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Tour blanchir le cuivre.

Réduisez en poudre une once de zinet, & un gros & un tiers degros de mercures mêlez le tout ensemble, Ut frottez-en votre cuivre.

Four blanthir les plumes des moineaux & autres oiseaux.

Frottez du jus de grande joubarbe Sc d’huile d olive, les œufs lors-que la mcre commence à les couver.

BLANCHIR 1 argent, l’argenteric, le fer , l'ivoirc, l’étaim. Sec.Voyez, tous ces mots. J

BLANCHIR en massonnetie, c’est faire une ou plusieurs impres-sion.! de blanc à côté sur un mur file, après y avoir paâé un lait dechaux pour rendre un lieu plus clair Sc plus propre. On blanchit tousles ans dans les Villes des Pays-Bas, les façades des maisons pour lesembellir; & dans les Pays chauds, on blanchit les dedans pour conser-ver les tapillèries& tendre les lieux plus frais. Blanchir en mcnuilerie ,c’est raboter 1c fil des planches avec la varlope, pour en ôter les traitsde scie Scies inégalitez qui y ont resté après le sciage, ce qui rend en-Itfite les planches plus blanches 3 c plus unies. En serrurerie , blanchir lefer, c’est le limier avec la lime appellée gros carreau.

BLANCHI. Voyez Blanchiment ci-devant, à quoi ajoûtezLa maniéré de blanchir lasoye , qui je fait mnfi ; la foye encore ta#-te écrue, est mile dans une poche ou lac de toile claire, que l'on jet-te dans une chaudière remplie d’eau de riviere bouillante, dans laquel-le on a fait fondre de bon savon de Genes ou de Toulon; après quel'on a fait bouillir la foye dans cette eau l’elpace de deux a tiois heu-res, Sc que le fie ou elle a été renfermée y a été retourné Sc remuéplusieurs fois, on la retire pour la battre & la laver dans l’cau froi-de; Sc quand elle a été ainsi bien lavée Sc battue, on la tord légère-ment: puis on la rejette une lecondefois dans la chaudière pleine d’eaufroide, mélée du savon Sc d’un peu d'ind;go. C’est cet indigo quidonne l’œil bleuâtre que l’on remarque ordinairement dans les soyesblanches : après que la foye a été tirée de cette seconde chaudière ,on la tord bien fort avec une cheville de bois pout en exprimer rou-te ì’eau & le íâvon ; ensuite on la secoue pour la détordre & en lë-parer les brins, & on la met íuípenduë en î'air dans une efpecc d’étu-ve faite exprès, que l’on appelle un souffroir, à cause du soufre qu’ony brûle; c’est la vapeur de ce minéral qui achevé de donner le dernierdégré de blancheur à la foye.

Maniéré , & des dijferentes préparations pour blanchir les toiles de linfines , ó" les apprêter comme on fait en lHcardie.

II intervient beaucoup d’opérations dans ce blanchissage de toiles ;on y employé deux fortes de lessives, ks unes fortes Sc capables dedécrasser, les autres douces pour donner aux toiles de la douceur.Ces lessives font ou froides ou chaudes. On Lave autant de fois qu’ondonne de lessives ; les toiles lessivées lavées , font hetbécs ou éten-dues & exposées à I’air > & la font arrosées : dc-là on passé à leur don-ner divers apprêts, c’est-à-dire, que ces toiles passent du Blanchisseurà l’Appretcur, Sc ces apprêts font dissarens, selon les quaLtez diversesdes toiles. Enfin on les maille avec des maillets pour les unir. On lesplie , les marque-; après quoi le Marchand les expose en yente, Sciesenvoyé en divers lieux de fa correspondance .• voici la manière Sc or-dre de toutes ces lessives, Sc lavemens.

La premiere lessive se traite ainsi : les toiles encore toutes écrues ;c’est-à-dire , levées récemment de dessus le métier, sonc mises c em-per dans de l’eau claire l’espace d’un jour; Sc après qu’ellcs y cntótcbien lavées Sc nettoyées de toutes leuis ordures, on les en retire pourles jetter dans un envier rempli d’une lessive froide ; au sortir de la-quelle on les lave de nouveau dans de l’eau claire, on les étend furle pré, où elles sont arrosées de rems en teins avec de l’eau claire ,qui est dans des petits canaux le long des prez, par le moyen des el-copes ou peles de bois creuses à longs manches, que les Hollandoisnomment Gitter.

