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i 7 i DES.

DESSEIN pour le Tissutier-Rubanier. Les Tissutiers-Rubaniersont aussi un dessein comme les ouvriers de la grande navette , maisbien plus simple ; il est tracé fut un papier ou plusieurs lignes qui fecroisent à angles droits , représentent les fils de 1 a chaîne Sc de k tré-me ; mais au lieu de divers traits qui font les façons dans le premiertravail ci-devant décrit , ce dellein n’a que des points noirs, que l'onplace dans quelques-uns des petits quarter selon les figures que f ou-vrier veut donner à son tiífu. Ces points noirs sont de deux sortes, lesuns Rappellent points pris , & les autres Rappellent points laissez.

Les points pris marquent, les fils de 1 a chaîne quj doivent lé lever,& les points laisser , qui sont les espaces qui restent blanc , désignentles fils qui restent dans leur premiere situation. II faut bien prendregarde que c est par le milieu de ces fils pris ou laissez que pasiè 1a na-vette pour faire k figure.

Pour monter un métier un compagnon nomme à l’ouvrier le des-sein , c’est-à-dire, lui dit combien il y a de pris Sc combien de laisser,afìn qu’il attache aux hautes listés qui doivent lever les fils dc k chaî-ne qui sont pris, de petits bouts de ficelle à nœuds coukns , pour lestirer quand il est néceslàke dans le courant de l’otivrage, n’cn met-tant point aux laistèz qui doivent rester dans leur situation naturelle.Le reste lé fa.c comme pour le dellein des ouvriers dc k grande na-vette.

II paroit par ces deux sortes de desteins & les deux manières del’exécuter , que c est un ouvrage trés-ingénieux que celui de figurerles étoiles , linges Se autres tillus > Se que plusieurs y concourent, ledessinateur, l’ouviier qui lit, le compagnon qui le met, le tireur & letisseur. Mais ce qui est l’ame de cette Manufacture > Sc le moyen d’cncomprendre & retenir k description ci-desius , consiste à bien imagi-ner & mettre en tête ce que c’est que lire & mettre, ce que l'on veutencore répéter en abrégé. Lire ou nommer un destèia , c’est dire endétail à un ouvrier qui monte un métier , quels fils de k chaîne doi-vent sc lever , Sc en quelle quantité & lesquels non. Ceux qui travail-lent à k fabrique des étofíes u’or > d agent & de soye , disent lire undessein , .ce (ont ceux qu'on nomme ouvriers de k grande navette; maisles ouvriers appeliez de k petite navette, comme les TiífutiersRuba-nicrs disent nommer un dessein. Ces deux mets sont également expres-sifs. Car le dessein est comme un livre , Sc les traits cn sont commeles lettres qu’il faut épeller , lire Sc nommer l’une aptes f autre , Sc lesdicter l’une après lautre à l’ouvrier, qui met à mesure qu’on lui lit Scdicte ; car cet ouvrier tient la place de celui qui écrit , met & pose cequ’on lui dicte , nomme , récite & lit en quelque maniéré. On ajou-tera encore ici en faveur des curieux , qui voudroient parfaitementbien comprendre l’artifice dont est ici question , qu’il faut néceliàire-ment deux choses , & s’imprimer les précédentes descriptions avecleurs propres termes . & joindre à cela l’autopsie ou vue attentive fur3 e métier Sc l’ouvrage même. Car si vous pouvez nommer tout ceque vous voyez dans ces Manufactures, vous pourrez cn repeindre l’i-magination à k faveur des mots plus aisément; comme auslì si vousvoyez les choses Sc les actions des ouvriers dom vous savez si biennarler,vous aurez une idée plus claire & plus distincte de tout ce dontvous parlez si proprement & selon sart.

