COU. C R a :
Nom avons encore fur ce fjjec des Coutumes trois observations àfaire.
i. Qu’aucunc famille ne peut sc faire une Coutume particulièrequi soit contraire à la Coutume générale. Pétegrin Art. st. ». 3 1-i. Quand les conventions sont consonnes à la Coutume , il fautenticremestt suivre les dispositions de la Coutume > par ce que les con-ventions n’y ajoutent rien. Argent. Art. 13 s. gL 6 . ». 31.
3. Lorfqu’il s’agit de f habileté de la personne on se régie fur laCoutume du domicile, Sc non fur celle des lieux où les biens sont si-tuez. De là s’cìifuit , & c'est une quatrième observation importantefur les Coutumes , quelles sont réelles quand il s agir de régler le droitde la chose co mine font les héritages , & personnelles loríqu’il s’agitd établir la capacité dc la personne, Enforte que si l'on veut partagerdes immeubles , il est nécessaire dc silivre Tordre prescrit par les Cou-tumes des lieux où ils (ont situez. Pour juger si un Testament est va-lide , il faut examiner si le Testateur avoir l’âge requis par la Coutu-me dc Ion domicile.
COUTUMIER, qui sc joint à ces mots > Pais Coutumier > DroitCoutumier.
Pais Coutumier est celui qui se régit par la Coûtume , par oppo-sition au Pais de Droit Écrit, qui se régit par le Droit Romain > com-me est le Languedoc, le Lyonnois , Scc. si Ton excepte le restott duParlement de Toulouse , du Parlement d’Aix 8 t de Dijon > de Lyon-nois en partie & le ressort du Parlement de Bordeaux » tout le restede la France est Pais Coutumier. On appelle D oit Coutumier, la Coû-tume ou la Loi particulière de chaque Pais. Voyez Us lnftitutet Coutu-mières de Loifei.
Grand Coutumier , c’est le Volume où sont contenues les Coutu-mes d’une Province, on le Rccui! fait à rems de Charles V IL de rou-les les Coutumes de France , rant générales que locales,
[ COUVAINS. Voyez Mouche à miel. Abeille.]COUVERTURE. Terme d'Archttc ctu re. S’entend ron-scule-ment de tout ee qui couvre le comble «Tune maison, comme plomb,d’ardoile , tuile , bardeau , &c, en Latin tegmen-, mais du comble mê-me , en Latin teéîmn.
COUVERTURE à claire voie , celle où les tuiles sont éloi-gnées les unes des autres , enforte qu'il en entre un tiers moins quedans >a couverture ordinaire ; cette forte de couverture ne sert quepour des apentis & magazins d’atelicr qui ne doivent pas subsisterlong-rems. Couvreur est le nom commun pour le Maître & les Com-pagnons qui employeur la tuile & Tardoise aux couvertures des bâti-mens.
C R A.
CRAINTE, considérée par le Jurisconsulte îc le Philosophe, estî’opinion qu'un mal doit arriver avec une anxiété , tristeíìè & dou'curanticipée dw mal imaginé par avance , ce qui ôte la tranquillité &îe vrai uiage de ses facultez , & souvent empêche la liberté dans lesactions humaines & civiles. II faut que cette opinion soit fondée furune juste cause, autrement elle n est en Justice d’aucune considération:metus eft opinio impendentis mttii quod intolerabtU este videtur Citer, intujcul. II y a donc une crainte bien fondée, comme- celle d’un péril siévident qu’il est capable détonner les personnes les plus sages, & uneautre qui n’ait de la lâcheté ou de la foiblelle d’elprit. Metus est instan-tis penculi vd futuri causa mentis trepidatio , metus uutem alius eft pro-í/abihs & catitt m bominem confttmtem & dtfcretum ; tdius non probabilisqui cadit in bominem miferitm timidum & inconftmtem. Tob. tit. ff. de*0 quod met. caus.
