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Roïaumc, &’paniculiejrcmcat á Pari». Il s’en fait Suffi des envols•considérables dans les Pais étrangers, mais plus en Espagne qu'ailleurs.
B U R A IL, est une étoffe qui est. kgere., dont toute la chaire estde soie; mais qui n’eit tramée que de laine ou même de poil, de fil«u de coton. C'est une eípece de mohere ou de poux de foie. II ya diverses sortes de borails qui se fabriquent en France. Il s’en fabri-que aussi dans les Pais étrangers, comme le burail de Zurich, ef-jiece de crépon. Voyez, C r í p o n. II y a une forte de burail qu’onnomme burail a contre poil, cette étoffe lé fait par les hautelilìèurs■de la íayetterie d’Amiens. Cette étoffe est aussi nommée fetrandine.Suivant ie Règlement de 1667. la foie qu’on y emploie doit être ouroute foie rué, ou toute soie cuite, fans mélange de J’une avec l'aucre ,á peine de 60. livres d’amemk. La longueur des pieces de ces étof-fes font de soixante dix aunes; outre tous les buiails c -dessus, le Ta-xis de la Ville de Lion en contient encore plusieurs autres, commeles burails oeRheims» les buraiis de Bergame, les burails de foie dc-Milan, ceux de Gènes &ceux de .Naples. *
B U R A T T E est différente du burat: car ce dernier est une étof-fe partie soie, partie laine, qui est auflì connue fous le nom de mou-■takiard, au lieu que la buratte est une petite étofíc toute de laine, unpeu plus forte que celles qu’on nomme étamines a voiles, dont elleslonc pourtant une elpece. Les États de la Province de Languedocobtinrent en 167;, un Arrêt du Conseil d’Écat du Roi, poitauc per-mission aux teinturiers de cette Province & a ceux d’Auveigne , deteindre les cadis & burattes en brelil pour le rouge , nonobstant 1cRèglement de 1 66f. On qualifie quelque sotte d étamine de ce nom >la nommant étamine burattee , pat ce que la fabrique est a peu prè’s lcin-blabie a celle des binaires. Elle est ordinairement de laine brune Scblanche. Voyez. Étamine. II est bon de démêler ici une confusionqui pourrolt naître de la ressemblance de ces mots. Bura, on burat,autrement dit nwncabmrd , burail qu’on nomme autrement ferandtne,Sc buratte donc est ici question , & baratine dont on va parler. Onn’a qu’a chercher dans ion rang ces trois mots : moncahiard ou bu-tât , ferandtne ou bttratl, Sc on verra clairement la dirferencc.
B U R ATI NE ou Buratik , eípece de papelinc dont la chaîneeft de foie fort déliée Sc la tréme de grosse lame. On la pâlie sousla calançlre. Mir. Savari soupçonne avec raison que ce mot butacine■ou buratin, ainsi rapporté par Furedcrc, doit être un mot hors d’usa-ge; la raison qu'il en donne me paroic fort bien sondée : car 1. II n estpoint parlé de ce mot burat me dans le Tant ue 1664, conc, ruant lesdroits d’cntrée & de sortie de couteá fortes de marchandiies. a. Iln’tnest pas non plus fait mention dans les Statuts Sc Règlement . ; ui ontété faits en 1667 , touchant la fabrique des draps île soie St éiolhsmélangées qtst íe font à Paris, Lion & Tours; Sc encore 11101nsdans le Règlement général des manufactures du mois d’Août I66g.outre que les Marchands Manufacturiers Sc Ouvriers n’en ont aucuneconnoitlánce, il y a apparence qu’il y a ici une méprise, Sc que l’ori-gine de cette méprise da Furetferc vient óe ce que le mot de burati-nes, qui est un adjectif Sc qualité de certaines foies , a été pris poursubstantif fans fondement par Furetiere. Le mot àt baratines est tou-jours joint à foies, & l’on dit foies buratines , qui font des foies quel'on tire de Perse par la voie de Seyde ; elles sc pèsent au damafquinde six cens dragmes, qui reviennent a quatre livres onze onces deMarseille, Voyez, Soies de Levant.