DESTINATION. Disposition d’une chose pour un certainusage, & pour une certaine fin précise ou particulière. II y a dans lachose destinée une certaine rekcion á tel but, Sc dans l’cíprit de ce-lui qui destine telle chose à ce but, une certaine volonté positive,aprèsavoir formé plusieurs jugemens & délibérations, à l’un delquels jugemens il s’arrête & conforme son choix , fa volonté, Sc son action Seconduire. Voici une définition plus conforme à k pratique du Droit.C’est tout ce qui est délibéré & qui n’est pas toujours inceslàment. dé-terminé & résolu , mais le fera ou le peut ctre. C’est l’cffet de la'‘des-tination d’alfujettir k chose destinée à son objet; c’eft pourquoi íì desdeniers sont destinez pour être employez en acquisition d’héritages ,ils deviennent immeubles au profit de ceux pour qui k stipulation &destination est faite. C’est aussi k raison fur laquelle est fondé l’Ar-rct du io Janvier 1607 , rapporté par M. Bougicr , let. D. n. prendu contre les héritiers d’un Évêque d’Auxerre, par lequd Arrêton a jugé qu’un bâtiment commencé en íqrme de Collège étoit ac-quis au public par là feule destination , suffisamment marquée par 1aforme de ce bâtiment qui marquoit sa destination pour une écolepublique. C’est ainsi que les choies mêmes inanimées rendent les Ju-risconsultes Sc les éclairez plus certains qu’iis ne feroient , dépour-vus de ce tangage Sc témoignage muer qu’on appelle destination ,laquelle dans ce cas est de deux fortes, l’intcntion Sc destination decct Évêque qui est dans son esprit & volonté , & qui étoit inconnue ,& la destination ou relation de cette forme d’édifice, qui directementparle cn faveur du public, Se manifeste clairement Sc distinctementl’intention Sc destination du fondateur d’un rel édifice ; par ce seulexemple paroit encore combien grande est k fagesîe Sc sagacité desJurisconsultes , & combien plausibles font leurs conjectures Sc leursdémonstrations juridiques , qui Joríqu’cllcs font exactes peuvent ap-procher des démonstrations géométriques. II est vrai que pour celaest requis dans le Jurisconsulte une profonde attention Sc un discer-nement judicieux qui ne se trouve pas dans les esprits vulgaires. 11faut donc que k destination dont nous parlons soit bien prouvée ,pour engager une chose Sc k faire changer de nature , & pour pro-poser un autre exemple à même fin que celui de l’Évêque d’Auxer-re ; il ne suffit pas pour établir une servitude , que celui qui a été lepropriétaire d’un héritage , ait donné un passage dans fa maison unefois ou deux par civilité Sc complaisance , ou ait permis à son voisind’v faire couler de seau. II faut pour cn faire un droit , que ce cassoit justifié par un bon titre. La Coûtumc de Paris , Art. iré. a certemaxime, 1a destination d’un pete dc famille vaut titre quand elle estou a été par écrit. Par rapport aux finances voici une autre maxime >Ic bon ordre des finances est de faire toujours remploi des deniers sui-vant leur destination.

DES. D E T.

DESTITUTION. Terme de Palais qui fe dit parlant des Offi-ciers destituables. C’est k révocation d’un Officier, soit de Robbc oud’Épée. Il est permis en général aux Seigneurs Justiciers de destituerleurs Officiers inférieurs qu’ils ont eux-memes instituez Sc établis. Loi-seau de la destitution des Officiers des Seigneurs , chap. s. mais l’Ordon-nance de Roulìllon , Art. 17. contient une exception en faveur deceux qui ont été pourvûs à titre rémunératoire , c’est-à-dire, en guiseSc place de récompense pour service, ou á d’autrcs titres onéreux. I[n’est pas juste aussi que les anciens Officiers, ou leurs enfans qui leuront succédé, puissent être destituez fans cause légitime ; c’est pourquoiil y a beaucoup d’Arrêts qui en ont conservé dans leur exercice con-tre les entreprises des Seigneurs , qui n’avoient pour cause que leur in-térêt ou leur mauvaise humeur. Voyez Chenu des Officiers de Trance ,tit. 4í. ér Charendas , Itv. u. chap. ss. Remarquez sur cct Articlequelques circonstances de la distinction. Parmi les Romains les Ma-gistrats & les Consuls méme croient destituables,& le Censeur dégra-dât du Sénat Sc de l’Ordre des Chevaliers qui lui pkisoit. En Franceles Officiers Royaux ne sont point destituables, ils ont été rendus per-pétuels Sc irrévocables par l’Ordonnance de Louis II. en 1 j ; f. Sc parcelle de Henri II. Les pourvûs des Bénéfices cn titre ne sont pas défitituables fins connoilknce de cause ; mais le Vicaire d’un Curé estdcstituable ad nutum Sc à volonté , parce que ce n’est qu’une simplecommission ; mais Louis XIV. a pourvu à des grands abus qui arri-voient en certaines Provinces , ou les Chanoines des Cathédrales étantCurez primitifs fans faire les factions curiales , fe contentoient de fai-re servir plusieurs Paroisses, tant dans les Villes qu’à k Campagne ,pour une légere rétribution, par des Vicaires amovibles & destituablesad nutum. Car le Roi voulut rendre toutes ces Vicairies perpétuellesSc inamovibles avec désignation Sc attribution d’une portion stable Scpermanente > payable par les Chapitres defditcs Cathédrales. Ce quiéto.t très-juíles Sc raisonnable. A l’égard des Officiers des SeigneursJusticiers, c’est une maxime aujourd’hui d’uíàge , qu’un Seigneur telne peut pas destituer un Officier pourvu à titre onéreux , on ne lepeut destituer qu en cas de forfaiture ou crime, & quand on lui a faitson procès.