Les simples menaces ne sont pas de véritables sujets, de crainte àmoins quelles ne soient suivies d'emportemens capables d’épouventer& de donner de la terreur. Ainsi une femme qui voudioit sc fairerestituer & rétablir contre une obligation qu’elle auroit paílëe con-jointement avec ion mari, & qui n'allégueroit pour moyens que lacrainte de ne lui avoir pas voulu déplaire , ou la crainte dette expo-sée au danger d’encourir fa haine , ne scroit pas recevable ; il fautpour détruire un contrat de qualité , qu’elle air reçu de mauvais trai-re mens , qu’il parodie qu’il y ait eu de la résistance , & qu’elle ait étécomme forcée par un autre sujet que par la complaisance. II en fautdire dc même du fils à T égard du pere, & ne pas s’arrêter aux dispo-sitions des Loix Romaines , qui établissent pour principe que tout ceque les enfans font à la persoation de leur pere, est plutôt un effet del'obéiffance que de la Volonté, Net enim vel credìtur qui obfequiturimperio patris. L. vell. de divers, rtg. juris > puiíqu’il est constant queles petes n'ont pas en France la même puiílancc qu’ils avoienr à Ro-me. On pourra opposer l’Arrêt du 9. Mars 1617. rapporté par DuFrefne , par lequel un fils a été restitué contre un contrat qu’il n’a-voit passé que pour ne point s’attirer Tìndignation de son pere. Maisil est facile de concilier Tefprit de T Arrêt avec les circonstances de lacause, les moïens dc rescision n’étoient pas tant fondez fur la craintepaternelle que fur la lézion& fur la minorité, Au Parlement de Bour-deaux , on a décidé que la crainte des spectres & des phantômes estune cause légitime pour faire résoudre un bail à louage au Parle-ment de Paris on a jugé le contraire : les esprits sorts loueront beau-coup l'Arrêt du Parlement de Paris , comme capable de déraciner unabus ou erreur populaire, & que l’Arrêt du Parlement de Bourdeauxest porté scion le préjugé du peuple : on peut dire avec plus de rete-nue, que ccs deux Arrêts contraires font portez conformément á lacommune opinion de ces différentes Provinces : quelqu’un â dic agréa-blement , & peut-être même sérieusement, que la différence de cesdeux Arrêts pouvoir venir de ce que les visions ne font pas si fré-quentes à Paris qtfen Guienne,
CRAMPE Sorte de goutte qui engourdit tellement les partiesqu’dle travaille , qu’dles en font comme crochues.
Tome I,
C RA. G R E. r;5»
Pemcde pour la Crampe,
Prenez une bonne poignée de pervanche & autant des sommitéz deromarin ; faires-les chauffer sur un réchaud dans un plat d'étain, applr-qucz-les le plus chaudement qu'il sera possible ftlr la partie affligée *
& continuez le même runede cn le cenouvellant le matin & le loir.
CRAMPONS cn Atchitecturc j font des morceaux de fer ou debronze à crochet ou à queue d’aronde.qui coulez en plomb fervent àretenir les pierres & lès marbres ; il s’en fait aussi de cintrez & découdez ; les crami ons font encore nommez agraffes. Les petits cram-pons ou cramponets fervent à tenir les Verrouils & les targettes furleurs platines , ou à les attacher fur les portes Ou croisées de menui-serie ; c’est cc que Vitruve entend par le mot Anfa.
C R A P A U DI N E. Voyex. cet Article dans le Dictionnaire (Eco-nomique > & y ajoutez ce qui fuit.
Secret pour tirer une CrSpaudine.
f Prenez le crapaud le plus gros & le plus vieux qu'il vous serà pos-sible dé trouVer , envclòppéz-le dans un morceau d’écalatte ou d’autredrap rouge , on lui convie entiercment le corps, á l’exceptíon de latête. Exposez-le ensuite dans un trôu ou dans une petite sodé où ilpuisse rdlentir toute Tarde ur du Solel ; il scroit à propos de garnir cetrou d’un pot óu d’un plat creux , afin que le crapaud qui fe rôtit &se tourmente de soif , venant à déposer fa pierre , on puisse la trou-ver plus aisément au fond du vaisseau,
Autre secret plus aisé.
Avez un pot troué cn plusieurs endroits, metrez-y le crapaud Scéxpo ez-le dans une fourmillierè ; il arrivera que la chair du crapaudétant toute dévorée pat les fourmis > son squelette restera seul avecla pierre.