La seconde lessive. Après que les toiles ont resté fur le pré un cer-tain tems, on les fait passer par une lessive neuve, que l’on fait cou-ler toute chaude , de même que les lessives ordinaires, & cette lessi-vée est composée differemmenc suivant letat dans lequel fe trouventles toiles, au forcir de laquelle on lave les rqêmes toiles dans l’eauclaire, on ks herbe ou remet fur le pré ; Sc toutes ces choses sc réi-tèrent jufqu’à ce qu’on s’apperçoive que les toiles ayent acquis le de-gré de blancheur que l’on désire.

La troisième Sc derniere sorte de lessive, est une lessive douce > &legere pout diíposer les toiles à reprendre la douceur que les autreslessives plus acres Sc plus fortes avoient pú leur ôter ; puis on les la-ve bien dans l’eau claire; le frotage Sc laitage des toiles fuit âpres lestrois lessives. Ce frotage consiste à les savonner avec du savon noir,ce qui commence un peu à les dégraisser, Sc achevé de blanchir leslisières, qui ne pourroient devenir ^parfaitement blanches fans lc se-cours du íâvon. Après les avoir lavées Sc rendues nettes, & déchar-gées de leur savon, on les mec tremper dans du lait de vache, donton a ôté la crème, ce qui acheve de ks blanchir & de les dégraisser,leur donne grande douceur Sc leur fait jerter un petit cocon. Au sortir<Li lait, on les relave encore dans l’eau claire pour la derniere fois.Après cela on bleue les toiles; c'est-à-dire , qu’on les fait passer dansune eau où l’on a fait détremper quelque peu d’amidon aveu de l’é-mail ou azur d’Hollande, donc le plus gras & le plus pâle est lemeilleur ; car il ne faut pas que les toiles ayent un bleu trop appa-rent. ,

Les apprêts suivent âpres que les toiles ont été blanchies de lamaniéré qu’il vient d’étre dit, ks Blanchisseurs les remettent entre lesmains des Marchands a qcti elles appartiennent : & c’est pour lorsqu’il leur font donner les apprêts convenables. Ces apprêts font dif-fetens suivant lus qualictz diitcrcntm des tories, car il y en a ausquel-

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les on doit conserver de la force, & d’autres íufquelfes on là doit di-minuer pour les rendre plus claires.

L’appret pour les baptistes sc donne avec l’amidon & l’émail pâ-le détrempé dans l’eau claire. On y ajoure quelques autres drogues ,donc la qualité & la quantité dépend de la connoistànce, Lc capacitéde l’appreteur. Les baptistes ayant reçu leur apprêt, Sc étant scchécsaux trois quarts Lc demi, on ses maille; c’est-à-dire, on les batavec des maillets de bois fort unis , fur des blocs ou pierres de mar-bre , ce qui sc fait pour en abattre le grain, & leur donner un œilplus fin. Après quelles ont éré maillées comme il faut, on les plieen petites pieces quarréès, que l’on met faus la presse, Lc au sortirde cette presse, les Marchands y mettent leurs numéros fur des pe-tits morceaux de parchemin, attachez à ia lisière de la toile du cô-té du chef avec de la foye de couleur differente, suivant l'indinatioades Marchands, qui appellent cette foye leur livrée, chaque Mar-chand ayant ià couleur particulière qu’il ne change point; ensuite onks enveloppe proprement dans du papier brun de Rouen bien mail-lé Lc battu, qu’on lie avec de la petite ficelle; Sc pour lors ks toilesfont en état d être vendues, encaissées & envoyées dailsks lieux où el-les doivent ctre consumées.