BURE, que le Tarif de 1664 appelle auflì bugle ou beugle , est«ne étoffe de laine très-brutte & tlès-groflîere , ai'ant un vilain poillong , de fort vil prix ; son usage le plus ordinaire est pour habillerles pauvres gens. Il y a de l’apparence que son nom dérive du motde bourre, parce que souvent l’on fait entrer dans le filage des lainesqili la composent une portion de bourre touriste , qui est cette lottede laine très-courte , uui provient du lainage & de la tonture des draps,ratines , Sc autres semblables étoffes de laine. On nomme deuxfortes de bures ou bugles. Les butes loyales Sí les bures boumeres.Les bures loyales lefaííòitnt autrefois à Dreux , & croient faites toutde bonne mere laine , au lieu que les bures bottrrieres étoient des buresoù l’on faiíoir entrer de la bourre ronriflb , que l’on meioit avec la bon-ne laine en la filant. Les lieux du Roïaume ou il se fabrique le plusde bures font Gifors, Thibivilliers,j.dans le Vexin Normand; il s’enfaifoit autrefois beaucoup à Dreux , & a St. Lubin situés en liste deFrance , mais cette manufacture est tombée. Cette étoffe nomméebure a été jugée de fi petite conséquence qu’on n’en a aucunementparlé dans le Règlement des manufactures; il en est cependant faitmention dans le Tarif de 1664, & les droits en doivent être païés araison de quatre livres du cent pesant pour la sortie, & sur le piedde quarante fols la piece de douze aunes pour feutrée.
BUREAU, le mot de bureau pour signifier une grosse étoffede laine non croisée, qui n’eít autre chose qu’une bure renforcée, n’estplus d’uiàge ; Sc cette façon de parler, vêtu de bureau, est mauvaise,il faut dire vêtu de bure , mais bureau se dit fort bien dans les sensíuivans, dont les uns sont sérieux Sí au propre, & ses autres au figuré& en guise de proverbe.
BUREAU Se dit du lieu où les Marchands s’assemblent pourtraiter & délibérer des affaires qui regardent leur Corps ; chacun dessix Corps des Marchands de Paris a son bureau particulier. C’est dans
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celui de draperie, comme le premier Corps, que se font les assem-blées gémrales des six Corps. Ce mot de Bureau n’est pas seulementdit des Marchands, mais auflì de plusieurs autres Compagnies quis'aífe'nblent pour travailler à des affaires importantes. Tel est le grandbuteau de la Chambre des Comptes. Le bureau des Trésoriers deFrance. Les affaires du Domaine, des Aides, des Gabelles, fe traitentaussi dans dis bureaux propres. Ainsi l’on dit bureau du Domaine ,bureau des Aides, le bureau des Gabelles, le bureau de la Douane >de Paris, le bureau des Traites d’Ingrande, le bureau de la Connéra-blic de Bourdeaux, &c. On designe par ces fortes de bureaux leslieux destinés pour la perception des droits établis fur les marchandi-ses pour i’cntrée Sc sortie du Roiauine, & des Provinces réputéesétrangères. Sur le même sujet on en distingue plusieurs fortes. II ya des bureaux généraux, des bureaux particuliers, des bureaux dcrecene & des bureaux de conserve.
Les Maiclunds Négocians & Banquiers appellent auflì bureau ,une grande table fur laquelle ils i}iettent leurs livres & papiers, pourtravailler & faire leurs écritures.