Secrèt poter éprouver une Crapaudine ,
Il fatìt la présenter à un crapaud , & s’il s’éléve contre elle commSpour saucer dessus & Tenlcver,c’est un signé évident qu’elle est vérita-ble.
C R A P A tJ X « leur préparation. Voyez Préparaïiòn.
C R A QU E LIN S. La pâte des craquelins doit toujours être lé-gère; elle fe fait comme celle des échaudez aux oeufs. Les cchaudeîau beurré faits à Paris, & les craquelins paîtris cn Province, sont lamême chose,
C RATE. Sorte de pierré blanche fort molle, dont les Menuisier*& autres Artisans fe fervent pour marquer,
C r a y e. Préparation de. Voyez Préparation.
C r a y e. Sorte de maladie qui vient aux oiseaux dc proye. Voyi'nOiseau de proye.
CRAYON. Morceau dc craye , d’oere, de mine de plomb, 8 cadonc on se sert pour dessiner ou pour tracer légèrement une figure.
Polir faire des crayons de pastel aufft fermes que la sanguine.
Broyez avec l’eàu commune sut !e porphyre, & réduisez en pâtede la terre blanche toute préparée pour faire des pipes à tabac ; ensuitebroyez à soc telle couleur que vous voudrez ; pàlsez-Ia par le taffetasou par un linge très-sin, & mélcz-la avec la pâte en quantité propor-tionnée à la nuance que vons Voulez lui donner , âjoûteí-y un peu demiel commun & dc la gomme arabique à discrétion. Faites ensuitedes petits rouleaux de cette pâte , en roulant entre deux petites plan-ches, les morceaux que vous aurez disposez, Laiísez-ies sécher ensuiteà Tombre fur Un àis ou fur une feuille dé papier ; & pour les fairescchcr entieremenr, exposez les atî grand Soleil ou auprès du feu.]CRAYON. Terme de peirtrute, sculpture & architecture,c’est ufipetit morceau de pierre cendre aiguisé en pointe pour dessiner ; lapierre de mine est la plus propre pour Tarchitccture , parce que con-servant fa pointe , elle fait les traits plus fins , & qu'on passé propre-ment dessus á l’encrc, & que même elle peut s'effacer avéc de la miede pain rassis. La meilleure qui vient d’Angletetre est la plus péfarite ,& doit avoir le grain clair & fin , & être douce sous le ganif, enfortequ’elle ne s’égraine point quand on T aiguise : la tendre sert pour lesélévations & les oriiemens ; & celle qui est uti peu plus ferme sertpour les plans. Le crayon noir ou pierre noire sert aux Massons, Char-pentiers & Menuisiers , pour tracer ainsi que la craye ou pierre blan-che. Le crayon rouge ou la sanguine ne sert guéres dans les desseinsd’arebitecture que pour distinguer fur un pian les changemens ou aug-mentations qu’on y veut faire , ou pour marquer fur une élévationdes choses qui ne peuvent être Vues étant supposées derrière d’autrescomme un comble au travers d’un fronton. Le fusin ou le charbonde bois blanc sert à profiler en grand sur le papier ou le carton, parcsqu’il s’efface avec le linge Cm là barbe d’une plume. Tous les crayonsdoivent être tenus dans un lieu huínide , parce qu’ils durcissent à lachaleur,
C R E.
[CRÉANCE. Tetme dc Fauconnerie. C’est îe nom qu’oû don-ne á la ficelle avec laquelle bn retient Toiseau qui n’est pas bien assu-ré. On dit que se faucon est de peu de créance quand il n’est pas bonni loyal , & qu’il est sujet á s’essoyer & à se perdre. ]
CRÉANCE. Somme dûë par un débiteur à un créancier ; on doitColloque! ses créanciers dans un ordre , suivant la datte ou 1 e privilègede leur créance. Créance signifie aussi Tinstructíon (ecretee d’unc négo-ciation que Ton confie à quelqu’un ; cet Agent, dit-on , a exposé fâcréance aux Ministres vers qui il est envoyé. Lettre de créance est I*
S lettre