D E T.

DÉTAIL. Par exemple, Marchand en détail , c’est celui qui re-vend k marchandise dont il fait négoce à plus petites mesures & àplus petits poids qu’il ne l’a achetée , qui k coupe Sc k divise pouren faire le débit en détail à des acheteurs qui n'ufent pas de provi-sion , mais qui Raccommodent au jour k journée chez ces petitsMarchands qui trouvent leur profit en cek , pendant que les grosMarchans négligent ces petits profits , & ne voudroient point fc don-ner telles peines pour les petits Négocians Sc Trafìquans de cette peti-te & méprisable chakndise. De ce nombre de Marchands en détail fontles Marchands Merciers qui achètent en pieces, par groíîès Sc à livre.Se qui revendent à Faune & à Fonce. Les Cabaretiers , Taverniers .Hôteliers , Limonadiers, Fayanciers , Sc les Marchands 'des liqueursqui achètent au muid , à k pipe & à 1a queue , & qui revendent aupot, à k peinte & à k bouteille ; & les Regratiers de sel, de grainsSc de légumes, qui achètent au minot ou au septier , & qui débitentau boisseau Sc au litron. Les mêmes Marchands en détail sont distin-guez des Marchands en gros , parce que ceux-ci vendent leurs ballesentieres & sous corde > Sc leurs pieces d’étoffe avec cap & queue, aulieu que les autres coupent & divisent leurs marchandises pour en don-ner soit à Faune > soit au poids , soit à quelqu’autre mesure , ce quechacun de leurs chalands peuvent en demander Sc en avoir besoin. L’Au-tcur du Parfait Négociant remarque » que les Marchands qui débitentà Faune doivent si bien détailler leurs étoffes , qu’ils ne fassent pointde mauvais restes, les autres dérailleurs ne sont guéres sujets à cet in-convénient, ce sont ceux-ci qui vendent en magazin ,ce qui n’est pour-tant pas exactement vrai ni des uns, ni des autres, y ayant des Gros-siers qui font leur commerce dans des boutiques , Sc des Dérailleursqui ont des magazins. x

DÉTALAGE. Action opposée à étalage. C’est serrer k marchan-dise que l’on avoir mis en étalage , fermer sa boutique ; ce sont lesapprentifs, compagnons & garçons 8c les filles de boutique qui ontsoin de détaler tous les soirs, comme ce sont eux qui tous les matinsfont fétalage. C’est aussi Faction des Marchands de foire , qui aprèsquelle est ïnie emballent 8e chargept k marchandise qui leur teste ,ferment leurs loges Sc partent pour aller étaler ailleurs. On fait aulíifaire le détalage aux petits Marchands qui étalent leurs marchandisesen des lieux ou il ne leur est pas permis ; on les oblige à replier leursballes & fe retirer. De ce nombre font les Libraires, à qui il est deffen-du par les Ordonnances dc Police & par leurs Statuts,d’étaler le longdes quais de Paris.

DÉTEINT , fe dit d’un drap ou étoffe qui n’a plus autant decouleur que lorfqu’il venoit de sortir de k teinture ; il y a deux temsen matière deroffes teintes, le tems de k teinture récente où lesétoffes teintes ont beaucoup de superflu Sc de surabondant en k ma-tière colorante, ce qui fait que les étoffes, fur tout de certaines cou-leurs , saisissent Sc déchargent; le tems 8c Page des teintures est lors.que cette forte teinture a eu le loisir de se passer Sc diminuer ; maisil vient un tems auquel k teinture trop âgée fe diminue,s’affoiblit Scfe passe. L’air est comme une liqueur qui flottant contre k surface& même dans la.substance poreuse des étoffes, enlève les parties &du drap, Sc des couleurs matérielles dont les étoffes ont été abreuvéesSc imbibées. Cependant les bonnes teintes faites avec les bonnescouleurs,durent autant que l’étoffe même. Le propre de ces couleursétant de s’ínsinuer plus profondément par leur subtilité Sc finesse ; aulieu que les couleurs vulgaires , qui coûtent peu , ne peuvent pas sibien s'insinuer > Sc restent ainsi en chemin , bien loin daller se mêlerSc Runir à,tous les plus menus fibres Sc brins qui composent le tissu.L’air, dit-on, déteint aisément les étoffes ou trop vives, ou trop páies.