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D E F. DEG.

tien de Chapitre Général tient lieu dc sentence* Ce nefs pás toô-jours dans la Science du Oioit qn'on peut employer les définitionsexactes de la Logique Sc Grammaire , ii faut souvent sc contenterde bien moins que de ces définirions composées de leur genre &dif- jference. On ne trouve pour l'otdinaire dans îes définitions des motsSc des choses chez les Jurisconsultes, que de simples descriptions desuns & des autres, qui dohnent pourtant suffisamment a connoìtre Scdistinguer ces objets de la science du Droit. Même les Jurisconsultesosent appeller dangereuses ces définitions Philolòpluques , pensansque les idées de l’cquité nous viennent plutôt par voie de sentimentintérieur & naturel, ou par la droite direction des sages Magistrats iSc Législateurs, aue par l’exacte connoissánce de la nature & des pro- ]priétez elfentiellcs à la justice ; ces choses se tentent mieux & plus uni-versellement quelles ne sc connoissent par des idées claires Sc par des dé-finitions Logiques : otnnridefinitioeft ,\\est dit audigeste, in jurecivili pe-rtculoja est , f arum eft erùtn ut non fubverti pojfet L. 202. Jf. de reguíisjuris. C’est-à-dire toute définition exacte en Droit est périlleuse, Scson poutroit facilement & souvent en faire voir l’insuffisance & lanullité; elle est périlleuse parce qu’elle est trop affirmative, Sc prendtrop d étendue & d’universalité : de sorte que dans plusieurs cas par-ticuliers > où outre le fond de la chose il sc trouve des circonstan-ces auili èonsicérables que le fond ; l’on voit que cette définition estvague Sc n’éciairc point le Jurisconsulte dans ces cas particuliers plusou moins complexes & composez. Car on peut dire qu’il n‘y a guered’af&ircs Sc causes, pour si ressemblantes qu elles paraissent pat beau-coup de choses communes â elles > qui n’aïent des choses propres &particulières très-disserentes , & qui s’échappent à la réglé & défini-tiontogique, qui est trop breve & concise pour renfermer en fabrièveté tout ce qu’il est nécessaire áu Juge & aU Jurisconsulte pourdécider. Car la définition Logique , est breVtt quidam oratio & jeit-tmttet qua piurium rtrum brevtter fummatim & ehstolute fit traditio. Ete’est ce qui ne suffit pas en Droit, parce que les matières du Droitsont trop vastes Sc diverses par cette variété infinie de compilationsdes choses qui sc tioUvtnt ên chaque cause. ií faut une rcgle plussouple que la définition ; & cette réglé à trouve en consultant surchaque ces deux Oracles du Droit. La Loi écrite ou l’Oracle du Lé-gislateur encore vivant, qui est le Prince Sc son Conseil, & lequitéjnée Sc plus manifeste dans les Juges, ptr me reges régnant & judicetfufta decemunt ; C’est pat moi, dit la Divine Sagelle, que les Roisrègnent, & que les Juges prononcent Justice dans leurs jugemens.

DÉFINITIONS. Voyez. Termes dans k Dictionnaire (Eco-nomique, & dans ce Supplément, à quoi ajoûtez ces considérationsà 1 occasion des termes Sc mots qui entrent dans le Dictionnaire (E-conom'ique, qui enferme en foi beaucoup de mots dc la Pratique > duDroit Sc du Commerce ; qu’il n’est pas impossible de donner de bon-nes Sc exactes définitions touchant celui-là, mais allez difficile fur ce-lui-ci. M. Savaty dans son Dictionnaire du Commerce, s’est aprochédc fort près en expliquant les mots de cet excellent Ouvrage, de lavraie définition des choses » mais il n’a pas cntiercmenc achevé dcparvenir aux exactes définitions; mais en place il nous a donné desdescriptions si amples de tous les mots qu’il explique, & en dit tantde choies & en tant de façons, que toute personne de jugement Sc quiSi bonne mémoire, se peut rendre très-hàbile dans toutes ces matières,fur tout S’íl en tait des fréquentes lectures. La raison de la difficultéà trouvèï ces exactes définitions > c’est parce qu’il n'y a qu'un sa-vant homme dans la Phisique qui puiile raisonner toutes ces diffe-tenccs matières. Car puisque l’objet Sc sujet du .commerce renfermetoutes les productions de la nature Sc de l’art, il faudrait connoìtretout ce qui regarde la nature & les proprìetez des plantes, des ani-maux Sc minéraux, pour définir avec ordre & exactitude toutes ces■choses qui font la matière du commerce. A l'égard des ouvrages desArts, il faudrait avoir le don d’eh parlet juste, Sc d’être encré dansles principes & la théorie de ces Arts, pour pouvoir bien exprimerles inventions Sc adresses dont les hommes vulgaires, niais ingénieux,se sont a’soz aviser par une eípece de sagacité qui ressemble beaucoup* l’irstinct, nu à une eípece d’instinct á demi raisonné. Les Auteursdes livres dont est qu.stion » ne íont capables que de ces efforts, quiBe huilent pas d’être très-utiles, & qui ont rendu la société civiletrès-commode Sc très agréable ; mais c’est assez que d’avoir indiquétomme en paslknt, ce qui nous manque dans ce genre & eípece dontest q> est on.