Remarques. i». Toutes ks toiles claires de Picardie , relies quesont les linons rayez, à mouches, Sc unis ou clairs, sont apprêtez dela même maniéré qu» les baptistes; à l’exception néanmoins que lesbaptistes doivent être maillées , & ks autres ne le doivent pas être.i°. 11 faut remarquer que plus le tems est beau , & plus ks rodesfont faciles à blanchir. Par un beau tems leur blanchiment se peutfaire .en un mois; mais lorfqu’il fait vilain, souvent six semaines,méme davantage, n’y suffisent pas. z v. On doit encore observerque toutes ks toiles de quelque cípcce qu’clles soient , sont passéespar le lait de vache écrémé; étant certain que c’est cette liqueurblanche qui leur donne un beau blanchiment, tel que l’on remarque& admire dans toutes ks toiles qui se blanchissent en Hollande »Flandres & Picaidie. 4®. II est de l’uíagc parmi les Marchands quienvoyeur des toiles dans les blanch«rics de Flandres & Picardie, de lesmarquer aux deux bouts, d’une ou de plusieurs lettres de leurs nomsavec du fil d’épinai broché a l’aiguille , Sc d’attacher á l’endroit deces marques certaines petites cordelettes aussi de fil d’épinai, qu’ilsappellent cordeaux; lesquels ont un certain nombre de nœuds, de dis-tance en distance, chaque nœud ayant fa valeur particulière > suivantque chacun le juge à propos. Les marques sc mettent pour connoìtrea qui appartiennent ks toiles, & les cordeaux pbur sc ressouvenir de leursprix. Vojtz au mot Blanchiment, la maniéré île blanchit ks toi-les ordinaires , a laquelle maniéré ordina ’rc ajoûtez ceci: que dans leblanchiment des toiles ordinaires, on peut employer l’usage des mou-lins fort utilement. Les Blanchisseurs font un trés-bon blanchissage,en mettant les crues dans des eípcccs d’auges ou caisses de bois rem-plies d’une eau froide Sc pure , ou pat k moyen des marteaux oumaillets de bois (à qui un moulin a eau donne lc mouvement) ellessont battues & agitées d’une telle maniéré, qu’inscnsibkment elles selavent, & sc dégorgent de leurs ordures Sc filetez, &c.

BLANCHISSAGE. C’est le travail du Blanchisseur ; ainsi lors-que l’on dit que des toiles, des bas, des étoffes de laine, des soyes,de la cire, & d'autrcs semblables marchandises, sont au blanchissage,cela do t s’entendre qu’clks font actuellement entre les mains des ou-vriers qui ks doivent blanchir.

B L A N C HE RIE , sc dit en plusieurs occasions. Blancherie signi-fie le lieu ou I on blanchit les toiles. On dit aussi blanchisserie , cer-tains lieux destinez pour faire le blanchiment des toiles; en quelque*Provin.es de France, particulièrement en Normandie, on dit curan-derie, quia la méme signification. II y a des blanchisseries en Hol-lande, en Flandres, & dans presque tous les lieux où la manufactu-re , Sc le commerce des toiles est considérable. Les blancherics dcHollande sont les meilleures, & les plus importantes de toutes, par-ticulièrement celles qui sont établies depuis Hatlem jufqu’à Alcmarlc long des dunes. Blanchisseries sc dit aussi des lieux où l’on blanchitks fils ; les blanchisseries d’Anvers pour les fils sont ks mieux éta-blies: ce mot sc dit aussi des endroits où I on blanchit la cire. Lesprincipaux lieux de France où il y a des blancherics établies pour leblanchiment de la cire, sent Château Courier , Angers, le Mans,Amboise, &c. II y en a aussi plusieurs en Hollande. Geux qui tra-vaillent au blanchiment des toiles, des fils, de la cire , s’appcllentblanchisseurs ; mais en Normandie on appelle Curandiers ceux quitravaillent au blanchiment des toiles. Pat un Règlement fait àl’égarddes toiles pour la Normandie, du r4. Décembre 1701. Art. 46. 47.Ó* 49 ■ les Blanchisseurs ou Curandiers, de l’étenduë des Générassiezde Rouen & d’Alençon, ne peuvent recevoir dans leurs blanchisseriesou curanderies, aucunes pieces de toiles fans la marque dc la Ville deRouen; il leur est aussi défendu de sc servir de chaux dans le blanchis-sage des toiles qui leur font données à blanchir.

BLANCHERIE 4 e cuir. Le Tarif de la Douane deLion,nom-me ainsi ses peaux de mouton, agneaux, chèvres, chevreaux & au-tres passées en blanc.

BLANCHERIE de cuivre. L’on appelle ainsi dans quelquesProvinces de France, & particulièrement à Lion, ce qu’on nomme àParis Sc ailleurs batterie dc cuisine de cuivre ; c’est-à-dire, tous les uten-cilcs qui servent à la cuisine , qui font faits de ce métal ; commechaudrons, marmites, poêlons, écumoires, & plusieurs autres sem-blables. Voyez Batterie.

[BL ANQ_UETTE, Sorte de vin blanc qu’on fait en Gascogne,Lc qui est fort délicat. La blanquette de Limcux est la meilleure Lc laplus renommée.

BLANQUETTE, Sorte de poire. Voyez Poire.

BLASON, ou Artihéraldique. C’est la science des armoiries.]

BLASON , est l’asiçmblagc de toutes ks pieces qui composentl’écuíkn armoriai. C’est une sorte ou branche dc la science cìcí