BUREAU est auflì une eípece de table à plusieurs tiroirs & ta-blettes ou on enferme des papiers. J'ai mis ces papiers, dit-00, dansmon bureau. ‘
BURE A T J est auflì un endroit établi pour la vente Sc débit decertaines marchandises de manufacture particulière; ainsi il y a 1ebu-reau des cu.rs de Hongrie, lé bureau des maroquins, le bureau desflambeaux > des chandelles; on dit petit bureau, c’cst ainli que parmiles Comroyeurs , Taneurs , Méglstìets Sc Cordonniers, on appel-le le bureau des vendeurs de cuirs.
En 171 C. Sc 1710, on appelloit bureau de la banque stoïale, tousles lieux dans lesquels se faisoient alors les diverses opérations de cet-te banque. Voyez. Banque Roiale.
On appelle auflì à Paris bureau d’adreffe, le lieu où l’on don-ne des avis pour la commodité du Public. On dp figurément Scpour plaisanter d’une femme , c’eít un vrai bureau dadrestê, pour desi-gner une femme intrigante qui fait tout ce qui sc passe dans uneVide, & qui le va dire de côté Sc d’aucie.
On dit ces façons de parler proverbiales, L’air du bureau, dit-on ,est bon & favorable, lorsque les apparences font bonnes pour le luccësd’une affaire ; au contraire que l'air Sc vent du bureau n’est pas ben.On dit aussi pour marquer la prudence Sc pénétration d’un hommeJubile dans Us affaires , Il connoír bien l’air du bureau, il fait l’air djibureau. On dit cc s façons de parler, pour dire pretientir f événe-ment d’une a flaire.
BU RE AU. Chambre où l’on régie des comptes & où l'on faitdes puïemens. On donne auflì cc nom à des salles balles prés lesportes des Villes, où des Commis reçoivent les droits du Roi. Cemot fe dit auflì du lieu ou s’allèmblent les Directeurs des HôpitauxSc des Communautés.
BUS.
[BUSSE,ouBussárd. Esjftce de futaille dont on sc sert par-ticulièrement en Anjou. Le Bullard est la moitié dune pipe ; il eftégal à la demi queue d’Orléans, de Blois, de Nuis, de Dijon & deMaçon, ce qui revient aux trois quarts du muid de Paris; enforteque le Hussard est composé de deux cens seize pintes de Paris.]
BUSTE, Buste, de Tlcalíen buste , corsage ; c’esi la partie supé-rieure d’une figure sans bras > depuis la poitrine, posée fur un pieddcstal. C’est ce que les Latins appelloieut Herma , du Grec Hermes ,Mercure, parce que l'image de ce Dieu étoir souvent represeotée dccette maniéré chez les Athéniens.
BUT.
BUTER. C’est par le moien d’un arc ou pilier butant, conrre-tenir ou empêcher la poussée d’un mur, en lui servant de contre-poids pax la pesante masse de cet arc butant, c’cst-a-dire, arc boutantou pilier. On peut empêcher l’écartemcnt des ailes ou côtés d’unevoûte parles mêmes arcs ou piliers. Voyez. Culíe.
B U V.
BUVEAU ou Bevau. C’est un instrument semblable à uneéquetre, mais au lieu que I equerre demeure fixe & que les branches enfont immobiles, celles du buveau sc ferment & s’ouvrenc comme l’onveut pour prendre Sc pour tracer toutes fortes d'angles. Outre celaaulieu que les branches d’une équerre font à droite ligne, celles dubuveau ont quelquefois une forme ronde , & sont bombées. Quel-quefois il n’y en a qu’une qui soit bombée Sc l'autte est droite , d’au-trefois elles sont courbées Sc creuses en dedans, où il n’y en a qu’u-ne de la forte ou même la moitié d une, ainsi on en fait de plu-sieurs façons selon le besoin qu’on en a. On dit le buveau dedeux plans pour marquer Tinclinaifon qu’il y a entre eux. Dans !»coupe des pierres on se sert du mot de buveau en diverses maniérés,comme on peut voir dans le Traité du tere Herrand & dans cekàdu Sieur de Sargues.