[DÉFRUTUM. Voyez Rob.

D É G.

DÉGAGEMENT, c’est dans un appartement un petit passage©u un petit escalier pat lequel on peut s’échaper fans repasser pat lesmêmes pieces. 11 vient du verbe dégager, qui a deux significations;premierement, c’tst en Architecture ôter la confusion des ornemensdans la décoration, ou faciliter le dégagement dans ses appattemenspat ses passages Se les petits escaliers.

l DÉGORGEMENT, se dit des étoffes de laine Sc des soles,d’oú il arrive qu’on dit également & une étoffé dc laine dégorgée,Sc de la fole dégorgée. Laine dégorgée est celle qui a été purgéede ses impuretez en la faisant fouler ou laver simplement dans del’eau claire ; & on appelle sole dégorgée , celle qui a été lavée &battue dans la rivière, pour en faire forcir 1 e íavon ou l’alun. Laïaison de ce dégorgement vient de ce que pour dégraisser ses étof-fes, sor tout la laine, on les mêle avec de la terre òu de !'urine, oudu savon, ou avec les trois ensemble . ou c’est par le dégorgementou fousement qu’on fait sortir cette terre ou autre salete. Dégor-gement se dit & se fait des étoffes de laine fraîchement teintes, ìorsequ’on les fait passer au moulin à foulon . ou qu’on les foule auxpieds, ou qu’on ses lave simplement a la tivicre pour leur ôter ccquelles ont'dc rrop de teinture, afin qu’elles ne barbouillent Sc gâ-tent ce qu’elles toucheront par leur uop forte teinte, ou par l’abon-Tome 1 .

DEG. ijj

dancc de îa couleur qui a pénétré non - feulement tout ce qui estde solide dans la substance de l’étoffe & de ses filets . mais encorequi remplit les petits vuides ou pores de Tttoffe > & c’est ce sur-plus que l’on exprime par ces lotions & foulemens dans l’eau furtout courante. Les étoffes noires > bleues & vertes , sont celles quel’on doit dégorger & laver avec plus de loin . parce que ces cou-leurs font fortes & plus chargées > & sont plus capables de déchar-ger se superflu & leur exces, & dc beaucoup salir Sc barbouiller.L'on pratique le même dégorgements à legard des fores, qu’on dé-gorge pour les mieux disposer à la teinture, & pour prendre mieuxquelque couleur que vous ayez dessein de lui donner. Outre ses lai-nes Sc les foies on dégorge aussi ses cuirs , en ses jettanc dans l’eaucourante pour les laver du sang Sc autres ordures, & les mettre ainsien état d’ctfe plannés ou tannés,

[DÉGOÛT. Voyez Rose-Sucrêe.]

DÉGRADATION, quafi de gradu de/ecìit ,‘ c’est la privationdu degré, c’est-à-dire, del’état, de Tordre, dc quelque dignité ouétat bon & estimable.

II y a une dégradation verbale que hous appelions proprement dé-position , & une dégradation actuelle dont nous prétendons parlerplus particulièrement. La forme de cette dégradation actuelle est ex-pliquée ailleurs; mais esse n’est pas suivie, principalement depuis quetoutes ses cérémonies ont été abrogées , Sc on juge que si un íeulÉvêque a pô imprimer le caractère, il est aussi tout seul capable d’eneffacer la dignité.

On a toûjouts regardé ceux qui ont été dévouez au Service Divin »comme des personnes sacrées Sc inviolables. Les Romains ufoientde dégradation cérémonieuse pour dégrader leurs Vestales Sc pourTexauguration de leurs Prêttes. C’est ce qui est rapporté dans Plu*tarque qui décrit la vie de Nurna Pompiiius, & Pline nous se rapportedans son livre 18. chap. 1. Si nous ne vo tons point d’exemple de ladégradation dans la primitive Église, e’est parce quelesÉccléfiastiquespar la sainteté de leur vie, étoient exempts de la honte du supplice.

