres. ]

BARON NIE, étoit anciennement la premiere Seigneurie aprèsla Souveraineté ; c’est présentement une dignité attachée à un fief,laquelle est plus éminente que celle du Seigneur Châtelain , & moin-dre que la qualité de Comte.

[BAR QÚ E. Sorte de petit vaisseau de voiture.

BARQUETTE. Espece de pâtisserie, faite en forme de barque;composée fe fine fleur , de lucre & d’ambre gris.

B arr ac AN ou Bourracan. Sorre d’ttoffe où il entre du poilde chevre.

BARRAGE, est un droit Seigneurial pat lequel il est permis àquelques Seigneurs de lever certaine somme de deniers fur les mar-chandises qui pafefte dans leur détroit où district.

BARRE de la Cour , est un lieu fort proche de l’auditoire où il yavoir autrefois une barre pour séparer lés Conseillers qui lbnt commispour faire les adjudications & régler ses appointemens , d’avec lesProcureurs. ïmbert en fa pratique Livr. 1. Chapit. 6 . Barres étóîcntautrefois ce que nous appelions présentement exceptions. Institutes deLois el. Tiv. s. tit. st.

[BARRE. Piece de bois ou de fer que l’on met en travers der-rière les portes pour les tenir fermées plus sûrement.

BARRE du Palais. C'est le banc où se tient le premier Fluif-sicr du Parlement , & où sc fait l’adjudication des biens saisis réelle-ment,

BARRE. Terme de blason. Piece honorable qui marque lcbaudrier du Cheval , Sc dont la situation est opposée a celle de labande.

BARRE. Terme de marine. Amas de fable , écueils ouroches qui sont sous l’eau à feutrée d’un port, ou à l’embouchured’une rivière , & qui empêchent les vaisseaux d’y palier libre-ment. ]

■ BARREAU. C’est lc lieu où les Avocats sc tïelînent pont plai-der les causes. II est ainsi nommé à cause qu’ordinaircment il y aune espece de barre d’une distance allez éloignée du Tribunal pourles séparer des Juges. Ce mot a au figuré de belles significations,je dis au figuré , patte que proprement parlant , barreau ne signifieque'cette barre qui sépare k lieu des Avocats du lieu où sont les Ju-

cs , mais ces façons de parler ont un sens plus fin ; ainsi qumd on

it tout le barreau est de cet avis , on entend que tous les Avocats

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