L’Empereur Justinien, qui 1 e premier s’apperçût du grand désordredes Écclésiâstiques, voulut que la punition en fut exemplaire ; mais enmême tems par le respect qu’il portoit à la Religion , il ordonnaqu’avant qu’ils fussent livres entre les mains profanes des bourreaux »ils fussent mis en celles de f Évêque pour être dégradés. ÌXoveìl. Si.•§. illude palam est ; encore Ton trouve dans Thiíìoire de la dixièmeannée de son règne, qu’il ne permît point qu’on usât de la cérémoniede dégradation, lorsque Tatroeité du crime rendoitindigne ses coupa-bles de cette représentation aux Chefs de son Ordre , lavoir ses Évê-ques. Ce sage Empereur pensent, avec raison, que ces crimes par leIeul fait énorme, les avoir dégradés Sc sequeitrés réellement de laSociété des gens de bien, encore plus des personnes saintes tels queceux qui sont revêtus de la dignité épiscopale.

II semble que ces sages dispositions de Justinien, aïent servi de mo-dèle pour établir notre usage ; en ester, par l’Ordonnance de CharlesIX. du ré. Avrtl 1 f71. Art. 14, les Piètres & autres Promus auxOrdres Sacrés, ne doivent être exécutés, en cas de crime & de con-damnation de mort, sens dégradation précédente; mais v comme Justi-nien dans les derniaes années de se vie, trouva que cette cérémonien’étoit pas nécestàire a pratiquer en certains cas; ainsi nonobstantTOrdonnance de Charles IX. ci dessus citée . par ses Arrêts subie-.quens , on a de même que Justinien , jugé que cette dégradationn’étoit point nécessaire dans les crimes atroces , comme si l’a-trocité du crime excitoit dans ses Juges un zele si grand pour uneprompte justice , que Ton jugeât Texecution la plus prompte la plusconvenable sens temporiser Sc différer. Mr. Louer Sc Brodeau, par-lent à peu près ainsi. Le méme, du Imbeit dans se Pratique Livr. j.Chap. 5. Guenois sor TOrdonnance de 1571. en fa Confcr. Livr. 9.Remarquez que la sentence de dégradation donnée parles Juges Écclé-lìastíques, 8 c depuis confirmée par la Cour, n’einpêchc qu’un Prêtre neloir réintégré en la possession de ses benefices, fans attendre qu’iì soitremis m Sacris. Charondas Livre t. Chap. 14. La dégradation n’apas toujours été dans le sens lusdit, le mot de dégradation a été au-trefois pris dans 1 e sens tout simple de regretdatio ou retrogradatio ,*ce n’étoit pas une privation absolue de l’Ordre, comme ses Canoniltesl’on cru > c’étoit seulement un rabaissement, un rcculemcnt dansTOrdre même » lans pourtant en être exclus & chassé ; par exemple,j un Sénateur pour quelque faute contre son devoir, étoit condamnéà descendre dc quelques degrés, & perdoit par la son droit d’ancien-neté. Cette forte dé punition étoit plus ordinaire dans se milice. Unvieux Soldat étoit renvoie dans les derniers rangs, & quelquefois dcla Cavalerie il étoit remis parmi ses Fantassins. Ccquiétoituneespeced’infámie. On pratiquoic aussi autrefois dans ce sens la dégradation,. ou plûtôr la régradation dans TÉglise, & un ancien Piètre pouvoir êtreprivé de son rang, & devenir le dernier dans,son Ordre, & diminuer desprivilèges attachez à ce degré & rang de TOrdre, qui sublistoit encorepourtant dans son principal & essentiel, même présentement dans desMaisons Religieuses, fur tout de Filles, ses Religieuses coupables pouravoir mal observé les Statuts du Couvent, perdent leur rang d’an-cienncté > & quelquefois elles sont mises aistseflous dcsNovices ,ou mê-me après les Sœurs Laies. La dégradation criminelle dont nous avonsd’abord parlé - n’étoit pas seulement à legard des Prêtres dignes dcmort, mais à l’égârd d’un Gentilhomme & d’un Officier. Á l’égarddes Officiers de robbe, il y a divers exemples de Conseillers du Parle-ment , qui ont été dépouillés de leur robbe à TAudiance pour marque dedégradation. Quand le Maréchal dc Biron fut exécuté à mort , seChancelier lui ôta son Collier du Sr. Esprit , c’étoit une especc dcdégradation de TOrdre. Quand lc Duc dc Montmorenci fut exécutéen 16)1, il renvoïa au Roi se Cordon de TOrdre. A legard dc sedégradation des Prêtres, elle se pratiquoit ainsi : le Prêtre qui s’étoirrendu digne de mort, ctoit revêtu de tous sc* ornemens, Sc en estétat il «toit amené devant l’Évcque qui Ten dépouillpit publique-

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